Interprétation Quantique

29 août 2020

Où il est question de cerveau…

« Nous vivons encore dans l'enfance de l’espèce humaine, tous les horizons que sont la biologie moléculaire, l'ADN, la cosmologie commencent juste à s'ouvrir. Nous sommes juste des enfants à la recherche de réponses et à mesure que s'étend l'île de la connaissance, grandissent aussi les rivages de notre ignorance ».

              John Wheeler physicien théoricien américain

Dans ses enseignements, John Wheeler parle de phénomène enregistré et non plus seulement de phénomène observé. 

Phénomène enregistré ?

 «  Phénomène amené à son terme par un acte irréversible d’amplification par une inscription indélébile, un acte d’enregistrement » dit encore John Wheeler. Le terme d’enregistrement suppose des étapes de transcription, de référencement, d’inscription, et de mémorisation…

« Phénomène …communicable en langage ordinaire » dit-il encore.

L’enregistrement ne serait-il pas opéré dans une structure naturelle que constituent les réseaux de notre système nerveux piloté par la puissance systémique de notre néocortex (en un mot notre cerveau au sens large) dont les lois organiques seraient en concordance et en correspondance avec la conception d’un univers que l’on pourrait lire comme un grand Cerveau à l’œuvre ?

Pour un physicien du début du siècle dernier, les phénomènes observés de type macroscopique, appartenant à l’espace-temps à quatre dimensions n'auraient pas pu être envisagés comme pouvant être  préenregistrés dans l’univers « cérébré »  réel que nous portons au sein de notre crâne.

Aujourd'hui, notre capacité corticale d’intelligence peut se permettre de se voir « calculée » par l’évolution elle-même qui aurait, dans son déploiement et sa poussée créatrice, le « pro-jet » ascensionnel d’une souvenance dont nous serions les témoins renouvelés ? 

« Nous ne comprendrons peut-être jamais la possibilité de cette étrange chose, le quantum, tant que nous ne comprendrons pas comment l’information peut être à la base de la réalité. L’information peut ne pas se limiter à ce que nous apprenons du monde. Elle peut être ce qui fait le monde. » John Wheeler.

Réfléchir la place de l’humain dans l’Univers, c’est y voir avant tout le phénomène réflexif ; réflexion en tant qu’acte de penser mais aussi en tant que reflet, réfléchissement.

Le réfléchissement des différentes étapes de constitution de l’Univers, pourrait-il être inscrit en miroir dans les différentes strates qui composent notre néocortex (6-10), qui serait la chambre d’écho enregistrant le travail d’amplification de l’information universelle et ce, dès l’instant de la mise en route de l’embryogénèse.

La venue à l’existence est enregistrement.

«  Et maintenant, ceci posé, je le demande. N’y aurait-il pas, par hasard, une condition à laquelle l’Univers doit absolument satisfaire pour que (au moins prise dans sa pointe chercheuse et perforante) l’Humanité devenue consciente de son pouvoir et de son devoir auto-évolutifs, sente constamment grandir en elle-même l’ardeur indispensable de découvrir et de créer ? » écrit Pierre Teilhard de Chardin dans « L’apparition de l’Homme ».

Les réflexions de plus en plus prégnantes, sur la place de la conscience dans l’émergence de la réalité, ne viseraient-elles pas le rôle pivot qu’occupe le psychisme comme « circuit auto-excité» dans un Univers qui construirait du sens ?

La matière psychique se complexifiant se serait-elle, elle-même, organisée en strates et groupements de plus en plus complexes, pour s’enrouler dans un micro-espace, constituant « quantiquement »  les « bandes passantes » de notre néocortex.

Mémoire des étapes cosmiques traversées déposée dans les banques de données de notre système de mémorisation cellulaire ?

La venue à l’existence ne répond-t-elle pas à ce processus même ?

L’ADN informée et l’ARNm, molécule agent, copie transitoire d’une portion de l’ADN, fournit un plan de construction aux cellules qui produisent les protéines : Protéines structurales dont la forme est tridimensionnelle ce qui réveille la loi de correspondance avec la structure d’organisation essentielle à la vie qui répond à un système Ternaire.

« C’est donc devant un devenir tripolaire de la nature (et non pas seulement bipolaire) que le chercheur est aujourd’hui convoqué, alors que cinquante ans plus tôt il ne se représentait qu’un seul devenir, énigmatique dans son univocité ». Dominique Temple, philosophe.

L’enregistrement de ce réel pénètrerait ensuite dans ce qui fait conscience ou enregistrement de tous ces phénomènes subtils qui président à toute existence qui se sait être en existence.

Wheeler voudrait voir l’Univers comme « circuit auto-excité » qui donnerait « naissance à ce qui fonde son existence en retour ».

Est-ce par la physique quantique qu’une prise en charge de la question de l’observateur comme conférant la réalité universelle en retour de son observation peut être assumée ?

L’existence n’est pas un point de vue, elle est fusionnée dans la relation.

L’existence est univers et l’univers est enregistré par ce qui forge le sentiment d’existence, de conscience de l’être au monde.

Fruit du hasard ou fruit d’une évolution, notre organe cerveau, enregistreur des ères et des épopées traversées pendant l’ordonnancement de l’univers galactique, bien avant sa fixation dans sa forme et dans ses fonctions telles que la paléontologie nous l’indique, représente un formidable univers intérieur dans un univers extérieur impensable par ses dimensions encore irrésolues et pourtant sans doute présentes dans la mémoire des ses constitutives traversées.

Est-ce que le « principe Tête »  ou système nerveux ne serait pas l’enregistreur de la poussée vitale de l’organisation universelle qui s’y réfléchit ?

Venue en existence d’un univers pouvant se penser lui-même.

Entrer en existence même si cela n’est qu’une étape dans la vie de l’univers.

Notre intérieur « micro-procédeur ! » refléterait l’infini extérieur.

« Les physiciens ne sont pas toujours les mieux placés pour se prononcer sur la portée épistémologique et ontologique de leurs théories ».

N’est-ce pas notre existence de vivant-parlant qui nous précipite vers ces questions existentielles et spirituelles qui ressemblent tant à des danses sur un volcan.

« Nous ne nous satisfaisons plus de n’avoir que des idées sur les particules ou les champs de force, la géométrie, ou même l’espace et le temps. Aujourd’hui, nous exigeons de la physique une compréhension de l’existence elle-même ». John Wheeler.

Plus la Science se complexifie, plus elle cherche le lieu d’une unité.

Plus elle tend sa volonté vers une seule source.

Cela, cependant, ne veut pas dire que tous les scientifiques soient fascinés par la question d’une finalité précisée.

La conscience à être dans la conscience de notre interrelation avec un univers qui se complexifie et qui par là-même devient conscient de lui-même est une logique en soi.

Logos cohérent.

La recherche d’un principe unificateur n’est peut-être pas à diriger vers les tréfonds de l’Univers repéré par la science. Depuis le vingtième siècle on est passé du « tout est particules» ensuite à «tout est champs» et plus récemment «tout est information ».

« Sûrement un jour, on peut l'espérer, nous saisirons l'idée centrale derrière toute chose. Elle sera si simple, si belle, si convaincante que nous nous dirons alors : "Oh, comment cela aurait-il pu être autrement ! Comment avons-nous fait pour rester aveugle aussi longtemps !" » John Wheeler.


