Interprétation Quantique

23 février 2022

Le cerveau humain aboutissement de la trajectoire de l’évolution cosmique réflexive

 

« Seul le regard qui s’inverse

peut rencontrer cette lumière

que délivre la connaissance »

                                  Charles Juliet dans « Pour plus de lumière »

 

Notre cerveau peut-il être le lieu ayant engrammé les étapes de l’évolution d’un processus cosmique qui s’est retourné sur lui-même, en miroir, pour s’auto-percevoir et s’apercevoir ?

Notre organe cérébral aurait enregistré la montée de la complexité ayant abouti à la « nappe pensante ». Noosphère.

 Cette convergence complexe s’auto-réfléchit dans une structure interne : le néocortex ou manteau cortical.  

Dans le micro-univers qui est le sien, le cerveau est le lieu du réfléchissement (reflètement et réflexion) de ce que Teilhard de Chardin nomme comme Totum "Etoffe de l'Univers".

La couche pensante humaine enregistre la poussée de la complexification dont elle est, en même temps, la zone réceptrice, organisatrice et émettrice.

Elle s’unifie et s’autorégule dans le saisissement du déploiement informé et complexe qu’elle réceptionne.

Elle se densifie dans ce que Dominique Aubier appelle Rosch en Hébreu dans «  Le principe du langage ou l’alphabet hébraïque » : Tête et esprit en tant que fait de connaissance.

« Rosch, désigne le cerveau, écrit-elle, organe et fonction, principe de toute connaissance, commencement de l’évolution culturelle, schème essentiel, modèle obéi et suivi par la Nature dans ses élans créateurs ».

Bernard d’Espagnat lui-même s’exprimait sur le fait « Comme les Physiciens le savent bien – Il est tout aussi impossible de donner du terme « matière » aucune définition satisfaisante » et de continuer sur la notion d’esprit impossible en soi à définir. » L’un et l’autre des termes sont nécessaires car on ne peut rester dans le vide…Chacun de ces deux mots renvoie de façon confuse à des aspects authentiques et complémentaires mais non totalement analysables du réel ».

La cosmogonie κοσμογονία, kosmogonía « création du monde », de κόσμος, kósmos « monde » et γόνος, gónos « procréation » telle qu’elle a été abordée dans l’approche cosmologique ne tient pas compte de l’outil cortical qui en fait le relevé.

La distribution sur les deux piliers hémisphériques : hémisphère gauche et hémisphère droit d’un même édifice conscient de lui-même en permet la double conscience : La perception sensitive extérieure et notre vision intérieure relevant d’une réflexion introspective profonde et intime.

« L’Homme est le plus mystérieux et le plus déroutant des objets rencontrés par la Science, écrit Pierre Teilhard de Chardin, et en fait nous devons l’avouer, la science ne lui a pas encore trouvé une place dans ses représentations de l’Univers ».

 La structure générale du réel ne serait-elle pas déjà miniaturisée dans notre Univers cérébral ?

 Chaque cycle évolutif n’a-t-il pas déposé son « intelligence » dans un univers réceptif qui s’est miniaturisé ?

Le  « concentré » cortical n’est-il pas un Univers mental qui cherche à devenir conscient de l’interrelation dont il pourrait rendre compte ?

Deux chercheurs Franco Vazza, astrophysicien et Alberto Feletti neurochirurgien relèvent certaines similitudes entre les deux systèmes certainement les plus complexes, l’un macro : Univers cosmique et l’autre micro : univers cérébral.

«  Leur observation au moyen de techniques microscopiques et télescopiques permet de saisir une morphologie analogue fascinante, au point qu'il a souvent été noté que la toile cosmique et la toile des neurones se ressemblent », écrivent-ils.

Ils proposent d’établir ainsi un parallèle entre univers galactique et cerveau.

Ils pourraient, d’après eux, présenter des niveaux similaires d’auto-organisation et de complexité.

« Notre analyse a montré que la distribution de la fluctuation au sein du réseau neuronal du cervelet sur une échelle de 1 micromètre à 0,1 millimètre suit la même progression de la distribution de la matière dans la toile cosmique mais, bien sûr, sur une échelle plus large qui va de 5 millions à 500 millions d'années-lumière" atteste Franco Vazza.

Dedans-cerveau et dehors-univers sont perçus comme distincts et pourtant ne seraient-ils pas réunis sous une même unité primordiale qui en articulerait et gérerait les ponts analogiques ?

Comment  s’interroger sur le fonctionnement subtil de l’univers sans avoir en tête le fonctionnement sous-jacent du pilote cérébral qui en organise et en enregistre les opérations réflexives : notre cortex ?

Certains des mécanismes et des trajectoires de notre cerveau sont certes décrits mais la puissance évolutive dont ils témoignent n’en est pas moins ignorée pour l’instant.

La trame de cet univers est d’autant plus insaisissable comme notion, que le « bassin global » que constitue notre corticalité permet de faire surgir ces questionnements sur ce continent réel dont les lois structurelles, archétypales sont encore totalement ignorées.

L’information véhiculée est comme un accident dans un espace-temps où le développement cognitif est à la peine tant l’esprit n’y trouve plus sa capacité relationnelle et systémique.

 « Il est probable que la connectivité au sein des deux réseaux évolue selon des principes physiques similaires, malgré la différence frappante et évidente entre les puissances physiques régulant les galaxies et les neurones », explique Alberto Feletti et il continue… « Quoi qu'il en soit, l'Univers comme le cerveau restent encore méconnus. Les prochaines découvertes confirmeront ou non qu'ils fonctionnent sur le même modèle. »

La physique quantique, en se distanciant de la notion de particule n’est-elle pas en train d’ouvrir le passage d’un univers de localisation à un univers de relation qui pourrait nous faire pénétrer dans une autre forme d’espace-temps ?

L’approche de la puissance quantique peut-elle être le support d’un renouveau philosophique et spirituel ?

« Planck a dit que l’irrationnel, compris dans le sens des zones irréductibles au processus mentaux, est, en même temps, le moteur des processus mentaux » souligne Basarab Nicolescu.


03 janvier 2022

Cerveau qui vient au monde du sens.

« Objet et sujet s’épousent et se transforment dans l’acte de connaissance. Bon gré mal gré, dès lors l’Homme se retrouve et se regarde lui-même dans tout ce qu’il voit » 

              Teilhard de Chardin dans le « Phénomène humain »

Ainsi, par la conscience de notre faculté de se-penser-dans-l’univers… la « Tête » humaine et son architecture structurelle pensante ou Rosch en hébreu, reflèterait le « pas de la réflexion » qui a été franchi lors de l’évolution cosmique. 

La conscience peut se retourner (dans le sens où elle en est le réfléchissement) et réfléchir sur sa propre apparition dans le phénomène cosmique.

Elle peut s’enregistrer elle-même comme une phase de développement de l’Univers car elle a la faculté de se prononcer sur les processus de croissance de sa propre prise de conscience.

Si nous postulons qu'avant l'énergie, l’Information est au fondement de l’Univers, alors le psychisme de l’Homme est primordial dans la réflexion portée sur la « Pensée » qui serait à l'œuvre dans le développement de l'Univers.

 «  Ainsi s’expliquait, au fil des temps géologiques, la montée tenace, irréversible, de la Cérébration et de la Conscience à la surface de la Terre. Et ainsi prenait sa pleine signification à mes yeux le phénomène hominisant de la Réflexion, point critique « cosmique », inévitablement rencontré et traversé à un moment donné par toute Matière portée à un certain excès de température » écrit Pierre Teilhard de Chardin dans le Phénomène humain.

Le principe Tête ou Rosch aurait célébré les contours de cette Cérébration de la Conscience dans les traditions qui en auraient symboliquement encodé les processus organisateurs.

Cette connaissance ancienne perçue, aujourd’hui, comme ésotérique voire irréelle, serait l’espace de la mémoire universelle dans laquelle nos fondements spirituels et humains sont ancrés.

Pour la langue hébraïque chaque lettre serait un relevé d’une  étape de la constitution cosmique qui serait enseigné par la bouche humaine.

Faculté de parler « l’étoffe du monde ».

Ce phénomène de transcription du phénomène de conscience a été remisé par l’autorité scientifique qui pourtant, aujourd’hui, tend vers la recherche de la Totalité.

 Ouvrir cette recherche philosophique de la Totalité à la voie d’une connaissance peu usitée mais cependant bien réelle qui pourrait en assurer le mode explicatif  est le travail profond qu’a réalisé Dominique Aubier : voir dans la constitution architecturée et naturelle de notre néocortex la matrice unitaire d’une volonté évolutive.

Verbe, Dieu, Tao, Principe, Unité primordiale, En Soi, "Qui Sait" ou Système Aleph (système enseigné par la bouche)....chacun de ces mots désignant le Mystère,  représente la Source, l'Unité matricielle que notre présence sur Terre réverbèrerait à travers notre néocortex.

Si le Verbe s'est fait chair c'est qu'il y a eu opération de transcription. Le Verbe est devenu Parole incarnée.

Il y aurait eu une spiritualisation progressive de la matière.

Ainsi « l'Invisible » nous aurait construits, nous les vivants dotés de parole avec une boite crânienne contenant son « trésor parleur » : Tête ou Rosch en hébreu pour en célébrer les étapes.

Cette matrice « Tête » n’est-elle pas le lieu de conscientisation de la poussée du psychisme à l’œuvre évolutive ?
L’approche dite quantique ne traduit-elle pas l’émergence de la puissance interrelationnelle conscientisée ?

Ainsi nous pouvons admettre que le motif « Tête » transcende la notion de mental et de langage.

(Les animaux eux ne nomment pas et ne se prononcent pas...ils incarnent leur programmation et en adoptent le "langage" propre à leur condition de présence).

