Interprétation Quantique

12 septembre 2021

Toute existence est "compréhension"

Suite sur les différentes couches du manteau cortical...

«  Et finalement c’est à travers le cerveau humain (c’est-à-dire à travers l’assemblage le plus « centro-complexe » jamais encore réalisé dans l’Univers à notre connaissance) que, à une première fin des temps, s’est produite la rupture des digues, suivie de l’inondation, toujours en cours de la Pensée… »

           Pierre Teilhard de Chardin    « L’avenir de l’Homme »

 

La couche IV du feuilletage cortical serait le lieu d’un retournement. S’y inscrirait, dans une forte poussée énergétisée, le besoin d’accompagner ce processus  vers son inscription dans le vivant de la réalité.

S’y produirait à la fois l’aboutissement d’une plénitude intérieure et une relance vers l’extériorisation des acquis.  Le flux informé qui aurait imprégné les premières strates corticales serait projeté dans son expression métabolisée et mis en lumière.

Dans cette bande passante, siège d’une mise en forme existentielle, dedans-dehors sont en équilibre.

La vie humaine, reflet d’une organisation universelle  (c'est-à-dire réfléchissant des principes), trouve là son domaine de socialisation.

La parole qui voit, la vision qui parle ?

Il est parfois difficile de passer des trois premières instances symboliques, sinon océaniques, à une percée inventive, partageable et structurée.

Ainsi la nécessité du saisissement précis de ce que l’on aurait à dire est parfois douloureuse.

 Le passage de l’image, pressentie comme totalement imprégnée d’une puissance d’évocation vers la structuration expressive de sa justesse, est une étape dans la « descente » de l’information.

 « Je n’avais encore jamais eu autant conscience du fossé qui sépare la pensée de l’écriture. En fait, depuis quelques jours, il me semble que l’histoire que j’essaie de raconter est comme incompatible avec le langage, qu’elle résiste au langage, dans la mesure exacte où j’arrive près d’exprimer une chose importante, et que, le moment venu de dire la seule chose vraiment importante (à supposer qu’elle existe), j’en serais incapable » Paul Auster dans « Portrait d’un homme invisible ».

Le passage de l’intentionnalité au phénomène inscrit dans l’espace-temps éloigne le Vivant-Parlant de sa source symbolique.

Les trois premières couches pourraient être abordées comme le réceptacle d’un arrangement graduel de la conscience verbale et l’imprégnation des conditions complexes qui détermineront dans la trajectoire des couches suivantes  l’être au monde.

Cette couche IV serait le lieu de l’exploration des puissances prévisionnelles et d’invention à venir. 

Elle est également le lieu d’un éloignement du bain symbolique qui en a piloté les opérations visant ainsi à son maintien évolutif afin de céder la place à l’efficacité conceptuelle. Projet qui s’inscrit et qui est aspiré vers sa destination.

La couche IV, elle-même nourrie de deux strates au sein de sa constitution, abrite et forge la formation  de la puissance expressive et sa précieuse définition dans l’espace.

Lieu de montée de la conscience et de sa complexification, cette instance enregistre aussi l’éloignement de la source de « béatitude ».

«  Si vraiment, comme je le soutiens, le mouvement cosmique vers la plus grande conscience n’est pas une illusion d’optique, mais exprime l’essence même de l’évolution biologique, alors, de la courbe tracée par la Vie, l’Homme occupe indiscutablement le sommet ; et c’est même lui qui, par son apparition et son existence, achève de prouver la réalité et de définir l’allure de la trajectoire » Pierre Teilhard de Chardin.

Les traditions ont compris que le relevé de la trajectoire du Vivant-Parlant était inscrit dans la matière même de son cerveau dont le manteau cortical serait la table d’orientation et le pilote.

La prégnante force scientifique et son « rationalisme »  ne font-ils pas écran à la possibilité de réinvestir l’essence du phénomène Pensée ?

 « Les gnostiques modernes comprennent que la conscience est liberté, mais selon la nature, que l’histoire humaine est encore une  histoire naturelle, ni plus ni moins libre et intelligible que l’histoire des espèces chimiques et biologiques, malgré la disposition différente des accolades des consciences et du matériel de l’intelligence » La Gnose de Princeton.

La complexité du cerveau physico-chimique, aussi bien que son degré d’organisation n’appelle-t-elle pas à  la prise de conscience que les structures biologiques qui le constituent sont traversées par la poussée participative d’un influx subtil (souffle) qui cherche à se déployer dans le visible. Dans le concret.

 Ce recentrage interroge l’espace mental qui fait qu’aujourd’hui l’Homme est vécu comme le responsable d’un type d’évolution.

Le constat d’une entrée dans ce que l’on nomme Ere Anthropocène se rapporte-t-il à la puissante « cérébralisation » de la nature ?

Au sein de la couche IV,  pour Dominique Aubier: « C’est le symbolisme tout entier qui doit subir la liquéfaction de ses allusions en clairs principes conceptuels ».


04 septembre 2021

Impulsion créatrice

« L’essentiel dans l’intention, dans le dessein, c’est l’image. L’image de ce dont on forme l’intuition »

                          Ludwig Wittgenstein

N’est-ce pas là une précision sensible de ce qu’est la puissance même de la pensée symbolique ?

La pensée symbolique est non seulement pure intention c'est-à-dire une intensité qui pousse à l’action, mais elle est aussi la source de la mise en projection du but que l’on se propose d’atteindre : L’image y fait irruption. Elle crée la tension idéale qui pousse vers la nécessaire finalité qui va en découler.

Y aurait-il un modèle naturel et archétypal de ce phénomène repéré comme une mise à feu intentionnelle, de cette tension de l’esprit et de son influx qui en guident les processus vers leur déploiement dans la réalité ?

 Le phénomène de l’inspiration peut-il être pris comme le pur modèle s’inscrivant dans un modèle englobant ?

Toutes ces interrogations sont issues de notre cerveau qui les capte et les traduit : contenant et moule structurel universel de cette possibilité questionnante.

Le « corps-cerveau » est enveloppé par son manteau cortical à six couches dont chacune est porteuse d’une vertu qui interagit avec les autres couches et se réalise ainsi dans un mouvement de va-et-vient  entre les deux hémisphères qui en fondent le relief en une systémique vitale.

La notion de flèche du temps lui serait associée.

Lorsque Bernard d’Espagnat aborde la notion de « Réel voilé » pressent-il le lieu structurel que la pensée soustrait encore à nos capacités cognitives, qui en est le siège invisible mais agissant : notre cerveau réel caché ?

La pensée purement scientifique ne peut répondre à cela.

Mais d’autres approches civilisatrices pourraient-elles être consultées pour qu’une ouverture au sens, plus holistique, soit conviée ?

Pourquoi ne s’interroge-t-on pas sur les lois structurelles et naturelles qui maintiennent  la puissance de la corticalité humaine.

Le fonctionnement cellulaire en est parfaitement étudié mais la captation du sens qui serait ainsi le vecteur d’une dynamique universelle est-elle abordée ?

Pourquoi ne pas envisager le cerveau humain et ses lois organiques comme motif central et unitaire ?

Ce réel voilé serait-il le siège initial de toute lecture et de toute parole sur l’Univers ?

Son assise sur deux hémisphères ne pourrait-elle pas se définir dans cette considération de Michel Bitbol : « L’expression d’une  structure dynamique de co-engendrement d’un pôle sujet et d’un pôle objet qui se déroule en son sein ? ».

Pour une transversalité des lectures culturelles, il serait peut-être temps de s’appuyer sur le travail de ces deux hémisphères.  Cela donnerait naissance à une pensée aboutie qui témoigne de ses appuis réflexifs.

Pourquoi,  de nos jours,  n’appréhender les lois de fonctionnement matériel qu’à travers ce qu’en dit le scientifique et ne pas laisser place à l’initié par d’autres voies directes telles celles du chamane par exemple ?

Pour les neurosciences le diagramme à six couches est repéré, décrit,  dans sa constitution cellulaire mais aucun sens n’est attribué à des modalités fonctionnelles et à ses subtilités.