04 juillet 2020

« La vie est de brûler les questions » Antonin Artaud

« La pensée est ce qui est capable de transformer les conditions de la pensée »

               Edgar Morin dans « Eduquer pour l’ère planétaire»

Les paroles du physicien Richard Feynman «  Ce que je vous raconte là, c’est une espèce de saga conventionnelle que les physiciens racontent à leurs étudiants, lesquels à leur tour la racontent à leurs étudiants... » ne sont-elles pas une invitation à repenser les limites des affirmations déposées ?

 Serions-nous dans une phase universelle où la notion d’espace-temps einsteinienne serait bouleversée par la révolution que va entrainer l’intégration de la théorie des supercordes ?

Peut-on dire que l’intelligibilité de la puissance quantique est plus affaire de perception interne à chacun qui perçoit de mieux en mieux le champ de sa pensée bouleversant ainsi la portée scientifique qui ne repose la plupart du temps que sur la notion d’objet ?

Le sujet est présent.

L’Univers est observé…

Intellego, Intellegere en latin : c'est-à-dire non seulement discerner, comprendre mais aussi lire à travers.

L’Univers est perçu…

Lego, Legere : cueillir, enrouler, et même recueillir par les oreilles.

Plus on progresse dans la connaissance dit l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan plus on tend vers l’unité.

Comment se fait-il que nous puissions aborder ces faisceaux convergents vers un point de mire ?

Où se forge et se dépose cette idée d’unité ou de totalité ?

 Dominique Aubier dans « Le principe du langage ou l’Alphabet Hébraïque », établit le moule et le code formatifs qui sont les supports de la structure cérébrale à l’œuvre de conscience.

La conscience abordée en tant que mémoire et surplomb métabolisés des informations.

Conscience abordée comme pénétration élaborée de la complexité de l’Univers captée, dès le stade de l’embryogénèse, à travers le feuilletage en six couches de notre néocortex.

L’auteur de la « Face cachée du Cerveau » exprime l’architecture du cerveau habitée d’un système comme Modèle archétypal de l’Univers.

Elle nomme cette structure systémique du nom de Rosch : ראש qui en hébreu signifie : Tête.

Le temps cyclique événementiel, l’espace-temps, s’imprime dans un Rosch à l’œuvre de vie ;  c’est-à-dire qu’il s’inscrit dans une présence qui conscientise les effets de cet espace-temps.

L’architecture feuilletée propre à Rosch, motif Tête, est étagée sur les différentes couches de sa structure corticale et résonne dans une mise en simultanéité.

Enregistrement intelligent.

Le rôle de l’agent cortical est un facteur déterminant. 

Lieu d’intelligence.

 « Dans le système Rosch, la notion d’espace-temps n’est pas continuellement la même. Il existerait des époques de contraction et d’autres d’élargissement. Mais le spasme occasionné par ces modifications ne serait à chaque fois ressenti ou observable qu’au niveau de la structure qui en serait le lieu et le siège » écrit Dominique Aubier.

La notion d’espace-temps, représentation mathématique d’une même entité est-elle donc seulement une histoire transmise jusqu’alors ?

Depuis le déploiement de la mécanique Quantique où la présence de l’observateur fait paramètre, un changement de point de vue a révolutionné la notion de causalité et donc de source sinon de sens.

L’observateur introduit la notion d’humanisation.

Est-ce à dire que nous pourrions passer d’une vision dont la focale se trouve à l’extérieur de nous-mêmes, à une situation intériorisée liée à un fait existentiel, intrinsèque qui tiendrait compte de la structure sous-jacente, systémique de notre pilote cortical, qui en assure la pertinence ?

« L’être se devient » Stephen Jourdain.

13 juin 2020

Sous la lecture du phénomène entropique de la croissance cosmique ... le cerveau : reflet quantique.

« Or voici que, de cette mise au creuset, paradoxalement ce même Homme est en train de réémerger plus que jamais en tête de la Nature : puisque justement pour s’être refondu dans le courant général d’une cosmogénèse convergente, il acquiert à nos yeux la possibilité et la qualité de former au cœur du temps et de l’espace un point singulier d’universalisation pour l’Etoffe même du monde. »

                                                     Pierre Teilhard de Chardin.

 « Les quantas de naissance » tels que les aborde Teilhard de Chardin grâce à la vision paléontologique et surtout paléoanthropologique, questionnent le sens à donner à la stratification du cosmos.

La naissance de l’humain serait à aborder comme une discontinuité, un quantum.  Suivie d’une zone fragile d’établissement, un renforcement aurait eu lieu grâce à l’empilement des feuilletages constitutifs qui en aurait consolidé « l’autoréflexion ».

1) Tout naît …et toute naissance correspond à une discontinuité ou bond.

2) Dans cette venue au monde il y a une phase de fragilité de l’établissement

3) Puis la zone d’établissement tend à s’effacer dans le temps devant l’expansion qui va provoquer une sorte d’oubli de la source.

Ce ternaire est en soi l’archétype de toute fonction organisatrice qui se déploie dans l’invisibilité de la systémique qui la guide.

Ce ternaire vise un processus d’organisation de tout l’existant, cosmos compris, mais tend à se perdre dans la mémoire universelle.

C’est ainsi que nous aurions « oublié » ces trois premières phases « natives et symboliques » de l’Univers.

En tant qu’espèce humaine fondamentalement réflexive, douée de parole nous aurions, cependant, enregistré dans nos cellules constitutives, la multiplication et ses ramifications qui se ré-enrouleraient sur elles-mêmes par micronisation donnant ainsi naissance à notre cerveau.

Est-ce à rapprocher de l’exégèse de Dominique Aubier, qui s’appuyant sur la tradition hébraïque, a su derrière le texte et la lettre, révéler le réfléchissement cosmique et sa réflexion que renvoie notre néocortex de vivant-parlant comme assise de la conscience et du réel.

Néocortex dont le fonctionnement archétypal serait un concentré actif, microscopique et quantique de la genèse de notre univers.

Pierre Teilhard de Chardin écrit dans  « L’apparition de l’homme » : « Un véritable phylum, mais un phylum rapidement convergent sur soi par double effet de coréflexion et de serrage planétaire ; et, par suite, un phylum passant du régime normal d’évolution subie à celui d’évolution auto-dirigée ».

L’analyse du phylum humain met en présence d’un « blanc initial » comparable à un bond qualitatif initiant pour nous, les Hommes … « le pas individuel de la Réflexion ».

Notre néocortex avec ses stratifications et ses spécifications cycliques engendrées, n’en serait-il pas la réverbération quantique et systémique ?

Notre néocortex en serait-il la mémoire présentielle ?

Notre néocortex serait-il le relevé d’une méta-mutation de l’organisation cosmique ?

Lorsque la science sonde l’univers dans ses limites extrèmes, cette recherche pourrait-elle être mise en corrélation avec le sondage de l’infiniment petit compressé dans notre univers cérébral ?

Les processus à l’œuvre qui composent et structurent l’évolution cosmique laissent des traces, des feuilletages, dont l’étude de la formation et de l’évolution du cosmos,  la cosmogénèse, atteste des processus inscrits.

La matière se serait peu à peu auto-organisée, soutenue par la mémoire de ses arrangements. Elle se serait complexifiée jusqu’à développer une centration, engrammant ainsi une complexité et un accroissement de la « conscience ».

 « Ainsi s’expliquait, au fil des temps géologiques, la montée tenace, irréversible, de la Cérébration et de la Conscience à la surface de la Terre. Et ainsi prenait sa pleine signification à mes yeux le phénomène hominisant de la Réflexion, point critique « cosmique », inévitablement rencontré et traversé à un moment donné par toute Matière portée à un certain excès de température psychique et d’organisation  » écrit Pierre Teilhard de Chardin dans  « Le Phénomène Humain » .