Le motif Tête qui inclut dans son approche, la compréhension de la fonction de pilote spirituel du néocortex à six couches et dix strates, n’est pas un organe de mentalisation.  Il est le lieu, entre ciel et terre, de la prise de conscience de notre humanité en tant que telle.

L’esprit, même aimanté, est souvent pris pour ce qu’il n’est pas. Il n’est pas à opposer aux voies du cœur aimant. Tous deux sont issus d’une même source et vivent des épousailles qui devraient nous conduire vers des sommets de conscience.

 Pour Teilhard de Chardin en effet, «l’homme étant le seul vivant sur la planète qui ait franchi incontestablement « le pas de la réflexion  », l’être humain occupe à ce jour « la cime conscientielle du monde et doit en assumer la responsabilité ».

De cette vision de la place céleste et conscientisée, le modèle Rosch ou Tête imprime la puissance.

le Cœur pour sa part, répond de la prise de conscience de la haute responsabilité qui est la nôtre.

Traditions ancestrales, Rituels et Religions miment ce désir de lien entre la Source et nous. Nous sommes, nous les humains mandatés pour en transcrire cordialement la puissance.

« L’Univers n'est fait que de formes conscientes d'elles-mêmes et d'interactions de ces formes par l’information mutuelle » Gnose de Princeton.

La science ne saurait expliquer la place de notre cortex comme transcripteur de l’évolution opérée dans la constitution de l’Univers.

Pourtant ne se penche-t-elle pas sur sa relation avec le réel qui serait reflété dans les représentations qu’elle propose ?

Elle ne peut cependant en éclairer le sens.

La science ne s’attache qu’à la lecture des phénomènes sans inclure l’approche du phénomène, encore inexpliqué, qu’est la conscience.

« La science n’est que le symptôme de quelque chose de plus originaire, et c’est ce quelque chose qu’il faut comprendre » Werner Heisenberg.

La « langue universelle » du Vivant-parlant  permettrait  notre participation à l’Univers. Participation que l’on voudrait soutenue par une force cordiale. C’est pourquoi nous devons revenir sur la genèse de la construction de notre cerveau. 

Le Big bang, tel qu'il est décrit,  ne pourrait-il pas être la projection de l'instant où les cellules des deux hémisphères Père et Mère, se rencontrent ?  De leur puissance fertile, est produite l'étincelle et la mise en route d'un univers qui se déploie dans des "convulsions" créatrices pour ensuite devenir... un être pensant..

Sur le plan de la conception, l’ébauche primitive du système nerveux central se situe à la troisième semaine après la conception : la neurulation. Il en serait le poste avancé.  

A partir de la formation du tube neural se développent alors le cerveau et la moelle épinière. Ce sont, à ce stade, les organes les plus développés de l’embryon.

 A la quatrième semaine le tube neural se ferme complètement achevant la première étape du développement du cerveau et de la moelle épinière.

Ensuite la différenciation qui aboutit à la formation des différents tissus nerveux se pilotera en parallèle avec les subdivisions du cerveau. Les hémisphères cérébraux apparaissent alors.

Les neurones générés initialement forment la couche profonde tandis que les nouveaux neurones s’établissent en couches.

C’est lors de ces processus qu’au dix neuvième jour est enregistrée l’ébauche cardiaque. Le futur cœur se trouve dans les tout premiers stades du développement embryonnaire localisé devant la plaque neurale.

Puis les courbures céphaliques et latérales de l’embryon vont engendrer le basculement des tubes endocardiques, de la région neurale à la région thoracique où le cœur se loge, après un stade pharyngé.

Cœur qui sollicité par l’économie fœtale produit déjà un fonctionnement. Serait-il piloté par l’économie neurale engendrée dès les premières heures ?

On y voit la « puissance de responsabilité » portée par un cœur qui bat au 23eme jour.

Le cœur est responsable.

Le cerveau en serait-il son pilote ?

Lieu de la reliance.

Lieu qui transcrit la construction d’un univers dans son futur dévoilement et sa puissance.

Est-ce cela qui nous permettrait de comprendre qu’il est impensable de transplanter un cerveau alors que le cœur peut être transplanté ?… ( nous pouvons même vivre avec un cœur artificiel) 

Certaines personnes au cœur transplanté ont même témoigné de la perception émotionnelle qu’elles avaient eue de la personne donneuse de l’organe. Serait-ce la puissance de décodage du cerveau qui lirait les engrammations  inscrites dans le mental du cœur du donneur ?

L’anthropologie, la médecine sont loin d’avoir mis en lumière les mécanismes subtils de l’onto-physique.

Être humain est-ce confier nos interrogations à cette « aveuglante proximité du Réel » .... comme dit un philosophe des sciences ?

Grâce à l’avancée scientifique, nous pouvons ainsi, depuis peu, prendre conscience des propriétés structurelles de la Pensée humaine. Cependant même si cette avancée nous prépare à une révolution de la pensée, les sciences dans leur spécificité, ne peuvent expliquer le rôle de la Pensée dans l’univers qu’elles analysent.

Pour Mioara Schächter le concept d’une description est toujours relative à un concept perceptif, intellectuel et instrumental et nous pourrions rajouter spirituel.

Le Cerveau se visiterait-il dans les représentations qu’il projette sur des propriétés qu’il pense être celles des objets qu’il retient comme étude ?

Le monde « tel qu’il est » n’est plus inscrit dans la doxa réaliste.

Aujourd’hui nous parlons de systémique.

Est-ce là une aptitude et une attitude requises pour traverser le labyrinthe auquel l’humanité est confrontée ?

Nous sommes en train de pénétrer dans un autre rapport au monde. Il est des enseignements proches des fenêtres qui nous permettent de trouver notre envol.

Ainsi se poser la question de la place de l’outil réflexif qu’est notre « Tête » dans l’approche de la Totalité universelle (visible et invisible) c’est essayer de comprendre quel est notre rôle dans l’appréhension de ce que nous nommons : la conscience.

« Nous sentons, écrit Ludwig Wittgenstein, que lors même que toutes les questions scientifiques possibles sont résolues, notre problème n’est pas encore abordé ».

01 décembre 2021

Petit aparté

« qui harmoniserait les contraires

incarnerait la quintessence

unifierait le chaos »

Charles Juliet  dans « Pour plus de lumière »

 

Comment ne pas penser que l’Homme ne rencontre que lui-même aux confins de ses visions les plus avancées ?

L’Humain  est confronté à la question de l’incidence qui est la sienne non seulement sur la chose observée au plus subtil de ce que l’on nomme matière ; il est de surcroît lui-même, le transcripteur étonné de ses avant-gardismes.

 Il est envahi et débordé par ses propres avancées… Il n’en comprend pas les exceptionnels devoirs d’attention qui en résultent.

L’Humain ne comprend pas l’union des contraires, porteuse de vie qui conduit hors du labyrinthe de ses pensées ivres.

La théorie des cordes soutient que tout l’Univers, visible et invisible est  « composé » comme une musique vibrante.

De microscopiques brins d’énergie produiraient une note. Ils auraient été perçus, auparavant comme des corpuscules isolés menant leur danse dans une chorégraphie observable.

Alors, aujourd’hui le Vivant-Parlant serait-il dans la nécessité de trouver le chemin vers la question : ça pense dans l’Univers ….mais Qui pense que cela pense ?

S’agirait-il de « la transformation des rapports de l’Homme avec son intelligence » dit Edgar Morin ?

L’Humain n'a-t- il pas pour mandat de recueillir l’approche symbolique des différentes couches de son néocortex comme le canal de l’apparition, par et dans le signifiant, de l’indicible dans lequel il « baigne » et qu’il est le seul à faire résonner.

Est-ce être raisonnable que de porter en soi cette compréhension ?

« nuance

rectifie

complète                                                             

ce que je te soumets »

Charles Juliet dans «  Pour plus de lumière ».

01 novembre 2021

Penser la Totalité

 « (…) tout exposé de notion de  loi devra se conformer au faisceau de ses critères pris comme totalité »                   

                           Ludwig Wittgenstein

Totalité ?

 L’ensemble des propriétés constitutives du Tout comme acte de pensée est-il une totalité structurée qui fait loi ?

Qui dit structure dit Loi.

La notion de totalité suppose un ensemble, une entièreté, une globalité.

La Totalité avec un grand T suppose une intégralité, une universalité, une plénitude.

Un Tout.

« Nous reconnaissons un tout quand une multiplicité d’objets — ou, dans une continuité homogène, une multiplicité de points ou d’éléments — forme une unité ou entre, sans résidu, sous un acte unique de la pensée. Ce par quoi le tout est un tout, la totalité, s’emploie aussi comme synonyme du tout »  Emmanuel Levinas.

La totalité n’est pas la totalisation. Elle est l’effet de l’ordonnancement des lois de fonctionnement de notre cerveau.

C’est une opération cérébrale autant qu’intuitive qui essaie d’embrasser la multiplicité.  L’idée de totalité est guidée par le concept de source unique.

Elle est le reflet d’une percée vers un Tout plus vaste.

Penser la totalité ne serait-ce pas le travail même du « Réfléchi »  cortical qui ordonne le sens qui s’y propose ?

Dès lors cette notion de Totalité déborde la pensée qui la pense.

Elle est pressentie…cette totalité, comme une quête ou une conquête intérieure. Toutes deux nourries d’une même Essence.

Cette notion de totalité d’abord symbolique, archétypale en appelle-t-elle à la compréhension conscientisée d’une structure systémique sous-jacente ?

Le champ sémantique du symbole ou de l’archétype est une « forêt sémantique » (Umberto Ecco) dès lors que la source corticale dont émane toute action de la pensée n’est pas présente à l’esprit, qui pourtant en cherche le soutien.

Alors se questionner sur la notion de structure ne serait-ce pas s’appuyer sur le Modèle des modèles, Rosch : Tête dont notre cerveau, en assise sur deux hémisphères, « réfléchirait» le modèle et dont le manteau cortical serait le pilote spirituel ?...

