Interprétation Quantique

21 février 2019

L'homme est-il si différent de la totalité à laquelle il appartient ? (suite)

 « L’Univers commence plus à ressembler à une grande pensée qu’à une machine. L’esprit n’apparaît plus être un intrus accidentel dans le domaine de la matière […] Nous devrions plutôt le saluer comme le créateur de la matière »

               James Jeans (Physicien britannique)

La vie n’est pas réductible à ses composantes ; elle est plutôt le reflet et la résonnance de leurs relations guidées. Relations établies par des échanges entre l’universel et le singulier, entre le collectif et le particulier, entre nécessités internes et apports externes. 

 Où s’effectue ce dialogue ?

Où sont alchimisés et métabolisés ces transferts vivants ?

Notre cerveau, dans sa configuration même, n’en est-il pas la plaque tournante ?  L’homme, présence entre « ciel et terre », d’où perçoit-il cette faculté de transcription du sentiment de Totalité qui l’aspire et l’inspire… ?

Comment accédons-nous à cette intuition de totalité ?

Comment frôlons-nous le sentiment d’absoluité ?

La puissance de la pensée systémique ouvre à la faculté holiste du : comment- penser-la-performance-des-dispositions du vivant-parlant.

Elle conduit à prendre en considération la notion de Motif Unique qu’est notre cerveau, ainsi nommé par Dominique Aubier.

Cerveau dont le néocortex serait le fondement et la pierre angulaire universelle de toutes les formes de déploiements civilisationnels et religieux ainsi que de toutes les langues pratiquées sur terre.

La pensée systémique est l’avènement d’une conception où la vigilance est celle d’une incorporation d’une reliance éveillée, réalisée (« réalis » en latin réel). Ses accomplissements et ses compétences ne sont plus au service d’un volume d’acquisitions augmentées. Plus que des Savoirs, il s’agit d’une Connaissance en cheminement.

Elle est aussi le réfléchissement d’un ensemble toujours plus englobant et toujours plus essentiel.

Ce « plus d’ouverture » délivre des forces décuplées à nos perceptions de la totalité.

Ce concept de totalité est-il un vœu de pure harmonisation de nos éparpillements, ou bien trouve-t-il ses racines dans un fondement réel de notre fonctionnement intégratif ?

… Sans doute un frôlement d’une globalité intégrée.

Itinéraire intuité vers le lieu d’une compétence unifiée.

Cette prégnance d’un sentiment de totalité n’est-elle, en soi  qu’évanescence, ou bien est-elle une nécessité d’être ?

Cette notion « Totus, a, totum » le tout entier, en totalité, est-elle pure ouverture sur l’insaisissable d’un Tout ?

Le sentiment d’infini doit y concourir.

A propos de la notion de totalité et Infini d’Emmanuel Lévinas, Jacques Bonniot écrit :  « La totalité, ce serait la globalisation, la possibilité pour une philosophie de se refermer sur la totalité du réel, pour un homme de faire la synthèse de ses expériences, de ses rêves. L’infini, ce serait au contraire l’impossibilité de cette fermeture, parce que je rencontre autrui, qui déborde de partout l’idée que je peux me faire de lui, qui ne se laisse enfermer dans aucun savoir ».

Sous la notion d’Infini …le cerveau.

Cela répond à l’esprit systémique : ne pas se retrancher sur une pensée bouclée sur ses assurances. Cette approche ne développe-t-elle pas « l’espace de la caresse » ? Elle est dans la reconnaissance de l’altérité si précieuse à l’enrichissement de ses étayages internes.

Ainsi Michel Paty, physicien, historien et philosophe relève : « Einstein écrit à De Broglie que la sous-structure qu’il cherche pour établir le fondement de la Mécanique Quantique c’est un soubassement architectonique de la Théorie » pour reprendre ensuite les mots d’Einstein lui-même : «  Et c’est en fait par la voie de la recherche d’un principe purement formel, fondé sur la conviction que les lois de la nature ont la plus grande simplicité, logique imaginable ».

Ainsi l’objet des pensées et la structure qualifiante seraient issus d’une architecture naturelle unifiante : celle de notre Cortex.

Non seulement les relations Universel et singulier, collectif et particulier, Je et Autre s’y côtoient, mais notre néocortex n’est-il pas à considérer, avant tout, comme l’interface subtile entre l’infiniment grand et l’infiniment petit qui s’y conjuguent et y nouent des relations vitales ?

Cet Autre, tant recherché, tant scruté, cet Au-delà de la manifestation, n’appartient-il pas au domaine cosmique dont notre cerveau est porteur ?

Le Cortex enregistre-t-il et alchimise-t-il les vibrations du fond sonore de l’univers qui lui parviennent, en les transformant en ondes.

Ces vibrations, nées d’une source absolue, se propagent dans le vide. Il n’y a pas déplacement de matière. En se diffractant au niveau de la caisse de résonnance cérébrale, elles se transforment en ondes captées et codées. Ondes cérébrales conductrices d’information dans les réseaux cérébraux et nerveux en souvenance de leur trajectoire.

Pourquoi ne pas aborder cette question par l’invitation à s’ouvrir à l’éventualité d’une Cause première infinie, Invisible, inaccessible à la pensée, imprononçable, source absolue de vibrations… qui se serait détendue en trois expressivités : Structure, information et énergie. Ternaire archétypal.

Ce ternaire est abstrait en soi. Pourtant sa puissance virtuelle serait à la base de tout le réel déployé. L’information de l’énergie structurelle aurait traversé le temps et se serait manifestée dans la structure de notre Tête pensante et parlante.  L’avènement de ce réceptacle « Tête » aurait été programmé, dès la mise en route de l’information vers sa concrétisation.

La corticalité, lieu réceptif de cette intelligence systémique.

Naissance d’un changement cognitif essentiel.

« La corps est le fait que la pensée plonge dans le monde qu’elle pense » Emmanuel Lévinas


14 février 2019

Petit aparté

Les poètes provoquent, aussi, le désir de remonter à une source pressentie … parfois en plénitude.

Mystère commun entre poésie et science.

A la source même d’une vibration d’être.

 Saint John Perse dans « Amers »

« Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l’un équipé de l’outillage scientifique, l’autre assisté des seules fulgurances de l’intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence ? La réponse n’importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l’esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. […] Car si la poésie n’est pas, comme on l’a dit, « le réel absolu » elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s’informer lui-même ». 

 «Beaucoup de très belles choses nous attendent, sans jamais s’impatienter de ne pas nous voir venir ». Christian Bobin

Sous la courbure du vol de l'oiseau, la courbure de la terre.

 

12 février 2019

L'homme est-il si différent de la totalité à laquelle il appartient ?

«  Connaître l’humain c’est non pas le retrancher de l’Univers, mais l’y situer »

                    Edgar Morin

Comment peut-on aborder une telle question ?

Cette proposition d’inclusion peut-elle être pensée en même temps que perçue par notre corps méditant ?

La notion d’inclusivité, est une invitation à la réinvention de notre approche du monde. Elle est aussi une invitation à la flexibilité de notre entendement et à une nouvelle plasticité cérébrale.

Pourquoi ne pas admettre en ce qui concerne le vivant-parlant, qu’il y ait un système de type cognitif qui s’empare de cette question. Notre capacité réflexive ne doit plus seulement se diriger vers un …objet de réflexion, mais se poser la question …à partir de quelle structure intégrative « ça réfléchit » en nous.

 La Conscience, perçue comme globalité informée dans laquelle nous serions contenus, s’implanterait dans le tissu « réfléchissant » de notre structure corticale ... Laquelle structure  serait habilitée à en décoder le message. Elle en traiterait la vibration en la restituant en information vivante et parlante. Elle aurait pour rôle premier d’éveiller les réseaux de la somatisation ainsi que le pouvoir, simultanément, de la mettre en mots suivant les nécessités perçues.

Situer l’humain dans l’univers comme le propose Edgar Morin, suppose avant tout un changement profond des représentations par le développement d’une conception systémique du monde.

Conception qui peut enfin aborder la violence qu’il y a à verrouiller nos capacités réflexives, et à suivre des modèles imposés par un courant dominant.