S’appuyer sur une lecture cosmo-génétique n’est-ce pas apprivoiser, peut-être, l’idée que notre cerveau et son manteau cortical sont un micro-univers reflétant, réfléchissant le méga-univers ?

« Tout ce qui est en haut est comme en bas et tout ce qui est en bas est comme en haut » … Est-ce cela qui serait à comprendre ?

Les mythes de création ne proclament-ils pas la naissance d’un événement primordial et d’une situation cosmique qui en enregistre la poussée vitale ?

La terre et sa substance, n’a-t-elle pas abrité, dans sa croissance et sa complexification initiales, l’intensification et la concentration de certains arrangements chargés de psychisme, contrepoint de la densification matérielle.

Les hémisphères se mettant en place ?

Le tout sur fond vibratoire et sonore d’un méga-univers où pulsation, oscillation, et onde ont donné naissance à des formes concrètes d’organisation.

Tous les mythes en sont le dépôt mémorisé.  

D’après Mircea Eliade « Le mythe est solidaire de l’ontologie : Il ne parle que des réalités….de ce qui s’est pleinement manifesté ».

Les mythes seraient une langue en soi, avant d’être le support de disciplines historiographiques ou religieuses. La psychanalyse actuelle ne plonge-t-elle pas ses racines dans les mythes de création, facteurs de nouvelles interprétations, ici maintenant ?

 «  Dans la perfection et la céphalisation croissante des systèmes nerveux, nous tenons véritablement, semble-t-il, un paramètre concret et précis permettant de suivre, à travers la jungle des formes vivantes, la variation absolue et utile de la corpuscularité cosmique » souligne toujours Pierre Teilhard de Chardin dans « L’apparition de l’Homme ».

La fixation de notre cerveau et de son écorce, le néocortex pilote dont la physiologie feuilletée repérée par la science a été dévoilé dans sa puissance réflexive par Dominique Aubier dans « La Face Cachée du Cerveau ».

Notre cortex pourrait-il être ainsi le lieu précurseur des processus de dépôt de toutes les mémoires de la constitution universelle ?

Sa structure organismique fondamentale et systémique se serait élevée par cérébralisation croissante, créant ainsi des étapes matérialisées en des feuillages subtils  qui auraient ainsi gardé une mémoire quantique des évolutions traversées.

Pour Pierre Teilhard de Chardin, en effet, l’homme, seul vivant sur la planète qui ait franchi incontestablement « le pas de la réflexion », occupe pour le moment la cime conscientielle du monde et doit en assumer la responsabilité.

Le XXIème siècle verra-t-il la question de l’existence, de l’intelligence et de la conscience  comme relevant de la Physique ou bien la Physique relèvera-t-elle de la Connaissance de l’arbre de vie où l’existence est une grandeur, une dimension évolutive dont les seuils seraient fixés dans l’organisation même de notre néocortex ?

Notre cortex serait la caisse de résonnance des étapes de la constitution de l’univers qui, lui-même, pourrait être considéré comme un ultra-cerveau à l’œuvre dans ses « circulations » et vibrations macroscopiques.

Dominique Aubier en a clairement identifié le motif. Elle a désigné le système de cérébration par le nom de « Système Alef inducteur du motif unique, ou structure Rosch, d’essence corticale ».

Notre cerveau avec son manteau à six couches distinctes qui se subdivisent en dix strates pour être en plénitude en serait l’aboutissement incarné.

Or aujourd’hui « Si le lien avec la théorie de l’information quantique est aussi fructueuse que certains l’anticipent, cela pourrait bien déboucher sur la prochaine révolution de l’espace et du temps » Brian Greene.

31 mai 2020

Espace-temps ?

 « Que reste-t-il alors ? Si l’ouvert n’est pas le temps-devant-nous comme avenir ni l’espace-devant-nous comme champ de vision et d’action, il doit être compris comme quelque chose qui est ouvert dès avant  qu’il n’y ait des orientations spatiales et temporelles »

                               Peter Sloterdijk

L’ouvert ?

Où ?...

Vers ?...

Penser l’ouvert…

Vers où …

Où se trouve le sens ?

En faisant retour sur la question de l’ouvert…

« Désormais, l'espace en soi et le temps en soi ne sont plus que des ombres vaines et seule une sorte d'union des deux préservera une réalité indépendante»,  affirmait Minkowski à la naissance de la notion d’espace-temps.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Une pensée en train d’être perçue, en elle-même, comme pensée à l’œuvre de formation appartient-elle, vraiment, à l’espace-temps ?

La faculté de penser dans son essence…quantique serait-t-elle hors du temps classiquement admis ?

Pour certains chercheurs, pourtant, « les illusions péniblement conquises que sont nos présentes idées sur l’espace et le temps » peuvent être balayées à tout moment par une théorie qui les remplacera. Celle-ci fera assise, un temps, elle aussi, à l’élaboration théorique développée dans un espace-temps déterminé. Les Théories, en tant que telles, sont-elles des expérimentations de la pensée qui se sonde elle-même ? L’exemple fictionnel véhiculé à propos d’un passager voyageant dans une navette frôlant la vitesse de la lumière n’en est-il pas une représentation iconique. En effet aucun homme et aucune matière cérébrale n’ont été soumis à ces conditions d’accélération.

 

La physique jusqu’alors cherche à repérer l’évènement. Oui …le temps comme « mouvement » dans l’espace donnerait naissance à un évènement. Position et date sont la base des coordonnées nécessaires pour en calculer l’occurrence. Mais aujourd’hui comment aborder l’émergence d’une autre approche plus informationnelle et moins événementielle ?

Par la théorie des cordes et des supercordes, l’approche de la dimensionnalité de l'espace-temps (quatre) est en train d’être révolutionnée car les dimensions spatiales en requièrent six de plus et que leur compactification est telle qu’elles échappent à toute échelle expérimentale.

Cette thèse ne pointerait-elle pas la source corticale sous-jacente, silencieuse et systémique qui en dirigerait la forme émergente ?

Pourrions-nous nous interroger sur la nature même de l’information qui dépendrait des lois structurelles et organismiques de notre néocortex.

Les systèmes d’information tels que nous les concevons, consomment de l’énergie, nécessitent du stockage et visent à une élucidation, sans toutefois que soit posée la question du champ d’unification que sont les structures abstraites et archétypales sous-jacentes à tout l’existant dont notre néocortex a la formule secrète.

Le saisissement des processus de l’in-formation passerait par des processus cérébraux qui en assureraient la saisie adaptative. Connaissance.

Notre inscription dans le temps et l’espace n’est-elle pas soumise à la question de « l’Information pure » : celle qui parcourrait l’univers et dont nous serions les capteurs et les traducteurs ?

Alors pourquoi n’admettrions-nous pas dans nos pérégrinations mentales un autre rapport à l’espace-temps ?

Une méta-loi  qui permettrait d’édifier un autre tissu culturel et réel et qui s’appuierait sur l’architecture néocorticale telle que Dominique Aubier la révèle dans « La face cachée du cerveau ».

L’unicité du temps et son écoulement sont définis par la notion de passé, d’un passage par le présent, et d’une attraction vers le futur. Tout se joue sur la relation entre le temps et les phénomènes. Temps cyclique. Temps événementiel…

Pourtant la présence de l’homme n’appartient pas seulement à l’espace-temps à quatre dimensions.

Le temps de la faculté de cérébralisation opérée dans un champ systémique intérieur renvoie à des processus de formation de l’univers. Processus que l’on qualifie aujourd’hui de… quantique.