Pour la Connaissance traditionnelle il en est autrement. « Elle tient à la conception fondamentale de la Connaissance voulant qu’un motif unique s’exprime au travers de toute les organisations matérielles bien constituées ». Dominique Aubier.

Levi-Strauss n’a-t-il pas, dans ses travaux, frôlé la question d’un motif unitaire sous-tendu dans tous les rituels que sa trajectoire d’anthropologue lui a proposés d’étudier.

Encore faudrait-il être averti que « L’initié, selon que l’indique ce nom, est celui qui met en œuvre, le principe unique inséré en tête de la réalité » Dominique Aubier. Il en est ainsi du modèle Rosch ou modèle Tête à 6 strates, pilote du réel.

Pour revenir à la question que soulève cette pensée philosophique qui ressemble à un aphorisme tant elle interroge et se conclut pourtant sur elle-même « l’essentiel dans l’intention, du dessein c’est l’image »  il serait judicieux de voir ce que la Tradition pourrait en dire.

Elle s’attarderait et trouverait dans la graduation des étapes qui sont à franchir sur les 3 premières couches du néocortex une condition cohérente de l’évolution.

La première strate sollicitée est la dernière construite. 

La Couche I est le lieu du pouvoir intégrateur du bain verbal dans lequel elle est plongée. La distribution entre cerveau droit cerveau gauche n’y est pas active.

Cette couche ensuite disparait «  ce qui s’efface c’est l’agent ayant permis l’effet « déclencheur » » dit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau » et elle rajoute en citant le biologiste François Gros « lequel  n’agit que sur une seule étape de développement généralement la plus précoce ».

Hubert Reeves écrit pour sa part : «  la matière possédait, dès les temps les plus reculés, toute l’information requise pour aborder et poursuivre cette ascension ».

Notre néocortex serait-il dès sa formation puis sa naissance dans l’espace-temps classique porteur subtil d’une information primordiale ?

L’intelligibilité de toute structure évolutive y est déjà inscrite.

Dans la deuxième strate « la conscience enregistre le passage d’une idée qu’elle ne sait pas encore exprimer.  Elle supplée à cette impuissance par l’intervention d’un rapport imagé adéquat » Dominique Aubier.

Signification essentielle encore imagée.

 « L’essentiel dans l’intention… c’est l’image »

 La couche II est la strate où le symbole se forge mais n’a pas encore atteint sa maturité.

A ce stade, l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche commencent à faire fleurir des tendances  différentes dans la captation de l’information. Les notions de Dedans-Dehors, d’Endroit et d’Envers (Gnose de Princeton) s’y précisent.

La couche III terminerait un enclos à 3 strates faisant partie d’un ensemble à 6 couches.

L’esprit inventif y règne. Le sentiment de plénitude s’y dépose.

«  La couche III est le lieu où la pensée symbolique s’amplifie jusqu’à ses limites maximales…cette performance s’opère ( je ne dis pas se réalise) dans le style visionnaire » D.A.

L’écrivain poursuit sa démonstration en soulignant que les trois premières couches sont une étape non seulement dans la formation  d’un individu mais que la troisième couche du principe Rosch : Tête  est aussi une étape de la pensée des hommes.

Elle est repérable dans la forme symbolique qui irrigue les textes traditionnels.  Ils sont généralement jugés ésotériques, dans le monde explicatif qui est le nôtre, faute d’en avoir sauvegardé les clés de compréhension.

Dans la première instance qui englobe les trois premières couches du cerveau  «  dans cette matrice s’introduisent les éléments constructifs du destin… »

Le dessein serait-il… l’intention : ADN, projetée : ARNm vers son but : protéine ?

 « Tout part de l’intérieur et progresse vers l’extérieur » Paul Auster.

25 mars 2021

Grande Unification

« Une grande Unification ne saurait avoir lieu sans y inclure la possibilité d’existence de l’esprit comme phénomène à part entière : l’esprit comme contenant de tous les phénomènes et les unifiant parce qu’il les contient tous »

                                 Jean Emile Charon

 

 Comment la recherche d’une  «théorie de Grande Unification » dont la visée est d’offrir un système formel global ne peut-elle pas s’interroger sur la « structuralité» qui est aussi l’assise invisible de cette possibilité interrogative ?

L’affirmation d’un face à face irréconciliable entre mode matérialiste et mode spirituel, psychique, entre  monde gravitationnel et monde d’information vibratoire ne peut être maintenue dès l’instant où le rôle d’un motif unique de type cortical est retenu comme moule primordial de tout acte de pensée et de construction du réel.

Repérer une  interconnexion entre ce que l’on nomme matière et esprit permet la captation de ce qui s’opère aussi dans l’univers intériorisé de notre boite crânienne.

Le motif unique cérébral appartient à toute l’Humanité.

Il n’est pas subordonné à la pure matérialité.

Ce motif unique qu’est notre cerveau est à appréhender dans les lois archétypales, les invariants qui en conduisent le fonctionnement.

 Notre cerveau donnerait donc par réfléchissement  le modèle « concentré » de l’Univers aussi bien macroscopique que quantique.

 Y serait inscrit l’espace-temps classique et  l’information d’unification hors espace-temps.

Dans notre boite crânienne la condensation de cette conscience universelle  passerait la barrière percevable de l’espace-temps pour nous inviter cependant à repenser une Unité en dehors de l’Espace-temps classique.

« …remplacer une ontologie de corpuscules par une ontologie d’états d’un fond dispositionnel couramment assimilé au « vide quantique » écrit Michel Bitbol dans «  l’aveuglante proximité du réel »

27 février 2021

Le simple et l'infini

« Le simple capture l’Infini »

                  Christian Bobin

Le projet et le sujet de la recherche  scientifique débordent aujourd’hui la question même de la nature en soi comme  nature objectivable. La recherche fondamentale s’interroge, depuis plusieurs décennies sur la question de la place de l’observateur dans la lecture de l’univers qu’il tente de décrire.

La pensée humaine est, d’une certaine manière, conviée à comprendre les fondements de son rôle dans l’élaboration des concepts qu’elle investit.

Un élément sous-jacent structural, systémique et unitaire permettrait de faire émerger la dimension équationnelle aussi bien que philosophique. Quel est l’élément sous-tendu premier et primordial qui engendrerait la notion d’interconnexion qui est devenue centrale sinon : le cerveau et plus particulièrement son pilote souverain le néocortex.

La dimension corticale  guiderait l’élaboration de la pensée qui en décode les processus dans sa qualité d’auto-structuration.

 Le récit que la science déploie serait le miroir d’une dimension impalpable et invisible : celle de l’expression d’une certaine configuration de notre cerveau. On pourrait percevoir les travaux scientifiques comme les relevés d’un encodage originel qui s’apercevrait au miroir de l’univers.

Les mêmes lois régiraient les grandes conceptualisations de l’ordonnancement  de la vie de l’Univers en ses intelligences de maintien et celles qui régissent les lois naturelles qui gouvernent notre cerveau et qui donnent naissance aux archétypes.

 Ainsi, la Connaissance  issue d’une imprégnation des lois archétypales à l’œuvre  conjuguée avec les Savoirs issus de réponses élaborées par le domaine scientifique donnerait naissance à une alliance favorisant l’accès à une situation cognitive qui pourrait, enfin, aborder le fait d’Unité.  Le fait d’Unité deviendrait un Entendement conscient et cohérent dans son projet d’Être.

La comparaison entre vie relationnelle galactique et réseaux neuronaux est foisonnante. Cependant il y manque le moule conceptuel qui pourrait en soutenir le rapprochement.

 Mioara Schächter, professeur de physique théorique, et épistémologue qui a fondé un laboratoire de « mécanique quantique et structures de l’information » écrit dans « Le tissage des Connaissances » :

« […] l’effort d’innovation nécessaire dépassait de loin les facultés d’une seule intelligence. Et même les facultés d’un seul génie. Mais d’autre part cette situation cognitive singulière imposait plus ou moins implicitement des restrictions tellement contraignantes que celles-ci ont agi comme un moule en commun qui a assuré un grand degré d’Unité entre le résultat des différentes approches ». C’est, continue-t-elle, « la situation cognitive qui a orchestré la construction de la Mécanique Quantique ».

