Interprétation Quantique

06 juin 2019

Se pourrait-il que l'univers ait dix dimensions ?

« Se pourrait-il que l’univers ait dix dimensions ? »

« Le virtuel ne s’oppose pas au réel, mais seulement à l’actuel. Le virtuel possède une pleine réalité, en tant que virtuel. »

                          Gilles Deleuze

Notre univers observable, sondé et calculé serait-il à revisiter dans ses données d’existence et dans les conceptions que nous en avons ?

Les énoncés, déposés dans la trame de nos appropriations intellectuelles, nous paraissent établis et définitifs, à l’exemple, peut-être, de l’espace-temps (trois dimensions d’espace plus une de temps) reconnu, appréhendé et défini par quatre dimensions inscrites, depuis le début du XXème siècle, dans les représentations de l’esprit scientifique.

Ces dimensions spatio-temporelles seraient-elles à repenser et à réinterpréter ?  

 « Une des propriétés importantes d’un champ réside dans le fait qu’il enferme de l’impensable, c'est-à-dire des choses qu’on ne discute même pas » écrit Pierre Bourdieu, mais aujourd’hui ne serait-il pas question de s’ouvrir à une poussée vibrationnelle vers l’impensé ?

Cet espace-temps à quatre dimensions peut-il aujourd’hui encore répondre à une nouvelle élaboration des relations cognitives qu’entretient l’Homme interrogateur du réel ? La mécanique quantique en a capté les relations complexes.

L’humain-parlant participatif, impliqué dans ses recherches n’exprime-t-il pas avant tout une interaction entre son appareil cortical et l’objet qu’il traite ?

Le tissu mental est-il prêt à créer des échancrures dans son champ de croyances ?

Il est sans doute temps de remettre en cause l’existence de lois qui font Loi. Notre univers ne peut plus être considéré comme séparé de notre présence en son sein. Le principe d’incertitude a mis fin à un modèle universel déterminé,  mesurable et totalement extérieur à la question du « qui regarde et comment regarde-t-il » ?

Ainsi  la mécanique quantique bouleverse notre regard sur la question du lien, et des corrélations où la notion de distance est abolie.

Pourtant la notion de corrélation met aussi l’accent sur le rapport étroit et concomitant  entretenu avec un opposite, comme nos hémisphères corticaux peuvent l’incarner, dans leurs deux prégnances perceptives très différentes qui se présentent comme un tout fonctionnel.

Dualité créatrice.

Dualité sous unité, écrit Dominique Aubier.

Une des caractéristiques du vivant est avant tout l’organisation qui s’y déploie et en consolide le programme.

L’univers est un vaste organisme avec ses lois de fonctionnement et l’Humain, qui l’explore, y est intégré en conscience par la puissance de son cortex-pilote qui est lui aussi hiérarchiquement organisé dans le but, peut-être, d’y reconnaître son réfléchissement.

Le don puissant d’entendement et de mise en parole d’un cortex-parlant étagé sur six niveaux cellulaires subdivisés en dix strates, permet le développement, l’intensification ainsi que la consignation des facultés organisatrices de pensée, si ce n’est de conscience et de spiritualité.

Ainsi la projection de nos processus organiques mentaux devrait être prise en compte dans l’intégration et l’articulation des concepts que nous déployons. Les contenus réflexifs sont issus, eux-mêmes, d’un contenant cortical dont l’efficace architecture est liée directement à ses lois organiques.

C’est ainsi que le réel doit tenir compte du « Dedans-Dehors ».

C’est sans doute ce sentiment d’unicité qui peut nous éveiller à l’unité que nous abritons.

Cette prise de conscience comme unité d’une pluralité vivante nous fait pressentir la Totalité.

La compréhensibilité de cette unité essentielle et source systémique est peu à peu abordée par la question de l’implication intrinsèque du lecteur et non plus comme propriété préexistante de l’objet observé. La sensibilité intellectuelle, peut y repérer une interaction, une relation.

L’approche métaphysicienne n’est pas effarouchée par l’intelligibilité de ces dimensions subtiles car elle accepte que les lectures écartelées du réel soient pourtant corrélées comme nos deux hémisphères direct et indirect le sont dans la perspective d’une complétude relayée par une plénitude du sens.

Aujourd’hui la situation cognitive de l’époque est tournée vers la recherche d’unification ; se pose alors la question de l’intelligible dans le sensible.

Au-delà de l’exploration des confins de l’univers matériel, les sciences tournent  leur regard vers ce qui pourrait être le bassin unitaire des grandes forces existantes et vivantes.

Un même influx universel parcourt le champ d’une recherche d’unification.

Ne serait-il pas essentiel de s'interroger sur les facultés imperceptibles de l'entendement travaillé dans la trame des réseaux cognitifs des chercheurs en train d'aborder la question pertinente de l'unification ?

Ainsi La théorie des cordes dirige ses puissances abstraites et mathématiques  vers la recherche d’une théorie du Tout.

De quel enjeu de compréhension s’agit-il ?

Cela implique l’introduction d’autres dimensions non vérifiables pour l’instant dans notre réalité mais qui s’inscrivent dans la notion de réel.

La notion d’expérience de pensée est présente dans le tissu du monde scientifique et psychologique depuis l’éclosion de l’approche quantique.

Son point de mire : trouver la théorie qui pourrait englober toutes les théories existantes. Serait-elle en elle-même l’expérience qui ouvrirait à la systémique comme démarche naturelle de la pensée ?

Le repérage n’étant plus lié à un concept d’objet analysé dont les propriétés auraient été préexistantes, la nouvelle compréhensibilité doit aussi exprimer une propriété de l’appareil cérébral qui en enregistre la disposition et qui se retrouve actif dans la lecture de l’interaction.

L’expérience de la pensée systémique à mettre en œuvre n’est pas encore informée de la puissance du néocortex dont l’origine serait concomitante à la naissance de l’univers lui-même alors même que l’apparition de la structure crânienne est très récente à l’échelle du temps cosmique.

Cette structure organistique cérébrale émettrice de la parole serait le fruit d’une longue maturation universelle.

Ainsi,  pour franchir la barrière d'une approche classique de l’espace temps fixé dans le lexique du monde dans lequel nous évoluons en manifestation, six dimensions supplémentaires sont convoquées par la théorie des cordes afin de pouvoir élaborer un cheminement qui permettrait de suturer deux lectures différentes de l’univers.

Dedans et Dehors seraient à jamais corrélés. Réponse quantique à la question de la gravitation.

Mise en rapport d’existence intriquée. Réponse au dépassement de la vitesse de la lumière.

Situation verbale nouvelle qui s’incarne.

C’est ainsi que la théorie des cordes se propose d’unifier les interactions.

Les six dimensions supplémentaires invisibles et hors de nos processus perceptifs pourraient permettre une plus grande intelligibilité de notre univers.

Dans cet espace rendu à dix dimensions (quatre perceptibles et six invisibles), il ne serait plus question de particules mais de cordes vibrantes dont les différentes vibrations verraient leur résonnance fixée dans les différentes particules répertoriées par le corpus scientifique.

« La théorie des cordes décrit la matière par des entités unidimensionnelles vibrantes, explique Jean-Pierre Luminet. Il s’agit de bouts d’espace extrêmement minuscules qu’on appelle cordes. La façon dont la corde vibre va créer un proton, un électron, un neutrino, etc. […] Problème : cela ne fonctionne pas dans l’espace-temps habituel, c’est-à-dire trois dimensions d’espace et une dimension de temps. La théorie des cordes a besoin, elle, de… 10 dimensions ! »

Dans la théorie des champs, une particule en mouvement décrit une ligne tandis que dans la théorie des cordes elle serait décrite comme une surface bidimensionnelle.

 « Une particule occupe un point dans l’espace à chaque instant du temps ; ainsi son chemin dans l’espace-temps est-il une ligne (sa « ligne d’univers ».) Une corde, au contraire, occupe à chaque instant une ligne dans l’espace. Ainsi sa trace dans l’espace-temps est-elle une surface bidimensionnelle appelée « feuille d’Univers » […]. La feuille d’Univers d’une corde ouverte est une bande … la feuille d’Univers d’une corde fermée est un cylindre ou un tube »  écrit Stephen Hawking dans « Une brève histoire du temps ».

Les dimensions supplémentaires,  invisibles, de la théorie des cordes seraient repliées à l’échelle de Planck.

Naissance de l’univers et projet verbal inscrit dès l’origine de sa mise en expansion.

Qu’appréhendons-nous exactement quand nous prononçons le terme d’univers ?

Univers…  « Unus,  versere : tourner vers l’un, être dirigé vers » et « unus versus : tout entier, considéré dans son ensemble ».

 Versus issu de Verto ou vorto,ti,sum,ère, : racine de vortex.

Vortex, certes tourbillon d’eau mais aussi sommet de la tête.

Les mots nous guident.

Nous attribuons une entité à l’univers mais nous ne prenons pas conscience de l’entité intérieure, cérébrale, la notre, qui en est l’essence et la puissance réflexive active.

 « Ce que nous observons n’est pas la nature elle-même, mais la nature exposée à notre méthode de questionnement » Werner Heisenberg.

L’enroulement des six dimensions invisibles de la théorie des cordes, appartiendrait à un espace spéculé par les physiciens quantiques dans une représentation « compactifiée » nommée espace de Calabi-Yau.

Nous ne pouvons sonder le réel, donc  l’univers, en dehors de notre fonctionnement cérébral originel et de ses réseaux structurés aptes à en conduire l’intelligence.

En effet notre cerveau ne réfléchirait-il pas, ne réverbérerait-il pas dans sa constitution, l’essence même de l’univers telle que nous la parlons jusqu’à aujourd’hui ?