L’ouvert ?

Ne serait-ce pas s’ouvrir, accueillir, laisser cheminer dans le distillat de notre pensée qu’une information a-temporelle est, et que des cycles s’y emboitent et font surgir des temps qui en stratifient la formation ?

Notre manteau cortical avec ses différentes strates cellulaires n’en contraindrait-il pas la mémoire et n’en serait-il pas en même temps la représentation ?

Dans sa puissante faculté de décodage, l’humain donne naissance …à l’ouvert à l’existence.

Existence ? Existentia

Exsisto, Exsistere : signifie «sortir de», et par suite «naître», et aussi «se montrer», « s’élever ». Être et essence.

Qu’est-ce en effet qu’exister, sinon provenir de quelque chose, c’est-à-dire substantiellement être à partir de quelque chose?

Mais cela se « Sait » où ?

Où cela se conceptualise ?

Où cela est-il intelligible ?

Peut-on parler d’une manière intelligible d’un système qui sous-tend justement cette préscience. Préscience qui se situe en dehors de toute disposition expérimentale, mais qui est cependant sensible au seul fait de capter l’intentionnalité de ce qui est en train d’être investi par la pensée qui s’établit ?

 « Mais quels éléments de notre savoir actuel peuvent-ils nous laisser appréhender la science future ? Il est clair qu’il ne peut pas s’agir des applications réussies des théories actuelles, puisqu’elles ne nous amènent pas au-delà de ce que nous savons aujourd’hui. Il faut plutôt regarder vers les énigmes qui résistent à l’élucidation » John Wheeler.

Question purement physicienne ?

Question métaphysicienne ?

La Physique aujourd’hui n’est-elle pas dans l’exigence de compréhension de ce que serait la conscience, la connaissance dont les propriétés ne peuvent plus être maintenues hors champ. Devra-t-elle s’ouvrir à  d’autres approches afin que dans son propre domaine, l’activité des deux hémisphères nécessaire à une cérébralité pleine et réussie offre une vision à la fois plus simple et pourtant plus aigue de notre place en tant que lecteur-concepteur de l’Univers.

Ainsi conclut John Wheeler : «  Pouvons-nous vraiment nous attendre à comprendre l’existence ? Nous avons des pistes et du travail pour progresser en la matière. Un jour sûrement, pouvons-nous croire, nous trouverons l’idée maîtresse de tout cela si simple, si belle, si irrésistible, que nous nous dirons les uns aux autres : « Oh ! Comment aurait-il pu en être autrement ! Comment avons-nous pu rester si longtemps aveugles!»

« Se pourrait-il que pendant tout ce temps, nous ayons oublié le point essentiel, à savoir l’usage du phénomène quantique dans la construction de l’univers même ? » John Wheeler.

11 avril 2020

Anthropocène ?

«  Quel est l’ordre de grandeur que devrait avoir une catastrophe avant que ne parte d’elle l’éclair général de connaissance qu’on attend ? A partir de quel point les catastrophes seraient-elles des raisons d’évidence de prises de conscience transformatrices de mentalités ? »

                         Peter Sloterdijk

Nous pensons être avertis de la relation déséquilibrée, écocide, que nous entretenons avec la terre, ce territoire infiniment petit dans l’Univers. Et pourtant… 

« Il nous reste à comprendre le dynamisme scientifico‐technologique illimité, enraciné dans une espérance religieuse d’un autre âge, mais quasi totalitaire, liquidateur à terme, de la diversité culturelle, de «la pluralité des mondes», non dans le ciel étoilé mais sur terre » écrit Jacques Grinevald historien et philosophe des sciences.

Pour la première fois dans l’histoire de la terre telle qu’elle est abordée par le domaine scientifique, la question de l’Homme se trouverait être la tête de pont vers une nouvelle ère géologique.

L’Humain, dont le devenir singulier aurait dû être un point d’Universalisation opéré par la conscience, n’a pas compris sa préfiguration dans les règnes qui l’ont précédé.  Ils en préparaient, pourtant, sa présence sur Terre.

Une « co-réflexion »  aurait ainsi permis l’établissement d’un art de métabolisation de la fonction conscience.

Le langage des hommes aurait dû en être la précipitation au sens alchimique. Leurs paroles devraient être la manifestation d’une subtile architecture de la nature qui les traverse.

Des scientifiques s’accordent  à dire que nous quitterions l'Holocène (du grec ancien holos - ὅλος : entier, et kainos - καινός : récent) époque géologique s'étendant sur les 10 000 à 11 000 dernières années, recouvrant l’histoire des civilisations humaines, pour … « initier » une autre époque.  

L’hégémonie irréfléchie de l’humain sur la nature, l’inconscience de ses devoirs envers elle, ainsi que ses complexités sans limites et hors sol ont dénaturé la relation en miroir, en un mot : réflexive, qu’il aurait dû entretenir avec son univers environnant.  

Faire le constat de l’interdépendance et l’intercorrélation qui président à la complexité de leur survie réciproque et à leur conscience mêlée, n’atteste pas d’une approche tribale ou écologique éthérée… C’est !

Nous assisterions, dit-on, au basculement de L’histoire des hommes dans une ère « géologique » nouvelle.

Un nouveau paradigme interdisciplinaire capte l’attention d’un certain champ de l’intérêt scientifique mobilisée autour de la question de l’environnement.

Un néologisme émerge : l’Anthropocéne du grec ancien ἄνθρωπος (anthropos, « être humain ») et καινός (kainos, « nouveau »).

Ce concept d’Anthropocène  correspondrait à l’émergence d’une nouvelle époque où l’Homme, par sa domination sur la Nature, engendrerait une nouvelle ère géologique : « La géologie de l’humanité ».

Les changements ne seraient plus de l’ordre d’un phénomène naturel. Les empreintes des activités secondarisées des Humains compromettraient ainsi les équilibres biologiques sur Terre. Modifications et perturbations anthropogéniques.

L’Anthropocène : une nouvelle époque des temps géologiques?

Par son implacable différenciation d’avec l’organisme Terre mue par un mental colonisateur à courte vue, L’Homo sapiens serait devenu une «force géologique » par la prégnance matérielle et linéaire de sa pensée.

Certes l’espèce humaine  porteuse de la parole, fait  naître des mondes avec son langage (instrument de sa pensée), mais aurait-elle oublié qu’elle est aussi une espèce zoologique qui fait partie de l’arbre des espèces dont elle coiffe la branche des vertébrés ?

La céphalisation grandissante avec son développement progressif des structures et des fonctions cérébrales a laissé des traces de hiérarchisation. La structuration de l’épopée de sa fixation et de la montée en conscience a été consignée dans des étapes sapientielles … la connaissance millénaire en est la garantie de mémorisation. Où est–elle aujourd’hui ?

Est-ce seulement depuis le développement  de la puissance mentale « raisonnatrice » que l’Homme s’est coupé d’avec la géophysiologie du «système Terre» ?

Cela ne rentre-t-il pas en résonnance avec ce qu’écrit Teilhard de Chardin à propos de la naissance du phénomène évolutif de réflexivité : « Le changement biologique aboutissant à l’éveil de la Pensée ne correspond pas simplement à un point critique traversé par l’individu, ou par l’Espèce. Plus vaste que cela, il affecte la Vie elle-même dans sa totalité organique, - et par conséquent il marque une transformation affectant l’état de la planète entière »  in « Le Phénomène Humain ».