Cette question ne doit pas cesser d’être sondée au plus profond de nos possibilités réflexives ?

Pour Claude Levi Strauss, des modèles de pensées seraient les pierres angulaires du phénomène de structure « logique originelle, expressive directe de l’esprit ». Et il ajoute : « Derrière l’esprit sans doute, des cerveaux. »

La conception unitaire et dynamique du fonctionnement cérébral, dont les lois de fonctionnement sont aussi des archétypes connus du champ de la Connaissance, est révélée et déployée par Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau ».

Cette exégète de Cervantès dresse dans son livre « L’ordre cosmique », la table des Invariants ou archétypes. Ce sont les schèmes non seulement structurant l’esprit, mais ils sont les structures universelles issues de notre esprit lui-même.

L’archétype serait-il alors issu de la structure naturelle du processus d’individuation propre à chaque être vivant-parlant ?   Est-ce cela qui fait dire à Claude Levi Strauss dans « L’Homme nu » : « La pensée et le monde qui l’englobe et qu’elle englobe sont deux manifestations corrélatives d’une même réalité ».

Pour Dominique Aubier tout repose sur la notion de motif unique d’essence corticale.

La Totalité serait la visée et le fruit de la Conscience ouverte à la réception de cette hypothèse : un système « informatif », que Dominique Aubier nomme « Système Alef » qui dans l’ordre implicite aurait forgé les conditions de sa réception : notre cortex parlant en étant l’aboutissement.

Ce système Alef virtuel (en tant qu’il précède l’actualisation), trouverait dans le relais qu’offre notre corticalité, les étapes nécessaires à sa mise en évènement. Des valeurs invariables seraient ainsi les lois archétypales qui soutiendraient la finalisation du projet initial.

 « La vie s’est trouvée capable de franchir le pas de la Réflexion » Pierre Teilhard de Chardin. 

Ces Valeurs archétypales sous-tendent la Connaissance aussi bien individuée, qu’universelle.

Elles impriment en nous une visée de totalité.

Elles sont le creuset d’une Unité gouvernant un mode de fonctionnement.

La thèse de l’unité de l’humanité est confirmée par la science. Le domaine scientifique ne peut cependant pas pousser la pertinence de son regard jusqu’à y voir l’alliance et l’emboitement subtil entre soi et la puissance universelle. Comment, à travers une complicité intelligente entre l’Infiniment grand et l’infiniment petit, la science pourrait-elle en proposer une lecture qui donne sens à notre humanité ?

Ne sommes-nous pas en  «… situation limite, c’est‐à‐dire celle que l’homme découvre en prenant conscience de sa place dans l’Univers » Mircea Eliade ?

La noèse qui nous est dévolue (du grec : νοησις : «action de se mettre dans l'esprit, conception ou intelligence d'une chose ; faculté de penser, intelligence, esprit») ne sous-tend-t-elle pas un désirable lien d’harmonie ?

Ne sous-tend-t-elle pas une quête d’union libératrice ?

« L'équilibre concerne uniquement la quantité. L'harmonie, elle, implique la qualité et la convergence vers une fin commune » Gustave Thibon.

Avec la naissance, il y a un siècle, de la théorie quantique mettant l’accent sur l’influence de l’observateur sur le système observé, un véritable ébranlement dans les convictions conceptuelles des Sciences et sur les phénomènes objectifs est entériné.

Cela bouleverse l’idée de division entre sujet observant --- pour ne pas dire pensant --- et objet observé ---pour ne pas dire « projeté ».

Les études menées sur les mystères que l’approche quantique soulève, révèlent que l’information serait plus rapide que la vitesse de la lumière.

Le phénomène synchronistique ou intuitif n’est toujours pas éclairé.

De plus, le principe de superposition quantique éveille à la nécessité de construire un concept nouveau de la réalité.

 

Le concept de l’espace-temps classique est sans doute à remettre en cause. …Les horloges ne mesurent pas le temps… c’est le temps phénoménal qui est défini par ce que mesurent les horloges…

Ainsi, la nécessité de trouver de nouveaux concepts philosophiques et spirituels est toujours d’actualité.

Dans les années trente du siècle dernier, pour le physicien Wolfgang Pauli, la philosophie traditionnelle n’avait pas anticipé l’approche de cette révolution de la pensée qu’est le bouleversant déploiement de la physique quantique.

Parallèlement à leurs travaux scientifiques, physiciens et savants cherchaient à concevoir un nouveau projet philosophique. La Physique nouvelle s’interrogeait sur des questions englobant la Nature des processus et celle de la notion de Temps.

Leur recherche (spirituelle, philosophique et physicienne) était tournée vers la construction d’un langage qui pourrait dépasser « le lien causal et spatio-temporel des phénomènes physiques entre eux ».

« La construction d’un langage « c'est-à-dire d’un monde de concepts » susceptible d’être adéquat aux connexions mathématiques semblait donc sans espoir, toute notre pensée étant indissociablement liée à la représentation spatio-temporelle intuitive » Werner Heisenberg.

Pour célébrer l’union des opposites que Dominique Aubier présente comme la sortie du labyrinthe et l’amorce d’un renouveau de la conscience, la Connaissance des Sages ou connaissance du Modèle fondateur et Unique qu’est le motif tête ou Rosch est nécessairement convoqué pour engendrer la modification de notre regard sur l’Univers.

« Il pense dans l’Univers ». La réception de cette Pensée est « réfléchie » (reflet et réflexion) dans le modèle Rosch-Tête.

Motif Tête dont le faisceau des archétypes fait loi.

Motif Tête dont le faisceau des critères peut être pris comme Totalité.

L’Humain lieu du réfléchissement. 

« Dans son état actuel, le Monde ne se comprendrait pas, la présence en lui du Réfléchi serait inexplicable, si nous supposions une secrète complicité de l’Immense et de l’Infime pour échauffer, nourrir, soutenir jusqu’au bout, …, la Conscience apparue entre eux deux. C’est sur cette complicité qu’il nous faut tabler. » Pierre Teilhard de Chardin dans « Le Phénomène Humain ».

22 octobre 2021

Tourment à surmonter pour s'offrir à la transformation

Suite et fin couche VI du cerveau

 

«  souvent

 épuisant tes forces

 tu t’es effondré

 mais une intuition

  rejaillissante

  te redressait

  te remettait

  en chemin

 

 l’effroi à surmonter

  pour t’offrir

  à la métamorphose »

 

                                   Charles Juliet  dans «  Pour plus de lumière »

 

Que se présente-t-il après l’archétype du Stop qui signifie l’arrêt dans l’expansion visible ?

Quelle est la mutation qui s’opère alors ?

Couche VI ou « Le grand Midi de la connaissance » Dominique Aubier.

« Tandis que le Stop surgit à la fin de la couche Vc, la descente au Labyrinthe marque l’arrivée en couche VI » Dominique Aubier.

A ce moment clé, la conscience à l’œuvre doit s’appuyer sur des critères de sens et non plus seulement sur l’évidence du manifesté.

Cela est-il en rapport avec le facteur même de conscience de la Conscience ? L’Humain est le seul porteur de cette capacité dans l’espace de la complexité réflexive et parlante.

La réflexion humaine née de l’enroulement sur sa propre réflexivité, appelée psychogenèse, devrait conduire le monde des Hommes à s’appréhender comme un phénomène signifiant.

L’univers est en effet réceptionné et analysé par l’Homme.

L’Homme en est son lieu de réfléchissement mais aussi le lieu émetteur de la conception du monde.

Son évolution ne serait-elle pas sa capacité à refléter et à réfléchir des lois universelles ? Ou bien sont-ce les dispositions holistiques de l’Humain porteur d’un cortex, organe fixé dans la maturité de son développement qui sont sondées par sa réflexion physico-philosophique ?

Les notions de cosmogénèse et d’anthropogenèse supposent un savoir. La psychogenèse et la noogenèse, en tant qu’études de l’origine et de l’évolution des phénomènes psychiques requièrent une autre approche.

« La Psychogenèse nous avait conduit jusqu’à l’Homme. Elle s’efface maintenant, relayée ou absorbée par une fonction plus haute : l’enfantement d’abord, puis ultérieurement tous les développements de l’Esprit, — la Noogenèse. Quand, pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas. » Pierre Teilhard de Chardin.

Pour cheminer vers une plus ample compréhension il est, sans doute nécessaire de faire appel à la voie initiatique.

La Connaissance questionne et chemine vers le sens profond à donner à notre présence sur Terre en tant que « nappe pensante ». La Connaissance est le creuset de concordance entre l’esprit - le νοῦς : noûs - ou Raison ordonnatrice de l’Univers et le monde phénoménal.

Ce mot « Noûs », dans l’histoire de la métaphysique, désigne le Premier principe de toute chose.

L’histoire de la complexification du pouvoir de la pensée est inscrite dans la dimension biologique du Cerveau individué.

Aujourd’hui la vie intellectuelle et spirituelle ne peut plus absorber les disproportions ingérables « du rationalisme mécaniste des sciences de la Nature »  sur le plan d’une juste conception unitaire.

 S’agirait-il de mettre fin, un Stop à la notion de pure objectivité ?

Un système de pensée globalisante (holisme) est issu de la modification fondamentale des conditions de l’observation de l’Univers.

Il n’y a plus de division entre sujet et objet, entre l’observateur et l’observé, entre visible et invisible.

Le passage au labyrinthe serait-il la mise en demeure de cette clairvoyance ?

Le labyrinthe est un motif apparu dès le paléolithique. Il représente un dédale aux multiples embranchements.

Aujourd’hui la mondialisation, avec sa sphère de diffusion spatiale de l’information  nous a précipités au labyrinthe… Nous sommes perdus dans le tourbillon informationnel qui  provoque la perte du sens évolutif au profit d’une idée recuite de progrès et d’expansion.

