« …cet impossible doit dicter la forme par laquelle il se rendra compréhensible »

                                                                             Rezvani

Cet « impossible » à penser ?

Cet inaccessible.

Cet inexplicable  se « prononce » pourtant dans le Vivant.

« Toute création dans la nature s’effectue par communication d’un message …» Claude Tresmontant

Message venu d’une Source informationnelle, intentionnelle, continue qui parviendrait à informer la matière par des échanges tout aussi brefs que discontinus.

Pulsation.

Et conduction saltatoire de l’influx nerveux.

L’influx nerveux qui parcourt l’univers traverse aussi nos neurones dont le mode de fonctionnement est discontinu et par bonds (saltatoire).

Par une dynamique intégrative, spiralée, et au travers des cycles induits, un déploiement  ordonnancé et « consciencieux »  a lieu. Nous en sommes les témoins. Notre cerveau pensant et méditatif en répond.

L’esprit systémique, qui nous anime, participe à l’enregistrement de l’histoire évolutive de ce message génétique.

Le besoin d’être éclairé sur notre présence au sein de cet univers visible soulève la question de la source des univers intérieur (notre être pensant) et extérieur (la dimension cosmique).

« Nous vivons désormais dans un milieu évolutif dont la matière est mentale. L’essor biologique est terminé. L’évolution s’insère dans la substance culturelle… » Dominique Aubier

L’évolution s’enregistre en nous. Pour Maurice Blondel, la pensée est présente dès les niveaux les plus élémentaires de la matière. « Elle est inviscérée dans la nature ».

 Comment s’allume une pensée qui pousse à la distinction ?

D’où vient l’allumage de la pensée en désir de cohérence ?

« Le monde et moi, nous venons à exister ensemble, nous nous définissons mutuellement » Francisco Varela

Dans quel lieu l’aspect auto-organisateur de cette Intentionnalité est-il incorporé ?

La science ne peut pas répondre sur la cause ontologique des processus d’auto-organisation, car son logis cortical n’appartient pas à la raison spirituelle mais au raisonnement.

Penser l’univers comme destinataire d’un message issu d’une « Pensée » capable de le concevoir est du domaine métaphysique.

 Exposer l’efficience du cerveau proposant en langage codé l’Intelligence  et la Conscience de cet au-delà de la manifestation cosmique est du domaine de la Connaissance.

Le domaine de la distinction est-il inséparable des structures incarnées et auto-organisées qui architecturent notre système cortical ?

L’humain parlant «… axe et flèche de l’évolution » comme le nomme Teilhard de Chardin.

Le langage serait-il l’art  du déchiffrage d’un fond sonore et vibrationnel de l’univers ? Serait-il aussi le lieu de la « dissonance cognitive  comme une perle de rosée » ?

L’auteur Dominique Aubier situe l’humain dans ce vaste univers révélant la place qui est la notre dans ce grand Cortex à l’œuvre. Nous occupons, écrit-elle, l’hémisphère cosmique  « qui Fait » d’un magistère  invisible « qui Sait ».

Nous donnons ex-istence.

La Conscience source, (l’Intentionnalité)  non visible serait dans la moitié invisible de ce cortex primordial : lieu du mystère.

Notre univers créé et observable en serait l’ « en face ».

L’autre moitié hémisphérique dont l’Être dans sa volonté relationnelle a créé les conditions de venue au monde : sortie de l’Informel.

Ainsi un échange relationnel, entre Source immatérielle et univers matériel dans lequel nous évoluons, maintiendrait une cohérence dont le modèle  cortical donnerait l’intelligibilité.

Le « non visible » serait aux manettes de la matière visible ainsi  que de ses mouvements évolutifs. Maurice Blondel souligne combien « l’agir humain ne peut se suffire, ni s’achever par lui-même par son propre mouvement… »

Cette source créatrice inobservable impulsant le « devenir » de la Nature, aurait programmé depuis son ébranlement premier,  la structure génétique, biologique capable d’en suivre l'évolution : notre cerveau pensant-parlant capable d’interrogations.

Au même titre, notre pilote cérébral est imperceptible quand il traite des informations subtiles qui allument ses réseaux neuronaux.

« Agir c’est se confier à l’univers » Maurice Blondel