Le philosophe Charles Wolfe écrit sur le déplacement révolutionnaire qu’il y aurait à prôner «[…]  une « science de l’organisme », une science holiste, un paradigme nouveau qui dépassera ou réfutera, celui dangereusement réductionniste, mis en place par la révolution scientifique ».

Ne serait-ce pas, là, ouvrir la question du support organique et de ses réseaux dans l’activation  organisée de l’influx nerveux qui se transforme en codification dans les formules de notre acte de penser ?

Comment aborder l’essence, l’en soi d’un être qui s’interroge ?

Que seraient-ce donc que ces grains de pensée qui se développent sur une toile de fond nommée univers ?

Comment ne pas penser, d’abord à la matière génétique, énergétisée capable de conceptualiser l’existant qui l’entoure ?

C’est faire place à la spécificité du « vital-parlant » qui se sait « vivant-sa-vie » et qui cherche à comprendre l’existant. Cela dépasse infiniment la question physique des choses.

 Quel est ce ciel des idées que l’humain développe quant à sa place dans l’univers ? Quelle est la teneur de l’univers qu’il met en mots ?

Peut-on parler de l’interaction entre l’acte d’examen et le pilote cortical  qui guide non seulement les processus examinateurs mais qui coordonne en lui-même la naissance d’une sorte de protéine verbale pouvant trouver son champ de communicabilité.

En d’autres termes peut-on considérer certaines dimensions que l’on attribue au réel existant comme définitivement installées dans le paysage typiquement scientifique ?

Nous pouvons étudier le vivant ; il est cependant  difficile de répondre à la question de la dynamique de la vitalité par la parole chez le vivant-parlant qui est tendu vers un sujet de connaissance accrue et d’un contenu de signification augmentée : la question du sens est primordiale.

Vertigineux questionnement qui ramène à la question de l’humain.

La science désire poser un socle rationnel à son approche.  Sa volonté de discernement, reconnue de tous, n’est pas à remettre en cause mais pouvons-nous penser que sa manière d’articuler les réponses aux grandes questions de l’existant et de ses lois sera définitivement inscrite dans le marbre d’une vérité immuable ?

Certes un travail est mobilisé autour d’une recherche de transdisciplinarité systémique, laquelle peut admettre que la pluralité des points de vue et les carrefours qu’elle engendre ne fait pas éclater l’Unité, mais au contraire y ramène par une prise de conscience du siège même de ces pensées : notre cerveau qui se régale de ses éclats !

Et si dans son univers existentiel, notre cerveau et sa capacité langagière nous soufflait la direction à travers les mesures 6, 10 et même 26 de la théorie des cordes ?

N’est-il pas le lieu vitalisé où se convoque l’unité ?

N’est-il pas le champ d’une unité idéale ou idéelle dont les structures organisatrices seraient un ensemble significatif pour une Conscience ?

Le niveau « intentionnel », qui anime toute recherche et qui est reconnu par l’écoute d’un acte réfléchi de l’intelligence, se traduit toujours en vocabulaire. Vocabulum en latin mot , terme , de voco, are : appeler, convoquer. 

Mise en place d’un vocable pouvant en articuler l’intention et en développer, sinon en augmenter, l’objet de connaissance ? Seul le récit dont a besoin la science elle-même pour se faire entendre est diffusé par la vox : voix, mais aussi : mot, son, vocable.

A partir de cette considération, peut-on envisager que d’autres voies et lois du réel s’établissent dans la configuration de nos représentations ?

Toute approche devrait-elle être rapportée à l’explicatif, au perceptif, c'est-à-dire sur un rapport à l’externe, ou bien doit-elle aujourd’hui se rapporter aux capacités structurelles et organistiques de notre univers cérébral, cognitif ?

Où est le vital de l’univers ?

Les phénomènes participent aux idées mais ne les contiennent pas en eux-mêmes.

 « Ce que nous avons découvert alors a révolutionné notre vision de l’univers. Intuition physique et rigueur mathématique avec l’expérimentation et l’observation pour guides, ont montré que l’espace, le temps, la matière et l’énergie offrent un registre de comportements ne ressemblant à rien de ce que nous pu observer directement. Et maintenant l’étude approfondie de ces découvertes nous mène à ce que pourrait être le prochain cataclysme dans notre compréhension des choses : la possibilité que notre univers ne soit pas le seul univers » Brian Greene dans « La réalité cachée : les univers parallèles et les lois du cosmos ».

Et si un autre univers, infiniment petit car compacté, était contenu dans notre cerveau ?

Sortir de « la pétrification du savoir acquis » dit Marc Alain Ouaknin.

Sortir de la clôture imposée par un savoir qui aujourd’hui pourtant,  ne peut plus nier que la configuration cérébrale est agissante dans la lecture du monde.

« La possibilité que notre univers ne soit pas le seul univers » …

S’est-on déjà penché sur notre cerveau…en tant qu’univers en soi avec ses lois de fonctionnement, sur la résonnance qui est la sienne dans l’établissement de nos facultés à performer nos savoirs sur l’existant, tant notre cortex est un lieu d’information ?


31 mai 2019

petit aparté

Le référent de base ?

"Il est invisible et condamné à demeurer occulte, dans le non-dit, même celui de la tradition orale...jusqu'à ce que l'évolution sécrète les éléments objectifs. Mais les initiés de toutes les époques ont su qu'il s'agissait de la tête, la tête fonctionnelle, parlante, le cortex en langage moderne"

                        Dominique Aubier

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26 avril 2019

Comprendre serait-ce un plaisir mystique ?

« Comprendre pour moi, c’est même devenu un plaisir mystique »

                          Boris Cyrulnik

Comprendre est actif.

La compréhension est un miel.

Quel est ce sentiment mystique qui peut en naître ?

La félicité ressentie serait-elle liée à la perception d’unicité que peut engendrer l’accès à la compréhension ?

La compréhension comblerait donc l’être intérieur.

Passage du particulier à l’universel.

La sérénité ressentie ne rendrait cependant pas le sujet béat.

La compréhension le rendrait juste, visionnaire.

Compréhension déterminante.

Emblématique.

L’euphorie due au plaisir de comprendre ne serait pas pure exaltation mais inspiration. 

Une sagacité.

Un raffinement.

 « Plaisir mystique de la compréhension » dit Boris Cyrulnik.

Est-ce à ressentir l’inspiration comme une justesse si puissante qu’elle en serait une griserie bienheureuse ?

Un enchantement.

L‘actif décodage, qu’est le fait de comprendre,  procure un sentiment d’allégresse.

La puissance unificatrice s’y présente et s’y loge.

Sens, sur l’instant, de l’immensité incluse.

Comprendre est issu, avant tout d’une implication, d’une démarche, d’une volonté, d’une tension vers… l’enclore, l’englober.

« Préhensio » action d’appréhender au corps.

« Préhenso » chercher à saisir et « Préhendo » prendre, atteindre.

La compréhension serait action de révélation du saisissement conscient et de la puissance de participation qui s’accomplit.

Compréhension libératrice porteuse d’un appel à la créativité renouvelée.

Le désir d’entendement en est le moteur.  Sa malice peut-être.

Une espièglerie s’y mêle sans doute.

L’entendement en est son acmé et son dénouement. Sa vivacité.

La conjugaison du désir de comprendre, être tendu vers…et de la phase réceptive de l’intelligibilité qui s’y formule  en serait jouissive, clairvoyante et sublimée.

Le désir de comprendre mobilise une émoustillante énergie nerveuse. Cette animation est le désir d’embrasser par la pensée une autre vastitude.

Dévoilement de nos potentialités et saisissement de leur ampleur.

Nous sortons de la soumission que créent nos « imbécilités par suppression d’idées » comme l’incandescent Artaud le déplorait.

La compréhension est parfois exaltante. Toujours vivifiante.

Une ivresse légère s’y mêle.

La compréhension est aussi limpidité argumentée et lucidité qui se précisent  après une période de fermentation de la pensée.

 « L’ébriété »  légère et joyeuse déclenchée par la percée d’une compréhension illuminée pourrait, en ce sens, se convertir en un sentiment mystique.

Sentiment spirituel.

Sentiment qui a trait au domaine de l’esprit mais aussi de l’âme.

« C’est bien l’expérience réelle de l’ébriété avec tous ses caractères psychophysiologiques qui sert de paradigme à un vécu ineffable ».  Jean-Pierre Albert, anthropologue. 

Enivrement ou ravissement dans le sens de rapt.

 Mais aussi de transport de joie.

Jubilation et émotion d’être intérieurement sorti de ses traces, et pouvoir ainsi atteindre un état transitoire mystique. Cela serait-il la libération d’un principe de plénitude, de fusionnement ?  

La montée énergétique, en zigzag, de l’influx nerveux entre les deux hémisphères de notre cerveau drainant les effervescentes informations serait parvenue à son apogée. Eclosion de la compréhension. Intégration.

Incorporation.

Pour demeurer dans la démarche de compréhension pénétrante peut-être faut-il admettre un zeste de métaphysique.

Ne pas renoncer à l’ouverture vers des horizons imprononçables par nos lexiques d’occidentaux est une augmentation salutaire de la pensée car, malgré nous, nos pensées sont toujours tendues vers un ailleurs : l’universel, l’englobant.

Notre don de la parole essaierait d’en refléter les mystères sinon la genèse.

« C’est la verbalité qui définit qui je suis dans le monde des représentations » Boris Cyrulnik.

Ainsi dans la notion de plaisir mystique que peut apporter la compréhension vue comme l’intégration de la Connaissance, ne se profile-t-il pas la réalisation d’un instant d’Unité en soi ?

Ce parfum d’intégration que fait surgir le couronnement d’une connaissance équilibrée et bouclée est certes une harmonisation, mais c’est surtout une percée sensible vers le Principe d’Unité.

La recherche d’unification des différents rameaux des sciences et le concept de   l’Unité de la Science ne sont-ils pas respectivement la traction et l’attraction du domaine scientifique ? Son graal peut-être.