C’est ainsi que nous constatons aujourd’hui une rupture violente avec les lois de la nature qui sont, elles aussi, régies par les mêmes archétypes que ceux qui gouvernent à la structuration de tout réel vivant.

L’échange vital entre la « source matricielle informée » et notre condition humaine  est pincé, sinon fermé. En découle une violence et une angoisse qui sont la manifestation d’un découpage arbitraire de nos pensées et de nos conceptions.  La volonté de bienveillance n’est plus suffisante. L’ouverture  à la circulation des flux d’informations d’un Dedans-Dehors et d’un Dehors-Dedans (Dominique Aubier), archétypes puissants d’échanges qui soutiennent la vie est devenue urgente. La respiration en est l’exemple parfait. La notre certes, mais aussi le respir qui préside à tous les échanges donc à toute communication ; celles des feuilles, des océans, de la terre…. Son évidence fait écran à la subtilité des échanges qui s’y produisent. Souffle vital.

Notre fonctionnement néocortical, réalité concrète, constitué de six couches cellulaires différentes, dont chacune des strates traite une bande de conscience en synergie avec les autres, serait-il lui-même le siège de l’implantation de facteurs universels vibratoires qui s’incarnent et mobilisent ainsi, par des traitements subtils qui s’y opèrent entre Dedans et Dehors, leurs inscriptions  dans le réel ? Articulations subtiles.

Communication et sentiment d’inscription se sont radicalement métamorphosés depuis l’émergence de la dimension quantique et de sa diffusion influente mais non soupesable, qui préside au réel.

Le processus cognitif qui met en relation le Sujet que nous sommes et l’objet-monde s’opère par le truchement d’une structure opératoire, cellulaire, structurée (à des fins d’étayage des données reçues) qu’est notre néocortex, centrale de la réflexivité du monde.

Comment concevoir l’émergence de la conscience dans le temps de l’Homme …si ce n’est à travers le filtre de son pilote cortical ?

La systémique n’est pas l’analyse de la concordance des systèmes, elle serait plutôt la faculté et la puissance d’ouverture liée à leur interpénétration.

Cette faculté de pensée englobante, holistique, serait l’aiguillon d’un déploiement relationnel avec notre environnement lui aussi… vivant.

La nécessité s’accélère.

Pour comprendre la nécessité de reconstruction d’un système plus inclusif il serait efficace de s’ouvrir à la pluralité des représentations. Toutes les langues, toutes les illustrations, toutes les allégories peuvent être considérées comme issues d’un même motif absolu dont notre cerveau est le modèle.

Quand nous sondons les limites de l’univers, quand nous essayons de découvrir les confins de la matière, ne sondons-nous pas ainsi les confins même de notre propre cerveau ? Ne sondons-nous pas aussi sa propre possibilité de sonder les lointains possibles dans un acte de pensée ou dans l’acte de penser dont  il est capable ?

Le chamane qui sonde l’esprit de la nature et le savant qui sonde les confins du monde ont tous deux un traitement différent de l’information, mais le siège de ce traitement est engrammé dans la structure corticale qui, elle est universelle. Seule,  l’exploration en diffère par les antécédents structurels qui s’y imposent.

Langage et monde … langage et monde d’expériences ne se tiennent pas séparés.

Nous pratiquons la systémique dès que nous nous libérons de nos arguties et  de nos carcans qui entretiennent un bouclage idéologique sur eux-mêmes, considérant leurs facultés réglées comme un bel art de la maîtrise. Un pouvoir.

C’est en cela que le système qui s’arc boute sur ses propres puissances est un système fermé qui entretient une forme de dépérissement angoissé sinon de violence.

Il est important de sortir des « mythes justificateurs du monde » tels que l’approche occidentale les a construits.  Chaque époque a porté son dévoilement. Depuis quelques siècles, la vision scientifique occidentale est devenue scientiste ; elle s’est bouclée elle-même sur l’assurance d’avoir atteint un sommet explicatif.

A un philosophe qui ouvrait la notion de temps comme une affaire de pure conscience, Einstein répondait : « c’est à la science qu’il faut demander la vérité sur le temps comme sur tout le reste. Et l’expérience du monde perçu avec ses évidences n’est qu’un balbutiement avant la claire parole de la science » !!!

Cette affirmation quelque peu brutale s’apparente à une croyance qui se boucle sur elle-même. Croyance en une explication pleine et définitive qui n’appartient qu’à un instant « T » de l’histoire humaine.

Pourtant, Albert Einstein peut aussi écrire : « La rencontre avec le mystère est à l’origine de toute science »… et surtout de toute approche systémique.

La rencontre avec l’Inconnu, l’imprononçable doit mobiliser notre champ de conscience et favoriser la flexibilité de la pensée. Ne plus se bloquer sur une question de pur ordonnancement des phénomènes.

Notre activité réflexive orientée vers le désir de démonstration et d’établissement des expérimentations, qui en justifieraient la puissance, doit opérer un retour sur sa propre organisation interne pour ouvrir des vannes, portes de la perception, qui permettent aux réseaux réflexifs de traiter, d’imprimer et de métaboliser différemment la question universelle.

Nouvelle interprétation, nouvelle intégration.

Augmentation de la connaissance que d’en incorporer la précieuse lucidité !

Appréhender autrement l’essence du Réel.

« La systémique, en s’intéressant résolument aux rapports existant entre les échanges aux frontières d’un système et la structuration interne de ce système, a mis en valeur une acception dynamique de l’ouverture qui est encore loin d’être universellement reconnue par tous ceux qui se réclament de la systémique elle-même. » « La systémique permet de penser la violence et l’inviolence dans la mesure seulement où elle constitue une pratique et une théorie de l’ouverture. » dit Marcel Bourgeois dans «Revue  internationale de systémique ».

19 janvier 2019

Terre promise ... Terre compromise

« La terre a une peau et cette peau a des maladies, une de ces maladies s’appelle l’homme »

                Friedrich Nietzsche

Terre promise aux bons offices de l’Humain.

Lieu de félicité et d’avenir qui aurait dû se déployer dans une interrelation consciente entre deux organismes vivants et leurs conditions d’intelligence réciproques, celle de l’Homme et celle de la Terre.

Adapter nos usages à  la puissance systémique requise à cette relation aurait été le mandat de l’Habitant de la Terre : porteur de la langue parlée.

Langue parlée dont les sons ont été vus et entendus, à la source, dans une intériorité qui a su, sous forme de graphies, en capter et en constituer les contours, leur fixant ainsi, une forme symbolique. (Libre interprétation depuis la lecture de Dominique Aubier).

Chaque lettre signifie un monde en soi en relation avec les autres lettres-mondes. Par leur expression et leur expressivité symbolique, leur union éveille des mondes et nous  fait accéder à un Univers partageable.

Les lettres sont des éléments structurés qui coordonnent non seulement des flux d’information, mais architecturent le passage de l’ordre implicite à l’ordre explicite ; cette « subtotalité relativement autonome » dit David Bohm.

Exprimabilité.

La parole est le relevé des différentes séquences vibratoires qui maintiennent notre participation vivante à l’Univers.

Le pouvoir de parler aurait dû s’épanouir dans une vibration harmonisée avec la Terre.

Terre vibratoire.

Corps vibratoire.

La langue aurait dû être l’enregistrement et l’enrichissement de la transmission des codes subtils qui président à la vie organismique de la Terre et des Humains.

Terre promise.

Comment se fait-il que les notions de corps et de cellules nerveuses qui seraient aux commandes de la distribution énergétique de la Terre soient tellement refusées dans le monde dit… moderne ?

Ne parle-t-on pas de lieux sacrés ?...Ces lieux seraient-ils les vortex d’un Cortex nommé : Terre… elle-même, réceptrice et à la fois transmettrice de la systémie d’un Ultra-Cerveau universel ?

Résonnance.

Tout est échange relationnel et informationnel.

Vision quantique.