Sur le plan évolutif la couche Vc d’un cerveau civilisationnel a été franchie et elle n’est plus nourrie d’une information créatrice d’humanisation.

Une  lucidité (en tant que lumière du monde de la vie) est requise à seule fin de s’affranchir d’une observation mécanique des choses et pour admettre que les lois de l’agencement cortical œuvrent aussi dans l’avancée des perceptions les plus poussées : l’Univers évolue avec l’humain.

Est-ce le temps venu du ressaisissement de notre pouvoir psychique ?

« Déjà que l’on se déprenne d’une manière de penser ».

Passer d’un espace saturé de formalismes aujourd’hui devenus stériles pour en tirer un enseignement éclairé.

Passer du manifeste à une pénétration avec son intensification intérieure qui en appelle à la compréhension du fonctionnement naturel et matriciel de l’Univers qui se miroite dans notre cortex.

Le Labyrinthe serait-il l’image d’un chaos qui fait appel à la pensée humaine pour en structurer l’émergence libératrice ?

Franchir le dédale labyrinthique demande une stratégie précise.

 Il s’agit de  sortir d’une forme de deshumanisation par oubli néfaste de sa propre intériorité, de sa propre humanité. Apprendre à trouver et à s’orienter vers la « Réflexion » qui est au miroir des lois archétypales nées de la concentration des forces naturelles, primordiales hominisantes.

 Ne plus considérer que le domaine scientifique est construit sur des conventions irréfutables et apprendre à se désoccuper de tous les arguments convenus et de leur poids intellectuel.

Quand l’ « …enroulement psychique de la Terre sur elle-même au sein d’un certain nouvel « Espace de Complexité » sera universellement admise et utilisée par nos successeurs… »  Pierre Teilhard de Chardin.

Au bout du processus de l’enroulement … le cerveau piloté par le néocortex ….

Pour se diriger dans le labyrinthe quel serait donc le fil rouge à suivre ?

L’Humain a la puissance intellectuelle requise pour considérer le Stop et la descente au labyrinthe comme une étape sur la préservation de sa puissance mentale. Sa force psychique n’a plus à être perdue dans la matérialité du manifeste et de se trouver ainsi absorbée dans des productions insensées et intoxicantes.

 « On entre au labyrinthe en un moment précis, en une occasion unique, pour un déplacement déterminé, dans un but essentiel : se trouver soi-même, rencontrer son être, découvrir sa formule de destin et accomplir son sort » écrit Dominique Aubier.

Comment construire, pour se préserver un avenir, un champ commun psychique en vue d’une Conscience humaine prenant totalement conscience d’elle-même ?

Ne plus subir les pressions externes qui poussent à une fuite en avant, entretenue par l’entropie d’une emprise économico-technique informatisée mais non plus informée, mais comprendre que l’urgence est celle d’une nouvelle dynamique plus inclusive.

« (…) Lorsqu’on entre au labyrinthe en couche VI la précipitation est de règle. C’est le moment de courir au devant de l’avenir.» Dominique Aubier.

Ce qui doit faire aspiration, c’est la perception que le modèle holistique et unique en soi est d’essence corticale.

Pour saisir la vibration de la pensée, qu’elle soit individuelle ou collective, le verbe, la parole sont les moyens développant la vraie puissance informative en réponse à une nécessité universelle: celle de la conscience de la Conscience à élaborer et à transmettre.

L’Homme sait qu’il sait.

Pour effectuer le bond qualitatif et spirituel requis, un pont est à franchir.

 Le Pont, autre symbolique du passage à effectuer vers d’autres rives de la compréhension.

L’image du Pont est une allégorie qui signifie la nécessité d’un passage vers l’En Face. 

La traversée. Un franchissement.

Ce passage précipité permettrait la réalisation de l’Union des visions antagonistes, celle de la Connaissance de la Tradition et celle du Savoir des sciences, pour en accueillir les ferments spirituels vers un futur humanisé.

« Le Pont » est à entendre, aussi, comme la métaphore du corps calleux, pont reliant et interconnectant les hémisphères gauche et droite du cerveau. Le corps calleux assure le transfert et la coordination des informations d'un côté à l'autre et permet leurs contributions complémentaires. Il est le plus grand faisceau de fibres nerveuses. 

 Ainsi dans l’univers de la Connaissance traditionnelle, le franchissement du Pont part du côté du manifeste pour aller vers la dimension intérieure et spirituelle où l’unification a lieu.

 « Le site du Pont est en effet l’endroit où la chronologie interne s’abolit au profit du temps cosmique. «  Les mythes….proposent de concevoir le temps  vécu comme un mimétisme local des invariances éternelles » » Dominique Aubier.

Ainsi Tradition et Sciences devraient « s’épouser » en vue de  trouver une réponse éclairante dans cette période considérée comme décisive.

L’union des contraires qui s’opère au niveau de la couche VIb du cortex  pourrait figurer la réalisation d’une rencontre fructueuse de la Connaissance et des Sciences dans la perspective de notre préservation métamorphosée.

La mission de la tradition est de transmette un point de vue globalisant car pour elle la conscience de l’interdépendance de toutes les formes est signifiante. Elle comprend que la vie est une montée de conscience.

La mission des Sciences s’attache au relevé des mécanismes. Elle veut établir un rapport objectif entre les phénomènes et a tenté d’analyser le  fonctionnement de l’Univers.

Concernant notre cerveau, elle en reste à la description des fibres et des mécanismes sans toutefois répondre à la question du Sens.

Mais peut-on répondre à la question fondamentale qui est celle de la conscience de la Conscience en ne regardant que le système nerveux et son univers complexe ?

Toutefois, un changement de plan est apparu depuis l’émergence de l’approche quantique. Il demeure cependant difficile d’assigner un sens au vivant.

En effet développer une pensée systémique n’est-ce pas reprendre appui sur l’Intuition des sages qui ont de tout temps capté les propriétés d’autorégulation des niveaux d’organisation aussi bien de l’Univers que de notre univers cortical.

Comment ne pas s’interroger sur le fait que nous sommes porteurs du pouvoir de parler, et du pouvoir de consigner l’ordonnancement de l’Univers sans que nous nous posions clairement la question à partir de quelles facultés intérieures, invisibles et systémiques lisons-nous l’Univers ?

L’Univers comme le cerveau ne seraient-ils pas dotés du pouvoir de Connaissance de leur ontogenèse ?

Dans notre cerveau subtil nous serions avertis intérieurement et spirituellement de la formule de finalité inscrite à l’origine.

Si nous acceptons cette hypothèse nous serions dotés du pouvoir d’émergence d’une pensée « résonnante » : projet contenu dès la mise à feu du programme universel et à travers le déploiement de ses étapes de constitution.

Cela nous permettrait d’aborder le développement naturel et psychique qui s’est produit sur Terre et qui  trouve dans son déploiement, son avènement dans la structure Rosch : Tête matrice de complétude.

La complexification a donné naissance au verbe incarné potentiellement présent dès l’origine.

Notre époque visée comme décisive quant à la question du pouvoir de l’Humain sur son environnement devrait comprendre que « L’évolution « spirituelle » ou si l’on veut « civilisatrice » a nettement pris la suite de l’essor inventif qui travaillait la matière biologique » Dominique Aubier.

La  psychogenèse qui s’intéresse au devenir de la conscience trouverait là son assise universelle et  la visée de son mandat en termes d’influx évolutif.

 Il est clair qu’aujourd’hui nous entrons dans une nouvelle phase géologique où les activités de l’Homo Sapiens sont désormais appréhendées comme le principal facteur qui pèse sur le changement.

Comment convoquer la force réflexive qui est, elle aussi, une force de la Nature ?

La noogenèse  (du grec ancien: νοῦς = l'esprit + γένεσις = origine, source, naissance, création) ne peut-être dissociée de la biosphère. La noogenèse quant à elle  serait le fruit d’un processus de compression, de concentration d’un mouvement psychique porteur de conscience (la noologie est définie comme science du comportement et de la pensée).

La force du mouvement de l’esprit issu de l’agencement précis des nappes évolutives densifiées aurait prévu son intégration dans son univers d’accueil : notre cerveau.

Un « …mouvement de l’Univers, écrit Teilhard de Chardin, qui consiste en une concentration graduelle de ses éléments physico-chimiques en noyaux de plus en plus compliqués, chaque degré ultérieur de concentration et de différenciation matérielles s’accompagnant d’une forme plus avancée de spontanéité et de psychisme ».

En somme, l’humanisation est une planétisation à la fois physique et psychique.

Il y aurait une Invariance du système de conscience.

« La transcendance du sens est une transcendance existentielle du lecteur » Marc-Alain Ouaknin.

La couche VI  du néocortex serait le lieu de retournement vers UNE vérité originelle : archétype de l’éternel retour. Dans le modèle primordial se  décèlerait la nécessité civilisationnelle de l’à-venir. 

Selon Dominique Aubier cette donnée cyclique serait inscrite dans la donnée traditionnelle hébraïque.  Cette énonciation structurale serait appelée Rosch : רֹאשׁ : Tête en hébreu.

 Cette « matrice-universelle-tête » élaboratrice de réflexion donnerait naissance au foisonnement expressif de toutes les concrétisations existantes.

Notre Cortex serait la réverbération du modèle unitaire et son porte parole.

Dans « Le phénomène humain » Pierre Teilhard de Chardin écrit « Cette idée de totalisation planétaire de la conscience humaine …cette idée doit paraître folle : et cependant ne couvre-t-elle pas exactement tous les faits et n’extrapole-t-elle pas rigoureusement la courbe cosmique de la moléculisation ? … et cependant, justement par ce qu’elle a de fantastique, ne hausse-t-elle pas notre vision de la vie au niveau …de la physique atomique et de l’astronomie ? …et cependant sous le poids de l’évidence, de grands biologistes ...ne commencent-ils pas à traiter scientifiquement l’humanité, et à diagnostiquer son avenir comme s’il s’agissait d’un cerveau de cerveaux ? ».