L’approche de l’entendement premier, c'est-à-dire de « l’Initial », n’est pas de l’ordre d’un langage commun qui résoudrait la question des passerelles à établir entre les différentes disciplines. Pas plus que cela ne réduirait la distance que crée l’opposition : perception et représentation, concept et intuition.

 L’entendement ne consisterait-il pas à aborder la table d’orientation dont  les êtres vivants parlant sont porteurs : leur néocortex ?

La table de référence qu’est notre cerveau aurait pour mandat le réfléchissement, dans sa structure subtile et organique, des grandes lois de fonctionnement de l’univers quantique qui se dévoile peu à peu.

Au XXème siècle «  Un institut de l’Unité de la Science » fut créé.

Le principe d’Unité pouvait-il y voir le jour, alors que des termes comme Essence et Entité sont des termes encore aujourd’hui jugés ambigus ?

Ce principe d’Unité recherché dépasse la question scientifique. Toute connaissance investit la question holistique.

La Science s’est-elle véritablement penchée sur l’outil qui pilote ses propres architectures de la pensée qu’elle déploie sur l’univers dont elle veut percer l’histoire sinon le mystère ?

En effet pouvoir se poser la question de l’identité et de la qualification du principe d’Unité c’est accepter de passer de l’autre côté du miroir.

« Quelle est l’identité et la qualité spécifique de ce principe d’Unité » dit Prigogine.

Le principe de Réalité ne serait-il pas un motif d’absolu ?

L’identité d’un motif unique peut-elle être appréhendée ?

Et si l’approche métaphysique de ce motif unique supposait la pénétration de la puissante idée qu’un principe absolu d’unité serait d’Essence Corticale comme l’a analysé la philologue Dominique Aubier ?

Le manteau cortical, néocortex à six couches en assise sur deux hémisphères, en serait le pilote déterminant et spirituel.

Ainsi notre cerveau serait habilité à réfléchir cette puissance d’Essence Corticale que serait l’Univers cohérent dans lequel notre place infiniment petite se traduirait pourtant en décodage souverain d’un infiniment grand cerveau universel.

L’unité de l’Univers, sujet des préoccupations scientifiques, devrait supposer l’existence d’une part concrétisante d’un hémisphère gauche, dont l’en face, hémisphère droit, serait  imprononçable : lieu d’Un Ultra cerveau initial qui aurait piloté la naissance de l’univers dans lequel nous sommes inscrits et dont l’écho vibratoire résonnerait dans la parole de l’espèce parlante qui nous caractérise. Notre « langage » est singulier par la Parole articulée que nous émettons et qui fait naître des mondes au-delà de notre adaptation en tant qu’espèce.

«  Nous pensons nous situer aujourd’hui à un point crucial…au point de départ d’une nouvelle rationalité qui n’identifie plus science et certitude, probabilité et ignorance […] Nous assistons à l’émergence d’une science qui n’est plus limitée à des situations simplifiées, idéalisées, mais nous met en face de la complexité du monde réel, une science qui permet à la créativité humaine de se vivre comme l’expression singulière d’un trait fondamental  commun à tous les niveaux de la nature »  Richard Tarnas.

Selon Richard Tarnas, chercheur, historien de la culture, l’urgence est de « retrouver son unité avec les racines de son être ».

Notre cerveau de vivant-parlant devrait être le moyeu de la roue qui fait tourner nos passions de l’intelligibilité du réel.

Notre être traduit de l’univers. Il lui manque la Connaissance pour en être le porte-parole précieux.

Donc si nous arrivions à comprendre le lieu cortical de la vraie conception des explorations mentales que nous opérons, et qu’ainsi nous puissions comprendre les étapes des échelles du désir de connaissance, nous développerions une pénétration, une intelligibilité, une lucidité, un discernement, un entendement, une raison.

Si nous avions la connaissance de l’architecture de notre néocortex ainsi que  des archétypes qui en sont les socles et la toile de fond, nous aurions construit le lien qui se profile derrière toutes les manifestations du réel telles que nous les analysons.  Nous aurions accès aux lois universelles qui en sont le soutènement et qui en prédisposent le fonctionnement.

« Le Paradis c’est de comprendre » s’écrie Dominique Aubier dans une conversation.

Elle révèle dans ses écrits le référent de base pour atteindre au sens de la vie.

Ainsi pour elle le mot Rosch, en hébreu, peut être traduit à la fois comme : ce qui fit origine mais aussi Tête : le commencement, En Tête.

Entête d’univers naissant.

Ce référent occulte et pourtant totalement impliqué nous explique-t-elle… c’est le motif Tête.

« Prenant ses directives sur la symbolique de l'alphabet hébraïque, l'auteur appelle Rosch le motif unique considéré dans sa signification structurale, et système Aleph, le même principe de réalité, saisi dans sa fonction de logiciel universel » dont  notre cortex réverbèrerait  la mission avec sa puissance de mise en paroles.

Ce cortex serait lui-même un projet nourri par un Ultra-Cerveau pilotant le réel, pourtant intrinsèquement indépendant des formes et des symboles s’exprimant dans tout l’univers, qu’il susciterait.

La science en étudierait l’éclat, la teneur, les mouvements mais ne pourrait pas s’emparer des Intentions principielles qui seraient aux manettes de l’expressivité du réel.

 « Comprendre est un plaisir mystique »

« Le paradis c’est de comprendre »

Paradis : Pardès, le verger, le jardin.

 « Pardès, mot qui a donné paradis, comporte quatre lettres (en hébreu, les mots ne sont pas vocalisés et ne s'écrivent qu'avec les consonnes). Elles désignent les quatre étapes de la maturation dont est nécessairement l'objet toute pensée, toute expérience :

- Une information entre, c'est l'étape P.

- Elle est mise en forme symbolique, c'est l'étape R.

- Elle est relancée vers l'avenir, c'est l'étape D, celle de l'expansion adaptative.

- Enfin elle arrive à terme, c'est l'étape S, celle où tout s'éclaire et se conclut. Lorsqu'il y a élucidation, il y a compréhension. Le paradis c'est de comprendre » dit Dominique Aubier.

 PRDS devient ainsi l’archétype d’une méthode d’approche et de dévoilement du sens de comprendre. Cela coule de source. Eclair.

La projection des archétypes invisibles et actifs se serait propagée dans toutes les volontés et réalisations de compréhension ; elles en suivraient l’ordonnancement subtil.

Ainsi Dominique Aubier se sert des découvertes de la microbiologie pour expliquer le mécanisme du Pardès connu de la tradition hébraïque.

Pour elle la microbiologie a montré que dans la formation du réel mais aussi dans la formation de n’importe quelle protéine existait un processus typique décliné en : ADN, ARN, Protéine.

Mais, selon Dominique Aubier, avant qu’il n’y ait protéine, il y a formation des acides aminés sur une longue fibre polypeptidique.

Quatre phases seraient donc à retenir:

-         L’Information ADN

-         La prise de copie avec l’ARN

-         La formation des acides aminés

-         L’enroulement structural de la protéine achevée.

Quatre étapes en analogie avec le PRDS hébraïque.

Quatre étapes pour accueillir en plénitude le message venu d’une zone invisible. Sortie des limbes.

Pour l’esprit d’analogie les quatre lettres PRDS, désignent les quatre étapes de l’implantation et de la  maturation dont toute pensée, toute expérience est nécessairement constituée.

Bonheur de comprendre.

Ces  quatre étapes seraient présentes dans le développement de l’organisme Terre : Minéral, Végétal, Animal et Humain-parlant avec sa faculté d’émettre et de structurer les désirs de dépassement qui le traversent. Conquête des territoires et des continents de l’esprit.

Ainsi, Nous aurions accès à une nouvelle rationalité en écho logique à nos archétypes intérieurs.

« Comprendre pour moi, c’est même devenu un plaisir mystique »

                          Boris Cyrulnik

30 mars 2019

Le devenir est-il donné ?

« Le devenir même de la connaissance…c’est en terme de pensée qu’il faut le considérer… Le devenir est donné. »

                                       Michel Paty

« Le devenir est donné » sont-ce, là, les paroles de quelque devin ?

Non, celui qui les prononce, Michel Paty, est historien, philosophe des sciences et physicien.

Dans une conférence sur « Le nouveau et le rationnel » ce chercheur aborde la question du devenir créatif scientifique. L’irruption du nouveau se produirait lors d’une intuition intellectuelle. L’inédit qui surgit et qui se déploie, s’inscrit pourtant, malgré sa face inexplorée, dans la rationalité d’une pensée scientifique à l’œuvre.

Les contenus qui se présentent, jusque là inimaginés, sont pourtant retenus comme des savoirs en devenir pouvant s’inscrire dans une conception rationnelle.

Ces nouveaux concepts sont pourtant admis comme réels et rationnels par le filtre de la pensée scientifique qui les a vus émerger hors des limites déjà convenues. Ils seront dorénavant, au fil du temps, analysés, identifiés et répertoriés comme appartenant à son domaine de pertinence.

Michel Paty poursuit : «  la nouveauté étant rationnellement concevable, cela montre qu’au fond la rationalité elle-même soit objet d’élargissement de sa conception par le mouvement double de production de création et de transformation de la rationalité, qui modifie la relation du concept qui pourtant donne ses conditions ».

C’est en effet là le mystère… par quels processus d’ordonnancement subtil les découvertes fulgurantes sont-elles acceptées par un filtre de discernement qui préside à la reconnaissance et à la validation d’un système qui les ignorait jusqu’alors ?

Comment se structure une pensée qui contient dans son déploiement même le bond qualitatif qui lui permettra d’émerger dans un autre plan, nouveau, inédit, et pourtant repéré comme étant une évolution probable, logique, et répertoriée dans le futur ?