Assisterait-on à un retour archétypal d’une interrogation sur le pouvoir qu’aurait l’homme de lire sa véritable place dans l’univers dont il serait une couche pensante. « La Géogénèse, émigrant dans une Biogénèse, qui n’est finalement pas autre chose qu’une Psychogénèse ».

Le  « phénomène humain » comme le nomme Teilhard de Chardin,  apparition de l’Homme comme « le fait expérimental de l’apparition, dans notre univers, du pouvoir de réfléchir et de penser »  aurait déjà déposé des strates dans la constitution cosmique.

Sont-ce ces strates mémorisées qui constituent notre néocortex ?  

Nous serions alors les porteurs d’une histoire « micro mémorisée » de l’édification d’un influx nerveux irriguant l’univers, qui se serait traduit dans notre cerveau en système nerveux.

Par son désir de découvrir les propriétés de l’Univers, l’Homme par ses facultés de s’en abstraire en le mesurant, en le soupesant, toujours de l’extérieur, a outrepassé son rôle de partenaire. L’exaspération des tendances égocentrées sur ses désirs a déséquilibré le lien de l’Homme avec l’îlot terrestre minuscule qu’il occupe.

Aujourd’hui, cette notion de phénomène dit anthropogénique  possède une dimension sociale, historique et idéologique.

Pour en surplomber la notion même, une réflexion sur les archétypes  à l’œuvre devrait retenir notre attention. Ils nous échappent ; il y va pourtant de l’édification de notre pensée.

L’archétype qui pourrait faire sens est que l’apparition de l’Homme initie le « pas individuel de la Réflexion » :

-         Que ce dépôt conscientisé serait inscrit dans les strates corticales de notre matière grise.

-         Que les différentes couches qui composent notre néocortex sont  constituées de cellules différentes qui capteraient et traduiraient la capacité à saisir dans sa réflexivité, l’essence de l’Univers qui y est déposée.

Cette conception est inouïe. 

Oui … Inouï …au sens littéral (l’inauditus de in privatif, audire : entendre) pour nos formes civilisationnelles dominantes.

Teilhard de Chardin nous invite à nous poser cette question fondamentale « …que vient donc faire, dans le développement expérimental du Monde, l’extraordinaire pouvoir de penser ? »

« L’Homme, aujourd’hui, est scientifiquement connu, tâté, par une infinité de propriétés ou de connexions de détail. Mais, soit par peur chez les uns de tomber dans le métaphysique, soit par crainte chez les autres de profaner « l’âme » en la traitant comme un objet de simple Physique, l’Homme dans ce qu’il a de spécial et de révélateur pour notre expérience, c’est-à-dire, dans ses propriétés « spirituelles » est encore exclu de nos constructions générales du Monde » Pierre Teilhard de Chardin dans la « Vision du Passé ».

Le débat sur l’Anthropocène pourrait s’inscrire non seulement dans une anthropologie mais aussi dans une histoire gnostique.

Par gnose du grec γνῶσις, gnôsis, sont désignées les tendances universelles de la pensée qui trouvent un dénominateur commun dans la notion de Connaissance, dont la science, en grec : ἐπιστήμη, épistémè, serait un bourgeon.

Bien des connaissances  semblent devenues « lettre morte » au même titre que nous nommons langues mortes les langues anciennes qui  irriguent et irradient chacun des mots usités que nous prononçons.

Alors aujourd’hui est-ce un divertissement que cette notion relevée et non révélée d’Anthropocène  …?

On s’y précipite… (voir le système médiatique friand d’étonnement)…avec la même ardeur que celle qui nous précipite dans la fournaise….et dans les foutaises.

Anthropocène ?

Naissance d’une ère singulière où l’Homme y est vu comme le « défaiseur » d’Univers qui galope vers sa perte ?

Inutilité programmée de la conscience ?

Que faire de ces mots puissants et de leur profondeur …

 « L’Homme a inauguré sur la Terre une sphère nouvelle, la sphère des connaissances rationnelles, des constructions artificielles, et de la Totalité organisée. Entre l’Homme et tout ce qui le précédait, il y a un changement d’état, une rupture » Pierre Teilhard de Chardin.

 L’Homme… : Pierre angulaire sur lequel tout reposerait, centre de toutes les corrélations…. ou …  Pierre d’achoppement ?

Le travail du savant consiste à observer des phénomènes, mais il ne peut en expliquer les résonnances cérébrales qui lui font mentionner le réel comme il le fait.  Le mécanisme systémique à l’œuvre de perception lui échappe.

Que sait-il cet Humain de l’univers infiniment subtil qui agit dans les réseaux et des étapes systémiques et architecturées du mouvement d’une pensée qui s’élabore dans sa boite crânienne ?

En voit-il le pilote néocortical à l’œuvre ? … Pas plus que l’œil ne se voit en train de voir.

Encore faudrait-il se poster à la juste croisée des savoirs et de la Connaissance pour pouvoir revisiter notre rapport à la Terre.

Dans l’optique d’une synthèse des sciences et de la Connaissance, la concordance des vibrations entre l’Homme, la Nature et l’Univers qui les englobe ne seraient pas considérées comme une pensée magique, mais comme la métamorphose à opérer dans notre champ de conscience.

La notion d’Anthropocène devrait réveiller et convoquer impérativement la notion de Noosphère «  la Terre est en train d’ajouter, par nous, une enveloppe de plus à ses autres nappes, la dernière et la plus remarquable de toutes: la zone pensante, la noosphère. »

Est-ce à dire que l’Homme serait détenteur de cette compréhension puissante et salvatrice qui lui permettrait de découvrir enfin le sens de son mandat sur Terre.  Il serait  temps pour lui de comprendre qu’il est lui-même compris dans le corps qu’est la Terre, devenant ainsi celui qui en recueille les enseignements et les transmet.

Terre dont la subtile organisation vitale montre, qu’au sein d’un univers où la question du vivant n’a pu trouver d’équivalent, notre planète disposerait d’un pilotage systémique dont nous aurions le secret dans notre boîte crânienne.

La Terre et l’Humain sont indissociables de l’évolution  générale.

 A quoi sert de calculer la courbure de l’Univers si ce travail n’est pas relayé par la prise de conscience que nous en sommes les lecteurs, les témoins ?

L’Univers a-t-il besoin de savoir, lui, qu’il est courbe ?

L’humain comme expressivité d’une nature consciente d’elle-même ? C’est à se demander…

L’Etude de l’univers comme terrain d’exercice d’une intelligence s’est peu à peu enivrée de ses percées.

Les sciences qui ont cru opérer le dévoilement de l’organisation de la matière n’ont pas perçu que les lois qu’elles édictent ne font qu'exprimer la corrélation qui a été observée extérieurement ; elles poussent l’exercice sans y voir les biais cognitifs qui les conduisent.

La Connaissance n’est pas un vain mot.

« Pour appréhender finement les registres discursifs et interprétatifs du concept d’anthropocéne […] se focaliser sur sa genèse en portant un éclairage singulier sur ses fondations historiques et épistémologiques. » Philippe Descola


01 avril 2020

Pensée traversée

« On a beau te répéter que l’univers existe depuis des milliards d’années, toi tu es là pour la première fois. Tu vois le ciel se lever et éclairer le monde comme si tu assistais à son avènement. L’univers advient à mesure que tu adviens. Cet instant de rencontre donne sens à toi comme à l’univers. Instant rejoignant l’éternité, instant d’éternité. »

                                                  François Cheng «  De l’âme »

Les scientifiques ?... Se sont-ils seulement interrogés sur ces fragments d’univers qu’ils font advenir d’abord mathématiquement … …Puis sur cette puissance de la transmission qui les pousse à trouver les mots pour dire leurs approches de  l’incommensurable.