« La doctrine hébraïque sait et dit que le modèle absolu reçoit son interprétation d’étude dans le cortex humain, lequel sert alors d’image pour étudier et fixer les composantes invisibles du modèle absolu »  Dominique Aubier.

Aujourd’hui, la notion d’Anthropocéne désignant une nouvelle époque géologique façonnée par l’Homme (déjà pressentie au XVIII siècle) nous confronte, vraiment, à l’urgence de conscience.

Il est clair que nous vivons dans une époque où le mental humain est aux manettes. Mais de quel mental s’agit-il ?

Poser un bilan sur l’incompétence des nations à comprendre la dimension écologique n’est plus suffisant. Encore faudrait-il comprendre que les mesures à prendre ne sont plus complètement d’ordre matériel mais bien d’un ordre culturel et de l’ordre de l’esprit.

La posture d’abus de pouvoir de l’Humain sur la nature signale une incompréhension totale de sa propre idée de progression. Si l’accroissement technique était conscientisé comme le fruit d’une complexité réflexive d’hominisation, l’Homme pourrait décoder ce que la dynamique technologique avec son désir de diffusion spatiale de l’information et ses échanges d’accumulation et de contrôle outranciers, … ne sont que des dévoiements, les inversions  d’une approche qui n’a peut-être pas trouvé l’écho nécessaire dans  la prise en considération conscientisée de l’enveloppe pensante de la Terre.

De par la poussée de conscience lui faisant réaliser son pouvoir d’emprise néfaste sur les forces naturelles, l’Humain n’est-il pas aujourd’hui mis en demeure de se mettre à l’écoute du pouvoir réflexif  qui lui est assigné ?

Sa faculté d’Être parlant fait de lui le porteur d’un pouvoir prévisionnel.

S’appuyant sur la lecture traditionnelle acceptée comme complémentarité de notre vision occidentale rationaliste, l’entrée au Labyrinthe située dans l’espace du manifeste de la couche VIa nous indiquerait la nécessité de passer du côté indirect au côté direct. C'est-à-dire dans l’ « En-face » en empruntant le Pont jeté entre deux rives. Pont archétypal mais pont réel dans notre cerveau que le corps calleux qui permet le rapprochement des hémisphères direct et indirect.

En couche VIa le désir de « rapprochement des contraires » guide la conscience tandis qu’en couche VIb, l’union des opposites a lieu. Relance, renouvellement et survie s’y alchimisent et vont porter une nouvelle naissance.

Cette couche VI termine ce qui a été initié en couche I. Par sa conclusion, elle est, par là même, la relance créative suggérée.  Dans son creuset s’y fortifie une renaissance symbolique dans la couche I d’un nouveau cycle qui verra sa reconnaissance dans le manifesté en couche IV de ce cycle nouveau.

Aujourd’hui la prise de conscience de l’Union des opposites entre Sciences et Tradition devrait représenter le puissant désir de complétude et d’union qui permettrait la naissance d’un Verbe renouvelé, lucarne sur d’autres dispositions de vie.

« L'homme ne saurait se voir complètement en dehors de l'humanité; ni l'humanité en dehors de la vie, ni la vie en dehors de l'Univers. D'où le plan essentiel de ce travail : la prévie, la vie, la pensée, − ces trois événements dessinant dans le passé, et commandant pour l'avenir (la survie !), une seule et même trajectoire » Pierre Teilhard de Chardin dans « le phénomène Humain ».

« Il nous faut naître deux fois ne serait-ce qu’un peu…la première jette le corps dans ce monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel »  Christian Bobin dans «  La plus que vive ».


03 octobre 2021

Idée de progrès et d'expansion à revisiter

Suite : étude de la Couche V du néocortex

 « Aussi longtemps qu’un fruit grossit et se colore, nous nous gardons de le cueillir. Pareillement, tant que dans le Monde autour de nous continuent à foisonner, fût-ce dans la peine et le désordre, problèmes et forces nouvelles, c’est signe qu’il faut aller de l’avant dans la conquête de la Matière »

             Pierre Teilhard de Chardin.

 

Nous pourrions ainsi appliquer analogiquement cette image aux couches Va, et Vb du néocortex.

A partir de la couche IV se précise et  s’opère l’éveil à la volonté explicative, selon Dominique Aubier. Dans les bandes passantes (du néocortex) Va et Vb, les acquis se sont considérablement enrichis et diversifiés.

S’y impriment la manifestation d’une maturité foisonnante et l’épanouissement des formes qui s'amplifie dans un « Dehors » matérialisé et multiple.

Les acquis, déposés dans les trois premières bandes des couches néocorticales n’étaient pas à même de promouvoir une extériorisation, une réalité indépendante.  C’est à partir de la couche IV et  jusqu’à la couche Vc que la vocation du réalisme de la vie s’exprime.

Dans cette seconde phase, l’obligation rationnelle systématisée, se produit et s’inscrit dans le concept d’espace-temps.

 « La vie en changeant fait des réalités avec nos fables » dit Proust.

 Point de vue subtil du passage qui s’opère, dans notre métabolisation, des trois premières couches intériorisées à la réalité observable.

La vie en se déployant fait événement de nos imprégnations symboliques.

« Le parallélisme entre les données objectives et les valeurs initiatiques se trouve évoqué sous le signe d’une contradiction exacerbée. Les opposites se trouvent alors à la plus grande distance l’un de l’autre »  Dominique Aubier dans « La Face cachée du Cerveau ».

La couche V est formée de trois strates : Va, Vb, Vc.

« Les grandes pyramidales étant trouvées au milieu ….cette division peut prouver qu’elle est de haute signification » écrit  John Farquhar Fulton neurophysiologiste et historien des sciences dans « La physiologie du système nerveux ».

 L’exploration analogique et métaphorique ouvre le champ à une forme réflexive très poussée sur les arrangements cellulaires qui en supporteraient la complexe dynamique…

« L’expansion couvre l’activité de la couche Va. L’épanouissement correspond à l’œuvre des grandes pyramidales dans la couche Vb…et le rayonnement adaptatif occupe l’espace terminal de la dernière strate, au voisinage de la couche VI »  Dominique Aubier.

En Couche Va se précise l’émergence de la puissance d’accroissement des possibles et de ses inventivités.

S’y nourrit l’idée d’un enrichissement des ressources à disposition et de leur exploitation.

Le rayonnement  extériorisé s’installe dans sa plénitude.

Se développe l’idée de progrès. Du toujours plus loin.

La pleine conscience de ses moyens est au plus haut.

Mise en existence de la foultitude expressive qui se fait pressentir.

« Les forces de vie qui traversent cet espace travaillent à une mise en œuvre définitive » Dominique Aubier.

Et pourtant…

Se révèle, déjà dans la complexité grandissante qui s’y déploie, la dualité à entre Dedans et Dehors qui va trouver son comble et son grand écart en couche Vb.

 

Couche Vb

Au sein de cette étape de conscience, que représente l’énergétisation de la couche Vb, s’éveille l’aspect dichotomisant d’un dualisme grandissant.

« L’épanouissement de l’inventivité technologique s’est montré remarquable en couche Vb » écrit D.A.

Entre valeur intérieure élargie et enjeu extérieur une dualité parfois tourmentée se précise.

Un écartèlement entre nécessité de connaissance et nécessité de puissance creuse le fossé des dissensions.  

 « La contradiction, poursuit Dominique Aubier se révèle puissante en couche Vb… »

La prise de conscience, que seule une expressivité événementielle dans l’économie des Hommes presqu’exclusivement tournée vers la matérialisation et la manifestation, est retenue au détriment de l’esprit.

Le monde extérieur ainsi que les lois qui le gouvernent ne correspondent plus au monde intérieur humain où valeurs structurales, systémiques, holistiques sont au gouvernement.

A l’échelle planétaire …la théorie quantique se déploierait-elle sur cette crête réflexive ? Dans l’approche quantique la dualité onde-corpuscule veut souligner la double propriété des éléments de l’univers. Se préciserait là, la poussée d’une volonté de trouver le creuset matriciel de ces deux aspects d’un même élément pris en considération.

Les époques, elles-mêmes, sont aussi soumises à des phases réflexives.

Qu’en est-il, aujourd’hui de la Connaissance d’un motif structural qui serait à l’œuvre d’information ?

 Le déterminisme qui était aux commandes d’une forme de production, s’effrite. Le Dehors n’est plus satisfaisant.

La plénitude intérieure ne peut être au rendez-vous.

Un déséquilibre s’accentue.

Le savoir n’est plus suffisant, une autre forme de connaissance, non phénoménologique, réclame l’attention. 

« Les choses n’ont pas une signification parce qu’elles se produisent, mais elles se produisent à seules fin de signifier » Sénèque.

Que signifieraient donc toutes les phases de notre développement humain ainsi que le déploiement des civilisations étudiées ? Ainsi d’ailleurs que les ères géologiques constituant notre socle ?

Un creuset unitaire ou matrice structurelle absolue, ne pourrait-il pas être aux commandes ?

Et si c’était un Cerveau ?

Cependant « La version la plus caricaturale …consisterait à dire que la conscience humaine est réductible aux propriétés des atomes et des particules qui composent les neurones cérébraux » Michel Bitbol dans « L’aveuglante proximité du réel ».

 L’Humain « sait… qu’il sait ».

L’univers existe parce que nous le parlons.

Et nous le parlons en manière de réponse à notre propre traversée du miroir.  

Un flux mental, informé,  psychique, pulsé et ondulatoire circule au sein d’une physiologie structurée et révèle la charpente de notre possibilité de conscience.