Situation cognitive qu’elle ressent comme étant supra-individuelle et omniprésente. Agissant à tous les niveaux, micro et macro,  cette « situation » serait comme une invisible coordinatrice.

Mioara Schächter relève aussi que « Le formalisme qui s’est constitué ainsi n’exprime pas explicitement la situation cognitive qui l’a déterminé. Mais il a dû, écrit-t-elle, sans doute incorporer en état cryptique les contraintes qui l’ont modelé puisqu’il est performant ».

S’est-on vraiment penché, depuis les années 1990, sur la question du cerveau autrement que pour en relever la géographie des connexions ?

Pourquoi ne peut-on pas reconnaître le pilote cérébral, dont la fonction est de nous éveiller, comme support structural de toutes les questions fondamentales que nous nous posons ?

Ne pourrait-on pas aborder le cortex comme Moule universel dont la charpente à 6 couches serait le « siège » des archétypes qui se déploieraient en 10 instances comme l’a révélé Dominique Aubier dans  « la face cachée du cerveau » ?

Derrière le mot archétype se nichent les lois ontologiques, les constantes abstraites mais puissamment agissantes qui imprègnent subtilement et universellement tout acte de penser.

La situation cognitive d’une époque civilisatrice manifeste l’émergence des possibilités psychiques, fruits des étapes franchies par l’imprégnation grandissante des  poussées interrogatives. Elle est la chambre d’écho d’une information universelle réverbérée dans l’appareil cortical habilité, précisément, à en recevoir en miroir la résonnance.

Nous sommes les activateurs du Réel.

Dominique Aubier en a précisé le projet d’Être.  

L’humain coiffé de son manteau cortical, parle et met en lumière à travers les conceptualisations qu’il déploie, les archétypes, c'est-à-dire les constantes qui structurent sa présence de vivant-parlant dans l’Univers.

 La tradition sacrée n’indique-t-elle pas «  Le monde a été crée par dix paroles » ?

Les conceptualisations participent au dépôt de savoirs qui s’enrichissent dans leurs combinaisons d’intuition et de perspicacité. Leur approfondissement crée des domaines réflexifs qui s’inscrivent dans l’Espace-temps.

Les archétypes, eux, sont insaisissables car ils sont dans un espace-temps intérieur à la structure corticale. Ils sont émanation de l’Origine et du Verbe. Les formes conceptuelles que nous offrons à l’existence de notre pensée sur le monde, sont les émergences d’une activité primordiale, purement humaine, qui propose au cœur du réel une structure archétypale naturelle : notre Néocortex.

Cortex récepteur et émetteur d’une conscience a-temporelle qui rentre dans le temps par son saisissement conceptuel.

« Le sujet de la recherche n’est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l’interrogation humaine » Werner Heisenberg ; le physicien poursuit  « Mais celui qui, inassouvi, a le désir d’aller au fond des choses […] rencontrera tôt ou tard ces sources antiques et trouvera pour ses travaux personnels de multiples avantages [… ] » Werner Heisenberg dans « La nature de la physique contemporaine ».

Dominique Aubier aborde dans son œuvre la nécessité absolue de « se doter d’une solide compréhension du code des Lois cérébrales et de la Vie ».

« L’Homme intervient dans le feu des forces qui constituent la « Nature » dit-elle ».

 Le Fond vibratoire de l’Univers dont l’origine ne peut être antérieur au mur de Planck, se serait inscrit dans le Verbal.

Le Verbe s’originerait-il, ainsi, dans le temps de Planck ?  

 Le Néocortex, né lui aussi peut-être, d’une situation cognitive de l’Univers serait  l’intercesseur entre une Intelligence Matricielle Unitaire issue d’un Principe mystérieux qui se situerait derrière le mur de Planck… et notre pouvoir de réfléchissement de cette intelligence que nous pourrions décoder grâce à la constitution biologique de notre propre cerveau et que nous pourrions appréhender par la pensée et énoncer par la voix porteuse d’un projet.

Le réfléchissement du miroir offre à l’esprit la représentation d’un monde. …La psyché est convoquée ... psyché ? Certes miroir mobile… mais aussi en  Ψυχή / Psukhế, en grec ancien souvent traduit par « âme », souffle et force vitale, personnification du principe de vie mais aussi psychisme.

Psychisme considéré comme lieu de convergence du biologique, du connexionnisme et de la représentation.

Ce même fait psychique à convoquer pour entendre la Parole de Dominique Aubier qui  a consacré sa vie à expliquer combien la langue hébraïque permettrait de comprendre qu’un « Principe d’Unité a été mis à la clé du Réel […]. Il s’agirait d’un modèle de type cortical, cortex à six couches, doué de parole. »

« Notion trop étonnante ou trop difficile à assumer, désignant le moule universel » demande l’auteur ?

 « La simplicité est la sophistication suprême »

             Walter Isaacson

 «  Le plus familier contient le plus lointain »…Christian Bobin

28 janvier 2021

Rêve de lettre à Nassim Haramein

L’esprit systémique devrait être le moteur du changement civilisationnel qui est en train d’avoir lieu. Avec sa logique relationnelle et structurelle à la fois, opérationnelle dans ses facultés intégratives de plans abstraits et d’univers symbolique …la pensée systémique offre la possibilité de jouer une partition nouvelle : celle de comprendre que des Archétypes systémiques sont à l’œuvre.

Ainsi pour pouvoir partager la puissance opérationnelle qui en découle, les  notions d’âme, d’éther, de noosphère ne seraient plus à écarter car elles permettent d’ouvrir la question de la place de l’humain dans l’Univers qu’il est le seul sur Terre à vouloir et à pouvoir décoder.  

L’architecture de notre cortex en est le creuset efficace et invisible.

L’Homme parlant cherche à concevoir la forme de Totalité dans laquelle nous sommes tous contenus et interconnectés.

Comment parvenir à comprendre la poussée unificatrice qui est à l’œuvre ?

La Connaissance en tant que science des structures, comme le nomme Henri Laborit, serait peut-être la voie salvatrice.

Les cultures traditionnelles, dites sacrées, déploient et miment dans leurs rituels  une dimension constitutive et organique sous-jacente. Leurs pratiques rituelles en restituent une dimension archétypale. Ces pratiques sont les projections cérémoniales de perceptions s’appuyant  sur l’appréhension biologique de la distribution des cycles et rythmes de vie que notre cerveau pilote.

Une connaissance ancestrale est-elle liée à la connaissance organique d’un Grand Ordonnateur (Grand Cerveau Universel) qui pourrait trouver son canal dans la structure corticale réceptrice et émettrice de l’influx conscient de vie ?

L’ordonnateur réalisateur, à ne pas confondre avec l’ordinateur, serait en première instance notre cerveau qui dans ses facultés de déploiement évolutif, serait tracté par la question du SENS qu’il auto-génère ?

Désir… ?

David Bohm et David Peat ne disent-ils pas «  la conscience et l’intelligence sont antérieures au cerveau mais celui-ci est une structure permettant de les manifester et d’en exprimer les contenus ».

Si notre mental s’empare de la question de la conscience, pourquoi nier alors qu’elle soit déjà contenue dans un Mental Supérieur Impliqué (David Bohm)  qui soutiendrait l’existence même de l’Univers ?

La représentation dans la psyché humaine, qu’elle soit à teneur traditionnelle ou scientifique, manifesterait l’imprégnation et le cheminement de la Réalité intelligente dans notre architecture corticale qui en fixerait peu à peu le sens à travers la parole qui la consigne.

La vision scientifique a conquis tous les terrains de la pensée. « Elle a pour fonction comme le dit Hubert Reeves de nous aider à comprendre comment l’Univers fonctionne. » Elle ne peut pourtant pas nous expliquer le sens des choses. 

Serait-il temps de réintroduire des notions d’interconnexion qui permettraient de se poser la question d’un lien entretenu avec un Mental supérieur universel à l’œuvre d’élaboration ? L’humain en serait ainsi le réfléchissement sur terre : le traducteur.

Réfléchir ?

Ces notions ne sont-elles pas déjà inscrites dans un influx qui articule invisible et visible. Ainsi pourrions-nous penser qu’un Univers mental global nous parvient porté par un influx nerveux qui parcourrait lui-même l’Univers ?