 Ne seraient-ils pas aimantés, malgré eux, comme le poète par l’ineffable ?

Oui l’univers advient à qui « co-naît » en même temps que lui : connaissance ?

L’ésotérisme renvoyé aux anciennes approches civilisationnelles est-il plus énigmatique que les formules équationnelles modernes ?

Il y faut, de toute manière, traduction …

Les équations veulent démontrer la mécanique d’un grand Tout.

La méditation fait naître le sentiment d’appartenance à un grand Tout.

Ainsi le Vivant-Parlant pourrait témoigner :

« …l’homme a été fait pour être, […] l’œil ouvert et le cœur battant de l’univers vivant. Il n’est plus cet être déraciné, solitaire qui dévisage l’univers d’un lieu à part. En fait si nous pouvons penser l’univers, c’est que l’univers pense en nous. Peut-être notre destin fait-il partie d’un destin plus grand que nous.» écrit François Cheng dans « De l’âme ».

 

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27 mars 2020

Vérité : qu'est-ce à dire ?

 « Nous sommes tous chacun à notre manière, des chercheurs de vérité, et nous espérons tous comprendre pourquoi nous sommes là ».

                                                         Brian Greene

Être un « chercheur de vérité » : concept moteur, l’indiscutable en serait une conclusion couronnée. Certitude.

La science peut-elle prétendre, à elle seule, répondre à la question de la vérité, question si absolue ?

Chercheur de Vérité, donc… mais laquelle ?

La force intellectuelle requise par l’esprit scientifique se fraie un chemin vers la cohérence. Cette puissance a souvent été initiée par des fulgurances intuitives. Le questionnement mobilisateur, son moteur, doit être examiné suivant des procédures qui sont propres  à son canevas de lecture et des concepts acceptables pour la branche dont elle fait partie.

Toutefois, l’aboutissement d’une recherche peut-il être considéré comme dépositaire d’une notion de vérité ?

Vérité ? Veritas, atis : vérité, la réalité, le vrai - de Vérus : réel, véritable, consciencieux.  

« Chercheurs de vérité » : chercheurs de l’étant par la conscience ou chercheurs du vrai ?

Pensée initiée par un postulat qui se déploie dans sa logique propre, enivrante par ses propres conditions de mise en lumière ?

« pré…dication » ?

« Or une chose n’est dite vraie que si elle est adéquate à l’intellect, dès lors le vrai se trouve dans les choses par postériorité et dans l’intellect par antériorité »  Aristote.

 Comment les questions sur la Vérité sont-elles inscrites à l’horizon de l’avènement de la pensée scientifique ?

« La science écrit Karl Popper, ne souscrit à une loi ou une théorie qu’à l’essai, ce qui signifie que toutes les lois et les théories sont des conjectures, ou des hypothèses provisoires »

L’approche ontologique ne doit-elle pas être présente dans la recherche du Vrai ?  Les scientifiques par leurs travaux et spéculations nous ont livré la profondeur incommensurable de l’Univers ; mais ont-ils dévoilé le mystère de sa condition d’existence ?

L’Univers serait-il lui-même un organisme « pensant » sa condition de maintien à l’existence ?

 L’Univers peut-il être appréhendé comme « puissance réflexive aux dimensions sidérales » écrit Dominique Aubier.

Le motif et la raison d’être de notre présence en tant que Vivant-Parlant  dans l’univers  galactique est en soi… LA QUESTION. .. Ultime, en même temps que primordiale.

Comment la vérité pourrait-elle surgir d’une condition entérinée par l’intellect scientifique ? Comment les savoirs scientifiques archipélisés pourraient-ils révéler une Vérité fondatrice alors qu’ils ne s’accordent pas sur la représentation des causalités.

Avoir un point de vue qui trouve une résonnance planétaire n’est pas concourir au dévoilement d’un motif de compréhension causal  qui en montrerait  l’universelle vérité.

Le vrai en tant que concept « absolument logique », englobant, universel, ne peut pas faire l’impasse sur la question ontologique sous-tendue de « là-où-ça-pense ».

Les propriétés ontologiques, de l’être qui s’interroge sur la vérité ne peuvent être occultées : « là-où-ça-SE-pense ». Ces propriétés n’appartiennent pas qu’aux réseaux neuronaux et à leurs contenus intellectuels. Elles appartiennent à un autre ordre systémique et structurel.

D’où est perçue la notion de vérité ? Quel en est le siège souverain ?

Le champ spirituel des peuples ancestraux étudiés par les anthropologues ne serait-il pas à redécouvrir ? Il pourrait être la source de la conscience à l’œuvre. L’accès à la vérité serait-il projeté dans la nécessité de renouer avec la connaissance intrinsèque, globale inoculée dans la conscience de l’humain-parlant qui a consigné cette « transcendance d’hominisation » dans les rituels établis pour en contrôler l’évaporation (de la conscience) ?

 «  Tout au début …l’analyse du phylum humain, pris à ses origines les plus lointaines, nous avait mis en présence d’un « blanc » initial où pour diverses raisons concordantes, nous nous sommes trouvés amenés à conjecturer une mutation privilégiée : le pas individuel de la Réflexion » 

                                      Pierre Teilhard de Chardin dans «  Apparition de l’Homme »

25 mars 2020

La science comprend-elle vraiment son rôle ?

«Une compréhension scientifique de la nature ne requiert pas d’être limitée à une théorie physique de l’ordre objectif spatiotemporel. Cela fait sens de chercher une forme étendue de compréhension qui intègre le mental mais qui demeure scientifique, c'est-à-dire qui est encore une théorie de l’ordre immanent de la nature »

                                                    Thomas Nagel

 

La science comprend-elle la question des limites mêmes de ses investigations et de son récit ?

La puissance des recherches scientifiques a apporté les réponses les plus pertinentes à l’exploration de l’organisation de la matière. Elle a aussi engendré les plus extrêmes hypothèses qui lui ont permis de faire éclore un autre rapport à l’espace-temps tel qu’il est fixé depuis le début du XXème siècle.

D’une lecture culturelle distanciée, extérieure et rationnelle sur les phénomènes de la vie de l’univers,  la science dite fondamentale s’interroge et se trouve bouleversée dans ses concepts.  L’émergence de la Mécanique Quantique a insufflé une situation cognitive inédite, celle de notre « implication » dans les phénomènes observés.

 Ainsi une vision purement scientiste, matérialiste est bousculée malgré ses résistances.

  Le concept de l'indissociable espace-temps à quatre dimensions, qui ne peut considérer les événements qui se produisent qu’en un lieu précis de l’univers dans un temps précisé, est pourtant à l’orée d’une révolution qu’apporte la théorie des supercordes. Cette théorie propose d'admettre que l'espace-temps possède dix dimensions et qu'une super-symétrie dicte des propriétés nouvelles.

 Le domaine scientifique se trouve ainsi précipité vers d’audacieuses  et vertigineuses assertions.

La visée et le dessein même du fait scientifique se doivent  d’approfondir la question de la conscience. Les processus et les contenus mentaux qui se produisent à partir de structures biologiques, celles de notre cerveau, ne peuvent en aucun cas être réduits à des mécanismes.

L’énigme de la naissance de l’univers… l’énigme du Vivant-parlant… l’énigme de la question du verbe et de la conscience qui en serait la diffusion, ces énigmes là, ne peuvent être repoussées par le domaine scientifique comme étant des interrogations à caractère philosophique ou métaphysique.