Seulement voilà…un tournant décisif et violent pour l’économie spirituelle a renversé les valeurs. Ce tournant s’est opéré quand l’Homme s’est senti investi d’un pouvoir de maîtrise. Toute recherche devait recevoir, alors, une réponse.

 Chaque « avancée » ainsi nommée par la dimension scientifique, est vécue, sur l’instant du déploiement théorique,  comme lisière de l’explication ultime de l’existence de l’Univers.

Peut-on penser que l’on révèlera la source matérielle de la mise au monde de l’Univers ? Les explications sur les conditions de sa naissance sont une chose mais son principe source est encore de l’ordre du mystère.

Dans le développement de la pensée occidentale, l’ordre expliqué, approche quantitative et argumentaire, est proposé comme la seule sphère répondant à l’esprit scientifique, qui peu à peu est devenu scientiste, oblitérant un ordre impliqué.

Ordre Implicite de David Bohm.

« Dans l'ordre implicite (ou implié) dit-il, l'espace et le temps ne sont plus les facteurs dominants qui déterminent les relations de dépendance ou d'indépendance entre les éléments. Un type entièrement différent de connexions fondamentales est possible, dont nos notions ordinaires de temps et d'espace, ainsi que celles relatives à des particules existant séparément, deviennent des abstractions de formes dérivées d'un ordre plus profond. Ces notions ordinaires apparaissent dans ce qui est appelé l'ordre explicite (ou déplié), qui est une forme spéciale et distincte contenue dans la totalité générale de tous les ordres implicites / impliés. »

D’autres approches questionnent sur l’invisibilité active à l’œuvre du Vivant :

Le champ morphogénétique (Rupert Scheldrake) ou champ de formes qui garderait en mémoire information et énergie sans être constitué de matière atomique, où temps et espace seraient une même entité.

Le champ akashique (Ervin Laszlo) champ unifié, champ de mémoire inaltérée, mais aussi champ vibratoire à partir duquel tout émerge dans l’Univers constitué.

 Ainsi le cerveau ne serait pas un bassin de stockage mais l’agent intermédiaire  entre notre présence pensante et la banque de données d’un champ mémoriel morphique.

Pourtant, sur Terre, une lecture fragmentaire s’est imposée, drainant dans son sillage une vision mécaniste et matérialiste des phénomènes qu’elle épingle.

Terre compromise.

Terre soumise.

Les chercheurs et les penseurs, rejetant une pensée jugée mythique, ont pourtant créé une pensée, elle-même, devenue une croyance, un dogme véhément et indiscutable. Tourné qu’il était vers la puissance exploratrice de la matière, le monde de la science n’a pu stopper le phénomène de dévoilement de la puissance atomique et de son expérimentation, moment  de précipitation du genre humain vers ses propres frontières.

Pourtant la pensée du progrès « objectif » n’a pas cessé d’investir tous les domaines de la réflexion qui se qualifie de rationnelle.

Dans la fibre du monde s’est inscrit le besoin de s’augmenter.

Le « toujours plus »  s’est insidieusement installé sans que la question du sens ne soit réellement posée. Le pouvait-elle d’ailleurs ?

Le « règne de la quantité », ainsi nommé par René Guénon, est une conséquence de l’esprit de développement.

« Tu veux te décupler, te centupler ?... Trouve des zéros » écrit Friedrich Nietzsche.

La domination de l’avancement des savoirs est telle, qu’un « en Face réflexif », celui qui lui renverrait en miroir son addiction à entretenir sa légende progressiste et objective, est aussitôt méprisé et englouti.

Le progressisme s’autoalimente et se soutient lui-même dans son élaboration. Il est dans la négation de tout processus d’enrichissement issu d’une autre formulation de la pensée. Il s’arc-boute contre ce qui n’est pas conforme aux schémas qu’il a conçus, ne supportant aucun frein à son hégémonie. L’esprit n’y est pas convié puisque l’accélération des processus disqualifie la possibilité de sa perception même.

Les modèles arbitraires qui sont construits en appui d’un schéma intellectuel d’acquisition, génèrent une vision d’échelle montante sans fin, « ad infinitum ».

L’esprit systémique en est exclu.

Jusqu'à l’adage boursier d'affirmer : « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel ! ».

Cette notion d’infini est la preuve d’une incapacité à percevoir les grands archétypes issus des lois organiques d’un Cerveau en capacité de conscience.

 Même les hypothèses les plus avancées butent sur le mur de Planck.

« La conscience est la dernière et la plus tardive évolution, et par conséquent ce qu’il y a de moins accompli et de plus fragile en elle. » Friedrich Nietzsche

La pleine conscience ne développe pas un argumentaire. Elle est avant tout pratique intuitive d’un influx informatif dont elle a auparavant reçu l’enseignement cyclique. Elle sait en reconnaître les étapes qui la fondent, elle, en tant que conscience.

Aujourd’hui elle est dans la nécessité vigilante de clôture.

La barque de l’objectivisme s’est alourdie et nous sommes entrés au labyrinthe.

 «  Il suffit de prendre la Science par exemple, écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau », pour se représenter la raison d’être de la notion labyrinthique. Les points de vérité s’y trouvent déployés sur un éventail si largement ouvert de disciplines différentes qu’il est pratiquement impossible à un esprit humain d’en surplomber le paysage. Trop de savoirs ayant chacun leur langage et leur méthodologie, leurs systèmes de mesures et de références cohabitent dans la même aire réflexive, chacun occupant en toute indépendance ou presque, une tranche de son espace. Synthèse impossible côté Indirect ».

L’alarme que lancent certains penseurs n’est pas issue de leur anxiété purement personnelle ; ils sont les porte-voix de cette descente au labyrinthe.

La résistance des anciens schémas de la pensée est un poids mortifère. Elle entretient par ses points de vue auto fascinés une continuation calamiteuse. Toute pensée arbitraire nuit à l’évolution générale.

La pensée arbitraire ne cache-t-elle pas la peur du vide que peut engendrer la perte du sens ?

Seul un outil surplombant la question globale permettrait une vision holistique.  

Le méta-modèle à l’œuvre n’est-il pas le modèle cortical ?

 « C’est du cerveau que proviennent tous les sens » disait Anaxagore philosophe présocratique.

C’est au niveau du cortex que le vrai sens métaphysique s’élabore.

« […] le modèle absolu reçoit son interprétation d’étude dans le cortex humain, lequel sert alors d’image pour étudier et fixer les composantes invisibles du modèle absolu » Dominique Aubier.

Ainsi, poser en puissance centrale le sujet Tête, modèle absolu, permettrait de nous éveiller à la compréhension des cycles dans lesquels nous sommes compromis nous aussi. Le Réel dans lequel nous sommes inscrits y est piloté.

Clé de voute, notre cerveau, outil structurel au mode de fonctionnement systémique, serait la puissance qui répertorie  « Dehors », le modèle archétypal et naturel qui en est son essence « Dedans ».

Ce vis-à-vis « dedans-dehors » est lui-même la projection fonctionnelle de l’hémisphère direct et de l’hémisphère indirect réunis tous deux par les fibres nerveuses du corps calleux qui en établit l’échange.

Nous avons hypertrophié l’hémisphère des savoirs. La quantité d’acquisitions y règne. L’entropie, la perte du sens par boulimie de surenchères, puis la dégradation des données essentielles sont dommageables à notre qualité d’Etre, dont le mandat est de réfléchir en miroir l’Univers. L’hémisphère de la connaissance directe en a la souvenance.

Prendre conscience du pont à franchir est devenu impératif à la survie de notre axe intérieur.

Pour ce faire, il est requis de conscientiser l’entrave que créent nos croyances d’établissement d’une pensée aboutie, objective, pourvoyeuse de progrès.

Et peut-être s’apercevoir comme Antonin Artaud l’a nommé dans ses écrits intenses, de notre « imbécilité par suppression de la pensée ».

L’humanité doit refonder une assise culturelle et spirituelle, témoignage d’un esprit quantique et systémique c'est-à-dire de collaboration éclairante.

Sinon notre terre n’est-elle pas compromise ?

