Interprétation Quantique

10 septembre 2018

Qu'en penser ?

« Réfléchir à neuf à tous les problèmes »

                           Dominique Aubier

 

Un article paru le 19 juillet 2016 dans la revue « Sciences et Avenir » fait retour sur le cas  d’un patient dont un examen IRM en 2007 révèle une anomalie jusqu’alors impensable : son cerveau est vide de neurones à 90%. Le liquide céphalo-rachidien a envahi les cavités de son cerveau sans provoquer cependant de troubles handicapants. 

Lors du 20ème Congrès annuel de l’Association for the Scientific Study of Consciousness à Buenos Aires, en Argentine, Axel Cleeremans, psychologue de l’université de Bruxelles revient presque 10 ans après sur ce cas inexplicable par les voies médicales classiques.

« Chez cet homme, dit-il, les aires frontales, pariétales, temporales et occipitales ont toutes été réduites. Des fonctions comme la sensibilité, le langage, la vision, l’audition devraient être sévèrement impactés or jusqu’à l’IRM révélateur cet homme avait une vie tout à fait normale ».

Ainsi, l’hypothèse retenue par les chercheurs, serait que les zones d’appréhension n’auraient pas disparues mais qu’elles auraient changé de forme.

Ainsi la notion de plasticité pourrait indiquer l’étonnante adaptation de notre appareil cérébral. Qu’elle soit synaptique, neuronale, cérébrale il y aurait  réaffectation des structures de l’organe cerveau.

Relevé dans un article…« Un des mécanismes de la neuro-plasticité est l’élagage synaptique ».

Axel Cleeremans déclare par ailleurs  « une théorie devrait expliquer comment une personne dont 90% des neurones sont absents peut avoir un comportement tout à fait normal ».

Le neurologue Jean Pelletier parle de l’examen mené sur ce patient : « […], et c'est alors que nous avons découvert ce spectacle peu commun : un cerveau réduit à une bande de quelques centimètres d'épaisseur, contre la paroi crânienne ».  Cette phrase réveille l’attention tournée vers le cortex.

Cette bande de quelques centimètres repérée lors de l’examen de ce patient peut évoquer le fait que le manteau cortical soit resté intact.

 Le néocortex, appelé aussi isocortex est  la couche qui est en contact avec la boite crânienne.

Le cortex ou matière grise recouvre la surface de chaque hémisphère. Il en est l’écorce … cortex.

Le cortex cérébral inclut l’allocortex (10% du cortex)  formé de 3 niveaux : le mésocortex, l’archicortex, le paléocortex,  phylogénétiquement les plus anciens,  et le néocortex (90%) formé de six couches repérées dès le XIXème siècle dans les études histologiques d’alors.

 « Certaines certitudes sont définitivement admises par la Science. […] la répartition des neurones sur six couches différenciées ne saurait être l’objet d’une révision » écrit Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau » et poursuit « Le diagramme à six couches est une vérité mondialement reconnue ».

En 2016 l’institut Curie publie sous la houlette d’Alexandre Baffet « le néocortex est le centre des fonctions cognitives supérieures comme la perception, la prise de décisions ou encore le langage ».

Le néocortex qui coiffe donc l’ensemble du cerveau en serait-il sa structure intégrative, lieu de la vie consciente ?

Toujours dans « La face cachée du cerveau » : « Etant proposé comme modèle absolu, le cortex humain impose à toute structure évolutive son arrangement évolutif typique. […]. L’évolution, en n’importe quel contenant, s’effectuera de la couche I à la couche VI ».

« Pour la médecine, ces couches s’ouvrent évolutivement à la vie. La couche I entre la première en fonction. Au fil du temps l’énergétisation passe d’une couche à l’autre».

 L’influx donné charrie et mémorise des informations pour chacun d’entre nous mais concerne aussi les différents cycles civilisateurs qui ont construit l’histoire humaine.

Dans l’approche dite ésotérique « Le Six est décrit comme mesure de l’espace évolutif. Les six couches sont le lieu de l’activité corticale, laquelle est effectivement évolutive » Dominique Aubier.

Les neuroscientifiques, les médecins, auraient-ils pu approfondir la question du néocortex dans sa fonction organisatrice subtile?

Il n’est pas du ressort de la Science d’en interroger le sens métaphysique et ontologique c'est-à-dire en tant que mise en lumière… sinon d’élucidation… du sens de l’être.

 Pour ce faire, faudrait-il aujourd’hui s’interroger sur les ponts précieux à opérer avec d’autres formes d’approche, telles que les connaissances ancestrales, afin de donner du sens aux structures qui sont les nôtres.

La connaissance du cerveau est déposée dans le « Savoir » du monde.

 « La face cachée du cerveau » en fait le relevé inédit et documenté.

Cette connaissance qualifiée…d’ « ésotérique » έσωτερικóς,  ἐσώτερoς / esôteros, qui signifie « intérieur » dérivé de l'adverbe ἔσω, « en dedans » est pourtant une voie d’accès à des zones sensibles, mémorisées, archivées dans la mémoire du monde mais méconnues de notre langage moderne.

A qui cherche l’unité, la matrice cosmique, la tourmente est grande quand une perception d’un lieu unitaire émerge sans toutefois pouvoir discerner la localisation du lieu où s’opère cette opération de la pensée... de l’unité.

Notre cerveau en train de s’éveiller à un sentiment océanique doit pouvoir se  percevoir lui-même comme motif unique englobant l’univers.