Une nouvelle intelligibilité s’impose : la science doit pouvoir s’ouvrir à d’autres concepts qui dépasseront la notion d’expérimentation des objets qu’elle vise car dans sa posture actuelle, pénètre-t-elle vraiment  le réel ?

 Les signaux et les messages qui se déploient dans ses concepts (c'est-à-dire verbalement élaborés)  tiennent-ils compte des « émanations » issues des réseaux nerveux, agissantes sur le concept lui-même ?  

L’« Univers pensant » sous-jacent à l’étude de l’univers cosmique et de ses lois est un paramètre systémique déterminant.

Pourquoi l’esprit scientifique ne se penche-t-il pas sur le lieu de sa faculté de penser ce qu’il pense ? Pourquoi confond-il sa doctrine et le réel ?

Une structure à la fois unitaire et systémique préside pourtant à son pouvoir de recherche.

« Ainsi l’entité-objet-de-description et la structure qualifiante, ces deux éléments descriptionnels sans lesquels le concept même de description s’évanouit, ne préexistent pas à l’action de « description » quantique d’un micro-état » ainsi s’exprime Mioara Mugur Schächter, physicienne spécialiste en mécanique quantique fondamentale.

Pourquoi l’humanité ne comprend-elle pas que toutes les intelligences qu’elle déploie sont sous-tendues par un influx nerveux qui suit un parcours bien réel, naturel dans les strates corticales, dont la diffusion s’appelle… une Pensée ? Pensée qui sublime pourtant les « mécanismes » à l'oeuvre.

La cognition est en elle-même un univers à découvrir avec ses lois structurelles.

Les dispositions systémiques créatives qui s’y déploient, sont subtilement conduites par un influx nerveux. Cet influx nerveux draine des informations qui répondent à une nécessité structurelle sous-jacente et qui la transcendent.

« Des processus de conceptualisation, écrit Mioara Mugur Schächter, sont enracinés dans la factualité physique a-conceptuelle, en dessous des langages dont le caractère est résolument méthodologique et formalisant ».

20 mars 2020

Aparté

« L’ordre humain ressemble au cosmos en ceci, que de temps en temps, pour renaitre à neuf, il lui faut plonger dans la flamme »

                                                               Ernst Jünger

Le motif d’amour est annonciateur.

La notion d’amour est résolution.

L’amour est le serti, couronne de la conscience.

La conscience est la traduction du désir abouti d’amour.

L’acte bienveillant en est sa métabolisation.

Une ardeur simple.

Aujourd’hui serait-ce l’amour de la vie qui engendrerait ce STOP magistral ?

L’amour n’est pas un sentiment mais la vitalité d’un Univers pensant sa condition.

Ce Stop précipite-t-il la fin d’une trop longue période d’extériorisation, de quantification qui ne sont plus à l’aune d’un mystère porté par l’Humain ?

Le grand écart, entre les sciences développant leurs savoirs et les enseignements déposés de la Connaissance, avait été le sujet phare des années 1980. L’attention spécifique que l’on aurait dû lui porter réveillait, déjà dans ces années-là, une urgence d'unification soulignée par les rencontres remarquables de scientifiques et de sages.

Nouvelles émergences, disait-on.

Un nouveau paradigme scientifique s’inscrivant au fronton  d’une nouvelle conscience planétaire, en appelait à la nécessité de « rapprocher les contraires » ainsi que le nomme Dominique Aubier.

Emboiter dans l'intelligence de la vie, l’unicité de la matière que l’occident découvrait et la vision unitaire des philosophies orientales, était le dessein d'un renouveau pressenti.

Nécessité d’intégrer la complémentarité de nos hémisphères corticaux.

Mariage qui nous aurait permis de comprendre que l’Univers dont nous sommes les traducteurs n’est pas une soupe de particules indépendantes mais un tissage dynamique et interconnecté.

Vibration, transfert permanent d’énergie et d’information devenaient les maîtres-mots.

La théorie quantique commençait à être véhiculée et à pénétrer les esprits par son aptitude à ouvrir la question holistique.

 La question englobant un phénomène du Tout n’a-t-elle pas été versée, par la suite, dans la marmite d’une mondialisation du « toujours plus », du sans limites.

L’esprit rationnel n’a pu s’ouvrir, ni accepter la conciliation créative et libératrice de l’esprit scientifique et de l’esprit traditionnel étudié par les anthropologues.

 Pourtant l’irrationalité est présente dans les comportements exorbitants de prédation et d’empoisonnement des ressources. Un certain seuil franchi, il n’a plus été possible de construire un en-face salvateur.

La science n’a pu lire clairement dans la proposition cyclique d’un rapprochement des contraires,  la complémentarité nécessaire à la préparation d’un paradigme écologique. Le mandat de la science n’est pas d’ériger du SENS mais la constitution d’un savoir qui s'auto-suffit.

L’écologie est le domaine où la question du lien, de l’interdépendance et de la systémique préside à sa destinée. Elle doit, pour celà, être nourrie de sens.

Aujourd’hui nous sommes frappés par un Stop, brutal et inimaginable. Stoppés nous-mêmes dans notre folle allure.

La Terre est en burn-out.

« A partir du Stop, commence en effet une série de mouvements d’une puissance décisionnaire incomparable avec les dynamismes ayant jusque là  manœuvré un cycle. Là où les phénomènes s’enclenchaient quasiment d’eux-mêmes, voici qu’ils demandent à être gérés avec la rigueur la plus stricte. C’est qu’un cycle nouveau doit naître de celui qui se termine. Les travaux de relaiement dépendent entièrement de la connaissance que l’on peut avoir de leur phénoménologie orthodoxe. »

Dominique Aubier dans «  La Face cachée du Cerveau ».

11 février 2020

Une certaine philosophie des sciences

« Une entreprise philosophique peut être qualifiée de métaphysique si elle cherche à décrire ou expliquer des réalités qui ne figurent d’aucune façon dans l’expérience, qui excèdent les apparences phénoméniques, mais qui pourtant pourraient être appréhendées par le pur enchainement logique de concepts. Ces réalités seraient celles plus fondamentales, c'est-à-dire celles responsables de l’ordonnance et du sens des apparences sensibles »

                        Marcus Sacrini 

 

Qualifiée de métaphysique, une certaine philosophie des sciences se poserait-elle, actuellement, la plus primordiale et la plus puissante des questions : un ordonnancement sous-jacent unique pourrait-il être le lieu de l’universalité de toute pensée et de toute opération cognitive ?

Ce ne serait plus dans les objets étudiés ainsi que dans leur relevé structurel que se trouveraient les foyers d’intérêt, fixés et retenus par la virtuosité de notre appareil réflexif, mais dans l’espace même de l’accomplissement de ces possibilités, c’est-à-dire dans le génie structurel et systémique de notre cerveau.

Comment comprendre la puissance de l’inscription dans l’espace-temps, des probabilités structurelles corticales, visitées dans le secret de  leur propre  plausibilité, qui seraient ainsi en rapport avec la structure de l’espace-temps introjectée dans nos esprits ?

Comment la réalité de cet espace-temps, reconnue comme fondamentale,  pourrait-elle convoquer et être convoquée par les lois ontologiques d’un cerveau humain, qui en serait le soutènement et qui, par le produit des propositions scientifiques, en montrerait la puissance décisionnelle ?

Toute expressivité poétique, scientifique, toute conceptualisation serait la déclinaison et la conjugaison des facteurs probabilistes et cependant structurels, de notre appareil cortical.