A l’instant où nous nous lançons dans une action, nous ne voyons pas les réseaux nerveux qui président à son déroulement. Dynamisés par un influx nerveux qui en irrigue et coordonne la trajectoire ils suivent cependant un protocole intériorisé.

Des Symétries « compensatoires » et révolutionnaires y sont convoquées.

Dans notre boite crânienne, d’un hémisphère à l’autre… ces agencements biologiques structurels donnent naissance à des «puissances » qui sont consignées dans la symbolique des connaissances traditionnelles. Certaines font le relevé de la lumière qui se diffuse en flux ramifié irradiant ainsi des carrefours énergétiques qui relancent l’information traitée.

Pourrait-il s’agir de la connaissance consignée dans l’arbre séphirotique ?

Dix puissances ou dix niveaux inclus dans un espace à six dimensions y exprimeraient leur manifestation réelle après être passés par des seuils subtils aux différents diapasons.

Le néocortex à six couches se subdivisant en dix strates n’est-il pas convoqué dans la réflexion systémique ?

Après des latences et des bifurcations au sein du monde scientifique dont l’approche purement mathématique, équationnelle est en soi ésotérique pour l’immense majorité des hommes, il semblerait qu’aujourd’hui  la volonté de promouvoir une Théorie du Tout soutienne un courant qui se renforce dans sa force de dépassement du phénoménal.

La science s’ouvre à des notions de super-symétries donc à des paires subtilement opposées,  socles des complémentarités qui animent les rapports et l’équilibre de l’Univers.

Depuis l’émergence de la Mécanique quantique, dans les années 1910, concomitante  au déploiement de l’esprit psychanalytique,  un retour vers le sous-tendu, l’implicite mais aussi vers un au-delà du visible et du pondérable secoue les assurances mentales. 

La Symbolique traditionnelle fut rejetée pour son caractère magico-ésotérique, car la poussée de l’esprit scientifique devait trouver son assise. Peut-elle être admise, aujourd’hui, comme une étape nécessaire à l’élaboration des points de vue référentiels sur l’univers ? Etape, qui en elle-même, représente une puissante connaissance qui aujourd’hui peut être vérifiée dans sa pertinence grâce aux sciences.

Cette connaissance ancestrale, ce qui ne veut pas dire caduque, ne serait-elle pas l’alliée de l’univers équationnel scientifique ? Ce domaine,  finalement récent dans l’histoire des hommes, s’est développé comme écriture ou plutôt comme inscription d’un rapport au réel, mais peut-il être considéré comme étant le seul fondé au dévoilement de la véritable mécanique universelle ?

Aujourd’hui, une approche traditionnelle millénaire englobant la machinerie mentale scientifique de ce XXIème siècle ouvrirait  un nouvel angle de lecture de l’univers. Cela expliquerait sans doute l’attrait qui persiste pour les philosophies orientales  « Connaître les invariables s’appelle être éclairé » Lao-Tseu

L’esprit systémique pourrait être le vecteur d’une autre forme de partition.

Aucun danger de dérive mentale ne peut être associé à cette volonté de rapprocher et d’unir les « contraires » à l’image de nos hémisphères cérébraux symétriques opposés dont la complémentarité est nécessaire à l’éclosion de l’Intelligence.

Aujourd’hui la bipolarité de l’espace du sacré et du rationalisme, du psychisme et du physique,  ne peut plus être aussi radicalement tranchée. « Le sujet de la recherche n’est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l’interrogation humaine » Werner Heisenberg

Ainsi la théorie des supercordes émettant l’« hypothèse » que la longueur de Planck donnerait l’échelle de la taille de la corde n’ouvre-t-elle pas la voie à l’hypothèse  que la longueur de Planck pourrait aussi donner  l’échelle de la taille de la plus petite « particule » que serait le Verbe contenu dans l’Univers pensant dans lequel nous vivons ?

Longueur de Planck, surgissement de la potentialité du Verbe ?

L’univers, organisme vivant faiseur de temps, enregistrant les effets de sa propre croissance aurait attendu le moment propice à l’éclosion de la pensée sur lui-même.

Il aurait « désiré » et ainsi contribué à l’architecture d’un organisme pouvant enregistrer sa poussée de conscience : notre cerveau ?

« Tout émerge et retourne à un champ fondamental d’informations qui nous connecte tous » Nassim Haramein

Nous sommes les propagateurs de cette conscience programmée dès l’origine. Cette donnée essentielle attendait la structure réelle qui la proposerait à l’existence : constitution du cerveau humain dont l’architecture subtile permet une assise capable de systémique ?

De l’approche des champs ponctuels à l’approche d’objets unidimensionnels ne changeons-nous pas de dimension de la conscience ?

Et si le temps d’emboiter l’espace–temps classique à quatre dimensions dans l’espace-temps de la constitution de notre pilote néocortical à six dimensions était venu ?

Wolfgang Pauli écrivait : «  Ni le langage de la Physique -le premier- ni le langage de la psychologie -le deuxième- ne sont efficaces. En réalité, l’inconscient parle un langage physico-symbolique (un troisième langage pouvant être compris par la conscience rationnelle). Dans mon esprit parvenir à trouver un quatrième langage, le langage neutre sera le défi du vingt et unième siècle ».


16 décembre 2020

Matière et psychisme : complémentarité rayonnante

« Wolfgang Pauli bien qu’il ne soit jamais parvenu à atteindre concrètement son rêve d’unification entre le psychisme et la matière --- s’était toutefois rendu compte que certains aspects de la matière laissaient présager une grande dimension psychique à la base de l’organisation de l’univers…. »

                   Massimo Teodorani (astrophysicien)

Est-il aujourd’hui possible de définir un champ qui pourrait englober la notion d’une Unité fondamentale psychique et ordonnatrice de l’Univers ?

Univers et univers mental seraient-ils à rapprocher pour que l’on puisse commencer à emprunter un chemin  inédit ?

Comment s’y prendre pour développer la thèse « que la matière et  la conscience peuvent être décrites comme deux aspects complémentaires d’une seule et même réalité » ?

Notre outil cérébral dans sa quantique et systémique configuration structurelle permettrait-il de soulever non seulement cette question, mais aussi de s’y confronter en essayant d’y voir se révéler d’autres chemins de la pensée ?

Notre Tête pensante et parleuse capte en miroir la complémentarité matière-univers  et conscience-univers qui se répondent. « Principe-Tête » pour Dominique Aubier.  Notion de Rosch : רֹאשׁ.

 Ce concept était déjà fixé au temps des cananéens.

Vertu de la synchronicité… Les études menées en territoire autrefois cananéen par le laboratoire de Carmel et le laboratoire d'ADN à l'Université de Harvard sont dirigées par un généticien qui s’appelle David Reich et Reich en hébreu  signifie Tête :  רֹאשׁ

Ce n’est pas dans l’organisation et le pur fonctionnement des réseaux neuronaux qu’une réponse se loge. Les cellules, les neurones sont, certes, les supports physico-chimiques des opérations de la pensée mais ils n’en pilotent pas la subtile émanation.

L’influx nerveux qui parcourt les hémisphères de notre cerveau draine les acquis et en accompagne l’évolution. Serait-il le prolongement de l’Influx conscience qui  parcourt l’organisme Univers ?

« La diversité, écrit Pierre Teilhard de Chardin, des « sphères d’expériences » qui se superposent à l’intérieur du Monde … » ne trouve-t-elle pas son écho, sinon son calque dans la superposition des couches de notre manteau cortical ?

Le néocortex, première matrice purement qualitative où se différencie la montée de la conscience qui s’y manifeste, est le siège en miroir d’une conscience cosmique qui a enregistrée, elle-même, les étapes constitutives de son déploiement.

Oui…l’Univers est un édifice organistique. Un « être cosmique ».  Il est vivant. Notre être vivant-parlant en serait la forme aboutie habilitée à en décoder les modes de fonctionnement universels.

Dès son éclosion et sa poussée à l’existence l’Univers offre la vision d’un ensemble non seulement organisé mais informé. Un échange d’information entre une dimension invisible, quantique et la dimension phénoménale en guiderait le déploiement.