 Ainsi aujourd’hui un rapprochement entre savoir ancestral, Connaissance, et savoir observateur et technique ne pourrait-il par permettre l’établissement d’une pensée novatrice ?  

 Science et méta-science ou « éso-science »,  néologisme pour désigner une science de l’en-dedans, ne seraient-elles pas, par leur alliance, le bassin d’une véritable conscience dont  le cycle civilisateur, dans sa forme d’exaspération  telle que nous la constatons, souligne la nécessité intellectuelle et spirituelle ?

Exaspération  étymologiquement du latin exasperare : rendre rugueux, enflammer, irriter mais aussi …aiguiser.

 Nous avons sans doute à aiguiser notre lecture de l’univers.

Depuis l’émergence de l’approche quantique et holistique, il est urgent de nous interroger sur le repérage de lignes de fuite, qui convergent toutes vers une nouvelle perspective évolutive et intégrative, où conjectures et réfutations ne seraient plus au cœur du système de pensée mais où rapprochements et union seraient la pierre angulaire d’un nouvel essor de la pensée.

« Dans un certain sens, l’Homme est un microcosme de l’Univers ; donc l’Homme est une idée de l’Univers. Nous sommes enveloppés dans l’Univers ».

 C’est ainsi que David Bohm s’exprime. Pour ce physicien théoricien et philosophe une vue d’ensemble est la seule libératrice de sens. D’après lui les notions de «potentiel quantique » et le développement, plus tardivement, de « l’ordre implicite » peuvent permettre d’aborder la question de l’ordre et de la finalité de tous les ordonnancements qui paramètrent l’équilibre universel.

Le passage du domaine de l’implicite à l’explicité serait le pouvoir qu’a une puissance subtile, impliquée et inexpliquée de se réverbérer dans la matière que la science étudie.

Cette réverbération aurait lieu dans cette matrice universelle qu’est notre cerveau.

« Toute matière appartient à l’ordre impliqué où toutes les choses sont vivantes » David Bohm


28 août 2018

Danse universelle sur un pont

 « La conscience et l’intelligence sont antérieures au cerveau mais celui-ci est une structure permettant de les manifester et d’en exprimer les contenus »       

                          David Bohm « La Conscience et l’Univers »

 Entre le physicien David Bohm et la philologue Dominique Aubier  n’y aurait-il pas un premier pas de danse ?

 « Mais alors pourquoi « La face cachée du cerveau ? » c’est tout simplement qu’à dresser l’inventaire des constantes initiatiques le portrait du cerveau ressort décrit sur sa face inconnue, dans la perspective de son fonctionnement et de sa créativité »  écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau » ; puis elle poursuit « Il s’agit d’atteindre l’envers du cerveau, de piéger les valeurs qui tiennent à sa structure, de les révéler  parce qu’elles ne sont pas connues ».

Je convoque dès lors la parole du chercheur et jésuite Teilhard de Chardin  qui écrit dans « Le phénomène humain » : « L’histoire et la place de la Conscience dans le monde demeurent incompréhensibles à qui n’aurait pas vu, au préalable, que le cosmos où l’Homme se trouve engagé constitue, par l’intégralité inattaquable de son ensemble, un Système, un Totum et un Quantum : un Système par la multiplicité, -un Totum par son Unité, -un quantum par son énergie ».

Arc-en-ciel dans le ciel de la physique quantique.

Est-il encore pensable qu’une forme d’opposition maintienne un fossé entre approche scientifique et approche métaphysique ou même symbolique alors que le siège de notre pensée se trouve être dans le même bassin cérébral ? Cela ne peut qu’être le creuset d’un «mal-heur et d’un mal heurt » du sens.

 « L’adversité fait toucher le degré suprême de la folie » Thomas Bernhard.

N’avons-nous pas  deux hémisphères corticaux symétriques mais à vocation différente ?

L’un, hémisphère gauche, soutient un regard extérieur qui surplombe le Monde et l’analyse. Information. Entropie.

L’autre, hémisphère droit, plonge intérieurement, pressent l’unité et s’y dissout.  Vibration. Néguentropie.

Cependant les deux hémisphères sont en étroite relation par la symétrie qui les guide. Les fibres neuronales du corps calleux créent le pont, le relais inter-hémisphérique qui leur donne le pouvoir de dialoguer et de se compléter dans leur fonction de recueil et de traitement de l’information.

Ce qui permet l’expression d’une exploration analytique intelligente et néanmoins ouverte à la globalité perçue qui dépose dans notre crâne des contenus informés.

« Dans notre conscience, à chacun de nous, c’est l’évolution qui s’aperçoit elle-même en se réfléchissant » Pierre Teilhard de Chardin.

Une bouleversante nécessité de repenser l’universalité est devenue indispensable.

« Indice pensable » par la révolution qui s’opère au sein même des sciences s’interrogeant sur le sens de notre rôle d’observateur en tant que vivant-parlant au sein de l’Univers.

Pourrait-on, enfin, rompre les endiguements que crée l’obsessionnelle recherche de rationnel qui en devient elle-même irrationnelle ?

Se laisser déborder.

Créer de nouveaux territoires.

Être dans l’accueil d’une effraction de la pensée qui se libère d’une forme de peur du symbolique … c’est cela une augmentation.

Comprendre les frontières et les fonctions connectrices qui sont celles de notre appareil cérébral.