« La pensée elle-même est en perpétuel devenir ».

 « L’intelligibilité-à-venir » d’un concept inédit, né d’une intuition intellectuelle, émerge pourtant d’un foyer de savoirs qui en sont la trame.

Ce concept s’origine dans une pensée à l’œuvre de déploiement. Il est le fruit de cycles invisibles. Le nouveau concept est cependant perçu comme une émanation spontanée sur un autre plan de la conscience.

Peut-on comprendre les invariants qui sous-tendent les processus d’une pensée en train de se construire ?

Dans son foisonnement électrique, l’idée créatrice passe par une phase de jeunesse symbolique. Les éléments s’agrègent peu à peu. L’incorporation s’opère dans un processus silencieux qui en couve le développement.

Puis le jaillissement créatif a lieu lorsqu’une forme de maturité organique et constitutionnelle est atteinte dans le cerveau. Cela permettrait de penser que toute idée « précurseuse » ne le serait qu’en fonction de l’aptitude de notre regard à en capter seulement le moment d’émergence dans la réalité.

« Cette façon fort abstraite de sonder le réel par l’intermédiaire d’un langage humainement fabriqué ne manque pas de stupéfier. Mais pensons-nous seulement avec notre cerveau ? » Dominique Aubier.

L’intelligibilité du système de pensée, qui permet à cette pensée même de se déposer, en est le préalable.

Ainsi nous pourrions envisager ce que peut vouloir dire « L’avenir est donné ».

Toutes les pensées scientifiques appartiennent au monde. Elles s’y inscrivent par la  forme symbolique qu’elles se sont données comme socle d’une pensée en marche.

Les théories expriment les concepts issus d’une démarche de la pensée qui gère son élaboration idéelle en appui sur l’objet de ses interrogations et entérine ses productions suivant la cohérence logique de l’élaboration rationnelle qu’elle y discerne.

Pourtant les chercheurs accordent au phénomène intuitif, fulgurant (Fulgur, uris : éclair et même foudre) une grande importance. Cette rupture apparente et ce dévoilement suscitent soudain un nouveau regard.

L’éveil à d’autres espaces spéculatifs à partir d’un phénomène inédit de la pensée, initialise un temps où la nouvelle donne doit donner naissance à une nouvelle intelligibilité qui peu à peu s’intègre au champ du savoir rationnel.

Cette « intuition intellectuelle » est-elle l’accès immédiat à un contexte en état de latence dans la pensée ?  

Comment passe-t-on de l’impensable au pensé, de l’implicite à l’explicite ?

Sait-on ce qu’est un acte de pensée et son possible avènement comme aboutissement d’un processus ?

La pensée suivrait-elle, dans son élaboration, des modalités dont elle serait dépendante dans sa propre captation en tant que pensée ?

Nous ne pouvons pas expliquer d’où vient l’influx nerveux qui mobilise notre conscience, mais selon Dominique Aubier, nous pouvons appréhender la puissance de ce même influx nerveux à l’œuvre dans notre néocortex, pilote subtil qui nous dirige dans ce monde.

L’intuition intellectuelle célébrerait la puissance de nos hémisphères cérébraux dont l’activité d’échange à travers le corps calleux vérifierait l’intelligibilité, l’audace et l’ardeur d’une nouvelle donne.

Justesse prémonitoire.

Connaissance directe qui se présente comme une évidence.

Cette prescience n’est-elle pas la mise en conscience soudaine d’un acte de la pensée qui capte sa survie dans une fulgurance qui la régénère ? On ne sait pas encore où se situe l’impact premier.

Emission d’un Dehors qui se miroite dans un Dedans sensibilisé ?

L’ouverture de la question est la brèche persistante dans nos besoins de trouver les fondements. Le définitif s’y brise.

Toutes les questions que se pose l’Homme, nourriraient-elles par les concepts qui en naissent, les arts de la représentation du monde ?

Tout ne serait donc que représentation.

 Ainsi du monde des signes.

Dans l'intuition intellectuelle se trouve  « le point où l'absolu lui-même et le savoir de l'absolu ne sont tout simplement qu'un ». De ce fait, « elle est la faculté en général de voir réunis dans une unité vivante l'universel dans le particulier et l'infini dans le fini » Joseph Von Schelling.

L’intuition intellectuelle serait aussi un principe de réalisation ontologique.

La connaissance « à l’endroit » comme élaborent les gnostiques de Princeton tient compte des enseignements millénaires qui ont déposé leurs connaissances, proches de la source, dans la trame du monde pensant, sous forme de symbolique puissante issue de la connaissance des archétypes naturels qui en sont la source.

C’est sans doute la science elle-même qui peut répondre à la question de l’apparition des phénomènes dans le réel.

La mécanique chromosomique permet de comprendre « comment le cerveau fait lui aussi venir en son monde des réalités qui, ensuite, forment notre psychisme et notre pensée » Dominique Aubier.

Ainsi la science nous permet de comprendre qu’un flux d’information descende le courant depuis l’ADN, noyau informé, vers l’ARN messager qui se révélera dans la protéine réelle et visible. « De l’intériorité de l’informant surgit l’extériorité de la protéine »  Dominique Aubier.

Nous ne connaissons de notre cerveau que ses projections que nous nommons réflexions. Ces réfléchissements comme dans un miroir, ne sont pourtant que les images «  inversées » captées par notre cerveau qui réserve, en lui-même,  son fonctionnement ontologique et le pratique à notre insu.

Vertige de notre ignorance sur lui : notre cerveau !

Que serait donc cette intuition intellectuelle prodigieuse dans le mécanisme cortical à l’œuvre ?

Cette intuition pourrait-elle être exprimée comme un bond qualitatif et le surgissement d’une « donne » jugée nouvelle alors même qu’elle était déjà en travail dans une zone d’élaboration non encore précipitée vers son destin c’est-à-dire sa destination ?

 

Pour en revenir à l’étude du travail cérébral et mental qui s’opère dans les différentes couches du pilote qu’est notre néocortex, pourrions-nous voir l’intuition intellectuelle comme le passage de la couche III à la couche IV néocorticales ?

« La couche III du néocortex établit des relations précises avec le futur. Elle reçoit les dendrites apicales des pyramidales profondes, lesquelles garnissent spécifiquement la couche V. Elle est en relation serrée avec la couche IV par l’intermédiaire de ses propres dendrites basales. » Dominique Aubier.

En couche IV « En ce lieu les imprégnations montées du passé sont proposées à l’avenir. » « C’est une région où le futur indique ce qu’il veut, où l’avenir appelle. Mais où, en même temps, il aspire ce qui s’est déjà engrammé au titre du passé. La négociation s’opère entre les puissances structurales du futur et les acquisitions proposées par l’expérience. » Dominique Aubier.

Est-ce ce mécanisme structurel qui, à partir de la couche II du néocortex, traite du passage et de la diffusion de l’information d’une couche à l’autre avec la translation d’un hémisphère à l’autre, qui en permet la captation dans le réel, qui dirige les paroles du philosophe des sciences Michel Paty quand il dit : « Poser un problème scientifique, c’est poser un problème de l’intelligible » ?

L’intelligibilité ne fait-elle pas retour sur un principe universel ?

L’intelligibilité n’est-elle pas l’expression d’un entendement sous-jacent des lois de fonctionnement de la pensée elle-même ?

« Il y a le monde, objet d’études des scientifiques et puis il y a la pensée. Quand la pensée travaille pour se représenter le monde, son seul moyen c’est la pensée dans la pensée….le mouvement même de la connaissance c’est en terme de pensée qu’il nous faut le considérer » Michel Paty.

 

21 février 2019

L'homme est-il si différent de la totalité à laquelle il appartient ? (suite)

 « L’Univers commence plus à ressembler à une grande pensée qu’à une machine. L’esprit n’apparaît plus être un intrus accidentel dans le domaine de la matière […] Nous devrions plutôt le saluer comme le créateur de la matière »

               James Jeans (Physicien britannique)

La vie n’est pas réductible à ses composantes ; elle est plutôt le reflet et la résonnance de leurs relations guidées. Relations établies par des échanges entre l’universel et le singulier, entre le collectif et le particulier, entre nécessités internes et apports externes. 

 Où s’effectue ce dialogue ?

Où sont alchimisés et métabolisés ces transferts vivants ?

Notre cerveau, dans sa configuration même, n’en est-il pas la plaque tournante ?  L’homme, présence entre « ciel et terre », d’où perçoit-il cette faculté de transcription du sentiment de Totalité qui l’aspire et l’inspire… ?

Comment accédons-nous à cette intuition de totalité ?

Comment frôlons-nous le sentiment d’absoluité ?

La puissance de la pensée systémique ouvre à la faculté holiste du : comment- penser-la-performance-des-dispositions du vivant-parlant.

Elle conduit à prendre en considération la notion de Motif Unique qu’est notre cerveau, ainsi nommé par Dominique Aubier.

Cerveau dont le néocortex serait le fondement et la pierre angulaire universelle de toutes les formes de déploiements civilisationnels et religieux ainsi que de toutes les langues pratiquées sur terre.

La pensée systémique est l’avènement d’une conception où la vigilance est celle d’une incorporation d’une reliance éveillée, réalisée (« réalis » en latin réel). Ses accomplissements et ses compétences ne sont plus au service d’un volume d’acquisitions augmentées. Plus que des Savoirs, il s’agit d’une Connaissance en cheminement.

Elle est aussi le réfléchissement d’un ensemble toujours plus englobant et toujours plus essentiel.

Ce « plus d’ouverture » délivre des forces décuplées à nos perceptions de la totalité.

Ce concept de totalité est-il un vœu de pure harmonisation de nos éparpillements, ou bien trouve-t-il ses racines dans un fondement réel de notre fonctionnement intégratif ?

… Sans doute un frôlement d’une globalité intégrée.