Le moteur systémique, impensé en soi, mais pilote unique qu’est notre cerveau, gouverne subtilement la question de la Conscience à l’œuvre dans l’univers. 

S’amorce alors une saturation du système. L’Humain enregistre à la fin de la phase Vb un écartèlement entre ses données existentielles et son désir d’essentialité.

Cela concerne la vie de chaque être humain mais la vie terrestre, elle-même organisme vivant, est concernée.

Un « Rapprochement des contraires …interpelle et suscite l’élévation évolutive » Dominique Aubier.

Les conventions de vie changent. Un sens plus inclusif se fait sentir car une forme de déséquilibre s’est attachée au mouvement expansionniste.

La vie est perçue comme décentrée.

Couche Vc

Le foisonnement et la complexité représentent certes l’aboutissement d’une mise en œuvre voulue par l’exploration des possibles inventifs, mais loin de produire une pacification, l’hétérogénéisation des tendances Dedans-Dehors de la pensée est dichotomisante.

« L’élan constructif n’est pas indéfini…dit Dominique Aubier. C’est quand il marque la plus forte propension à s’accroître qu’il s’approche de sa fin. Non que le blocage soit définitif au regard de la Vie. Il suffit qu’un nouveau cycle succède à celui qui s’éteint pour que les dynamismes constructeurs se remettent en marche, ramenant l’espoir et l’inventivité ».

Or la mémoire primale garde les traces des étapes I, II, III où la séparation des hémisphères corticaux n’était pas à son comble. Ainsi les puissances de Vie n’étaient pas marquées du sceau d’une dualité qui nous isole de la source unitaire.

La pensée d’un réel holistique est à prendre en compte.

La non-séparabilité est une approche à la fois philosophique, métaphysique, scientifique et spirituelle.

Déjà en 1995 lors d’un colloque tokyoïte sur la mutation du futur, Federico Mayor directeur général de l’Unesco disait « …Réconcilier savoir et sagesse, repriser les déchirures mentales, axiologiques ou spirituelles de la communauté humaine : voilà notre souci… »  Ce symposium abordait  la complémentarité paradoxale dans la diversité des points de vue d’un Tout unitaire.

En couche Vc s’amorce le mouvement d’un retour sur soi. Vers le Dedans.

La nécessité de faire ses preuves laisse place au questionnement sur un autre rapport à l’Être en soi.

« Nous avons besoin de penser notre connaissance » Edgar Morin.

Le pouvoir scientifique ne peut toujours pas expliquer la notion de conscience à l’œuvre dans l’univers. Sa posture ne lui permet pas d’intégrer la puissance organisatrice du cerveau qui préside aux ordonnancements qui engendrent le processus d’évolution. Il n’y voit qu’un mécanisme de fonctionnement et ses agencements.  La chose scientifique ne peut percevoir le cerveau comme Intégrateur et Traducteur d’une invisible puissance informée qui l’a « réfléchi » dans sa vocation de « miroir réflexif».

Lieu de réflexion.

Les hémisphères corticaux Direct et Indirect sont appelés à se rapprocher pour accueillir l’Unité pressentie..

Le temps du « Rapprochement des Contraires » (Dominique Aubier) se précise dans la couche Vc du néocortex.

 La transdisciplinarité chère à Edgar Morin en est-elle l’émergence conceptuelle ?

Dans le monde intellectuel et spirituel n’a-t-on pas perçu depuis longtemps la nécessité de rapprocher les savoirs scientifiques de la Connaissance des sages ?

De nombreux colloques ont eu lieu sur ce thème mais le motif unitaire qui en recueille la poussée thématique, notre Cerveau, n’a jamais été considéré comme le lieu protéinique d’un flux invisible informé : modèle ADN-ARNm-protéine.

A ce stade réflexif, l’Esprit ou « Mental supérieur » pourrait-il être considéré comme un flux réel et invisible, ordre implié (D.Bohm), inspirant les grandes manœuvres projetées qui sous-tendent la vie de l’univers ?

 « L’animal sait ; mais, seul entre les animaux, l’Homme sait qu’il sait ».

Notre antenne corticale dans ses structures naturelles et biologiques en traduirait-elle les principes ? En prendrait-elle le relais ?

Notre cortex serait-il le vortex et le conducteur de la Conscience universelle et spirituelle d’un Grand Cerveau Universel qui trouverait, en miroir (réfléchissement) dans notre univers cerveau à se prolonger dans notre conscience individuée ?

L’Evolution serait-elle au prix d’un coup d’arrêt qui court-circuite toute volonté de fuite en avant dans toujours plus d’inventivité ?

Ou bien une forme d’arrêt de nos productivités favoriserait-elle une évolution spirituelle ?

La nouvelle puissance évolutive ne doit pas s’épuiser. Sa préservation qualitative accompagne un franchissement de conscience éveillée.

Ainsi en Couche Vc  se présente une étape de « Stop ». Toutes les constructions élaborées en vue du soutien des formes inventives que nous produisons ne peuvent que précipiter l’Humain à sa propre perte de sens.

« Toute histoire qu’elle soit nationale, civilisatrice, planétaire ou individuelle s’inscrit dans la sphère d’une unité cyclique et enregistre l’arrêt de sa séquence » Dominique Aubier.

La nécessité d’un rapprochement de tous nos savoirs en une Connaissance « métalogique » comme la nomme Jean Charon, physicien, nous permettrait de transcender la simple « conscience immédiate ».

« C’est toujours passionnant d’observer l’instant où s'arrête quelque chose qu’on faisait tout le temps. Un matin, on se lève et c’est terminé. On le sait. On ne reviendra plus en arrière. Le geste peut paraître soudain, et pourtant, il est le fruit d’un long processus, d’une intense réflexion souterraine, d’une maturation qui opère à l’intérieur de nous, et qui, en prenant du temps, gagne en densité….Il n’y a que nos moments. Les fruits d’un processus qui jaillit et dévoile son sens. Et plus nous en serons convaincus et moins nous nous mettrons la pression pour une absurde rapidité, plus nos sociétés seront en mesure d’évoluer » Marie Robert philosophe.

Est-ce seulement là une notion de lâcher-prise ou bien est-ce le passage étroit que s’impose une conscience vive qui s’harmonise avec les lois universelles ?

L’exploitation de nos tendances ne peut que faire grandir le chaos.

L’arrêt net est en soi salvateur mais il peut nous précipiter vers un cheminement labyrinthique.

Le facteur conscience-de-la-conscience n’est plus, en soi, une organisation de la pensée. Il est bel et bien un principe issu de la faculté pensante, spirituelle du Vivant-Parlant qui se trouve confronté à un arrêt brutal, dans la phase du Stop archétypal présent à la fin d’une phénoménalité alourdissante et conditionnante.

Dans l’effroi d’une urgence écologique, la nécessité d’un Stop que l’on cherche à poser, peut-elle nous pousser à comprendre quelle serait notre place dans l’Univers et quel serait le motif systémique informé qui nous guiderait ? 

Admettre que l’Univers serait, en lui-même, une Grande Pensée révélée en miroir, dans le monde matériellement constitué, qu’est notre Cerveau, est-ce si difficile à laisser cheminer dans nos interrogations libres de préjugés ?

Pourrions-nous admettre ce questionnement comme une avancée dans la trajectoire de l’Evolution de la pensée humaine ?

Lorsque la réflexion arrive à sa maturité pourquoi n’y verrions-nous pas le rebondissement réfléchi d’une évolution de l’Univers dont nous serions les porte-paroles conscients ?

Sur le plan de l’Humanité, une connaissance imprégnant la mémoire cosmique trouve à se réfléchir dans l’appareil cortical qui en est le réceptacle et le traducteur.

Si nous abordions le Cerveau comme le grand « Actualisateur » dans l’Espace-temps du fonctionnement d’un « Grand « Organisme Pensant » nommé « univers quantique » nous pourrions comprendre que l’interprétation d’un monde bâti sur une multitude de constituants localisés dans l’espace-temps n’est plus totalement d’actualité.

Questionner n’est-ce pas ramener de l’Infini une longueur vibratoire et la conduire vers le perçu de l’ouverture de notre conscience élargie ?

« La nécessité pour notre génération, écrit Teilhard de Chardin dans « l’Apparition de l’Homme » d’un jugement de valeur à porter sur la marche du monde, -- d’une décision majeure à prendre, -- dont dépend toute la suite de l’histoire humaine : voilà l’événement capital dont l’imminence m’est apparue de plus en plus clairement … »

 

12 septembre 2021

Toute existence est "compréhension"

Suite sur les différentes couches du manteau cortical...

«  Et finalement c’est à travers le cerveau humain (c’est-à-dire à travers l’assemblage le plus « centro-complexe » jamais encore réalisé dans l’Univers à notre connaissance) que, à une première fin des temps, s’est produite la rupture des digues, suivie de l’inondation, toujours en cours de la Pensée… »

           Pierre Teilhard de Chardin    « L’avenir de l’Homme »

 

La couche IV du feuilletage cortical serait le lieu d’un retournement. S’y inscrirait, dans une forte poussée énergétisée, le besoin d’accompagner ce processus  vers son inscription dans le vivant de la réalité.

S’y produirait à la fois l’aboutissement d’une plénitude intérieure et une relance vers l’extériorisation des acquis.  Le flux informé qui aurait imprégné les premières strates corticales serait projeté dans son expression métabolisée et mis en lumière.

Dans cette bande passante, siège d’une mise en forme existentielle, dedans-dehors sont en équilibre.

La vie humaine, reflet d’une organisation universelle  (c'est-à-dire réfléchissant des principes), trouve là son domaine de socialisation.

La parole qui voit, la vision qui parle ?

Il est parfois difficile de passer des trois premières instances symboliques, sinon océaniques, à une percée inventive, partageable et structurée.

Ainsi la nécessité du saisissement précis de ce que l’on aurait à dire est parfois douloureuse.