 « Parvenus à l’extrême de leurs analyses, physiciens et naturalistes ne savent plus trop si la structure qu’ils atteignent est l’essence de la matière qu’ils étudient ou bien le reflet de leur propre pensée … objet et sujet s’épousent et se transforment mutuellement dans l’acte de connaissance. » Pierre Teilhard de Chardin dans « Le phénomène humain ».

 

06 janvier 2019

Raison et intuition

« La collapsologie est l’exercice transdisciplinaire d’étude d’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus »

              Pablo Servigne et Raphaël Stevens

 La collapsologie, née au confluent transdisciplinaire d’études sur la violence du dérèglement  climatique, établit sans concession l’urgence d’un changement de vision sur notre seul refuge qu’est le monde terrestre.

Raison et intuition sont ici convoquées afin que leur union puisse collaborer à l’amplitude d’une vraie lucidité.

« Collapso » de Collapsus du latin collabor, lapsus sum, labi : de cum labor : tomber avec ou en même temps. « Collapso » ouvre sur le verbe : collaboro, collaborare : travailler de concert.

« Logie » : logos : logique… mais aussi  relation et mise en paroles.

 «  Il semble que toute connaissance apparaisse comme une logique » souligne Guillaume Badoual, professeur de philosophie.

Nous sommes dans le temps où la lucidité exige de mettre le phare sur nos petits arrangements avec la mort.

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil » René Char.

L’aspect exsangue, à bout de souffle et fiévreux de notre espace vital  terrestre est dénoncé. Il en ressort aussi  notre peu de compréhension face à l’exploitation mortifère de l’organisme vivant qu’est la Terre.

Dans la cosmogénèse, La Terre, organisme animée par des étapes de formation, n’est-elle pas à considérer aussi comme un cerveau qui aurait calculé et enregistré ses étapes de constitution ?

N’est-elle pas, la Terre,  le premier organisme à engendrer et à célébrer la puissance systémique de l’organisation du vivant ?

 

L’entropie dévastatrice qu’elle endure ne peut plus être maitrisée par la seule bonne volonté.

Quelle serait donc la logique prônée par la collapsologie ?

Pablo Servigne et Raphaël  Stevens  en penseurs lucides , en appellent au  recours à « la raison et à l’intuition tout en s’appuyant sur les travaux scientifiques reconnus ».

Des solutions  de type scientifique sont-elles à même de stopper la mécanique infernale ?

Peut-on envisager l’ampleur de la catastrophe et vouloir générer les solutions pour la stopper, à partir de l’assise cérébrale sollicitée (hémisphère gauche) qui l’aurait  elle-même créée par les fascinations qu’elle développe pour satisfaire son besoin de dépassement des limites ?

Comment élaborer des solutions à partir de l’assise cérébrale matérialisante  puisqu’elle est, elle-même, la branche qui a généré l’exploitation des ressources jusqu’à l’inanition et l’envahissement délétère de l’espace de respiration ?

Toute investigation et recherche de solution raisonnable n’empruntent-elles pas les réseaux habilités à la quête de performance, ce qui est le propre de l’hémisphère gauche ?

Le rôle de cet hémisphère gauche hypertrophié car sollicité outrancièrement est nommé hémisphère « qui Fait » par Dominique Aubier.

La fonction cérébrale de cet hémisphère évacue de son champ de perception, tous les phénomènes qu’elle juge symboliques, ésotériques, faute d’en avoir les clés de compréhension. Elle met son inventivité au service exclusif d’une dominance de la pensée qui se veut objective et méthodique.

Les concepts scientifiques souverains  appartiennent à la voie de la pensée qui est, elle-même, à l’origine de la mise à l’écart des approches traditionnelles primordiales, autre forme de la Science des humains.

Ainsi René Guénon démontre que l’ère matérialiste qui a gagné pratiquement toute la surface de la terre a fait naître une « anomalie » tant elle s’est éloignée de la source métaphysique de toute conception qu’elle produit.

La contemplation des lois de la nature et des perceptions subtiles du Réel sont devenues l’activité du poète.

L’urgence d’union de la déduction et de l’intuition ne peut pas être pensée avec les outils rationalistes qui ont été forgés sur un socle, où seule la raison est promue et exclut toute forme de vision holistique.

Et pourtant, l’approche quantique, holistique,  nous a sensibilisés à l’interaction des liens quintessenciés qui soutiennent le Réel.

La connaissance directe et globalisante que détiennent certaines ethnies n’est-elle pas aussi un réfléchissement des grands principes qui régissent l’Univers ? (Voir « Le serpent cosmique » Jérémy Narby)

Dominique Aubier, penseur visionnaire, n’a eu de cesse, de vouloir transmettre l’outil qui permet de comprendre, combien, dans la nature, l’enceinte qui n’a plus d’inventions à concrétiser pour l’établissement incorporé de la conscience, s’arrête. Ainsi, dit-elle, l’humain n’est pas programmé comme un insecte et doit prendre conscience des processus et des procédures cycliques.  

L’aspect cyclique est un archétype qui se conclut lui-même par un autre archétype : le « Stop ». Il est à marquer.

Il concerne aussi bien l’histoire de l’individu, que de l’histoire des nations et que l’histoire de l’humanité.

« Le Stop est parfaitement connu des initiés, écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau ». C’est de cet arrêt  que parle don Juan lorsqu’il enseigne à son disciple (Carlos Castaneda) la nécessité de Stopper-le-monde. Il veut dire qu’en un point précis de toute histoire vécue, la fin s’inscrit dans la fibre chronologique et marque l’achèvement de sa séquence événementielle. Toute l’Histoire qu’elle soit nationale, civilisatrice, planétaire ou individuelle s’inscrit dans la sphère d’une unité cyclique et enregistre l’arrêt de sa séquence ».

Ce discernement des forces à mettre en œuvre n’appartient plus au seul domaine scientifique. Pour ce faire il est important qu’une autre forme de gouvernance de soi et du monde soit atteinte et pratiquée.

Comment discerner l’assujettissement totalement nocif à l’éclosion de la conscience, que des groupes de pression font subir au monde entier en détournant l’information à leur seul profit ? Ces influenceurs ne pensent pas le global, mais seulement l’accroissement de leur impérialisme. Ils créent ainsi une vraie dérive vers des zones invivables, où leur seul promontoire est celui de leur puissance de diffusion mondialisée.  « Primum non nocere »,  d’abord ne pas nuire…à leurs intérêts.

L’aspect dévastateur du quantitatif y est patent. 

Où peut se développer la vraie vision ?

La fin de ce cycle civilisateur chancelant n’est-elle que pur effondrement ou bien le signe d’un phénomène d’apoptose qui se rétablit ?

Du grec ancien ἀπόπτωσις, apóptôsis (« chute des feuilles »). Apoptose : mort cellulaire programmée qui correspond à l’élimination de certains tissus pour façonner le cerveau ou encore les doigts.

Le dérèglement de cette autodestruction cellulaire régie par un signal qui en engendre le programme, pourrait jouer un rôle pernicieux dans de nombreuses maladies.

L’effondrement vu comme un phénomène d’apoptose répondrait à un signal d’élimination de toutes les incompétences de vie qui deviennent nuisibles au processus vital informé dont la terre est la garante.

Renouveau vital.

La Terre, corps céleste, pourrait être pensée comme une cellule nerveuse recevant son information d’un ultra « Cerveau-Vibrant » dont une partie reste mystérieuse et invisible tandis que l’autre est exprimée dans l’immense univers physique dont nous sommes des passagers transitoires.

 La Terre, par effet  de miroir réflexif et dans sa mission de relais, prendrait en copie un fonctionnement sur deux hémisphères distincts et pourtant symétriques et complémentaires.  

C’est ainsi que le rôle premier de la Terre aurait été de conscientiser les puissances vitales qui en maintiennent le projet.

La Terre a tenu son rôle. Elle a engendré les cycles, minéral, végétal, animal  qui préparaient le surgissement d’un Cerveau d’humain capable d’articuler des sons concentrant des puissances intentionnelles. Se faire entendre.

 Les civilisations sont-elles nées ainsi d’une agrégation d’intentions ?