Itinéraire intuité vers le lieu d’une compétence unifiée.

Cette prégnance d’un sentiment de totalité n’est-elle, en soi  qu’évanescence, ou bien est-elle une nécessité d’être ?

Cette notion « Totus, a, totum » le tout entier, en totalité, est-elle pure ouverture sur l’insaisissable d’un Tout ?

Le sentiment d’infini doit y concourir.

A propos de la notion de totalité et Infini d’Emmanuel Lévinas, Jacques Bonniot écrit :  « La totalité, ce serait la globalisation, la possibilité pour une philosophie de se refermer sur la totalité du réel, pour un homme de faire la synthèse de ses expériences, de ses rêves. L’infini, ce serait au contraire l’impossibilité de cette fermeture, parce que je rencontre autrui, qui déborde de partout l’idée que je peux me faire de lui, qui ne se laisse enfermer dans aucun savoir ».

Sous la notion d’Infini …le cerveau.

Cela répond à l’esprit systémique : ne pas se retrancher sur une pensée bouclée sur ses assurances. Cette approche ne développe-t-elle pas « l’espace de la caresse » ? Elle est dans la reconnaissance de l’altérité si précieuse à l’enrichissement de ses étayages internes.

Ainsi Michel Paty, physicien, historien et philosophe relève : « Einstein écrit à De Broglie que la sous-structure qu’il cherche pour établir le fondement de la Mécanique Quantique c’est un soubassement architectonique de la Théorie » pour reprendre ensuite les mots d’Einstein lui-même : «  Et c’est en fait par la voie de la recherche d’un principe purement formel, fondé sur la conviction que les lois de la nature ont la plus grande simplicité, logique imaginable ».

Ainsi l’objet des pensées et la structure qualifiante seraient issus d’une architecture naturelle unifiante : celle de notre Cortex.

Non seulement les relations Universel et singulier, collectif et particulier, Je et Autre s’y côtoient, mais notre néocortex n’est-il pas à considérer, avant tout, comme l’interface subtile entre l’infiniment grand et l’infiniment petit qui s’y conjuguent et y nouent des relations vitales ?

Cet Autre, tant recherché, tant scruté, cet Au-delà de la manifestation, n’appartient-il pas au domaine cosmique dont notre cerveau est porteur ?

Le Cortex enregistre-t-il et alchimise-t-il les vibrations du fond sonore de l’univers qui lui parviennent, en les transformant en ondes.

Ces vibrations, nées d’une source absolue, se propagent dans le vide. Il n’y a pas déplacement de matière. En se diffractant au niveau de la caisse de résonnance cérébrale, elles se transforment en ondes captées et codées. Ondes cérébrales conductrices d’information dans les réseaux cérébraux et nerveux en souvenance de leur trajectoire.

Pourquoi ne pas aborder cette question par l’invitation à s’ouvrir à l’éventualité d’une Cause première infinie, Invisible, inaccessible à la pensée, imprononçable, source absolue de vibrations… qui se serait détendue en trois expressivités : Structure, information et énergie. Ternaire archétypal.

Ce ternaire est abstrait en soi. Pourtant sa puissance virtuelle serait à la base de tout le réel déployé. L’information de l’énergie structurelle aurait traversé le temps et se serait manifestée dans la structure de notre Tête pensante et parlante.  L’avènement de ce réceptacle « Tête » aurait été programmé, dès la mise en route de l’information vers sa concrétisation.

La corticalité, lieu réceptif de cette intelligence systémique.

Naissance d’un changement cognitif essentiel.

« La corps est le fait que la pensée plonge dans le monde qu’elle pense » Emmanuel Lévinas


14 février 2019

Petit aparté

Les poètes provoquent, aussi, le désir de remonter à une source pressentie … parfois en plénitude.

Mystère commun entre poésie et science.

A la source même d’une vibration d’être.

 Saint John Perse dans « Amers »

« Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l’un équipé de l’outillage scientifique, l’autre assisté des seules fulgurances de l’intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence ? La réponse n’importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l’esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. […] Car si la poésie n’est pas, comme on l’a dit, « le réel absolu » elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s’informer lui-même ». 

 «Beaucoup de très belles choses nous attendent, sans jamais s’impatienter de ne pas nous voir venir ». Christian Bobin

Sous la courbure du vol de l'oiseau, la courbure de la terre.

 

12 février 2019

L'homme est-il si différent de la totalité à laquelle il appartient ?

«  Connaître l’humain c’est non pas le retrancher de l’Univers, mais l’y situer »

                    Edgar Morin

Comment peut-on aborder une telle question ?

Cette proposition d’inclusion peut-elle être pensée en même temps que perçue par notre corps méditant ?

La notion d’inclusivité, est une invitation à la réinvention de notre approche du monde. Elle est aussi une invitation à la flexibilité de notre entendement et à une nouvelle plasticité cérébrale.

Pourquoi ne pas admettre en ce qui concerne le vivant-parlant, qu’il y ait un système de type cognitif qui s’empare de cette question. Notre capacité réflexive ne doit plus seulement se diriger vers un …objet de réflexion, mais se poser la question …à partir de quelle structure intégrative « ça réfléchit » en nous.

 La Conscience, perçue comme globalité informée dans laquelle nous serions contenus, s’implanterait dans le tissu « réfléchissant » de notre structure corticale ... Laquelle structure  serait habilitée à en décoder le message. Elle en traiterait la vibration en la restituant en information vivante et parlante. Elle aurait pour rôle premier d’éveiller les réseaux de la somatisation ainsi que le pouvoir, simultanément, de la mettre en mots suivant les nécessités perçues.

Situer l’humain dans l’univers comme le propose Edgar Morin, suppose avant tout un changement profond des représentations par le développement d’une conception systémique du monde.

Conception qui peut enfin aborder la violence qu’il y a à verrouiller nos capacités réflexives, et à suivre des modèles imposés par un courant dominant.

C’est ainsi que nous constatons aujourd’hui une rupture violente avec les lois de la nature qui sont, elles aussi, régies par les mêmes archétypes que ceux qui gouvernent à la structuration de tout réel vivant.

L’échange vital entre la « source matricielle informée » et notre condition humaine  est pincé, sinon fermé. En découle une violence et une angoisse qui sont la manifestation d’un découpage arbitraire de nos pensées et de nos conceptions.  La volonté de bienveillance n’est plus suffisante. L’ouverture  à la circulation des flux d’informations d’un Dedans-Dehors et d’un Dehors-Dedans (Dominique Aubier), archétypes puissants d’échanges qui soutiennent la vie est devenue urgente. La respiration en est l’exemple parfait. La notre certes, mais aussi le respir qui préside à tous les échanges donc à toute communication ; celles des feuilles, des océans, de la terre…. Son évidence fait écran à la subtilité des échanges qui s’y produisent. Souffle vital.

Notre fonctionnement néocortical, réalité concrète, constitué de six couches cellulaires différentes, dont chacune des strates traite une bande de conscience en synergie avec les autres, serait-il lui-même le siège de l’implantation de facteurs universels vibratoires qui s’incarnent et mobilisent ainsi, par des traitements subtils qui s’y opèrent entre Dedans et Dehors, leurs inscriptions  dans le réel ? Articulations subtiles.

Communication et sentiment d’inscription se sont radicalement métamorphosés depuis l’émergence de la dimension quantique et de sa diffusion influente mais non soupesable, qui préside au réel.

Le processus cognitif qui met en relation le Sujet que nous sommes et l’objet-monde s’opère par le truchement d’une structure opératoire, cellulaire, structurée (à des fins d’étayage des données reçues) qu’est notre néocortex, centrale de la réflexivité du monde.

Comment concevoir l’émergence de la conscience dans le temps de l’Homme …si ce n’est à travers le filtre de son pilote cortical ?

La systémique n’est pas l’analyse de la concordance des systèmes, elle serait plutôt la faculté et la puissance d’ouverture liée à leur interpénétration.

Cette faculté de pensée englobante, holistique, serait l’aiguillon d’un déploiement relationnel avec notre environnement lui aussi… vivant.

La nécessité s’accélère.

Pour comprendre la nécessité de reconstruction d’un système plus inclusif il serait efficace de s’ouvrir à la pluralité des représentations. Toutes les langues, toutes les illustrations, toutes les allégories peuvent être considérées comme issues d’un même motif absolu dont notre cerveau est le modèle.

Quand nous sondons les limites de l’univers, quand nous essayons de découvrir les confins de la matière, ne sondons-nous pas ainsi les confins même de notre propre cerveau ? Ne sondons-nous pas aussi sa propre possibilité de sonder les lointains possibles dans un acte de pensée ou dans l’acte de penser dont  il est capable ?

Le chamane qui sonde l’esprit de la nature et le savant qui sonde les confins du monde ont tous deux un traitement différent de l’information, mais le siège de ce traitement est engrammé dans la structure corticale qui, elle est universelle. Seule,  l’exploration en diffère par les antécédents structurels qui s’y imposent.

Langage et monde … langage et monde d’expériences ne se tiennent pas séparés.

Nous pratiquons la systémique dès que nous nous libérons de nos arguties et  de nos carcans qui entretiennent un bouclage idéologique sur eux-mêmes, considérant leurs facultés réglées comme un bel art de la maîtrise. Un pouvoir.

C’est en cela que le système qui s’arc boute sur ses propres puissances est un système fermé qui entretient une forme de dépérissement angoissé sinon de violence.

Il est important de sortir des « mythes justificateurs du monde » tels que l’approche occidentale les a construits.  Chaque époque a porté son dévoilement. Depuis quelques siècles, la vision scientifique occidentale est devenue scientiste ; elle s’est bouclée elle-même sur l’assurance d’avoir atteint un sommet explicatif.