 Le passage de l’image, pressentie comme totalement imprégnée d’une puissance d’évocation vers la structuration expressive de sa justesse, est une étape dans la « descente » de l’information.

 « Je n’avais encore jamais eu autant conscience du fossé qui sépare la pensée de l’écriture. En fait, depuis quelques jours, il me semble que l’histoire que j’essaie de raconter est comme incompatible avec le langage, qu’elle résiste au langage, dans la mesure exacte où j’arrive près d’exprimer une chose importante, et que, le moment venu de dire la seule chose vraiment importante (à supposer qu’elle existe), j’en serais incapable » Paul Auster dans « Portrait d’un homme invisible ».

Le passage de l’intentionnalité au phénomène inscrit dans l’espace-temps éloigne le Vivant-Parlant de sa source symbolique.

Les trois premières couches pourraient être abordées comme le réceptacle d’un arrangement graduel de la conscience verbale et l’imprégnation des conditions complexes qui détermineront dans la trajectoire des couches suivantes  l’être au monde.

Cette couche IV serait le lieu de l’exploration des puissances prévisionnelles et d’invention à venir. 

Elle est également le lieu d’un éloignement du bain symbolique qui en a piloté les opérations visant ainsi à son maintien évolutif afin de céder la place à l’efficacité conceptuelle. Projet qui s’inscrit et qui est aspiré vers sa destination.

La couche IV, elle-même nourrie de deux strates au sein de sa constitution, abrite et forge la formation  de la puissance expressive et sa précieuse définition dans l’espace.

Lieu de montée de la conscience et de sa complexification, cette instance enregistre aussi l’éloignement de la source de « béatitude ».

«  Si vraiment, comme je le soutiens, le mouvement cosmique vers la plus grande conscience n’est pas une illusion d’optique, mais exprime l’essence même de l’évolution biologique, alors, de la courbe tracée par la Vie, l’Homme occupe indiscutablement le sommet ; et c’est même lui qui, par son apparition et son existence, achève de prouver la réalité et de définir l’allure de la trajectoire » Pierre Teilhard de Chardin.

Les traditions ont compris que le relevé de la trajectoire du Vivant-Parlant était inscrit dans la matière même de son cerveau dont le manteau cortical serait la table d’orientation et le pilote.

La prégnante force scientifique et son « rationalisme »  ne font-ils pas écran à la possibilité de réinvestir l’essence du phénomène Pensée ?

 « Les gnostiques modernes comprennent que la conscience est liberté, mais selon la nature, que l’histoire humaine est encore une  histoire naturelle, ni plus ni moins libre et intelligible que l’histoire des espèces chimiques et biologiques, malgré la disposition différente des accolades des consciences et du matériel de l’intelligence » La Gnose de Princeton.

La complexité du cerveau physico-chimique, aussi bien que son degré d’organisation n’appelle-t-elle pas à  la prise de conscience que les structures biologiques qui le constituent sont traversées par la poussée participative d’un influx subtil (souffle) qui cherche à se déployer dans le visible. Dans le concret.

 Ce recentrage interroge l’espace mental qui fait qu’aujourd’hui l’Homme est vécu comme le responsable d’un type d’évolution.

Le constat d’une entrée dans ce que l’on nomme Ere Anthropocène se rapporte-t-il à la puissante « cérébralisation » de la nature ?

Au sein de la couche IV,  pour Dominique Aubier: « C’est le symbolisme tout entier qui doit subir la liquéfaction de ses allusions en clairs principes conceptuels ».

04 septembre 2021

Impulsion créatrice

« L’essentiel dans l’intention, dans le dessein, c’est l’image. L’image de ce dont on forme l’intuition »

                          Ludwig Wittgenstein

N’est-ce pas là une précision sensible de ce qu’est la puissance même de la pensée symbolique ?

La pensée symbolique est non seulement pure intention c'est-à-dire une intensité qui pousse à l’action, mais elle est aussi la source de la mise en projection du but que l’on se propose d’atteindre : L’image y fait irruption. Elle crée la tension idéale qui pousse vers la nécessaire finalité qui va en découler.

Y aurait-il un modèle naturel et archétypal de ce phénomène repéré comme une mise à feu intentionnelle, de cette tension de l’esprit et de son influx qui en guident les processus vers leur déploiement dans la réalité ?

 Le phénomène de l’inspiration peut-il être pris comme le pur modèle s’inscrivant dans un modèle englobant ?

Toutes ces interrogations sont issues de notre cerveau qui les capte et les traduit : contenant et moule structurel universel de cette possibilité questionnante.

Le « corps-cerveau » est enveloppé par son manteau cortical à six couches dont chacune est porteuse d’une vertu qui interagit avec les autres couches et se réalise ainsi dans un mouvement de va-et-vient  entre les deux hémisphères qui en fondent le relief en une systémique vitale.

La notion de flèche du temps lui serait associée.

Lorsque Bernard d’Espagnat aborde la notion de « Réel voilé » pressent-il le lieu structurel que la pensée soustrait encore à nos capacités cognitives, qui en est le siège invisible mais agissant : notre cerveau réel caché ?

La pensée purement scientifique ne peut répondre à cela.

Mais d’autres approches civilisatrices pourraient-elles être consultées pour qu’une ouverture au sens, plus holistique, soit conviée ?

Pourquoi ne s’interroge-t-on pas sur les lois structurelles et naturelles qui maintiennent  la puissance de la corticalité humaine.

Le fonctionnement cellulaire en est parfaitement étudié mais la captation du sens qui serait ainsi le vecteur d’une dynamique universelle est-elle abordée ?

Pourquoi ne pas envisager le cerveau humain et ses lois organiques comme motif central et unitaire ?

Ce réel voilé serait-il le siège initial de toute lecture et de toute parole sur l’Univers ?

Son assise sur deux hémisphères ne pourrait-elle pas se définir dans cette considération de Michel Bitbol : « L’expression d’une  structure dynamique de co-engendrement d’un pôle sujet et d’un pôle objet qui se déroule en son sein ? ».

Pour une transversalité des lectures culturelles, il serait peut-être temps de s’appuyer sur le travail de ces deux hémisphères.  Cela donnerait naissance à une pensée aboutie qui témoigne de ses appuis réflexifs.

Pourquoi,  de nos jours,  n’appréhender les lois de fonctionnement matériel qu’à travers ce qu’en dit le scientifique et ne pas laisser place à l’initié par d’autres voies directes telles celles du chamane par exemple ?

Pour les neurosciences le diagramme à six couches est repéré, décrit,  dans sa constitution cellulaire mais aucun sens n’est attribué à des modalités fonctionnelles et à ses subtilités.

Pour la Connaissance traditionnelle il en est autrement. « Elle tient à la conception fondamentale de la Connaissance voulant qu’un motif unique s’exprime au travers de toute les organisations matérielles bien constituées ». Dominique Aubier.

Levi-Strauss n’a-t-il pas, dans ses travaux, frôlé la question d’un motif unitaire sous-tendu dans tous les rituels que sa trajectoire d’anthropologue lui a proposés d’étudier.

Encore faudrait-il être averti que « L’initié, selon que l’indique ce nom, est celui qui met en œuvre, le principe unique inséré en tête de la réalité » Dominique Aubier. Il en est ainsi du modèle Rosch ou modèle Tête à 6 strates, pilote du réel.

Pour revenir à la question que soulève cette pensée philosophique qui ressemble à un aphorisme tant elle interroge et se conclut pourtant sur elle-même « l’essentiel dans l’intention, du dessein c’est l’image »  il serait judicieux de voir ce que la Tradition pourrait en dire.

Elle s’attarderait et trouverait dans la graduation des étapes qui sont à franchir sur les 3 premières couches du néocortex une condition cohérente de l’évolution.

La première strate sollicitée est la dernière construite. 

La Couche I est le lieu du pouvoir intégrateur du bain verbal dans lequel elle est plongée. La distribution entre cerveau droit cerveau gauche n’y est pas active.

Cette couche ensuite disparait «  ce qui s’efface c’est l’agent ayant permis l’effet « déclencheur » » dit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau » et elle rajoute en citant le biologiste François Gros « lequel  n’agit que sur une seule étape de développement généralement la plus précoce ».

Hubert Reeves écrit pour sa part : «  la matière possédait, dès les temps les plus reculés, toute l’information requise pour aborder et poursuivre cette ascension ».

Notre néocortex serait-il dès sa formation puis sa naissance dans l’espace-temps classique porteur subtil d’une information primordiale ?

L’intelligibilité de toute structure évolutive y est déjà inscrite.

Dans la deuxième strate « la conscience enregistre le passage d’une idée qu’elle ne sait pas encore exprimer.  Elle supplée à cette impuissance par l’intervention d’un rapport imagé adéquat » Dominique Aubier.

Signification essentielle encore imagée.

 « L’essentiel dans l’intention… c’est l’image »

 La couche II est la strate où le symbole se forge mais n’a pas encore atteint sa maturité.

A ce stade, l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche commencent à faire fleurir des tendances  différentes dans la captation de l’information. Les notions de Dedans-Dehors, d’Endroit et d’Envers (Gnose de Princeton) s’y précisent.

La couche III terminerait un enclos à 3 strates faisant partie d’un ensemble à 6 couches.

L’esprit inventif y règne. Le sentiment de plénitude s’y dépose.

«  La couche III est le lieu où la pensée symbolique s’amplifie jusqu’à ses limites maximales…cette performance s’opère ( je ne dis pas se réalise) dans le style visionnaire » D.A.

L’écrivain poursuit sa démonstration en soulignant que les trois premières couches sont une étape non seulement dans la formation  d’un individu mais que la troisième couche du principe Rosch : Tête  est aussi une étape de la pensée des hommes.