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »  Louis Aragon

Le lâcher-prise requis est de décramponner le « main-tenir » de notre main-mise sur l’exploitation éhontée des ressources et des poisons que nous concevons.

Est-il encore temps de convoquer une autre forme d’approche : celle qui porte le sentiment de totalité, d’appartenance et de lien qu'a ouvert l'approche quantique ?

Nous sommes totalement concernés par l’échange depuis que notre conscience a capté que nous, en tant qu’observateurs nous agissons sur la chose observée. Responsabilité.

 N’y aurait-il pas un vrai « malentendu systémique » où les fonctions organiques de notre cerveau n’auraient jamais été prises en compte dans leur mission de pilotage du Réel.

Nietzsche écrit : « Derrière les suprêmes jugements de valeur par qui l’histoire de la pensée avait été dirigée jusqu’à maintenant, se dissimulent des malentendus en matière de constitution physique » plus loin il se demande si «  […] la philosophie n’aurait pas été jusqu’alors une exégèse du corps et un malentendu à propos du corps ».

Toute philosophie, toute recherche n’est-elle pas une exégèse du pilote cérébral, bassin de notre pensée. Notre perdition n’est-elle pas le fruit de l’ignorance du réfléchissement des lois universelles dont il est le capteur ?

Pablo Servigne et Raphaël Stevens disent « La structure de nos connexions neuronales ne nous permet pas d’envisager facilement des évènements de si grande ampleur ».

Pourtant, l’ampleur pourrait être intuitée par une transition menant vers l’hémisphère droit, nommé « Qui sait » par Dominique Aubier, dont le rôle est sans doute d’ouvrir à une vision holistique et coopérative ?


10 décembre 2018

Miroitement du "6-10"

« Michel Foucault défend l’idée que ce qui détermine la production des connaissances est un ordre sous-jacent, une structure qui régit les différentes connaissances »

                                 Patrick Juignet

Oui…mais quelle structure ?

Où s’implante-t-elle ?

Quel  est cet ordre pressenti ?

Toute connaissance ne s’inscrit-elle pas, d’abord,  dans la recherche d’une source unique ?

Un même champ archétypal ( Arkhé, ἀρχὴ : commencement » et túpos : type) : littéralement « premier type », en serait-il le principe, le début absolu ?

Son architecture sous jacente pourrait-elle être considérée comme universelle et invariante ?

"Tout ce qui est en bas est comme en haut et ce qui est en haut est comme en bas".

Ainsi, depuis des siècles et à travers toutes les civilisations, cet aphorisme est présenté comme la pierre angulaire de toute Connaissance.

Il est issu d'un texte attribué à Hermès Trismégiste : "La Table d'Emeraude".  

La Table d'Emeraude, version la plus répandue dans l'intérêt qu'elle suscite, serait bâtie sur des versions plus anciennes dont : "Le livre élémentaire du fondement " attribué à un savant Arabe Jâbir Ibn Hayyan VIIeme siècle et  "Le secret des secrets " consigné comme un enseignement d'un pseudo-Aristote à son disciple Alexandre le Grand.

Le secret de la puissance d'évocation de ces différents textes, ne serait-il pas lié au dévoilement du Motif Unique qu'est notre Cerveau avec son architecture, sa cohérence et l'entendement de la conscience qui pourrait en émaner ?

Cerveau bâti en miroir d'un Grand Cerveau universel. "C'est une intelligence qui régit l'Univers " dit le prix Nobel Ervin Laszlo.

La divulgation de ce secret ultime qui relève de la philosophie révélée, ne serait-elle pas le dévoilement dont l'Humanité est en attente ? Dominique Aubier, soucieuse du devenir de notre condition d'humain coupé de sa source était pétrie de cette conviction.

  «  Quod est inférius, est sicut quod est supérius. Et quod est supius est sicut quod est inférius ad perpetrada miracula rei unius. »

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. »

« Et sicut oes res fuerut ab uno meditatiae unius. Sic oes res natae fuerut ab hac unare, adaptatiae. »

« Et comme toutes les choses ont été et sont venues d’un,  par la méditation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette unique, par adaptation »

 Il semble aujourd’hui que la structure du néocortex, telle que l’a présentée Dominique Aubier, soit cette Invariante : le modèle unique pour l’humanité.

Les lois universelles, systémiques et participatives, seraient les lois puissantes et organiques de notre capacité à nous relier. L’interaction est inscrite dans les relations, la non-localité quantique se nourrit de l’intention. A chacun d’entre nous d’être le monde : ce qui est en bas est comme en haut.

 Car l’interrogation, que nous développons sur la matrice universelle absolue, d’où est-elle issue, sinon de notre champ intelligent ayant l'intelligence de lui-même ?

« O toi qui cherches le chemin qui conduit au secret

Reviens sur tes pas : car c’est en toi que se trouve le secret tout entier » Ibn Arabi

Néocortex, champ caché à nos propres yeux , secret, profond, synthétisant la compréhension du chemin vers le Modèle Absolu ?

« L’autonomie d’un champ, d’après Bourdieu, est sa capacité interne de se doter soi-même d’un principe de différenciation et d’auto-organisation ».

Le manteau cortical ou isocortex à 6 couches est impliqué dans les fonctions cognitives dites supérieures comme le raisonnement spatial, la conscience, la prise de décision ou encore le langage ainsi que les commandes motrices volontaires et les perceptions sensorielles. C’est ainsi qu’une équipe de chercheurs de l’institut Pasteur le présente.

La pensée crée une passerelle avec ce qui peut se rapporter à la « condition du 6-10 » dans une approche érudite traditionnelle. 

Une structure 6, qui se subdivise en 10 par raffinement, capte et traite l’information qui lui parvient. Travail opèré par le pilote néocortical qui suture le Dedans-Dehors.

La puissance même de son champ ouvre « les portes de la perception » Du latin percipere (de per « à travers » et capere « prendre, saisir, concevoir »).

La connaissance transmise par la tradition va plus en profondeur et discerne dans le tissu même de notre néocortex, 10 strates qui sont à la source de la plénitude d’une information qui s’y implante.

Se pose-t-on la question de cette puissance qui nous anime ?

Le traitement des informations conscientisées subtilement y serait orchestré à l’image d’un  « Grand Cerveau » source de l’univers, de tout l’existant. 

C’est une intelligence qui régirait l’univers. L’approche quantique a révélé notre lien interactif.

Dans la pensée de Dominique Aubier, les lois qui régissent l’univers seraient aussi des lois organiques et naturelles, celles qui fondent notre architecture cérébrale : modèle unique.

Invitation à être nous-mêmes le monde. Expérience de sens. Modèle en miroir au modèle fondateur.

« La conscience n’existe pas dans le pluriel » Erwin Schrödinger

Notre conscience serait écho et participation.

Big-bang de la conscience.

Selon Dominique Aubier, l'Homme porte dans sa boîte crânienne l'organe qui restituerait les données originelles.

L’Univers se serait donc développé selon des lois rendues visibles et sans doute compréhensibles dans le fonctionnement même de notre anatomie cérébrale.

Un logiciel Universel piloterait tout le Réel .

Ce logiciel originel, traversé par l'énergie d’un pur système qu’elle nomme « Aleph», véhiculerait le principe de sa source, matrice universelle fonctionnant  comme un Cerveau Absolu.

 Nous  en occuperions la partie visible, l’hémisphère manifesté avec ses lois de fonctionnement.

Le principe-source se trouverait incarné dans notre encéphale humain doté de parole.

Dans ce phénomène de transbordement informationnel et énergétique, notre capacité à la « réflection » en miroir devenue réflexion serait requise afin d’en assurer la matérialisation.

 Serions-nous les neurones-miroir d’un univers infini, lui-même cérébral,  imprégné d’un système vibratoire étayant sa vie ?

Notre système nerveux central concourt à cette intelligibilité. Il réceptionne, traite, intègre puis émet des messages.

 Baignés dans un flux d’informations à la fois matérielles et subtiles, nous sommes les récepteurs d’un transfert de vibrations qui ont ordonné aussi la constitution des briques élémentaires du cosmos.