Comment aborder la maîtrise d’un sujet si l’on ne maîtrise pas les organisations et les hiérarchies mentales nées d’une corticalité pilotée par la tour de contrôle subtile qu’est, sans doute, notre néocortex lui-même, voie de communication et réflecteur d’une  « Grande Pensée » organisatrice à l’œuvre ?

Irvin Laszlo, philosophe des sciences et spécialiste de la Théorie des systèmes, enseigne qu’un champ cosmique avec lequel nous serions en corrélation conserverait l’information à l’œuvre dans l’univers, au même titre que tout ce qui existe dans cet espace universel.  

Notre mandat de vivant-parlant ne serait-il pas alors d’être le siège d’une métabolisation vibrante ? Cette vibration transformée en information serait prise en relais par une parole qui traduirait elle-même l’aspect vibratoire de l’Univers.

La structure de notre néocortex telle que Dominique Aubier l’a déployée dans « La face cachée du cerveau », œuvre dans laquelle elle atteste en s’appuyant sur l’analyse histologique du cortex cérébral, que la notion de Tête (Rosch) où six niveaux d’organisation sont au pilotage, était déjà intégrée par la Connaissance captant la mémoire universelle.

... Est-ce si extravagant en soi ?

Extravagance non pas baroque ou aberrante mais comme possibilité de ne pas être insérée dans une conformité de la pensée. Hors décret d’une pensée classifiée.

 Voir le néocortex comme une région frontière entre l’influx  général, invisible et subtil par lequel  nous serions traversés et admettre ainsi que l’information  que nous y puisons, puisse être transmutée grâce nos réseaux neuronaux … est-ce si sorcier ?

Voir notre néocortex comme territoire premier recevant  une vibration : un  branchement. Un canal.

Le néocortex traiterait donc cette vibration générale et universelle et la transformerait  en information assimilable.

Cette information se serait enregistrée, déployée, alchimisée dans une oscillation à travers les couches corticales qui permettraient la diffusion et l’adaptation du message jusqu’à notre faculté d’énonciation.

Le message évoluerait dans le dispositif des couches corticales qui, grâce aux différentes dispositions cellulaires qui les composent, permettrait au message de se forger peu à peu.

De s’incarner.

La Science humaine doit maintenant aborder le phénomène du vivant-parlant de l’intérieur. C’est ainsi qu’une forme de compréhension de notre rapport d’échange avec l’Univers peut-être conçu.

16 août 2018

Sous la notion d'universel : le cerveau

« Sciences, philosophie et religion convergent nécessairement au voisinage du Tout »

         Pierre Teilhard de Chardin    dans « Le phénomène humain »

Le principe Tête serait le principe premier.

En tête.

Ce principe modèle irriguerait toutes les formes expressives que l’humain aurait déployées dans ses formes religieuses, rituelles, artistiques ainsi que scientifiques.

C’est ainsi que Dominique Aubier en a reçu la révélation en pénétrant, en philologue, les arcanes de l’œuvre de Cervantès « Don Quichotte » dont elle soutient la thèse d’un codage lié à la notion « Tête ».

Ce modèle serait à la fois unique et universel.

Il régirait tout le réel.

Il s’agirait plus précisément du néocortex à six couches repérées et répertoriées par la science médicale.

Dominique Aubier donne un nom au principe régissant tout le réel que nous décodons. La Tête ou Rosch en hébreu ou plus précisément le cortex à six couches repéré par la médecine.

 Il est écrit en 4ème de couverture de « La face cachée du cerveau » :

«[Le] Code des Lois Organiques qui sont à la base de tous les mythes, gnoses, et traditions du monde, c’est Rosch – la tête, le cerveau. C’est sur le modèle de la structure du cerveau humain qu’ont été conçues, et que s’expliquent, toutes les manifestations des sagesses et des spiritualités humaines. »

« Tout innovateur est un transgresseur puisqu’il met dans la culture une pensée qui n’y était pas avant lui. Il est donc admiré par ceux qui aiment les idées nouvelles, et détesté par ceux qui se plaisent à réciter les idées admises. »   Boris Cyrulnik « Les âmes blessées »

30 juillet 2018

Ouvrir les volets...

«  L’humanité commence à comprendre que l’univers n’est pas un froid mécanisme sans finalité […].La dimension qui se cache derrière la théorie quantique n’est pas affaire de physique »

                  Massimo Teodorani

La dimension cachée pourrait-elle enfin être accueillie comme une aspiration,  une forme d’invitation à conquérir d’autres territoires de la pensée ?

Elle serait inscrite d’après Dominique Aubier dans la dimension biophysique du Néocortex dont les seuils de fonctionnement sont expliqués dans « La face cachée du cerveau ».

Ne pourrait-on pas y voir, aussi, le désir de sondage d’un grand Cerveau universel à l’œuvre, matrice unitaire et fondatrice ?

La pensée bâtie depuis quelques siècles sur une force extériorisante enregistre une  révolution. Elle est, depuis l’avènement de la physique quantique, impliquée dans un dedans-dehors dont la relation reste à être comprise. Vraiment.

Si nous sommes dans la vision globalisante d’un univers qui se mirerait dans l’univers cortical qui, dans l’infime, en traduirait les dispositions, nous suivons des trajectoires ouvertes et nous convoquons, dans un même temps, la nécessité d’explorer des espaces nouveaux dans nos cerveaux.

 «Toutes nos actions découlent de notre pensée et celle-ci est frappée au sceau des structures logiques et probabilistes qui agissent dans nos esprits. […] Cependant que si ces structures étaient connues explicitement, leur action deviendrait dominée, optimisable, on pourrait l’amener à suivre certaines «géodésiques» sous la contrainte de buts choisis délibérément.»  Mioara Mugur-Schächter.