L’astrophysicien Massimo Téodorani, souligne dans son livre « Synchronicité » combien Wolfgang Pauli fut « guidé pendant toute sa vie par le concept de symétrie, et ce aussi bien au niveau du psychisme que dans ses découvertes en physique quantique ».

Esprit-matière, onde-particule, évolution vibratoire et énergétique, ces dualités,  dont la complémentarité en est aussi l’idée, pourraient être vues comme l’espoir d’une compréhension de l’unité primordiale en assise sur deux hémisphères.

La vibration ou « énergie spirituelle » initiée dans un hémisphère invisible, ordre implié ou Dedans, passerait par translation vers l’hémisphère-monde, Dehors, où l’énergie motrice se déploierait en matière constituée.

En  biologie la translation se dit d’un transfert de l'information génétique portée par l'acide ribonucléique… à la séquence des aminoacides constitutifs d'une protéine. La protéine symbolique de notre univers visible.

Cette évolution liée elle-même à un influx rayonnant faisant le lien entre une donnée quantique et un support physique aurait-elle trouvé son écho réel  dans l’univers cérébralisé et parleur : celui de l’Humain ?

« Il semble en effet qu’à la base du principe d’exclusion de Pauli --- c'est-à-dire à la base de l’architecture de cet univers différencié que nous étudions en physique --- se trouve ce potentiel quantique, entendu non pas comme champ de force, mais comme « champ de forme »qui sous-tend toute la nature dans ses éléments matériels, énergétiques et psychiques (ou mentaux) » Massimo Teodorani.

L’interrogation du chercheur sur le potentiel quantique et systémique subodoré derrière la symétrie des opposites peut-elle être mise en analogie avec notre corticalité en assise sur deux hémisphères ?

Nos hémisphères cérébraux en opposition symétrique n’offrent-ils pas la possibilité réflexive et unificatrice à l’œuvre dans l’éclosion de la conscience ?  

Le lieu subtil où se déploie la faculté même de s’interroger : notre cerveau, serait à aborder comme siège d’une organisation archétypale qui en architecture l’activité même. Cerveau  qui vient au monde du sens et qui peut se réfléchir sur sa venue même.

Kepler disait à propos de notion d’archétypes que celle-ci teintait toute recherche.  «  Influence de notions archétypiques sur la formation de théories scientifiques ».

Oui si l’on comprend que tout travail réflexif est le fruit d’une circulation dans notre cerveau,  d’un influx qui passe d’un hémisphère à l’autre, lequel est coiffé du manteau cortical à six couches se subdivisant en 10 strates. Chaque strate traitant une séquence informationnelle impossible à dissocier d’un Tout psychique et Spirituel.

Néocortex : interface intégrative entre visible et invisible.

Cependant le lieu de notre « continuum psychique » comme le nommait Pauli n’est pas capté.  

  « Il reste que, cette structure étant invisible…, elle ne peut à aucun moment se laisser arrêter par …l’observation. Jamais aucun physicien ne verra le support structural derrière le duo des particules de signes contraires… » « Il lui manque la notion de motif unique identifié comme Cortex » écrit  Dominique Aubier dans « L’Ordre Cosmique ».

C’est ainsi qu'avec l’émergence de la théorie quantique nous pourrions y déceler une opération de visitation qui se retourne sur elle-même ?… Ainsi en serait-il du passage d’un modèle purement particulaire à un modèle quantique visionné par une conscience qui y aperçoit son action impliquée.

«  Depuis la découverte du quantum élémentaire, la physique a été contrainte de renoncer à l’orgueilleuse prétention de vouloir donner une explication théorique de la totalité du monde. Mais cette situation difficile peut contenir le germe de développements ultérieurs qui corrigeront la précédente orientation unilatérale pour se diriger vers une vision unitaire du monde, où la science n’est qu’une partie du tout » Wolfgang Pauli.

La matière obéit à la complexification.

L’évolutive information imprègne dans les « feuilletages » constitutifs de  l’Univers ses arrangements complexifiés.  Elle en est le faire valoir et la poésie matérialisée (soutenue par le sens du verbe grec : ποιεῖν,  poiein, qui signifie « fabriquer, construire, faire ») des inter-liaisons de plus en plus complexes.

La « conscience-pensée » en ordonnance les arrangements. Par la faculté illuminante de ses propres principes organisateurs systémiques, elle est le lieu d’émanation des lois systémiques qui en sont issues.

Cette « conscience-pensée » peut admettre un principe de correspondance en tant que passerelle conceptuelle en assise sur les deux hémisphères. Nos hémisphères cérébraux direct et indirect ainsi que l’ordre implié et l’ordre expliqué sont appréhendés dans leur complémentarité.

Ces épousailles consacrent la transition entre les différents niveaux informationnels et matériels et opèrent un saut qualitatif : sauts principiels.

Comment comprendre que vivre l’Univers en sujet conscient, demande une interconnexion constante entre la matière expérimentable et l’esprit qui en guide la créativité qui la pense, elle, la matière ?

Comment expliquer que physique quantique et développement de la question d’un inconscient invisible mais actif soient liés par l’époque de leur pertinente exploration au début du XXème siècle ?

La Physique quantique a sans doute été une révolution aussi grande que la naissance des différents alphabets. Elle est, dit-on, une expérience de la Pensée.

Il est vrai que depuis que  les sciences physiques se penchent sur la micro-structure de l’univers, un déplacement s’opère vers une forme d’intériorisation.

 « Le monde spatio-temporel est fait de l’intérieur » mais cet intérieur là, c’est-à -dire la conscience et non les fruits de ses projections conscientisées,  appartient-il vraiment à l’espace-temps classique ?

« C’est à l’origine un langage acausal et atemporel qui devient ensuite causal et temporel quand il est utilisé pour décrire les évènements qui se produisent dans la matière » Massimo Teodorani.

Aujourd’hui, un siècle plus tard, nous pourrions nous demander si cette notion d’inconscient ne recouvrerait pas, plutôt, l’idée d’une inaccessibilité première à l’endroit même de l’élaboration de nos pensées ?

«  Que se passerait-il, dit Nassim Haramein, si nous comprenions que la nature de la masse est liée à la conscience….les structures cérébrales agissent comme un émetteur récepteur qui reçoit et transmet l’information qui va et qui vient dans le champ primaire holographique ».

 Le chercheur est le vecteur et le porteur de sa recherche. Il induit le dévoilement d’un pan scientifique mais cela ne serait-il pas, aussi, le dévoilement d’un pan psychique interne chez ce même chercheur ?

Le temps est sans doute venu de passer de l’observation des objets du monde phénoménal à la recherche du sens structurel et universel  et de repérer les coordonnées de notre monde intérieur cérébral afin d’y voir réfléchies les structures en miroir captées non seulement par notre cerveau mais dont les fondements analysés appartiennent aussi à la structure quantique corticale.

Wolfgang Pauli était sur la voie d’une physique nouvelle qui, allant plus loin que la physique quantique, engloberait la matière et l’esprit.

« Ni le langage, écrivait-il, de la physique - le premier - ni le langage de la psychologie - le deuxième - ne sont efficaces. En réalité, l’inconscient parle un langage physico-symbolique (un troisième langage) que nous devons transformer en un « langage neutre » (le quatrième langage), pouvant être compris par la conscience rationnelle. Dans mon esprit, parvenir à trouver ce quatrième langage, le langage neutre, sera le défi du vingt et unième siècle ».

13 novembre 2020

Cerveau : l'Homme pense l'Univers qui le pense

« …Je suis attiré par une alternative naturaliste bien que non matérialiste. Je subodore que l’esprit n’est pas un accident inexplicable ou un don divin mais un aspect de la nature que nous ne comprenons pas tant que nous ne dépasserons pas les limites internes de l’orthodoxie scientifique contemporaine »

                                                 Thomas Nagel

Thomas Nagel, aborde la question de la conscience par une métaphore audacieuse comme  « l’effet, dit-il, que cela fait pour un organisme d’être ce qu’il est. »

La conscience ne saurait être seulement le résultat d’une réflexion mentalisée. Elle est, aussi, à considérer comme une étape de déploiement de l’Univers, qui par sa complexité grandissante engendre la Réflexion, laquelle, dans son évolution même se retourne et s’auto-reconnait.