Avec nos deux hémisphères spécialisés, la dualité  hémisphère droit et hémisphère gauche serait précieuse à la compréhension de l’invisibilité d’une source « qui Sait » comme le transmet Dominique Aubier, et de son en face « qui Fait » hémisphère dans lequel nous vivons.

 Cette translation générée par une source vibratoire aboutirait-elle à une finalité : celle de l’ordonnancement cérébral de l’humain-parlant qui en restituerait donc les principes ?

Sommes-nous les récepteurs conscients d’un transfert d’information issu d’une source « in-formelle » mais cependant « in-formationnelle » qui serait source de formation une fois captée par la « réflexivité » de notre néocortex ?

« Le verbe s’est fait chair »  

« La forme est la possibilité de la structure » Ludwig Wittgenstein

Les informations déléguées seraient ainsi conduites vers l’expressivité du monde : recueillies par la structure corticale et façonnées selon les acquisitions civilisationnelles déployées au cours du temps…

L’univers serait-il constitué de signifiants ?

« L’esprit n’est ni un méta-, ni un épiphénomène : il est le Phénomène »...  « Non ce ne sont pas les rigides déterminismes de la matière et des grands nombres. Ce sont les souples combinaisons de l’esprit qui donnent à l’univers sa consistance » Pierre Teilhard de Chardin.

10 novembre 2018

Petit aparté

« Tout texte se situe à la jonction de plusieurs textes dont il est à la fois la relecture, l'accentuation, la condensation, le déplacement et la profondeur.» Philippe Sollers



Les flux qui nous traversent nous éloignent de l’équilibre, mais nourrissent des phénomènes d’auto-organisation spontanée.

Les ruptures de symétrie engendrent la vie.



« La physique quantique nous oblige à réviser nos concepts du réel… La relativité, d’après Bernard d’Espagnat, ne s’applique pas à des choses qui se produisent indépendamment de nous, elle s’applique seulement à l’information qui nous parvient. Les physiciens qui prenaient la réalité empirique pour le fond des choses ne le peuvent plus. »

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24 octobre 2018

Epopée de la pensée

« Quelles que soient ses prétentions scientifiques, l’objectivation est vouée à rester partielle, donc fausse, aussi longtemps qu’elle ignore ou refuse de voir le point de vue à partir duquel elle s’énonce, donc le jeu dans son ensemble »

                          Pierre Bourdieu

La science serait-elle une épopée de la pensée de ἔπος / épos, « récit ou paroles d’un chant » et ποιέω / poiéô, « faire, créer » ; littéralement « l’action de faire un récit » de notre monde sous forme… de formules mathématiques, expressions littérales dans lesquelles des lettres apparaissent… comme des inconnues.

Aujourd’hui la Science, dont la source s’origine dans la philosophie, ne reste-t-elle pas isolée dans son formalisme ?

Renouer avec une vraie conscience de l’action évolutive, métaphysique qui l’anime remettrait la notion de champ de la pensée au centre de son vouloir.

Nous, les êtres vivants-parlants, ne pouvons pas encore qualifier et mesurer clairement notre capacité réflectrice (réfléchir) d’une information cosmique efficiente et il nous est difficile de prendre conscience de la pierre angulaire ontologique que nous sommes dans le système universel.

Comment pourrions-nous  en envisager l’envergure ?

En refondant une unité de la connaissance ?

La transdisciplinarité invite à en couronner  la puissance, mais n’est-elle pas en soi une méthode qui ne voit pas « la table d’orientation » (Dominique Aubier) nécessaire à l’opération qui consiste à en découvrir le moteur et les lois systémiques qui s’y logent : le néocortex.

Notre pensée peut-elle se penser, elle-même, …en train de penser, suivant les structures quantiques qui l’animent ? Voit-elle dans les réseaux corticaux qui encodent les influx qui lui parviennent la source structurelle de sa réflexion ?

Ou bien pourrait-on penser que La Matrice Universelle, source de vibration,  se reflète, se réfléchit dans notre matrice corticale, plus précisément dans un berceau nommé « couronne ». Retentissement qui révèlerait l’information vibratoire de l’univers par la puissance de la parole et par les symboles d’un système scripturaire.

Cette couronne, au sommet de notre crâne, notion reconnue dans les concepts orientaux,  serait le lieu de reliance où affluerait  l’énergie cosmique (nombre) et la vibration informée (lumière, lettres). Elle serait donc le passage où s’effectue la réception d’une fréquence informée qui lui parvient et anime notre système de Vivant-Parlant.

Comment parvenir à penser cette question ?

Existe-t-il dans la projection lettrique et mathématique des performances  qui nous permettraient d’en saisir les facettes ?

Les « prouesses» des équations ne sont-elles pas troublantes ?

Ne sont-elles pas …les équations… un rapprochement prodigieux entre lettre et nombre, concentré des puissances dont le champ cérébral est porteur ?

La lettre ne serait-elle pas nourrie d’un «  aleph vibratoire » dont la fréquence aurait forgée, par diffraction, les réseaux dans notre cortex ?

L’équation ? En pressentons-nous profondément le travail soutenu par l’influx nerveux qui l’encode et la transporte dans nos réseaux corticaux?

L’équation ?

N’est-elle pas une relation ? Une énigme mais aussi un pouvoir d’appel ?

Temps suspendus où cela ne s’écrit pas encore ; où l’on voudrait en établir les termes précieux afin de déposer la métamorphose qu’elle peut engendrer dans l’esprit ? Avec le surgissement d’un discours qui s’impose.

«  Ce n’est pas tant le savoir du mathématicien qui importe pour Lacan que sa position de sujet par rapport à un désir inédit (…), celui de mettre un symbole, une lettre, là où il y a du hors-sens, puis revenir à une signification qui sera chargée du fait  du jeu de la lettre » Nathalie Charraud.

L’équation ?… son avancée… ?

Sur le terrain opérationnel « discontinu » ne trouverait-elle pas, comme comblement de ses béances, l’étayage de la lettre « inconnue » ou « variable »lui permettant de franchir des étapes passant d’irrésolue à la puissance réflexive en train de s’élaborer.

L’équation ?

Ses signes mathématiques …ne sont-ils pas constitués d’un signifiant et d’un signifié ? Ne sont-ils pas déjà modélisés ?

Tandis que les lettres seraient-elles des symboles qui dans leur graphe indiquerait  la mise en lumière des principes universels constitutifs forgeant notre conscience.

 Au sein d’une équation pourrions-nous envisager le système lettrique comme le vortex  d’un espace  de conscience qui se déploie et qui trouverait ainsi sa résonnance dans la structure corticale habilitée à la recevoir ?

L’équation, ici, vue comme saisissement d’un questionnement dont le cheminent se ferait par une approche dans un contexte idéel :

« Idéalisme (…) non pas par référence à une instance subjective présupposée (…) mais en étroite corrélation avec le concept d’idéalité, concept au moyen duquel Hegel entend rendre compte, d’un même geste, du statut de la réalité, de la manière dont nous nous rapportons à elle et la manière dont le savoir se rapporte à la question de sa propre possibilité et validité » Thibaut Gress.

«  Pour l’idéaliste, le monde est la réalité de l’esprit et en définitive la seule réalité. C’est pourquoi on peut aussi soutenir que l’esprit quand il mathématise le réel ne fait jamais que s’appliquer à lui-même ses principes mathématiques » Colette Kouadio philosophe.

L’équation ?

… le signe égal dont elle est porteuse ne signale-t-il pas le transbordement qui permet la juste vérification d’un membre à l’autre ?

Transfert agissant.

Signe égal : Réverbération requise pour en enregistrer la juste démarche .

Ce signe égal ne pourrait-il pas être vu comme un faisceau d’axones ?... un corps calleux ?

 L’équation : D’un hémisphère…l’autre … ?

Et au sortir de ce cheminement, peut-être rapprocher le travail  du corps  calleux  et le symbole du signe égal… comme le couronnement d’une relation qui fait éclore une cohérence.

La naissance d’une création.

Les savoirs ont une trajectoire. Comme la notion de particules élémentaires.