 Interrelation et systémique ne sont pas encore acquises dans le déploiement de la pensée occidentale.

Pourtant...

Les grandes catégories  - rationnel…irrationnel, - visible... invisible, - quantitatif... qualitatif, ne seraient-elles pas en train de s’estomper au profit d’une «fluidité structurée» ?

Depuis que le point de vue de l’observateur est devenu un plan référentiel qui inclut dans l’existant des repères auparavant étrangers à l’analyse scientifique, une nouvelle conscience se déploie dans l’univers réflexif.

Qu’ils soient scientifiques ou spirituels, les différents examens ciblent la question de la source.

La question de la «matrice qui pense» est un manque dans la pensée occidentale.

 La question met en lumière le chemin à anticiper.

Une brèche dans l’opacité.

« Le manque, dit Christian Bobin, est la lumière donnée à tous ».

 Il faut en tout cas « quitter l’aspect théologique du sujet et du sens »  Philippe Sollers.

 La recherche d’unification, au cœur des interrogations scientifiques et spirituelles, en serait l’émergence.

 Gardée en mémoire cette phrase dont l’auteur m’échappe :

« …l’unification ne serait-elle que le dépôt, la  sédimentation d’une unification plus essentielle qui est comme la sève de toute unité ? ».

L’unification ?

L’Unification pourrait-elle intervenir comme vision d’un désir d’équilibre de la relation « Dedans-Dehors » ?

Point de mire  ou  nécessité de clairvoyance ?

 Unification ?

 Peut-on aujourd’hui voir l’univers comme un grand organisme modèle de système connecté et non plus comme une grande organisation ?

L’organisation pointe des rapports relationnels établis au sein d’une Totalité. Elle ne peut pas éveiller la  question fondatrice.

L’organisation en soi serait observable. Elle ferait partie d’un « dehors ».

Tandis que l’organisme serait une subjectivité en soi de l’ordre du « dedans ».

La précision en serait portée par le langage. Fruit de notre cerveau connecté. Chaque mot, chaque lettre serait une percée du sens qui s'y élabore.

Que dire de ce physicien, Vijay Balasubramanian,  présentant ses recherches fondées à la fois sur la théorie des cordes et sur la biologie théorique, qui tout en mettant en avant la transversalité de leurs modèles respectifs (modélisation et topographie neurale) : histoire de mathématiques, concluait que l'architecture de base du cerveau serait bien repérée dans ses connexions visibles. Il en déduisait de surcroît que nous surestimerions nos capacités cognitives, capacités partagées avec la plupart des vertébrés.

 Vraiment ?

 Loin d’être des animaux avec des stratégies adaptatives, nous sommes avant tout des traducteurs de séquences vibratoires. Vibration du verbe qui se traduit en désir et non en instinct.

Nous sommes sans doute des êtres récalcitrants et imprévisibles, mais notre mandat de résonateurs du verbe emprunte d’autres pistes.

Unification des deux hémisphères de notre cerveau ?

Notre capacité traductrice ne passe-t-elle pas par le filtre de la puissance « Tête »  ouverte à la recherche méthodique, hémisphère gauche, mais aussi à la faculté océanique d’en percevoir le moment universel, hémisphère droit ?

Devrait-on y voir une forme de « Haute Idée  de connaissance» mobilisatrice de notre conscience humaine ?

L’unification vue comme résolution des forces fondamentales universelles et de la gravitation.

Unification entre le monde macroscopique et l’univers microscopique, mais aussi comme échange latéral équilibré dans notre cortex.

 La situation corrélée de nos deux hémisphères cérébraux créant un rapport d’aimantation qui les maintient dans un état de vigilance, ne pourrait-elle pas être vue comme support analogique entre immense univers dehors et insondable univers dedans ?

 Unification…

 Jonction informée subtile entre organisation et organisme.

 « Le même résultat aurait pu être obtenu plus en observant, non le poisson pris, mais le filet et la manière de s’en servir »  Merleau-Ponty.

26 juillet 2018

La question nous éveille

« Dans la maturité d’un texte immense en voie toujours de formation, ils ont mûri comme des fruits ou mieux comme des mots : à même la sève et la substance originelle. Et bien sont-ils comme des mots sous leur charge magique : noyaux de force et d’action, foyers d’éclairs et d’émissions, portant au loin l’initiative et la prémonition. »

                            Saint John Perse  dans « Les oiseaux »

 

Pourquoi penserait-on l’avènement de notre univers en tant que singularité initiale ?

Ne pourrait-on pas aborder cette « apparition » comme la fin d’un processus d’écartèlement avec pour conclusion et relance, une éclosion unificatrice :

Uni-vers

Unification réalisée après acceptation du mystère et cependant  pacte de démonstration.

Passage à l’acte de déploiement d’un univers matériel sous direction invisible.

L’unification pourrait-elle être la source d’une naissance universelle fruit d’une persistance vitalisée et informée ?

Pourrait-elle être source d’une pensée qui n’a plus besoin de ses habituelles valorisations ?

La vision déterministe du « tout est écrit », nous incite cependant à vouloir décoder le texte.

Au contraire la vision matérialiste où seul le hasard serait « faiseur d’évolution» nous prive de tout acte de pensée. Aucune réflexion n’y est possible, dans le sens de réfléchissement. Nous serions, ainsi, une… anomalie en tant que fait qui surgit et qui n’appartient donc à aucun dispositif organisateur ou archétypal.