A un philosophe qui ouvrait la notion de temps comme une affaire de pure conscience, Einstein répondait : « c’est à la science qu’il faut demander la vérité sur le temps comme sur tout le reste. Et l’expérience du monde perçu avec ses évidences n’est qu’un balbutiement avant la claire parole de la science » !!!

Cette affirmation quelque peu brutale s’apparente à une croyance qui se boucle sur elle-même. Croyance en une explication pleine et définitive qui n’appartient qu’à un instant « T » de l’histoire humaine.

Pourtant, Albert Einstein peut aussi écrire : « La rencontre avec le mystère est à l’origine de toute science »… et surtout de toute approche systémique.

La rencontre avec l’Inconnu, l’imprononçable doit mobiliser notre champ de conscience et favoriser la flexibilité de la pensée. Ne plus se bloquer sur une question de pur ordonnancement des phénomènes.

Notre activité réflexive orientée vers le désir de démonstration et d’établissement des expérimentations, qui en justifieraient la puissance, doit opérer un retour sur sa propre organisation interne pour ouvrir des vannes, portes de la perception, qui permettent aux réseaux réflexifs de traiter, d’imprimer et de métaboliser différemment la question universelle.

Nouvelle interprétation, nouvelle intégration.

Augmentation de la connaissance que d’en incorporer la précieuse lucidité !

Appréhender autrement l’essence du Réel.

« La systémique, en s’intéressant résolument aux rapports existant entre les échanges aux frontières d’un système et la structuration interne de ce système, a mis en valeur une acception dynamique de l’ouverture qui est encore loin d’être universellement reconnue par tous ceux qui se réclament de la systémique elle-même. » « La systémique permet de penser la violence et l’inviolence dans la mesure seulement où elle constitue une pratique et une théorie de l’ouverture. » dit Marcel Bourgeois dans «Revue  internationale de systémique ».

19 janvier 2019

Terre promise ... Terre compromise

« La terre a une peau et cette peau a des maladies, une de ces maladies s’appelle l’homme »

                Friedrich Nietzsche

Terre promise aux bons offices de l’Humain.

Lieu de félicité et d’avenir qui aurait dû se déployer dans une interrelation consciente entre deux organismes vivants et leurs conditions d’intelligence réciproques, celle de l’Homme et celle de la Terre.

Adapter nos usages à  la puissance systémique requise à cette relation aurait été le mandat de l’Habitant de la Terre : porteur de la langue parlée.

Langue parlée dont les sons ont été vus et entendus, à la source, dans une intériorité qui a su, sous forme de graphies, en capter et en constituer les contours, leur fixant ainsi, une forme symbolique. (Libre interprétation depuis la lecture de Dominique Aubier).

Chaque lettre signifie un monde en soi en relation avec les autres lettres-mondes. Par leur expression et leur expressivité symbolique, leur union éveille des mondes et nous  fait accéder à un Univers partageable.

Les lettres sont des éléments structurés qui coordonnent non seulement des flux d’information, mais architecturent le passage de l’ordre implicite à l’ordre explicite ; cette « subtotalité relativement autonome » dit David Bohm.

Exprimabilité.

La parole est le relevé des différentes séquences vibratoires qui maintiennent notre participation vivante à l’Univers.

Le pouvoir de parler aurait dû s’épanouir dans une vibration harmonisée avec la Terre.

Terre vibratoire.

Corps vibratoire.

La langue aurait dû être l’enregistrement et l’enrichissement de la transmission des codes subtils qui président à la vie organismique de la Terre et des Humains.

Terre promise.

Comment se fait-il que les notions de corps et de cellules nerveuses qui seraient aux commandes de la distribution énergétique de la Terre soient tellement refusées dans le monde dit… moderne ?

Ne parle-t-on pas de lieux sacrés ?...Ces lieux seraient-ils les vortex d’un Cortex nommé : Terre… elle-même, réceptrice et à la fois transmettrice de la systémie d’un Ultra-Cerveau universel ?

Résonnance.

Tout est échange relationnel et informationnel.

Vision quantique.

Seulement voilà…un tournant décisif et violent pour l’économie spirituelle a renversé les valeurs. Ce tournant s’est opéré quand l’Homme s’est senti investi d’un pouvoir de maîtrise. Toute recherche devait recevoir, alors, une réponse.

 Chaque « avancée » ainsi nommée par la dimension scientifique, est vécue, sur l’instant du déploiement théorique,  comme lisière de l’explication ultime de l’existence de l’Univers.

Peut-on penser que l’on révèlera la source matérielle de la mise au monde de l’Univers ? Les explications sur les conditions de sa naissance sont une chose mais son principe source est encore de l’ordre du mystère.

Dans le développement de la pensée occidentale, l’ordre expliqué, approche quantitative et argumentaire, est proposé comme la seule sphère répondant à l’esprit scientifique, qui peu à peu est devenu scientiste, oblitérant un ordre impliqué.

Ordre Implicite de David Bohm.

« Dans l'ordre implicite (ou implié) dit-il, l'espace et le temps ne sont plus les facteurs dominants qui déterminent les relations de dépendance ou d'indépendance entre les éléments. Un type entièrement différent de connexions fondamentales est possible, dont nos notions ordinaires de temps et d'espace, ainsi que celles relatives à des particules existant séparément, deviennent des abstractions de formes dérivées d'un ordre plus profond. Ces notions ordinaires apparaissent dans ce qui est appelé l'ordre explicite (ou déplié), qui est une forme spéciale et distincte contenue dans la totalité générale de tous les ordres implicites / impliés. »

D’autres approches questionnent sur l’invisibilité active à l’œuvre du Vivant :

Le champ morphogénétique (Rupert Scheldrake) ou champ de formes qui garderait en mémoire information et énergie sans être constitué de matière atomique, où temps et espace seraient une même entité.

Le champ akashique (Ervin Laszlo) champ unifié, champ de mémoire inaltérée, mais aussi champ vibratoire à partir duquel tout émerge dans l’Univers constitué.

 Ainsi le cerveau ne serait pas un bassin de stockage mais l’agent intermédiaire  entre notre présence pensante et la banque de données d’un champ mémoriel morphique.

Pourtant, sur Terre, une lecture fragmentaire s’est imposée, drainant dans son sillage une vision mécaniste et matérialiste des phénomènes qu’elle épingle.

Terre compromise.

Terre soumise.

Les chercheurs et les penseurs, rejetant une pensée jugée mythique, ont pourtant créé une pensée, elle-même, devenue une croyance, un dogme véhément et indiscutable. Tourné qu’il était vers la puissance exploratrice de la matière, le monde de la science n’a pu stopper le phénomène de dévoilement de la puissance atomique et de son expérimentation, moment  de précipitation du genre humain vers ses propres frontières.

Pourtant la pensée du progrès « objectif » n’a pas cessé d’investir tous les domaines de la réflexion qui se qualifie de rationnelle.

Dans la fibre du monde s’est inscrit le besoin de s’augmenter.

Le « toujours plus »  s’est insidieusement installé sans que la question du sens ne soit réellement posée. Le pouvait-elle d’ailleurs ?

Le « règne de la quantité », ainsi nommé par René Guénon, est une conséquence de l’esprit de développement.

« Tu veux te décupler, te centupler ?... Trouve des zéros » écrit Friedrich Nietzsche.

La domination de l’avancement des savoirs est telle, qu’un « en Face réflexif », celui qui lui renverrait en miroir son addiction à entretenir sa légende progressiste et objective, est aussitôt méprisé et englouti.

Le progressisme s’autoalimente et se soutient lui-même dans son élaboration. Il est dans la négation de tout processus d’enrichissement issu d’une autre formulation de la pensée. Il s’arc-boute contre ce qui n’est pas conforme aux schémas qu’il a conçus, ne supportant aucun frein à son hégémonie. L’esprit n’y est pas convié puisque l’accélération des processus disqualifie la possibilité de sa perception même.

Les modèles arbitraires qui sont construits en appui d’un schéma intellectuel d’acquisition, génèrent une vision d’échelle montante sans fin, « ad infinitum ».

L’esprit systémique en est exclu.

Jusqu'à l’adage boursier d'affirmer : « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel ! ».

Cette notion d’infini est la preuve d’une incapacité à percevoir les grands archétypes issus des lois organiques d’un Cerveau en capacité de conscience.

 Même les hypothèses les plus avancées butent sur le mur de Planck.

« La conscience est la dernière et la plus tardive évolution, et par conséquent ce qu’il y a de moins accompli et de plus fragile en elle. » Friedrich Nietzsche

La pleine conscience ne développe pas un argumentaire. Elle est avant tout pratique intuitive d’un influx informatif dont elle a auparavant reçu l’enseignement cyclique. Elle sait en reconnaître les étapes qui la fondent, elle, en tant que conscience.

Aujourd’hui elle est dans la nécessité vigilante de clôture.

La barque de l’objectivisme s’est alourdie et nous sommes entrés au labyrinthe.

 «  Il suffit de prendre la Science par exemple, écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau », pour se représenter la raison d’être de la notion labyrinthique. Les points de vérité s’y trouvent déployés sur un éventail si largement ouvert de disciplines différentes qu’il est pratiquement impossible à un esprit humain d’en surplomber le paysage. Trop de savoirs ayant chacun leur langage et leur méthodologie, leurs systèmes de mesures et de références cohabitent dans la même aire réflexive, chacun occupant en toute indépendance ou presque, une tranche de son espace. Synthèse impossible côté Indirect ».

L’alarme que lancent certains penseurs n’est pas issue de leur anxiété purement personnelle ; ils sont les porte-voix de cette descente au labyrinthe.

La résistance des anciens schémas de la pensée est un poids mortifère. Elle entretient par ses points de vue auto fascinés une continuation calamiteuse. Toute pensée arbitraire nuit à l’évolution générale.

La pensée arbitraire ne cache-t-elle pas la peur du vide que peut engendrer la perte du sens ?