 Aujourd’hui nous changeons de plan référentiel. Nous devons nous présenter au seuil d’une connaissance renouvelée par la notion de vibration.

Connaissance qui « intuitionne » une unité vibrante indivisible.

Connaissance qui consiste à contempler et à pratiquer une vérité idéelle et non exclusivement matérielle.

L’unité est une aspiration mobilisatrice ; elle appartient aussi à la notion de modèle unique dont Dominique Aubier a dégagé le principe dans « La face cachée du cerveau ».

« La structure absolue » telle que Raymond Abellio l’avait pressentie, se dispose dans un étagement structurel du néocortex à six couches cellulaires différenciées.  Ce sénaire se subdivise en dix strates. Importance de la dizaine dans notre système de numération.

« Il te faut trouver dix vérités durant le jour, autrement tu chercheras des vérités durant la nuit et ton âme restera affamée » Friedrich Nietzsche.

La lumière du jour à laquelle Nietzsche fait référence n’est-elle pas celle qui favorise l’appréciation et met en relief des contours dans leurs jeux d’ombre et de lumière, pour éclairer la force d’un discernement d’une opération de la pensée dans la poursuite de ses processus de déploiement sur 10 strates ?

N’est-il pas ici indiqué la nécessité d’y voir clair, c'est-à-dire d’être clairvoyant, dans ce corridor à la fois scientifique et spirituel qui nous guide vers une nouvelle cognition : Celle de l’Unité. Celle du Vide créateur.

 

La notion de champ vibratoire (et de son champ créatif) ne rejoindrait-elle pas le concept et les compétences de ce que l’on nomme Logos ?

Logos en tant que principe actif, vibrant.

 Creuset de la prise de conscience de l’univers dans son essence idéelle vibratoire.

La captation consciente du logos s’effectue au sein d’une structure appelée corticale où sénaire et dizaine rythment la cadence d’une adaptation à l’information qui s’installe.

Les dix vérités enjointes dans la phrase de Nietzsche «Il te faut trouver dix vérités le jour… » ne rejoignent-elles pas la force des dix paroles issues d’un travail pleinement accompli dans les six strates corticales qui mènent l’information conduite par l’influx nerveux à trouver sa conclusion architecturée ?

La phénoménalité du réel ne serait-elle pas la réverbération de l’esprit dans ses composantes.

Esprit … ?

Esprit en tant qu’intelligence : saisissement par la pensée d’une information  qui s’élabore suivant des étapes subtiles qui guident des processus de métabolisation déterminant la possibilité d’en saisir le sens.

Saisir le réel aujourd’hui c’est pouvoir saisir les subtils passages d’un monde idéel à son mode d’expressivité.

Le monde idéel, le monde de l’esprit serait de l’ordre impliqué qui se dilaterait dans l’exprimé.

Une mutation entamée au XXème siècle (entre autre par la théorie quantique et la théorie des cordes) ne serait-elle pas le lieu de semence nouvelle dans la culture du monde ? Nous ne pourrions plus nous borner à penser le dehors analysable et déterminant, ce qui pousse à la sidération, mais nous devrions redevenir des sujets amplifiant la résonnance d’un univers que seul l’humain prononce.

10 septembre 2018

Qu'en penser ?

« Réfléchir à neuf à tous les problèmes »

                           Dominique Aubier

 

Un article paru le 19 juillet 2016 dans la revue « Sciences et Avenir » fait retour sur le cas  d’un patient dont un examen IRM en 2007 révèle une anomalie jusqu’alors impensable : son cerveau est vide de neurones à 90%. Le liquide céphalo-rachidien a envahi les cavités de son cerveau sans provoquer cependant de troubles handicapants. 

Lors du 20ème Congrès annuel de l’Association for the Scientific Study of Consciousness à Buenos Aires, en Argentine, Axel Cleeremans, psychologue de l’université de Bruxelles revient presque 10 ans après sur ce cas inexplicable par les voies médicales classiques.

« Chez cet homme, dit-il, les aires frontales, pariétales, temporales et occipitales ont toutes été réduites. Des fonctions comme la sensibilité, le langage, la vision, l’audition devraient être sévèrement impactés or jusqu’à l’IRM révélateur cet homme avait une vie tout à fait normale ».

Ainsi, l’hypothèse retenue par les chercheurs, serait que les zones d’appréhension n’auraient pas disparues mais qu’elles auraient changé de forme.

Ainsi la notion de plasticité pourrait indiquer l’étonnante adaptation de notre appareil cérébral. Qu’elle soit synaptique, neuronale, cérébrale il y aurait  réaffectation des structures de l’organe cerveau.

Relevé dans un article…« Un des mécanismes de la neuro-plasticité est l’élagage synaptique ».

Axel Cleeremans déclare par ailleurs  « une théorie devrait expliquer comment une personne dont 90% des neurones sont absents peut avoir un comportement tout à fait normal ».

Le neurologue Jean Pelletier parle de l’examen mené sur ce patient : « […], et c'est alors que nous avons découvert ce spectacle peu commun : un cerveau réduit à une bande de quelques centimètres d'épaisseur, contre la paroi crânienne ».  Cette phrase réveille l’attention tournée vers le cortex.

Cette bande de quelques centimètres repérée lors de l’examen de ce patient peut évoquer le fait que le manteau cortical soit resté intact.

 Le néocortex, appelé aussi isocortex est  la couche qui est en contact avec la boite crânienne.

Le cortex ou matière grise recouvre la surface de chaque hémisphère. Il en est l’écorce … cortex.

Le cortex cérébral inclut l’allocortex (10% du cortex)  formé de 3 niveaux : le mésocortex, l’archicortex, le paléocortex,  phylogénétiquement les plus anciens,  et le néocortex (90%) formé de six couches repérées dès le XIXème siècle dans les études histologiques d’alors.

 « Certaines certitudes sont définitivement admises par la Science. […] la répartition des neurones sur six couches différenciées ne saurait être l’objet d’une révision » écrit Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau » et poursuit « Le diagramme à six couches est une vérité mondialement reconnue ».

En 2016 l’institut Curie publie sous la houlette d’Alexandre Baffet « le néocortex est le centre des fonctions cognitives supérieures comme la perception, la prise de décisions ou encore le langage ».

Le néocortex qui coiffe donc l’ensemble du cerveau en serait-il sa structure intégrative, lieu de la vie consciente ?

Toujours dans « La face cachée du cerveau » : « Etant proposé comme modèle absolu, le cortex humain impose à toute structure évolutive son arrangement évolutif typique. […]. L’évolution, en n’importe quel contenant, s’effectuera de la couche I à la couche VI ».

« Pour la médecine, ces couches s’ouvrent évolutivement à la vie. La couche I entre la première en fonction. Au fil du temps l’énergétisation passe d’une couche à l’autre».

 L’influx donné charrie et mémorise des informations pour chacun d’entre nous mais concerne aussi les différents cycles civilisateurs qui ont construit l’histoire humaine.

Dans l’approche dite ésotérique « Le Six est décrit comme mesure de l’espace évolutif. Les six couches sont le lieu de l’activité corticale, laquelle est effectivement évolutive » Dominique Aubier.

Les neuroscientifiques, les médecins, auraient-ils pu approfondir la question du néocortex dans sa fonction organisatrice subtile?

Il n’est pas du ressort de la Science d’en interroger le sens métaphysique et ontologique c'est-à-dire en tant que mise en lumière… sinon d’élucidation… du sens de l’être.

 Pour ce faire, faudrait-il aujourd’hui s’interroger sur les ponts précieux à opérer avec d’autres formes d’approche, telles que les connaissances ancestrales, afin de donner du sens aux structures qui sont les nôtres.

La connaissance du cerveau est déposée dans le « Savoir » du monde.

 « La face cachée du cerveau » en fait le relevé inédit et documenté.

Cette connaissance qualifiée…d’ « ésotérique » έσωτερικóς,  ἐσώτερoς / esôteros, qui signifie « intérieur » dérivé de l'adverbe ἔσω, « en dedans » est pourtant une voie d’accès à des zones sensibles, mémorisées, archivées dans la mémoire du monde mais méconnues de notre langage moderne.