« L’Homme, non plus seulement « un être qui sait, mais un être qui sait qu’il sait » Pierre Teilhard de Chardin.

Les propriétés d’un « mental-pensée » qui s’auto-organise, s’inscrivent dans la matière pour engendrer dans la biologie les conditions de son assise.

Cette poussée évolutive s’apparente à une volonté qui trouve dans le Vivant-parlant son enclos expressif.

L’Humain en est le réceptacle.

Et la mémoire des étapes qui conduit à ce retournement trouve son aboutissement dans le cerveau de l’Homme.

C’est la fonction réflexive de notre cerveau qui nous guide vers cette prise de conscience.

Fonction en miroir de l’Univers.

Univers conscient de lui-même ?

En serions-nous un texte ?

Un contexte.

« Il est donc légitime de voir dans l’ensemble des consciences d’une part et dans l’ensemble des objets de l’autre, deux aspects complémentaires de la réalité indépendante. Ce qu’il faut entendre par là c’est que ni l’un ni l’autre n’existe en soi mais qu’ils n’ont d’existence que l’un par l’autre, un peu comme s’engendrent les images de deux miroirs qui se font face. Les atomes concourent à créer mon regard mais mon regard concourt à créer les atomes c'est-à-dire à faire émerger les particules hors du potentiel dans l’actuel, hors d’une réalité qui est un Tout indivisible dans une  réalité étendue dans l’espace temps. » Bernard d’Espagnat dans « A la recherche du réel ».

L’Univers serait-il un texte à décoder grâce au décripteur intégré dans la substance de notre corticalité ?

 L’influx nerveux, moteur du psychisme humain, capterait l’influx informationnel de l’Univers que nous exprimerions en codifications et en conventions… mathématiques, littéraires, traditionnelles, symboliques ou religieuses.

«  Centre de perspective l’Homme est en même temps centre de construction de l’Univers, c’est donc à lui qu’il faut ramener toute science » Pierre Teilhard de Chardin.

29 octobre 2020

Cerveau : Néocortex ou le guide quantique

« Aporie traditionnelle des philosophes de l’esprit physicalistes : celle qui consiste à se demander comment la chose non spatiale qu’est l’esprit selon une tradition d’inspiration cartésienne, peut bien provenir du fonctionnement des choses spatiales comme le cerveau et ses réseaux neuronaux »

                                                                         Michel Bitbol

 

L’aporie du grec ancien ἀπορία, / aporia, absence de passage, difficulté, embarras soulignée par Michel Bitbol entre la spatialité du cerveau et son émanation spirituelle (sans connotation religieuse)… cet esprit serait-il issu lui-même d’une structure prédictive ?

D’ailleurs sait-on ce qu’est l’esprit ?

Le mot, lui-même ESPRIT n’est-il pas à cheval sur deux versants interprétatifs qui se répondent ?

Esprit : en tant qu’être, âme, conscience, essence, principe et souffle éveille à une inspiration spirituelle.  L’esprit ne trouve-t-il pas son aboutissement en tant qu’entendement, cérébralité, génie, pensée, intellection, constitution, organisation et même quintessence naturelle ?

Ainsi les oppositions entre physique et méta…physique pointées par notre intellect ne souligneraient-elles pas une piste à suivre avec ardeur ? L’irréconciliable fossé, qui persiste dans notre approche de l’univers, est-il le creuset d’une histoire, où donner le temps au temps du dévoilement et de la compréhension souveraine, n’est pas encore inscrit dans la temporalité ?

Les contradictions relevées pourraient nous inviter à revoir les plans référentiels sur lesquels nous forgeons nos points de vue argumentés.

La distinction entre champ scientifique et champ « spirituel » n’est plus tout à fait évidente soulignent certains philosophes.  

N’y aurait-t-il pas, derrière ces oppositions remarquables, un champ signifiant cherchant sa puissance expressive ?

Le domaine de l’instrumental et l’outillage mental qui soutiennent toute recherche sont dominés par l’idée de la recherche du réel, mais sait-on seulement comment s’implantent en nous les informations ?  Sont-elles issues de superpositions d’état qui auraient enregistrées une réduction afin de pouvoir s’implanter dans la fibre de nos réseaux neuronaux ?

Les oppositions entre l’identité d’un « état-d’ordonnancement-de-l’esprit » qui nous anime et le mécanisme neuronal qui en assure le fonctionnement sont analysées, jusqu’alors, comme paradoxales.

Ces oppositions  pourraient-elles être revisitées en changeant la notion d’appréhension de ce que nous nommons le réel ?

Pourrions-nous nous penser, comme la pointe réceptrice, dans l’espace-temps qualifié de réel, d’un projet latent, subtil, vibratoire et universel qui trouverait une forme de densification dans l’espace-temps classique mesurable qui en enregistrerait la mise au monde événementielle grâce à ses quatre dimensions reconnues ?

A cet espace-temps à quatre dimensions sont attachées une antériorité et une postériorité. Il appartient ainsi, à la voie causale sur le plan sensible et visible ; cet espace-temps est nécessaire à notre direction.

L’information (apport de stimulation) transite et parcourt les trajets neuronaux. Leur excitation ciblée permet  l’élaboration d’une pensée conscientisée qui s’inscrit par son efficacité dans l’espace-temps classique. Ainsi l’imagerie numérique tridimensionnelle permet de voir et relever l’organisation fonctionnelle de notre cerveau.

Cependant même si les trajectoires neuronales peuvent être enregistrées, le champ subtil ou la « convergence de l’esprit » (Teilhard de Chardin) qui nous fonde en tant qu’Être humain n’appartient pas à cet espace-temps.

 La Vibration de l’Univers donnant naissance à de subtiles sonorités se serait conjuguée à l’oscillation du cosmos pour prendre Vie. Ne pourrait-on pas y déceler une harmonisation d’une essence psychique et d’une corporéité substantielle ?

L’univers ne s’est-il pas métamorphosé par l’émergence d’une fonction réflexive dont notre cerveau incarnerait la poussée, traduisant à travers les strates néocorticales les bonds réflexifs des différentes mutations enregistrées ?

La source de la réflexivité, en un mot la conscience, ne peuvent pas appartenir au monde de la mesure rationnelle mais à un autre surplomb de la réflexivité hors de l’espace-temps conventionnel.

Un type de vibration-oscillation ou d’énergie-information, relierait tout ce qui existe dans l’univers à une source vibratoire essentielle.

« Le paradoxe humain se résout en devenant démesuré » Pierre Teilhard de Chardin.

Ce courant mobilisateur appartiendrait-il à un autre espace-temps ?

Cette énergie informée serait-elle codée par notre néocortex (ou isocortex), notre écorce cérébrale à six couches (qui après une fine observation en contient 10 par les sous-strates qu’elle abrite) ?

La structure intrinsèque de notre néocortex a été perçue mais non explicitée par différentes civilisations qui pouvaient dans leur approche traditionnelle en invoquer les vecteurs cachés, modèles archétypaux, invariants.

Ces « ferments catalyseurs», archétypaux, hors espace-temps classique sans doute vibratoires, seraient en quête d’auteurs qui en élaboreraient la puissance structurelle. Et par là même… la conscience en tant que principe immatériel.

La mince couche corticale, notre matière grise, serait-elle l’interface subtile entre un champ invisible, implié et l’ordre explicite (David Bohm)  dans lequel nous, les vivants-parlants sommes inscrits ?

 Ainsi ce dispositif à six couches permettrait-il à une fréquence, à une vibration universelle de trouver sa traduction en passant « …  de « stations » en « stations » dans un voyage de mondes en mondes » trouvant son vortex dans notre « motif Tête » (Dominique Aubier) et son art de mettre en langage ? Il élaborerait ainsi la puissance du « Verbe » organisateur de sens avant d’être un organisateur des mondes ?

Notre néocortex, dans un acte de pensée libérée,  devrait être abordé comme un pilote spirituel initiant toutes les facultés de qualifications dont notre créativité et notre expressivité se nourrissent.