Que faire alors d’une approche essayant de penser notre présence humaine comme dispositif en miroir d’un grand Cerveau à l’œuvre dont nous réfléchirions une puissance intentionnelle ?

Nourris d’un Verbe qui se crée lui-même comme « attracteur » d’un récit à déposer.


05 juin 2018

Le devenir n'oublie jamais

 « L’identité du cosmos : elle a été donnée dès le commencement, afin d’être recueillie un jour par la conscience humaine »

       Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau »

Toute recherche tend à vouloir recueillir l’ultime compréhension des phénomènes cosmiques dans lesquels nous sommes inscrits.

Nous sommes devenus, depuis l’épanouissement de l’approche quantique, parties prenantes de ce réel révélé, puisque l’acte même d’observation est reconnu comme agissant sur ce réel devenu acte de conscience.

Nous sommes présents au sein d’un univers participatif comme le nomme Eugène Wigner qui en exprime la portée en disant : « Il est difficile d’éviter l’implication que la conscience et la mécanique quantique sont en quelque sorte liées ».

La totalité est inséparable.

La notion sous-jacente d’holisme se présente.

 

Univers et univers de la pensée ne seraient-ils pas qu’un seul Tout qui se mire dans les différents champs d’un « déploiement explicite » dit David Bohm ?

Les proposions de nouvelles théories, ne peuvent plus cibler seulement un objet d’étude ou une vision prospective, elles doivent prendre en compte l’espace qualifiant leurs recherches.

« […] les équations ne donnent accès qu’aux phénomènes. Elles permettent de prévoir ce qui sera perçu par nous, elles ne décrivent pas la réalité ultime sous-jacente, qui, à nous tous, reste cachée ou, tout du moins extrêmement voilée » Bernard d’Espagnat.

Où peut s’opérer la qualification de cette réalité… qui anime toutes les formes de la pensée humaine ?

« Il semble que le facteur de base manque, dit Dominique Aubier, et c’est déjà beaucoup que s’en rendre compte, car, actuellement, il n’est même pas porté manquant ».

Le dispositif structurel du champ qualifiant ne serait-il pas inséré dans le vaste outil de lecture qu’est notre cerveau ?

Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau », révèle le motif unique pressenti comme le bassin unitaire irradiant derrière les manifestations les plus diverses.

Elle recueille ce que l'Humanité, dans ses connaissances traditionnelles proches de la source, ainsi que dans ses savoirs scientifiques, essaie de révéler comme phénomènes de conscience et de verbe.

Elle conjugue ces langages et les fait émerger dans un tête-à-tête nécessaire à la compréhension du Tout, comme nos deux hémisphères cérébraux participent à l'équilibre de notre totalité.

« Le modèle initiatique de l’Unité sera plongé dans la masse des renseignements objectifs décrivant le cosmos […] l’on verra les données descriptives se suspendre aux lois du modèle unique et trouver ainsi leur explication » c’est ainsi que Dominique Aubier nous guide dans ce lieu unitaire tant recherché depuis le début du 20ème siècle.

Les symposiums convoquant les savants du monde entier ainsi que des sages, n'ont pu déterminer quel était le motif unitaire sous-jacent. Dominique Aubier, par ses travaux s'appuyant sur les textes sacrés et sur les travaux scientifiques les plus contemporains, apporte une explication de l'unité de la conscience humaine.

Elle atteste par un surplomb de l'histoire de l'Humanité, que l'Univers dans lequel nous vivons est d'essence corticale.

Le manteau cortical et les invisibles invariants qui imprègnent son architecture capterait les sollicitations qui lui parviennent et se projetterait dans le champ à qualifier.

Les mots sur l’insaisissabilité du Réel concerneraient-ils seulement l’Inexpliqué de la Totalité ?  

 

Cette incompréhensibilité ne concernerait-elle pas, plutôt, notre ignorance de cet outil cortical et de ses dispositions internes qui ordonnancent le monde suivant les archétypes qui sont les siens ?

Archétype : en grec άρχέ-τυπος : qui est le modèle, modèle originel, en un mot le prototype d’où tout émane.

Immatériels par leur traitement et cependant visibles dans leurs productions … ainsi sont nos actes de pensée.

 

Les facultés de reliance et la prise de conscience de notre place dans ce phénomène d’interférence et de participation, sont précisément la pointe avancée de la compréhension du processus réflexif, c'est-à-dire de la prise en compte du réfléchissement de la structure pensante sur la trame universelle.

« Le monde suivant Platon, était composé d’idées archétypes qui demeuraient toujours au fond du cerveau »        Voltaire

 

28 mai 2018

L'interdépendance universelle

« L’unité fondamentale de l’Univers n’est pas seulement la caractéristique centrale de l’expérience mystique, elle est aussi l’une des révélations les plus importantes de la physique moderne ».

                      Fritjof Capra dans « Le Tao de la physique »

A la toute fin du livre «Le grand roman de la physique quantique », Manjit Kumar écrit « Cinquante années de « rumination consciente » n’avaient pas permis à Einstein de découvrir une théorie complète : La théorie du champ unifié ».

Peut-on dissocier la recherche d’unification des forces fondamentales de la physique,  du concept d’Unité lié à la puissance d’une matrice primordiale, source de la réalité ?

« Quel est le Tout nouveau qui émerge ? Quels sont les caractères propres de la méta-structure de représentation ? » interroge Mioara Schächter. « Toutes nos actions découlent de notre pensée, poursuit-elle. Celle-ci est frappée au sceau des structures logiques et probabilistes qui agissent dans nos esprits ».