A qui cherche l’unité, la matrice cosmique, la tourmente est grande quand une perception d’un lieu unitaire émerge sans toutefois pouvoir discerner la localisation du lieu où s’opère cette opération de la pensée... de l’unité.

Notre cerveau en train de s’éveiller à un sentiment océanique doit pouvoir se  percevoir lui-même comme motif unique englobant l’univers.

 Ainsi aujourd’hui un rapprochement entre savoir ancestral, Connaissance, et savoir observateur et technique ne pourrait-il par permettre l’établissement d’une pensée novatrice ?  

 Science et méta-science ou « éso-science »,  néologisme pour désigner une science de l’en-dedans, ne seraient-elles pas, par leur alliance, le bassin d’une véritable conscience dont  le cycle civilisateur, dans sa forme d’exaspération  telle que nous la constatons, souligne la nécessité intellectuelle et spirituelle ?

Exaspération  étymologiquement du latin exasperare : rendre rugueux, enflammer, irriter mais aussi …aiguiser.

 Nous avons sans doute à aiguiser notre lecture de l’univers.

Depuis l’émergence de l’approche quantique et holistique, il est urgent de nous interroger sur le repérage de lignes de fuite, qui convergent toutes vers une nouvelle perspective évolutive et intégrative, où conjectures et réfutations ne seraient plus au cœur du système de pensée mais où rapprochements et union seraient la pierre angulaire d’un nouvel essor de la pensée.

« Dans un certain sens, l’Homme est un microcosme de l’Univers ; donc l’Homme est une idée de l’Univers. Nous sommes enveloppés dans l’Univers ».

 C’est ainsi que David Bohm s’exprime. Pour ce physicien théoricien et philosophe une vue d’ensemble est la seule libératrice de sens. D’après lui les notions de «potentiel quantique » et le développement, plus tardivement, de « l’ordre implicite » peuvent permettre d’aborder la question de l’ordre et de la finalité de tous les ordonnancements qui paramètrent l’équilibre universel.

Le passage du domaine de l’implicite à l’explicité serait le pouvoir qu’a une puissance subtile, impliquée et inexpliquée de se réverbérer dans la matière que la science étudie.

Cette réverbération aurait lieu dans cette matrice universelle qu’est notre cerveau.

« Toute matière appartient à l’ordre impliqué où toutes les choses sont vivantes » David Bohm

28 août 2018

Danse universelle sur un pont

 « La conscience et l’intelligence sont antérieures au cerveau mais celui-ci est une structure permettant de les manifester et d’en exprimer les contenus »       

                          David Bohm « La Conscience et l’Univers »

 Entre le physicien David Bohm et la philologue Dominique Aubier  n’y aurait-il pas un premier pas de danse ?

 « Mais alors pourquoi « La face cachée du cerveau ? » c’est tout simplement qu’à dresser l’inventaire des constantes initiatiques le portrait du cerveau ressort décrit sur sa face inconnue, dans la perspective de son fonctionnement et de sa créativité »  écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau » ; puis elle poursuit « Il s’agit d’atteindre l’envers du cerveau, de piéger les valeurs qui tiennent à sa structure, de les révéler  parce qu’elles ne sont pas connues ».

Je convoque dès lors la parole du chercheur et jésuite Teilhard de Chardin  qui écrit dans « Le phénomène humain » : « L’histoire et la place de la Conscience dans le monde demeurent incompréhensibles à qui n’aurait pas vu, au préalable, que le cosmos où l’Homme se trouve engagé constitue, par l’intégralité inattaquable de son ensemble, un Système, un Totum et un Quantum : un Système par la multiplicité, -un Totum par son Unité, -un quantum par son énergie ».

Arc-en-ciel dans le ciel de la physique quantique.

Est-il encore pensable qu’une forme d’opposition maintienne un fossé entre approche scientifique et approche métaphysique ou même symbolique alors que le siège de notre pensée se trouve être dans le même bassin cérébral ? Cela ne peut qu’être le creuset d’un «mal-heur et d’un mal heurt » du sens.

 « L’adversité fait toucher le degré suprême de la folie » Thomas Bernhard.

N’avons-nous pas  deux hémisphères corticaux symétriques mais à vocation différente ?

L’un, hémisphère gauche, soutient un regard extérieur qui surplombe le Monde et l’analyse. Information. Entropie.

L’autre, hémisphère droit, plonge intérieurement, pressent l’unité et s’y dissout.  Vibration. Néguentropie.

Cependant les deux hémisphères sont en étroite relation par la symétrie qui les guide. Les fibres neuronales du corps calleux créent le pont, le relais inter-hémisphérique qui leur donne le pouvoir de dialoguer et de se compléter dans leur fonction de recueil et de traitement de l’information.

Ce qui permet l’expression d’une exploration analytique intelligente et néanmoins ouverte à la globalité perçue qui dépose dans notre crâne des contenus informés.

« Dans notre conscience, à chacun de nous, c’est l’évolution qui s’aperçoit elle-même en se réfléchissant » Pierre Teilhard de Chardin.

Une bouleversante nécessité de repenser l’universalité est devenue indispensable.

« Indice pensable » par la révolution qui s’opère au sein même des sciences s’interrogeant sur le sens de notre rôle d’observateur en tant que vivant-parlant au sein de l’Univers.

Pourrait-on, enfin, rompre les endiguements que crée l’obsessionnelle recherche de rationnel qui en devient elle-même irrationnelle ?

Se laisser déborder.

Créer de nouveaux territoires.

Être dans l’accueil d’une effraction de la pensée qui se libère d’une forme de peur du symbolique … c’est cela une augmentation.

Comprendre les frontières et les fonctions connectrices qui sont celles de notre appareil cérébral.

Comment aborder la maîtrise d’un sujet si l’on ne maîtrise pas les organisations et les hiérarchies mentales nées d’une corticalité pilotée par la tour de contrôle subtile qu’est, sans doute, notre néocortex lui-même, voie de communication et réflecteur d’une  « Grande Pensée » organisatrice à l’œuvre ?

Irvin Laszlo, philosophe des sciences et spécialiste de la Théorie des systèmes, enseigne qu’un champ cosmique avec lequel nous serions en corrélation conserverait l’information à l’œuvre dans l’univers, au même titre que tout ce qui existe dans cet espace universel.  

Notre mandat de vivant-parlant ne serait-il pas alors d’être le siège d’une métabolisation vibrante ? Cette vibration transformée en information serait prise en relais par une parole qui traduirait elle-même l’aspect vibratoire de l’Univers.

La structure de notre néocortex telle que Dominique Aubier l’a déployée dans « La face cachée du cerveau », œuvre dans laquelle elle atteste en s’appuyant sur l’analyse histologique du cortex cérébral, que la notion de Tête (Rosch) où six niveaux d’organisation sont au pilotage, était déjà intégrée par la Connaissance captant la mémoire universelle.

... Est-ce si extravagant en soi ?

Extravagance non pas baroque ou aberrante mais comme possibilité de ne pas être insérée dans une conformité de la pensée. Hors décret d’une pensée classifiée.

 Voir le néocortex comme une région frontière entre l’influx  général, invisible et subtil par lequel  nous serions traversés et admettre ainsi que l’information  que nous y puisons, puisse être transmutée grâce nos réseaux neuronaux … est-ce si sorcier ?

Voir notre néocortex comme territoire premier recevant  une vibration : un  branchement. Un canal.

Le néocortex traiterait donc cette vibration générale et universelle et la transformerait  en information assimilable.

Cette information se serait enregistrée, déployée, alchimisée dans une oscillation à travers les couches corticales qui permettraient la diffusion et l’adaptation du message jusqu’à notre faculté d’énonciation.

Le message évoluerait dans le dispositif des couches corticales qui, grâce aux différentes dispositions cellulaires qui les composent, permettrait au message de se forger peu à peu.

De s’incarner.

La Science humaine doit maintenant aborder le phénomène du vivant-parlant de l’intérieur. C’est ainsi qu’une forme de compréhension de notre rapport d’échange avec l’Univers peut-être conçu.