Elle est repérable dans la forme symbolique qui irrigue les textes traditionnels.  Ils sont généralement jugés ésotériques, dans le monde explicatif qui est le nôtre, faute d’en avoir sauvegardé les clés de compréhension.

Dans la première instance qui englobe les trois premières couches du cerveau  «  dans cette matrice s’introduisent les éléments constructifs du destin… »

Le dessein serait-il… l’intention : ADN, projetée : ARNm vers son but : protéine ?

 « Tout part de l’intérieur et progresse vers l’extérieur » Paul Auster.

25 mars 2021

Grande Unification

« Une grande Unification ne saurait avoir lieu sans y inclure la possibilité d’existence de l’esprit comme phénomène à part entière : l’esprit comme contenant de tous les phénomènes et les unifiant parce qu’il les contient tous »

                                 Jean Emile Charon

 

 Comment la recherche d’une  «théorie de Grande Unification » dont la visée est d’offrir un système formel global ne peut-elle pas s’interroger sur la « structuralité» qui est aussi l’assise invisible de cette possibilité interrogative ?

L’affirmation d’un face à face irréconciliable entre mode matérialiste et mode spirituel, psychique, entre  monde gravitationnel et monde d’information vibratoire ne peut être maintenue dès l’instant où le rôle d’un motif unique de type cortical est retenu comme moule primordial de tout acte de pensée et de construction du réel.

Repérer une  interconnexion entre ce que l’on nomme matière et esprit permet la captation de ce qui s’opère aussi dans l’univers intériorisé de notre boite crânienne.

Le motif unique cérébral appartient à toute l’Humanité.

Il n’est pas subordonné à la pure matérialité.

Ce motif unique qu’est notre cerveau est à appréhender dans les lois archétypales, les invariants qui en conduisent le fonctionnement.

 Notre cerveau donnerait donc par réfléchissement  le modèle « concentré » de l’Univers aussi bien macroscopique que quantique.

 Y serait inscrit l’espace-temps classique et  l’information d’unification hors espace-temps.

Dans notre boite crânienne la condensation de cette conscience universelle  passerait la barrière percevable de l’espace-temps pour nous inviter cependant à repenser une Unité en dehors de l’Espace-temps classique.

« …remplacer une ontologie de corpuscules par une ontologie d’états d’un fond dispositionnel couramment assimilé au « vide quantique » écrit Michel Bitbol dans «  l’aveuglante proximité du réel »

27 février 2021

Le simple et l'infini

« Le simple capture l’Infini »

                  Christian Bobin

Le projet et le sujet de la recherche  scientifique débordent aujourd’hui la question même de la nature en soi comme  nature objectivable. La recherche fondamentale s’interroge, depuis plusieurs décennies sur la question de la place de l’observateur dans la lecture de l’univers qu’il tente de décrire.

La pensée humaine est, d’une certaine manière, conviée à comprendre les fondements de son rôle dans l’élaboration des concepts qu’elle investit.

Un élément sous-jacent structural, systémique et unitaire permettrait de faire émerger la dimension équationnelle aussi bien que philosophique. Quel est l’élément sous-tendu premier et primordial qui engendrerait la notion d’interconnexion qui est devenue centrale sinon : le cerveau et plus particulièrement son pilote souverain le néocortex.

La dimension corticale  guiderait l’élaboration de la pensée qui en décode les processus dans sa qualité d’auto-structuration.

 Le récit que la science déploie serait le miroir d’une dimension impalpable et invisible : celle de l’expression d’une certaine configuration de notre cerveau. On pourrait percevoir les travaux scientifiques comme les relevés d’un encodage originel qui s’apercevrait au miroir de l’univers.

Les mêmes lois régiraient les grandes conceptualisations de l’ordonnancement  de la vie de l’Univers en ses intelligences de maintien et celles qui régissent les lois naturelles qui gouvernent notre cerveau et qui donnent naissance aux archétypes.

 Ainsi, la Connaissance  issue d’une imprégnation des lois archétypales à l’œuvre  conjuguée avec les Savoirs issus de réponses élaborées par le domaine scientifique donnerait naissance à une alliance favorisant l’accès à une situation cognitive qui pourrait, enfin, aborder le fait d’Unité.  Le fait d’Unité deviendrait un Entendement conscient et cohérent dans son projet d’Être.

La comparaison entre vie relationnelle galactique et réseaux neuronaux est foisonnante. Cependant il y manque le moule conceptuel qui pourrait en soutenir le rapprochement.

 Mioara Schächter, professeur de physique théorique, et épistémologue qui a fondé un laboratoire de « mécanique quantique et structures de l’information » écrit dans « Le tissage des Connaissances » :

« […] l’effort d’innovation nécessaire dépassait de loin les facultés d’une seule intelligence. Et même les facultés d’un seul génie. Mais d’autre part cette situation cognitive singulière imposait plus ou moins implicitement des restrictions tellement contraignantes que celles-ci ont agi comme un moule en commun qui a assuré un grand degré d’Unité entre le résultat des différentes approches ». C’est, continue-t-elle, « la situation cognitive qui a orchestré la construction de la Mécanique Quantique ».

Situation cognitive qu’elle ressent comme étant supra-individuelle et omniprésente. Agissant à tous les niveaux, micro et macro,  cette « situation » serait comme une invisible coordinatrice.

Mioara Schächter relève aussi que « Le formalisme qui s’est constitué ainsi n’exprime pas explicitement la situation cognitive qui l’a déterminé. Mais il a dû, écrit-t-elle, sans doute incorporer en état cryptique les contraintes qui l’ont modelé puisqu’il est performant ».

S’est-on vraiment penché, depuis les années 1990, sur la question du cerveau autrement que pour en relever la géographie des connexions ?

Pourquoi ne peut-on pas reconnaître le pilote cérébral, dont la fonction est de nous éveiller, comme support structural de toutes les questions fondamentales que nous nous posons ?

Ne pourrait-on pas aborder le cortex comme Moule universel dont la charpente à 6 couches serait le « siège » des archétypes qui se déploieraient en 10 instances comme l’a révélé Dominique Aubier dans  « la face cachée du cerveau » ?

Derrière le mot archétype se nichent les lois ontologiques, les constantes abstraites mais puissamment agissantes qui imprègnent subtilement et universellement tout acte de penser.

La situation cognitive d’une époque civilisatrice manifeste l’émergence des possibilités psychiques, fruits des étapes franchies par l’imprégnation grandissante des  poussées interrogatives. Elle est la chambre d’écho d’une information universelle réverbérée dans l’appareil cortical habilité, précisément, à en recevoir en miroir la résonnance.

Nous sommes les activateurs du Réel.

Dominique Aubier en a précisé le projet d’Être.  

L’humain coiffé de son manteau cortical, parle et met en lumière à travers les conceptualisations qu’il déploie, les archétypes, c'est-à-dire les constantes qui structurent sa présence de vivant-parlant dans l’Univers.

 La tradition sacrée n’indique-t-elle pas «  Le monde a été crée par dix paroles » ?

Les conceptualisations participent au dépôt de savoirs qui s’enrichissent dans leurs combinaisons d’intuition et de perspicacité. Leur approfondissement crée des domaines réflexifs qui s’inscrivent dans l’Espace-temps.

Les archétypes, eux, sont insaisissables car ils sont dans un espace-temps intérieur à la structure corticale. Ils sont émanation de l’Origine et du Verbe. Les formes conceptuelles que nous offrons à l’existence de notre pensée sur le monde, sont les émergences d’une activité primordiale, purement humaine, qui propose au cœur du réel une structure archétypale naturelle : notre Néocortex.

Cortex récepteur et émetteur d’une conscience a-temporelle qui rentre dans le temps par son saisissement conceptuel.

« Le sujet de la recherche n’est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l’interrogation humaine » Werner Heisenberg ; le physicien poursuit  « Mais celui qui, inassouvi, a le désir d’aller au fond des choses […] rencontrera tôt ou tard ces sources antiques et trouvera pour ses travaux personnels de multiples avantages [… ] » Werner Heisenberg dans « La nature de la physique contemporaine ».

Dominique Aubier aborde dans son œuvre la nécessité absolue de « se doter d’une solide compréhension du code des Lois cérébrales et de la Vie ».

« L’Homme intervient dans le feu des forces qui constituent la « Nature » dit-elle ».

 Le Fond vibratoire de l’Univers dont l’origine ne peut être antérieur au mur de Planck, se serait inscrit dans le Verbal.

Le Verbe s’originerait-il, ainsi, dans le temps de Planck ?  

 Le Néocortex, né lui aussi peut-être, d’une situation cognitive de l’Univers serait  l’intercesseur entre une Intelligence Matricielle Unitaire issue d’un Principe mystérieux qui se situerait derrière le mur de Planck… et notre pouvoir de réfléchissement de cette intelligence que nous pourrions décoder grâce à la constitution biologique de notre propre cerveau et que nous pourrions appréhender par la pensée et énoncer par la voix porteuse d’un projet.

Le réfléchissement du miroir offre à l’esprit la représentation d’un monde. …La psyché est convoquée ... psyché ? Certes miroir mobile… mais aussi en  Ψυχή / Psukhế, en grec ancien souvent traduit par « âme », souffle et force vitale, personnification du principe de vie mais aussi psychisme.

Psychisme considéré comme lieu de convergence du biologique, du connexionnisme et de la représentation.

Ce même fait psychique à convoquer pour entendre la Parole de Dominique Aubier qui  a consacré sa vie à expliquer combien la langue hébraïque permettrait de comprendre qu’un « Principe d’Unité a été mis à la clé du Réel […]. Il s’agirait d’un modèle de type cortical, cortex à six couches, doué de parole. »

« Notion trop étonnante ou trop difficile à assumer, désignant le moule universel » demande l’auteur ?

 « La simplicité est la sophistication suprême »

             Walter Isaacson

 «  Le plus familier contient le plus lointain »…Christian Bobin