Les structures logiques et probabilistes agissent-elles seulement dans nos esprits ou sont-elles, elles-mêmes, intrinsèquement logiques et probabilistes dans le champ universel de ce qui pourrait être considéré, sur le plan méta-rationnel, comme un grand Cerveau à l’œuvre ? 

« Le postulat de l’interdépendance universelle fonde la structure absolue » Raymond Abellio dans « Approche de la nouvelle gnose ».

Nous cherchons les liens et les explications des interconnexions subtiles qui présideraient à la co-dépendance et à l’équilibre de tous les systèmes qui soutiennent l’univers.

« On retrouve dans un proton, holographiquement, toute l’information de la masse de l’univers » commente Nassim Haramein.

L’interconnexion créerait les systèmes d’organisation qui sous-tendent le réel.

Est-ce là qu’intervient la notion  de conscience ?

« La conscience, continue Nassim Haramein, est présente à l’intérieur de nous puisqu’on est fait de protons et que ces protons ont l’information et sont connectés l’un à l’autre par intrication et donc que nous avons accès cette information. Pourrait-on appeler cette information : la conscience ? »

Mais où donc serait saisi et traduit le système qui devient conscient de lui-même ?  

Ce système informé essaie d’épingler sa propre complexité à travers des outils scientifiques qui en sont, aujourd’hui, les véhicules privilégiés.

Pourtant « l’alchimie du verbe » pousse à la nécessité de réaliser qu’une structure sous-jacente en dirige l’exploration.

 Pour Nassim Haramein le siège de la conscience ne serait pas dans le cerveau lui-même.

Ne pourrait-on pas cependant dépasser l’appréhension purement mentale d’un cerveau centralisateur.

Pourrait-on en apprécier sa fonction de réflecteur et d'ordonnateur de l'Information cohérente et unitaire qui maintient l’Univers ?

Cette fonction réflexive, dans le sens de miroir, aurait son assise dans la structure même de notre cortex parlant.

Notre structure corticale peut-elle être le siège de la conscience ou bien est-elle un point de bascule déchiffrant le dévoilement du réel ?

Nous pourrions peut-être considérer cette structure corticale, aux paramètres encore « cachés »,  comme une  « table d’orientation » à l’œuvre.

L’univers trouverait là son émergence conscientisée par les voies systémiques qui s’y développent.  

Le vivant-parlant et sa structure corticale, siège de toutes les traductions… donc des anticipations et des… illusions.

Tout champ universel serait conscience et  la matière serait une partie d'expression de cette conscience ; ainsi, nous pourrions imaginer que notre cortex structurel fait partie d’un plan évolutif prenant en compte l'engendrement des processus évolutifs et leur co-dépendance.

La résonnance vibratoire est contenue dans l’interrelation des informations qui maintiennent la structure du système universel lui-même.

Le cortex ne serait-il pas une antenne couplée avec le champ d’information pure ?

Cet angle d'approche nous permettrait d'aborder la question de l'unification sous un éclairage révélateur.

En un mot existerait-il une « théorie unitaire », comme le nomme Dominique Aubier dans  « La Face cachée du cerveau », théorie  « capable d’aimanter les nombreux savoirs » ?

Complétude, finitude… intégralité.

La recherche d’unité n’est-elle pas la plus haute visée du champ de la pensée humaine ?

  « Nous sommes en train d’affirmer que la vision pénétrante est une énergie qui illumine l’activité du cerveau »  David Bohm et Krishnamurti dans « Le temps aboli ».  

10 mai 2018

Cerveau... Univers en miniature

« Notre objectif en tant que savant est de découvrir la « vérité » et les théories ont pour but de proposer d’authentiques suppositions quant à la structure du monde »

                                Karl Popper   « Conjectures et réfutations »

La question qui se présente alors, c’est… à partir de quelle structure intérieure se pense la structure du monde ?

Ce n’est surtout pas une question d’opinion mais un questionnement sur nos facultés spéculatives. D’où pensons-nous et d'où élaborons-nous l’approche structurelle du monde ?

Pourrons-nous un jour délier et délivrer, dans une nouvelle conscientisation du monde, la puissance de liaison entre l’univers macroscopique et l’univers microscopique, dont notre présence cérébrale est la matrice et la plaque tournante ?

La force de la pensée humaine, pénétrante, symbolique et anagogique cherche à percer le lieu d’une unification pressentie. (Anagogique  αναγωγικός exprime ce qui fait monter mais veut dire aussi : conduire de la côte vers l’intérieur ainsi que : relever).

Comment ne pas faire le rapprochement entre conduite et conduction qui souligne la transmission du potentiel d’action le long d’un neurone ?

 Ainsi la lecture de l’univers, mise en  circulation par la parole qui la transmet, (qu’elle soit traditionnelle ou scientifique)  devrait s’appuyer sur l’outil qui en permet les décodages : c'est-à-dire notre cortex. 

L’auteure Dominique Aubier a consacré ses recherches à souligner l’identité d’essence  entre le tissu du psychisme humain et le tissu universel.

La pensée systémique en est son essence. Elle est le « vaisseau » qui permet de corréler des visions écartelées.

Qu’elle soit spirituelle ou scientifique la question majeure, humaine, porte sur la source ou sur le «motif générateur»  de tout l’existant.

C’est ainsi que se pose la question de l’Unification.