Seul un outil surplombant la question globale permettrait une vision holistique.  

Le méta-modèle à l’œuvre n’est-il pas le modèle cortical ?

 « C’est du cerveau que proviennent tous les sens » disait Anaxagore philosophe présocratique.

C’est au niveau du cortex que le vrai sens métaphysique s’élabore.

« […] le modèle absolu reçoit son interprétation d’étude dans le cortex humain, lequel sert alors d’image pour étudier et fixer les composantes invisibles du modèle absolu » Dominique Aubier.

Ainsi, poser en puissance centrale le sujet Tête, modèle absolu, permettrait de nous éveiller à la compréhension des cycles dans lesquels nous sommes compromis nous aussi. Le Réel dans lequel nous sommes inscrits y est piloté.

Clé de voute, notre cerveau, outil structurel au mode de fonctionnement systémique, serait la puissance qui répertorie  « Dehors », le modèle archétypal et naturel qui en est son essence « Dedans ».

Ce vis-à-vis « dedans-dehors » est lui-même la projection fonctionnelle de l’hémisphère direct et de l’hémisphère indirect réunis tous deux par les fibres nerveuses du corps calleux qui en établit l’échange.

Nous avons hypertrophié l’hémisphère des savoirs. La quantité d’acquisitions y règne. L’entropie, la perte du sens par boulimie de surenchères, puis la dégradation des données essentielles sont dommageables à notre qualité d’Etre, dont le mandat est de réfléchir en miroir l’Univers. L’hémisphère de la connaissance directe en a la souvenance.

Prendre conscience du pont à franchir est devenu impératif à la survie de notre axe intérieur.

Pour ce faire, il est requis de conscientiser l’entrave que créent nos croyances d’établissement d’une pensée aboutie, objective, pourvoyeuse de progrès.

Et peut-être s’apercevoir comme Antonin Artaud l’a nommé dans ses écrits intenses, de notre « imbécilité par suppression de la pensée ».

L’humanité doit refonder une assise culturelle et spirituelle, témoignage d’un esprit quantique et systémique c'est-à-dire de collaboration éclairante.

Sinon notre terre n’est-elle pas compromise ?

 « Parvenus à l’extrême de leurs analyses, physiciens et naturalistes ne savent plus trop si la structure qu’ils atteignent est l’essence de la matière qu’ils étudient ou bien le reflet de leur propre pensée … objet et sujet s’épousent et se transforment mutuellement dans l’acte de connaissance. » Pierre Teilhard de Chardin dans « Le phénomène humain ».

 

06 janvier 2019

Raison et intuition

« La collapsologie est l’exercice transdisciplinaire d’étude d’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus »

              Pablo Servigne et Raphaël Stevens

 La collapsologie, née au confluent transdisciplinaire d’études sur la violence du dérèglement  climatique, établit sans concession l’urgence d’un changement de vision sur notre seul refuge qu’est le monde terrestre.

Raison et intuition sont ici convoquées afin que leur union puisse collaborer à l’amplitude d’une vraie lucidité.

« Collapso » de Collapsus du latin collabor, lapsus sum, labi : de cum labor : tomber avec ou en même temps. « Collapso » ouvre sur le verbe : collaboro, collaborare : travailler de concert.

« Logie » : logos : logique… mais aussi  relation et mise en paroles.

 «  Il semble que toute connaissance apparaisse comme une logique » souligne Guillaume Badoual, professeur de philosophie.

Nous sommes dans le temps où la lucidité exige de mettre le phare sur nos petits arrangements avec la mort.

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil » René Char.

L’aspect exsangue, à bout de souffle et fiévreux de notre espace vital  terrestre est dénoncé. Il en ressort aussi  notre peu de compréhension face à l’exploitation mortifère de l’organisme vivant qu’est la Terre.

Dans la cosmogénèse, La Terre, organisme animée par des étapes de formation, n’est-elle pas à considérer aussi comme un cerveau qui aurait calculé et enregistré ses étapes de constitution ?

N’est-elle pas, la Terre,  le premier organisme à engendrer et à célébrer la puissance systémique de l’organisation du vivant ?

 

L’entropie dévastatrice qu’elle endure ne peut plus être maitrisée par la seule bonne volonté.

Quelle serait donc la logique prônée par la collapsologie ?

Pablo Servigne et Raphaël  Stevens  en penseurs lucides , en appellent au  recours à « la raison et à l’intuition tout en s’appuyant sur les travaux scientifiques reconnus ».

Des solutions  de type scientifique sont-elles à même de stopper la mécanique infernale ?

Peut-on envisager l’ampleur de la catastrophe et vouloir générer les solutions pour la stopper, à partir de l’assise cérébrale sollicitée (hémisphère gauche) qui l’aurait  elle-même créée par les fascinations qu’elle développe pour satisfaire son besoin de dépassement des limites ?

Comment élaborer des solutions à partir de l’assise cérébrale matérialisante  puisqu’elle est, elle-même, la branche qui a généré l’exploitation des ressources jusqu’à l’inanition et l’envahissement délétère de l’espace de respiration ?

Toute investigation et recherche de solution raisonnable n’empruntent-elles pas les réseaux habilités à la quête de performance, ce qui est le propre de l’hémisphère gauche ?

Le rôle de cet hémisphère gauche hypertrophié car sollicité outrancièrement est nommé hémisphère « qui Fait » par Dominique Aubier.

La fonction cérébrale de cet hémisphère évacue de son champ de perception, tous les phénomènes qu’elle juge symboliques, ésotériques, faute d’en avoir les clés de compréhension. Elle met son inventivité au service exclusif d’une dominance de la pensée qui se veut objective et méthodique.

Les concepts scientifiques souverains  appartiennent à la voie de la pensée qui est, elle-même, à l’origine de la mise à l’écart des approches traditionnelles primordiales, autre forme de la Science des humains.

Ainsi René Guénon démontre que l’ère matérialiste qui a gagné pratiquement toute la surface de la terre a fait naître une « anomalie » tant elle s’est éloignée de la source métaphysique de toute conception qu’elle produit.

La contemplation des lois de la nature et des perceptions subtiles du Réel sont devenues l’activité du poète.

L’urgence d’union de la déduction et de l’intuition ne peut pas être pensée avec les outils rationalistes qui ont été forgés sur un socle, où seule la raison est promue et exclut toute forme de vision holistique.

Et pourtant, l’approche quantique, holistique,  nous a sensibilisés à l’interaction des liens quintessenciés qui soutiennent le Réel.

La connaissance directe et globalisante que détiennent certaines ethnies n’est-elle pas aussi un réfléchissement des grands principes qui régissent l’Univers ? (Voir « Le serpent cosmique » Jérémy Narby)

Dominique Aubier, penseur visionnaire, n’a eu de cesse, de vouloir transmettre l’outil qui permet de comprendre, combien, dans la nature, l’enceinte qui n’a plus d’inventions à concrétiser pour l’établissement incorporé de la conscience, s’arrête. Ainsi, dit-elle, l’humain n’est pas programmé comme un insecte et doit prendre conscience des processus et des procédures cycliques.  

L’aspect cyclique est un archétype qui se conclut lui-même par un autre archétype : le « Stop ». Il est à marquer.

Il concerne aussi bien l’histoire de l’individu, que de l’histoire des nations et que l’histoire de l’humanité.

« Le Stop est parfaitement connu des initiés, écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau ». C’est de cet arrêt  que parle don Juan lorsqu’il enseigne à son disciple (Carlos Castaneda) la nécessité de Stopper-le-monde. Il veut dire qu’en un point précis de toute histoire vécue, la fin s’inscrit dans la fibre chronologique et marque l’achèvement de sa séquence événementielle. Toute l’Histoire qu’elle soit nationale, civilisatrice, planétaire ou individuelle s’inscrit dans la sphère d’une unité cyclique et enregistre l’arrêt de sa séquence ».

Ce discernement des forces à mettre en œuvre n’appartient plus au seul domaine scientifique. Pour ce faire il est important qu’une autre forme de gouvernance de soi et du monde soit atteinte et pratiquée.

Comment discerner l’assujettissement totalement nocif à l’éclosion de la conscience, que des groupes de pression font subir au monde entier en détournant l’information à leur seul profit ? Ces influenceurs ne pensent pas le global, mais seulement l’accroissement de leur impérialisme. Ils créent ainsi une vraie dérive vers des zones invivables, où leur seul promontoire est celui de leur puissance de diffusion mondialisée.  « Primum non nocere »,  d’abord ne pas nuire…à leurs intérêts.

L’aspect dévastateur du quantitatif y est patent. 

Où peut se développer la vraie vision ?

La fin de ce cycle civilisateur chancelant n’est-elle que pur effondrement ou bien le signe d’un phénomène d’apoptose qui se rétablit ?

Du grec ancien ἀπόπτωσις, apóptôsis (« chute des feuilles »). Apoptose : mort cellulaire programmée qui correspond à l’élimination de certains tissus pour façonner le cerveau ou encore les doigts.

Le dérèglement de cette autodestruction cellulaire régie par un signal qui en engendre le programme, pourrait jouer un rôle pernicieux dans de nombreuses maladies.

L’effondrement vu comme un phénomène d’apoptose répondrait à un signal d’élimination de toutes les incompétences de vie qui deviennent nuisibles au processus vital informé dont la terre est la garante.

Renouveau vital.

La Terre, corps céleste, pourrait être pensée comme une cellule nerveuse recevant son information d’un ultra « Cerveau-Vibrant » dont une partie reste mystérieuse et invisible tandis que l’autre est exprimée dans l’immense univers physique dont nous sommes des passagers transitoires.

 La Terre, par effet  de miroir réflexif et dans sa mission de relais, prendrait en copie un fonctionnement sur deux hémisphères distincts et pourtant symétriques et complémentaires.  