 Conséquemment, la possibilité de nous interroger sur le sens évolutif impulsé à nos réflexivités serait intrinsèquement commandée par des lois ontologiques, donnant accès aux aperceptions, ces perceptions vives de connaissance et de conscience immédiate, directes qui se traduisent dans une sensation, une volition, une pensée.

Les lois corticales ontologiques, à la fois réelles et quantiques seraient les  garantes de l’assise du Réel dans lequel nous évoluons.

L’étude du cœur même du système de cognition est devenue la plaque tournante essentielle à une compréhension ontologique des processus qui guident les pas des chercheurs… des Scientifiques et des Sages.

Notre cerveau éveillé est inscrit en conscience dans l’espace-temps, en émergence de sa réflexivité.

« Or, ni des connaissances ni non plus une liaison et une unité de ces connaissances entre elles ne sauraient intervenir en nous sans cette unité de la conscience qui précède toutes les données de l’intuition et en relation avec laquelle toute représentation d’objets est seulement possible. Cette conscience pure, originaire et immuable, je décide de la nommer aperception transcendantale. Qu’elle mérite ce nom, c’est déjà clair du fait que l’unité objective la plus pure, à savoir celle des concepts a priori (espace et temps) n’est possible qu’à travers la relation des intuitions à une telle aperception. L’unité numérique de cette aperception réside donc a priori au fondement de tous les concepts, de même que la diversité de l’espace et du temps se trouve au fondement des intuitions de la sensibilité ».  Emmanuel Kant  - « De la déduction des concepts purs de l’entendement ».

La cohérence que le monde scientifique accorde à l’Univers serait-elle dictée par la cohérence de l’appareil conceptuel que nous abritons dans notre crâne ?

« C’est le contenu universel qui tient à la situation cognitive qui est la source de l’impression d’essentiel que produit le formalisme quantique ». Mioara Schächter

Comment pourrions-nous être pleinement conscients de la participation « auto-savante »  de notre structure cérébrale dans les facteurs cognitifs et ingénieux, sinon éclairés, que nos déployons ?

Pourrions-nous admettre que toutes nos visées « opérationnelles » soient guidées par un ordonnancement ontologique, implicite et informulé, dans notre cerveau pensant-parlant, lui-même foyer des structures logiques qui en conduisent les mécanismes ?

Il est ici soulevé la question du moteur qu’est notre cerveau, à la fois outil à disposition mais aussi modèle primordial, unique et unitaire qu’il représente.

Lire la toile de fond d’un univers astronomique aussi bien que s’enfoncer dans  le « tissu » quantique, n’est-ce pas être happé par la force d’un Invariant  qui déroule sa puissance de poussée vers un autre état : celui d’une perception intelligible ?

Dépasser la tyrannie de la preuve pour ouvrir à la préscience d'un dessein mental architecturé permettrait d’insérer les nouvelles descriptions d’un fonctionnement jusqu’alors caché, occulte : celui de notre cerveau à l’œuvre de penser… la pensée et sa formulation… ce qui, alors, donnerait accès à un « retournement prédictif » (expression de Michel Bitbol).

Les causes microphysiques de l’entité naturelle qu’est le cerveau de l’être parlant, ne peuvent être dans le contrôle d’elles-mêmes lors de leur activation. De plus, le développement des connaissances d’une époque civilisationnelle enregistre un fonctionnement de type systémique et même global mais ne peut en expliquer ses atouts initiaux.

Selon Kant, écrit Mioara Schächter «  Les propriétés des entités physiques ne sont pas connaissables « telles qu’elles sont en elles-mêmes ».

Le motif Tête est le motif qui détient les structures quantiques,  logiques, probabilistes qui fondent les interrogations les plus aigües.

Ce motif Tête absorbe l’univers qui le contient et qu’il détient, lui-même, dans un espace-temps personnel structuré par un diagramme à six couches ; celles de son enveloppe corticale, interface entre l'Univers et l'Humain.

 Ainsi l’espace-temps à quatre dimensions comme contenant et contenu pourrait-il être revisité à la lueur du diagramme à six couches (autre espace-temps).

 La théorie des cordes dans sa recherche d’unification des forces fondamentales de la Nature au sein d’un même modèle n’est-elle pas à la lisière d’un nouveau paradigme qui pourrait aborder la théorie du Tout grâce aux dimensions supplémentaires qui ouvriraient sur un espace-temps inédit ?

Inclure la notion d’influx mental comme étant le moteur de la longue histoire cosmologique, mental fondamental et présent au niveau des composants ultimes de la matière parce qu’il en soude la cohérence aurait un impact vertigineux sur l’esprit humain.

En conséquence l’ouverture sur un espace inédit permettrait d’appréhender dans notre support  organismique les formules vibratoires les plus subtiles que sont la conscience, la connaissance et la valeur dans un cycle spiralé.

La conscience requise pour parler du phénomène même de la Conscience, trouverait dans la rencontre de l'espace-temps, (espace de la mesure et de l'expérience) et de l'espace cortical mental à six dimensions repliées sur elles-mêmes (ordre implicite), le terrain d’une information holistique.

Le rationalisme comme argument scientifique majeur souligne la difficulté de faire la différence entre les actions cognitives et les facultés ontologiques cognitives.

Les actions cognitives s’inscrivent dans une étape civilisationnelle. Elles déploient en leur intelligence propre des dispositions intellectuelles qui permettent la mesure et l’explication : en un mot une forme de rationalité de la pensée. La réflexivité élaborée au sein de ces actions relatives au savoir,  ne peut expliquer notre propre capacité à comprendre les processus de la vie consciente.

Les facultés ontologiques cognitives seraient des dispositions intrinsèquement naturelles permettant d’aborder une universalité d’un formalisme inobservable… du moteur cognitif lui-même.

Elles ont trait à l’entendement qui pourrait être l’émergence d’une évolution systémique et mentale qui se serait « auto-programmée ».

 On ne peut voir notre cerveau pensant. On en accueille les propositions.

Thomas Nagel écrit «[…] une compréhension scientifique de la nature ne requiert pas d’être limité à une théorie physique de l’ordre objectif spatio-temporel. Cela fait sens de chercher une forme étendue de compréhension qui intègre le mental mais qui demeure scientifique, c’est-à-dire qui est encore une théorie de l’ordre immanent de la nature ».

Cette prise de conscience, tributaire d’une autre résolution civilisationnelle dans l’intelligence du monde, serait pourtant, déjà déposée dans les strates d’une  Connaissance qui ne s’offre pas d’elle-même tant que le terrain de son enracinement mental n’est pas prêt.

 N’est ce pas là une histoire de culture !... ?

Est-on prêt aujourd’hui à accepter qu’une forme de préscience des travaux à venir interrogeant le réel, soit déjà codifiée derrière ce que l’on pourrait nommer un plafond de verre ?

L’hypothèse, qui se présente à l’esprit du chercheur, ne serait-elle pas la percée anticipée d’une « pré-notion » qui, peu-à-peu, trouverait les moyens expressifs de son entendement dans le monde ?

Admettre que le déroulement d’une émergence de la pensée n’est pas indépendant de la structure corticale qui le pilote permettrait d’élargir ces processus à l’Entendement (au sens philosophique) des civilisations.

Tous les processus seraient issus d’un modèle structural et systémique unique : notre cerveau. Opérateur, il serait le socle unitaire, encore invisible de toutes les sagesses et de toutes les sciences.

« La conception cosmologique du tout qui ne prend pas en compte l’esprit, la connaissance et la valeur est engagée dans une impasse » Thomas Nagel