 «  La conscience et l’intelligence sont antérieures au cerveau mais celui-ci est une structure permettant de les manifester et d’en exprimer les contenus » David Bohm.

L’ordre déployé dans lequel nous vivons en serait le contexte adaptatif.  « …Noyés que nous sommes dans l’humain comme un poisson dans la mer, nous avons de la peine à émerger par l’esprit pour apprécier sa spécificité et son ampleur » Teilhard de Chardin

 L’approche conceptuelle de l’espace-temps en un tissu unique,  le temps lui-même déterminé par le déplacement de la lumière ainsi que des objets massifs dans l’univers, conjuguée à l’approche particulaire ou corpusculaire, ouvriraient-elles seulement la question de la physicalité par la cristallisation d’un ordre plus essentiel ?

Pierre Descola dans « Par-delà nature et culture »écrit : « La physicalité,… c'est l'ensemble des expressions visibles et tangibles que prennent les dispositions propres à une entité quelconque lorsque celles-ci sont réputées résulter des caractéristiques morphologiques et physiologiques intrinsèques à cette entité ».

Ne plus confondre la carte et le territoire.

Ne pas confondre les produits de la réflexion et le pas réflexif franchi dans l’Univers.

Notre cerveau serait l’intercesseur, pour une part, dans un autre espace temporel, en contact avec l’ineffable notion de conscience, et d’autre part le traducteur de la mise en action dans l’espace-temps conventionnel à quatre dimensions.

De plus « l’espace-temps n’est plus l’espace de l’objectivation en physique quantique » comme souligne le physicien et philosophe Michel Bitbol.

 Ainsi, nos récits sur l’Univers (dont la science représente un des livrets), dans lesquels le face-à-face tendu du mode objectivant, scientifique et les tenants d’un « ça pense dans l’univers » dont la notion d’esprit comme principe conscient serait retenue ; cette confrontation houleuse ne serait qu’une étape dans la nature de la Connaissance intériorisée et des Savoirs ex…posés.

L’ordonnancement cortical à la fois structurel et neuronal donnerait-il accès à deux formes d’espace-temps : celui classique à quatre dimensions (neuronal) parallèlement à  celui quantique à 10 dimensions (structurel) ?

L’idée d’un Univers (fut-il cérébral) qui contiendrait des dimensions invisibles, non événementielles en plus des quatre dimensions de l’espace-temps conventionnel est difficile à concevoir dans la compactification que cela suppose et le « lieu » où elle pourrait être logée.

Une théorie, pourrait pourtant en développer une certaine approche : la théorie des supercordes.

La théorie des supercordes peut contenir deux sortes d’espace-temps : le notre avec ses quatre dimensions auquel seraient à rajouter six dimensions supplémentaires compactifiées.

Elle développe l’hypothèse d’un autre champ des possibles avec pour corollaire un renversement de la dimension particulaire de la matière vers celle d’ondes vibratoires qui engendreraient, par leurs différents modes de vibration, d’ infiniment petites entités, les cordes, qui seraient la source de matérialisation de notre monde perçu en quatre dimensions.

La théorie des cordes se déploie (et même, les théories des cordes) sur dix dimensions, et la géométrie algébrique qu’elle conduit, nécessite l’existence d’une super-symétrie.

Irrésistiblement une substitution analogique s’impose …la métaphore avec le néocortex surgit. « …je me heurtais à l’absolu miracle de la métaphore et son infinie déclinaison »  Kamel Daoud.

Ainsi les six dimensions compactifiées de la théorie des cordes ne pourraient-elles pas être mises en concordance avec la puissance de la compactification des processus à l’œuvre dans nos strates corticales ?

De plus la super-symétrie n’est-elle pas l’organisation première sur laquelle est édifié notre cerveau avec ses deux hémisphères en miroir coiffés de l’écorce corticale ?

Mais encore, cette approche analogique n’est pas coupée de la grandeur macroscopique de la toile spatiale mais elle traite aussi d’espaces qui pourraient être enroulés sur eux-mêmes.

Cela permettrait peut-être « …de rendre compte des faits non physiques (en particulier psychiques et sociaux dans le cadre le l’ontologie d’objets-particules et de prédicats de particules » John Searle (philosophe de l’esprit et du langage).

Le cerveau humain placé comme extrême bourgeon sur la branche des vertébrés ne serait-il pas la matrice essentielle, qui par sa structure abstraite recevrait la totalité informative traitée par une réduction d’onde dans la traversée de ses strates corticales ?

Notre cerveau recueillerait une donnée spirituelle dont il garderait l’empreinte en donnant naissance à une substance incorporelle consciente d’elle-même : l’esprit ?

Substance pensante, connaissante, qui met son essence au service d’une participation à l’extraction et à la participation au Sens. Sens ici perçu comme saisissement de l’entendement et orientation de la connaissance.

 Le cerveau, la tête, principe Rosch pour Dominique Aubier 

….Et si l’apparition des conditions de la construction de notre cerveau coiffé de son pilote néocortical commandant à toutes les manœuvres à la fois neuronales, organiques et conscientes était de même essence que celle qui a présidé à la naissance de l’Univers dans lequel nous serions les témoins privilégiés ?

Dans ce tourbillon anthropique de nos existences soumises à une fin programmée  n’est-il pas là… le sentiment d’une possible éternité de l’esprit ?

La conscience ou la vibration cohérente universelle trouverait-elle dans notre appareil cortical le trans-mutateur impératif à la mutation réflexive?

« Toute attribution d’existence et tout phénomène présupposent l’expérience consciente qui, en toute rigueur, ne devrait pas être mis sur le même plan que les autres phénomènes. Ce qui remettrait aussi en question le projet de bâtir une représentation ou un modèle de la conscience sans que le sujet connaissant n’y soit directement pris en compte en tant qu’acteur » Michel Bitbol.

La mise en univers c'est-à-dire en mots, a toujours cours à travers l’expressivité que l’humanité déploie, ici, maintenant.

Le but ultime de la science n’est-il pas de trouver une théorie unique qui décrirait l’univers dans son fonctionnement subtil ?

«  Un poète gravit quatre à quatre les marches de mon cerveau pour me donner de mes nouvelles » Christian Bobin

19 septembre 2020

Cerveau : matrice unitaire

« L’Homme non plus seulement « un être qui sait » mais un être qui sait qu’il sait »

                   Pierre Teilhard de Chardin

 La visée de Totalité ou d’Unité qui mobilise aujourd’hui tant de scientifiques est-elle purement scientifique, scientifique et philosophique, scientifique et cependant imprégnée de métaphysique ?

Cette aimantation qui guide certains chercheurs à subodorer une matrice unitaire n’est pas le fruit d’une idéologie.

Soutenu comme motif prépondérant depuis longtemps par les travaux des ethnologues et des anthropologues, ce fondement unitaire n’a pas pu être encore nommé par la Science tant il échappe à la qualification nominative.

«  Claude Lévi-Strauss cherche une structure unique derrière toutes les manifestations humaines » écrit Patrick Juignet.

Raymond Abellio cherchait quant à lui « La structure absolue ».

 Dominique Aubier, dans  « La face cachée du cerveau », élabore la thèse suivant laquelle le cerveau serait le motif unitaire organique et structural qui sous-tend, depuis qu’il est fixé dans sa configuration, toutes les formes sacrées et les formes objectivées, explorées par l’humain.

Le cerveau réverbérerait une unité  d’essence entre Pensée et Univers. Ce qui fait écrire à Henri Laborit : «  La manière dont notre cerveau agit sur notre corps est probablement, en résumé, la même que celle de la volonté évolutive agissant sur la matière animée ».

Il est là, question de VOLONTE évolutive et non d’évolution.

«  Bien plus profond que la chair et les os, pour d’invincibles raisons d’homogénéité et de cohérence, demandent à se prolonger en nous les fibres de la Cosmogénèse » Pierre Teilhard de Chardin.

Volonté évolutive enregistrée par notre cerveau qui en ordonne la saisie.

«  Comment, en effet incorporer la Pensée au flux organique de l’Espace-temps sans être forcé de lui accorder, dans le processus, la première place  […..] L’Homme découvrant, suivant la forte expression de Julian Huxley, qu’il n’est pas autre chose que l’évolution devenue consciente d’elle-même… ».