 La pensée qui se veut actuellement exclusivement réaliste car scientifique ne peut faire abstraction d’une perméabilité à une poussée universalisante qui est liée à la préscience d’un état qui serait Un.

« La révolution humaniste a conduit la culture occidentale a perdre la foi et tout intérêt pour les états mentaux supérieurs. […] La culture occidentale moderne se distingue donc par l’absence d’une classe spécialisée de personnes cherchant à connaître des états mentaux extraordinaires. […] nous connaissons moins bien les paysages mentaux des chamanes indigènes d’Amérique, des moines bouddhistes ou des mystiques soufis. » Yuval Noah Harari  dans « Homo deus ».

En effet, les émergences diversifiées issues, aussi bien, d’approches symboliques et sacrées que d'approches rationnelles paraissent être, entre elles, en contradiction intellectuelle et spirituelle, dans une vision seulement dualiste et politique du monde.

Elles sont pourtant inscrites dans la configuration de nos propres hémisphères individuels lesquels sont coiffés et enserrés dans le néocortex qui en assure l'unité. 

Cette écorce corticale à six couches en pilote l’ordonnancement.

Les hémisphères, malgré  leur  différence perceptive, sont les lieux d’un échange cohérent qui permet d’entretenir la dynamique duelle d’un univers vivant raccordé  à son unité sous-jacente qui en couronne tout le fonctionnement.

Avoir toujours « en Tête » la question de la tête… C’est ainsi que Dominique Aubier l’a révélé.

Les lois de fonctionnement qui maintiennent la cohérence de l'ordre universel dans son évolutive expression, nous, les vivants-parlants en serions l’écho et nous en aurions engrammé les  « relevés » dans notre cérébralité.

Nous serions porteurs, dans l’infiniment petit de notre boîte crânienne, du modèle primordial de la poussée en existence de l’univers lui-même et de ses interrelations.

Dominique Aubier dans la puissante singularité de sa pensée, en a livré la donnée initiatique. 

Ainsi, lire et relire « La face cachée du cerveau » permet de se déployer différemment dans les mouvements de l’acte de penser.

Cela permet de fluidifier peu à peu l’intuition, que chacun a pu avoir, d’un rapprochement possible entre l’hypothèse de la naissance de l’univers et l’hypothèse de notre naissance à un univers devant être conscientisé. 

 « On dit que le cortex dont l’homme a été tardivement doté, réverbère en image miniature, le modèle sur lequel l’univers a été conçu. C’est évidemment impliquer une relation d’efficacité entre le principe créateur et l’apparition, à la fin du processus biologique, de la corticalité promotrice de la conscience »

                               Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau ».

25 avril 2018

Conversion réfléchie

« L’espace est-il une véritable entité physique ou simplement une idée abstraite née de la lutte menée par l’homme pour comprendre l’univers ? »

                                  Brian Greene

Le domaine quantique ainsi que celui de nos réseaux nerveux ne seraient-ils pas des variations issues d’une indubitable unité qui s’auto réverbérerait à des échelles différentes dans tout ce que l’on nomme le réel ?

Ces variations issues d’une vibration primordiale ne seraient-elles pas déployées dans nos lectures et conversions des mondes ?

Nos langues parlées ne somatiseraient-elles pas les différentes élaborations des mondes perçus ?

Ne seraient-elles pas des séquences modulatoires d’une vibration primordiale vitale ?

La captation de la vibration, c’est-à-dire cette action de saisir une chose abstraite par l’intérieur, cette action de représentation et de traduction pourrait être mise en corrélation avec le territoire structurel qui permet l’alchimie réfléchie : notre néocortex.

Les notions de probabilité, de corrélation, d’instantanéité, déployées au sein du domaine culturel scientifique, ne seraient-elles pas le décryptage de l’organisation relationnelle subtile qui en régirait les liens au sein d’un cerveau qui est en capacité de mettre en connexité tous les univers ?

 « Le changement de concept de réalité qui se manifeste dans la théorie quantique n’est pas un prolongement du passé ; il semble être une rupture réelle dans la structure de la science moderne » Werner Heisenberg.

 Le réel manifesté en matière ou en pensée serait, in fine… et de profondis qu’information, postule un éditorialiste de la revue « Inexploré ».

 Donner sens à l’émergence de ce nouveau territoire intellectuel et spirituel c’est comprendre notre situation d’interface entre l'infiniment grand et l'infiniment petit.

Avons-nous, dans notre boite crânienne, un univers miniaturisé dont la structure se donnerait à voir dans l’en-face universel et qui nous permettrait par le réfléchissement même des principes qui en sont issus, de commenter le monde comme nous le faisons ?

Les collectes informatives qui se déploient dans la trame du monde électrisent nos réseaux nerveux et participent à l’élaboration d’une pensée et à son universalisation.

Nous ne décririons pas le monde tel qu’il serait dans un réel intact et absolu. Nous le formulerions tel que nos réseaux neuronaux, capteurs des vibrations environnantes et leur transport par l’influx nerveux, nous permettent d’en organiser la structuration.

Pendant des millénaires, le sacré a été le ciment de l’établissement des formes de civilisation ; mais aujourd’hui  comment faire émerger le concept de source de la conscience comme moteur unique de tout l’existant ?

L’établissement d’un point de vue sublimé et unificateur de la connaissance et de la science serait le moteur qui alimenterait la permanence civilisationnelle.

Unité  et universalité sont la « Haute Idée » que les sciences devraient chercher à atteindre.