C’est ainsi que le rôle premier de la Terre aurait été de conscientiser les puissances vitales qui en maintiennent le projet.

La Terre a tenu son rôle. Elle a engendré les cycles, minéral, végétal, animal  qui préparaient le surgissement d’un Cerveau d’humain capable d’articuler des sons concentrant des puissances intentionnelles. Se faire entendre.

 Les civilisations sont-elles nées ainsi d’une agrégation d’intentions ?

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »  Louis Aragon

Le lâcher-prise requis est de décramponner le « main-tenir » de notre main-mise sur l’exploitation éhontée des ressources et des poisons que nous concevons.

Est-il encore temps de convoquer une autre forme d’approche : celle qui porte le sentiment de totalité, d’appartenance et de lien qu'a ouvert l'approche quantique ?

Nous sommes totalement concernés par l’échange depuis que notre conscience a capté que nous, en tant qu’observateurs nous agissons sur la chose observée. Responsabilité.

 N’y aurait-il pas un vrai « malentendu systémique » où les fonctions organiques de notre cerveau n’auraient jamais été prises en compte dans leur mission de pilotage du Réel.

Nietzsche écrit : « Derrière les suprêmes jugements de valeur par qui l’histoire de la pensée avait été dirigée jusqu’à maintenant, se dissimulent des malentendus en matière de constitution physique » plus loin il se demande si «  […] la philosophie n’aurait pas été jusqu’alors une exégèse du corps et un malentendu à propos du corps ».

Toute philosophie, toute recherche n’est-elle pas une exégèse du pilote cérébral, bassin de notre pensée. Notre perdition n’est-elle pas le fruit de l’ignorance du réfléchissement des lois universelles dont il est le capteur ?

Pablo Servigne et Raphaël Stevens disent « La structure de nos connexions neuronales ne nous permet pas d’envisager facilement des évènements de si grande ampleur ».

Pourtant, l’ampleur pourrait être intuitée par une transition menant vers l’hémisphère droit, nommé « Qui sait » par Dominique Aubier, dont le rôle est sans doute d’ouvrir à une vision holistique et coopérative ?

10 décembre 2018

Miroitement du "6-10"

« Michel Foucault défend l’idée que ce qui détermine la production des connaissances est un ordre sous-jacent, une structure qui régit les différentes connaissances »

                                 Patrick Juignet

Oui…mais quelle structure ?

Où s’implante-t-elle ?

Quel  est cet ordre pressenti ?

Toute connaissance ne s’inscrit-elle pas, d’abord,  dans la recherche d’une source unique ?

Un même champ archétypal ( Arkhé, ἀρχὴ : commencement » et túpos : type) : littéralement « premier type », en serait-il le principe, le début absolu ?

Son architecture sous jacente pourrait-elle être considérée comme universelle et invariante ?

"Tout ce qui est en bas est comme en haut et ce qui est en haut est comme en bas".

Ainsi, depuis des siècles et à travers toutes les civilisations, cet aphorisme est présenté comme la pierre angulaire de toute Connaissance.

Il est issu d'un texte attribué à Hermès Trismégiste : "La Table d'Emeraude".  

La Table d'Emeraude, version la plus répandue dans l'intérêt qu'elle suscite, serait bâtie sur des versions plus anciennes dont : "Le livre élémentaire du fondement " attribué à un savant Arabe Jâbir Ibn Hayyan VIIeme siècle et  "Le secret des secrets " consigné comme un enseignement d'un pseudo-Aristote à son disciple Alexandre le Grand.

Le secret de la puissance d'évocation de ces différents textes, ne serait-il pas lié au dévoilement du Motif Unique qu'est notre Cerveau avec son architecture, sa cohérence et l'entendement de la conscience qui pourrait en émaner ?

Cerveau bâti en miroir d'un Grand Cerveau universel. "C'est une intelligence qui régit l'Univers " dit le prix Nobel Ervin Laszlo.

La divulgation de ce secret ultime qui relève de la philosophie révélée, ne serait-elle pas le dévoilement dont l'Humanité est en attente ? Dominique Aubier, soucieuse du devenir de notre condition d'humain coupé de sa source était pétrie de cette conviction.

  «  Quod est inférius, est sicut quod est supérius. Et quod est supius est sicut quod est inférius ad perpetrada miracula rei unius. »

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. »

« Et sicut oes res fuerut ab uno meditatiae unius. Sic oes res natae fuerut ab hac unare, adaptatiae. »

« Et comme toutes les choses ont été et sont venues d’un,  par la méditation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette unique, par adaptation »

 Il semble aujourd’hui que la structure du néocortex, telle que l’a présentée Dominique Aubier, soit cette Invariante : le modèle unique pour l’humanité.

Les lois universelles, systémiques et participatives, seraient les lois puissantes et organiques de notre capacité à nous relier. L’interaction est inscrite dans les relations, la non-localité quantique se nourrit de l’intention. A chacun d’entre nous d’être le monde : ce qui est en bas est comme en haut.

 Car l’interrogation, que nous développons sur la matrice universelle absolue, d’où est-elle issue, sinon de notre champ intelligent ayant l'intelligence de lui-même ?

« O toi qui cherches le chemin qui conduit au secret

Reviens sur tes pas : car c’est en toi que se trouve le secret tout entier » Ibn Arabi

Néocortex, champ caché à nos propres yeux , secret, profond, synthétisant la compréhension du chemin vers le Modèle Absolu ?

« L’autonomie d’un champ, d’après Bourdieu, est sa capacité interne de se doter soi-même d’un principe de différenciation et d’auto-organisation ».

Le manteau cortical ou isocortex à 6 couches est impliqué dans les fonctions cognitives dites supérieures comme le raisonnement spatial, la conscience, la prise de décision ou encore le langage ainsi que les commandes motrices volontaires et les perceptions sensorielles. C’est ainsi qu’une équipe de chercheurs de l’institut Pasteur le présente.

La pensée crée une passerelle avec ce qui peut se rapporter à la « condition du 6-10 » dans une approche érudite traditionnelle. 

Une structure 6, qui se subdivise en 10 par raffinement, capte et traite l’information qui lui parvient. Travail opèré par le pilote néocortical qui suture le Dedans-Dehors.

La puissance même de son champ ouvre « les portes de la perception » Du latin percipere (de per « à travers » et capere « prendre, saisir, concevoir »).

La connaissance transmise par la tradition va plus en profondeur et discerne dans le tissu même de notre néocortex, 10 strates qui sont à la source de la plénitude d’une information qui s’y implante.

Se pose-t-on la question de cette puissance qui nous anime ?

Le traitement des informations conscientisées subtilement y serait orchestré à l’image d’un  « Grand Cerveau » source de l’univers, de tout l’existant. 

C’est une intelligence qui régirait l’univers. L’approche quantique a révélé notre lien interactif.

Dans la pensée de Dominique Aubier, les lois qui régissent l’univers seraient aussi des lois organiques et naturelles, celles qui fondent notre architecture cérébrale : modèle unique.

Invitation à être nous-mêmes le monde. Expérience de sens. Modèle en miroir au modèle fondateur.

« La conscience n’existe pas dans le pluriel » Erwin Schrödinger

Notre conscience serait écho et participation.

Big-bang de la conscience.

Selon Dominique Aubier, l'Homme porte dans sa boîte crânienne l'organe qui restituerait les données originelles.

L’Univers se serait donc développé selon des lois rendues visibles et sans doute compréhensibles dans le fonctionnement même de notre anatomie cérébrale.

Un logiciel Universel piloterait tout le Réel .

Ce logiciel originel, traversé par l'énergie d’un pur système qu’elle nomme « Aleph», véhiculerait le principe de sa source, matrice universelle fonctionnant  comme un Cerveau Absolu.

 Nous  en occuperions la partie visible, l’hémisphère manifesté avec ses lois de fonctionnement.

Le principe-source se trouverait incarné dans notre encéphale humain doté de parole.

Dans ce phénomène de transbordement informationnel et énergétique, notre capacité à la « réflection » en miroir devenue réflexion serait requise afin d’en assurer la matérialisation.

 Serions-nous les neurones-miroir d’un univers infini, lui-même cérébral,  imprégné d’un système vibratoire étayant sa vie ?

Notre système nerveux central concourt à cette intelligibilité. Il réceptionne, traite, intègre puis émet des messages.

 Baignés dans un flux d’informations à la fois matérielles et subtiles, nous sommes les récepteurs d’un transfert de vibrations qui ont ordonné aussi la constitution des briques élémentaires du cosmos.

Avec nos deux hémisphères spécialisés, la dualité  hémisphère droit et hémisphère gauche serait précieuse à la compréhension de l’invisibilité d’une source « qui Sait » comme le transmet Dominique Aubier, et de son en face « qui Fait » hémisphère dans lequel nous vivons.

 Cette translation générée par une source vibratoire aboutirait-elle à une finalité : celle de l’ordonnancement cérébral de l’humain-parlant qui en restituerait donc les principes ?

Sommes-nous les récepteurs conscients d’un transfert d’information issu d’une source « in-formelle » mais cependant « in-formationnelle » qui serait source de formation une fois captée par la « réflexivité » de notre néocortex ?

« Le verbe s’est fait chair »  

« La forme est la possibilité de la structure » Ludwig Wittgenstein

Les informations déléguées seraient ainsi conduites vers l’expressivité du monde : recueillies par la structure corticale et façonnées selon les acquisitions civilisationnelles déployées au cours du temps…

L’univers serait-il constitué de signifiants ?

« L’esprit n’est ni un méta-, ni un épiphénomène : il est le Phénomène »...  « Non ce ne sont pas les rigides déterminismes de la matière et des grands nombres. Ce sont les souples combinaisons de l’esprit qui donnent à l’univers sa consistance » Pierre Teilhard de Chardin.