« Motif Tête », à la fois outil d’enregistrement mais aussi concepteur de toute possibilité de saisir par l’expérience ce que nous décrivons et enregistrons du monde. Y serait associé, toujours par Dominique Aubier dans «  L’Ordre Cosmique », la notion de boussole initiatique. (Initium en latin parle de commencement, de fondement mais aussi de principe et d’origine).

«  Quand pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu au miroir de lui-même, c’est le monde entier qui a fait un pas ».

Pour paraphraser cette citation de Teilhard de Chardin pourrions-nous dire…. Quand pour la première fois dans l’intellect humain, la structure corticale se sera aperçue au miroir d’elle-même dans l’essence du cosmos, le pas réflexif sera accompli !

« Chaque conscience n’est qu’une fenêtre par laquelle l’Univers se regarde lui-même » Alan Watts.

29 août 2020

Où il est question de cerveau…

« Nous vivons encore dans l'enfance de l’espèce humaine, tous les horizons que sont la biologie moléculaire, l'ADN, la cosmologie commencent juste à s'ouvrir. Nous sommes juste des enfants à la recherche de réponses et à mesure que s'étend l'île de la connaissance, grandissent aussi les rivages de notre ignorance ».

              John Wheeler physicien théoricien américain

Dans ses enseignements, John Wheeler parle de phénomène enregistré et non plus seulement de phénomène observé. 

Phénomène enregistré ?

 «  Phénomène amené à son terme par un acte irréversible d’amplification par une inscription indélébile, un acte d’enregistrement » dit encore John Wheeler. Le terme d’enregistrement suppose des étapes de transcription, de référencement, d’inscription, et de mémorisation…

« Phénomène …communicable en langage ordinaire » dit-il encore.

L’enregistrement ne serait-il pas opéré dans une structure naturelle que constituent les réseaux de notre système nerveux piloté par la puissance systémique de notre néocortex (en un mot notre cerveau au sens large) dont les lois organiques seraient en concordance et en correspondance avec la conception d’un univers que l’on pourrait lire comme un grand Cerveau à l’œuvre ?

Pour un physicien du début du siècle dernier, les phénomènes observés de type macroscopique, appartenant à l’espace-temps à quatre dimensions n'auraient pas pu être envisagés comme pouvant être  préenregistrés dans l’univers « cérébré »  réel que nous portons au sein de notre crâne.

Aujourd'hui, notre capacité corticale d’intelligence peut se permettre de se voir « calculée » par l’évolution elle-même qui aurait, dans son déploiement et sa poussée créatrice, le « pro-jet » ascensionnel d’une souvenance dont nous serions les témoins renouvelés ? 

« Nous ne comprendrons peut-être jamais la possibilité de cette étrange chose, le quantum, tant que nous ne comprendrons pas comment l’information peut être à la base de la réalité. L’information peut ne pas se limiter à ce que nous apprenons du monde. Elle peut être ce qui fait le monde. » John Wheeler.

Réfléchir la place de l’humain dans l’Univers, c’est y voir avant tout le phénomène réflexif ; réflexion en tant qu’acte de penser mais aussi en tant que reflet, réfléchissement.

Le réfléchissement des différentes étapes de constitution de l’Univers, pourrait-il être inscrit en miroir dans les différentes strates qui composent notre néocortex (6-10), qui serait la chambre d’écho enregistrant le travail d’amplification de l’information universelle et ce, dès l’instant de la mise en route de l’embryogénèse.

La venue à l’existence est enregistrement.

«  Et maintenant, ceci posé, je le demande. N’y aurait-il pas, par hasard, une condition à laquelle l’Univers doit absolument satisfaire pour que (au moins prise dans sa pointe chercheuse et perforante) l’Humanité devenue consciente de son pouvoir et de son devoir auto-évolutifs, sente constamment grandir en elle-même l’ardeur indispensable de découvrir et de créer ? » écrit Pierre Teilhard de Chardin dans « L’apparition de l’Homme ».

Les réflexions de plus en plus prégnantes, sur la place de la conscience dans l’émergence de la réalité, ne viseraient-elles pas le rôle pivot qu’occupe le psychisme comme « circuit auto-excité» dans un Univers qui construirait du sens ?

La matière psychique se complexifiant se serait-elle, elle-même, organisée en strates et groupements de plus en plus complexes, pour s’enrouler dans un micro-espace, constituant « quantiquement »  les « bandes passantes » de notre néocortex.

Mémoire des étapes cosmiques traversées déposée dans les banques de données de notre système de mémorisation cellulaire ?

La venue à l’existence ne répond-t-elle pas à ce processus même ?

L’ADN informée et l’ARNm, molécule agent, copie transitoire d’une portion de l’ADN, fournit un plan de construction aux cellules qui produisent les protéines : Protéines structurales dont la forme est tridimensionnelle ce qui réveille la loi de correspondance avec la structure d’organisation essentielle à la vie qui répond à un système Ternaire.

« C’est donc devant un devenir tripolaire de la nature (et non pas seulement bipolaire) que le chercheur est aujourd’hui convoqué, alors que cinquante ans plus tôt il ne se représentait qu’un seul devenir, énigmatique dans son univocité ». Dominique Temple, philosophe.

L’enregistrement de ce réel pénètrerait ensuite dans ce qui fait conscience ou enregistrement de tous ces phénomènes subtils qui président à toute existence qui se sait être en existence.

Wheeler voudrait voir l’Univers comme « circuit auto-excité » qui donnerait « naissance à ce qui fonde son existence en retour ».

Est-ce par la physique quantique qu’une prise en charge de la question de l’observateur comme conférant la réalité universelle en retour de son observation peut être assumée ?

L’existence n’est pas un point de vue, elle est fusionnée dans la relation.

L’existence est univers et l’univers est enregistré par ce qui forge le sentiment d’existence, de conscience de l’être au monde.

Fruit du hasard ou fruit d’une évolution, notre organe cerveau, enregistreur des ères et des épopées traversées pendant l’ordonnancement de l’univers galactique, bien avant sa fixation dans sa forme et dans ses fonctions telles que la paléontologie nous l’indique, représente un formidable univers intérieur dans un univers extérieur impensable par ses dimensions encore irrésolues et pourtant sans doute présentes dans la mémoire des ses constitutives traversées.

Est-ce que le « principe Tête »  ou système nerveux ne serait pas l’enregistreur de la poussée vitale de l’organisation universelle qui s’y réfléchit ?

Venue en existence d’un univers pouvant se penser lui-même.

Entrer en existence même si cela n’est qu’une étape dans la vie de l’univers.

Notre intérieur « micro-procédeur ! » refléterait l’infini extérieur.

« Les physiciens ne sont pas toujours les mieux placés pour se prononcer sur la portée épistémologique et ontologique de leurs théories ».

N’est-ce pas notre existence de vivant-parlant qui nous précipite vers ces questions existentielles et spirituelles qui ressemblent tant à des danses sur un volcan.

« Nous ne nous satisfaisons plus de n’avoir que des idées sur les particules ou les champs de force, la géométrie, ou même l’espace et le temps. Aujourd’hui, nous exigeons de la physique une compréhension de l’existence elle-même ». John Wheeler.

Plus la Science se complexifie, plus elle cherche le lieu d’une unité.

Plus elle tend sa volonté vers une seule source.

Cela, cependant, ne veut pas dire que tous les scientifiques soient fascinés par la question d’une finalité précisée.

La conscience à être dans la conscience de notre interrelation avec un univers qui se complexifie et qui par là-même devient conscient de lui-même est une logique en soi.

Logos cohérent.

La recherche d’un principe unificateur n’est peut-être pas à diriger vers les tréfonds de l’Univers repéré par la science. Depuis le vingtième siècle on est passé du « tout est particules» ensuite à «tout est champs» et plus récemment «tout est information ».

« Sûrement un jour, on peut l'espérer, nous saisirons l'idée centrale derrière toute chose. Elle sera si simple, si belle, si convaincante que nous nous dirons alors : "Oh, comment cela aurait-il pu être autrement ! Comment avons-nous fait pour rester aveugle aussi longtemps !" » John Wheeler.