Parole existenciatrice.

« L’humanité doit maintenant assurer la captation du message dont elle-même est le produit »

                      Dominique Aubier

28 mars 2018

Réel ... vous avez dit réel ?

« Nous créons l’événement  que nous voulons observer mais ayant créé cet événement il en découle des effets qui lui sont propres, qui interagissent à la fois sur d’autres champs et sur nous-mêmes »

                                         Michel Randon

La réalité serait-elle en soi une évidence : Une objective effectivité.

Quelle est la place du réel dans la vertigineuse exigence de réalité en soi ?

Le réel serait (ou est) ce qui existe incontestablement, ce qui est là… de toute éternité, infrangible. 

Le réel, une certitude ? : Un « En-dehors » dans la force irréfutable de son indépendance ?

Une existence causale et indépendante de notre perception interrogative existerait-elle donc en soi ?

« C’est un principe de la physique que de supposer l’existence d’un monde réel indépendamment de tout acte de perception, disait Einstein » Manjit Kumar dans « Le grand roman de la physique quantique »

« Ce que nous appelons science affirmait Einstein, a pour unique but de déterminer ce qui est »… 

Etait-ce une externalité qui existerait, radicalement, ontologiquement  indépendamment de nous. Ou bien était-ce une Réalité dans laquelle nous serions inscrits et dans laquelle nous puiserions le principe qui nous fonde comme lecteurs et traducteurs de ce fond immuable sinon transcendant ?

Peut-on nommer cela la réalité du réel ?

Pourtant si le réel échappe à toute représentation et même à tout imaginaire comment pourrait-on alors le cerner par des équations lui offrant ainsi un plan mesuré d’existence ?

Ce réel n’est-il pas déjà un produit de la pensée, qui le pense comme réel ayant toujours existé comme entité inatteignable mais cependant calculable ?

La fixation sur un « matérialisme ontologique » est, aujourd’hui, chahutée.

La notion quantique de réduction du paquet d’ondes lors d’une mesure « obligeait à admettre une influence active de la conscience sur la réalité physique » déclare Etienne Klein.

Le réel ne serait-il pas le saisissement de ce concept par la réalité même qui préside à notre pensée : le cerveau ?

Que faire de cette révolution de la vision, qu’est, depuis plus d’un siècle, l’approche quantique dont le résultat de l’observation serait imprégné de l’expérience active de l’observateur?

L’émergence de la théorie des variables cachées qui permit à David Bohm d’établir à la fois la notion de déterminisme et de non localité ne viendrait-elle pas frôler délicatement la question de l’architecture de notre cerveau ?

« Pauli et Heisenberg, écrit Manjit Kumar, accusèrent la théorie des variables cachées de Bohm d’être métaphysique et idéologique ».

Et cependant …

… notre constitution cérébrale et plus particulièrement corticale ne serait-elle pas la réalité physique, ontologique … existentielle qui rythmerait nos capacités d’interrogation, donc de nos pensées et qui réverbérerait ainsi dans l’infiniment petit de ses puissances de captation d’information, les immensités cosmiques qu’elle enregistre ?

Pour Bell « Si les variables ont un sens physique, elles sont susceptibles de se manifester par un effet (effet que nous ne connaissons pas encore) » souligne l’article.

Comment ne pas penser que tout plan référentiel est issu des possibles dispositions qui sont celles des acquisitions cérébrales et des cycles qui s’y inscrivent.

Cycles qui concernent le déroulement de la phrase inspirée de l’écrivain ou de l'équation intuitée du physicien, aussi bien que le développement des cycles civilisationnels et leurs dépôts culturels et cultuels.

Cela peut-il faire écho avec la recherche de « sous-bassement architectonique de la théorie » mots d’Einstein lors de ses échanges épistolaires avec De Broglie où il rajoutait : « Et c’est en fait, par la voie de la recherche d’un principe purement formel fondé sur la conviction que les lois de la nature ont la plus grande simplicité, logique imaginable ».

Devons-nous prendre conscience qu’un « territoire-source » est inscrit dans nos dispositions corticales ?

Par quelles étapes, par quels réseaux « ça s’alchimise » ? Sentiments et émotions ne sont pas conviés à cette méditation questionnante : d’où sont pensés et élaborés les concepts ?

« L’objet quantique est sans doute construit avec plusieurs plans de coupes, plusieurs facettes » Mioara Schächter.  

 Cet « objet-quantique-de-toutes-les-aspirations »  réfléchirait-il, reflèterait-il, réverbérerait-il, lui-même, la structure corticale à 6 niveaux et 10 strates. Chacun des niveaux corticaux réalisant une captation effective et compétente dans sa structure cellulaire.  

L’information qui s’y raffine suivant le génie de la strate est ensuite encodée. A chaque épaisseur du néocortex correspond un génie structurel.

C’est ainsi que s’effectue toute traversée des informations qui s’implantent dans le cerveau, fut-il du Monde.

Être humain, c’est-à-dire vivant-parlant, n’est-ce pas être dans la conscience, grâce à la vigilance de notre système cérébral, de notre être responsable qui traduit et restitue le génie des fulgurances qui le traversent ?

« […] conversion que vit parfois le scientifique quand il comprend que ce qu’il voit, analyse et mesure n’est pas le Réel et qu’il se retourne vers la source de la science et de la connaissance, c’est-à-dire vers lui-même et l’être – le Vivant qui le rend capable de science et de connaissance »  Jean-Yves Leloup  «  Les portes de la transfiguration ».