« Des idées audacieuses, des anticipations injustifiées et des spéculations constituent notre seul moyen d’interpréter la nature, notre seul instrument pour la saisir… »          

                                                              Karl Popper

 

La spéculation est-elle purement humaine ?

La pensée spéculative est-elle vraie liberté ?

Est-elle en rapport de parole avec la nécessité d’anticipation contenue dans tout organisme vivant ?

La présence machinale de l’être, aussi bien que la machine, ne fonctionnent-elles pas toutes deux, qu’au  « programmé » à l’avance. La vie charnelle et spirituelle quant à elle, vibre, capte, traduit et transmet les « ondes informées » qui la traversent.

Certes, spéculation du latin « spéculari » veut dire : observer, guetter,  mais par sa forme intransitive « spéculatus sum » signifie : être en observation, observer d’en haut. Tout un programme !

Regarder d’un autre point de vue aussi.

S’adonner à une spéculation c’est faire l’expérience d’une certaine liberté.

L’hypothèse comme source d’anticipation permet de déployer une opération de la pensée. La spéculation n’est pas du domaine de la rêverie. Elle est ancrée dans un système réflexif qui peu à peu détermine les arguments pour sortir d’un flou de l’esprit.

Réduction d’onde.

 La spéculation permet d’ouvrir des pistes réflexives inédites encore. Elle est stimulante. Elle est aussi le support d’un certain engagement.

La pensée spéculative devient une audace en même temps qu’une tempérance vis-à-vis des croyances.

Elle couve une certaine distance tout en empruntant des rapprochements inimaginés jusqu’alors.

La pensée spéculative ne procède pas d’idées qui papillonneraient,  mais les idées qui s’y développent et s’y délivrent dépassent les croyances, aussi bien que les lois matérialistes et mesurables.

Dans les pages déployées de ces messages, la quête spéculative s’attache à développer l’Idée (dans le sens grec de mise en forme concevable par la pensée) que la source archétypale de toutes les conjectures intellectuelles et spirituelles,  aurait son assise dans la structure corticale vouée à les traduire.

Messager.

Cette source ne serait pas issue de notre crâne personnel ; celui-ci capterait la puissance cognitive qui appartiendrait à un Grand Crâne cosmique dans lequel nous serions contenus sans que nous en soyons totalement avertis.

Dévoilement de la conscience.

Cette piste réflexive est la mise en centralité de notre structure corticale.

Le néocortex comme siège de la mise en place de l’information universelle.

Dominique Aubier a consacré sa vie à en dévoiler les secrets et à déployer la compréhension de ce Motif Unique  ou « La structure Absolue » (Raymond Abellio), dans une approche intelligible.

 Il  appartiendrait  au genre humain d’en déceler les puissances.

Motif : Tête.

Lieu capital.

Lieu du vif.

Motif unitaire et réceptionnaire de la Conscience, notre expression verbale la formulerait au travers de ses réseaux internes qui en seraient les garants systémiques.

Elaboration.

La structure feuilletée du Néocortex en assise sur deux hémisphères est composée de 6 couches visibles l’œil nu.

Ces six couches se détendraient en 2 temps.

- Le temps de l’imprégnation avec ses phases de  captation et d’enrichissement  de l’information concernerait les trois premières couches cellulaires.

- Tandis que le temps de l’exploitation et de l’expansion concernerait les  trois couches cellulaires suivantes.

Au sein des couches expressives qui concernent l’extériorisation, des strates sous-jacentes au nombre de quatre permettraient d’en enregistrer les nuances et le poids de conséquence.

Six couches s’épanouissant en dix strates seraient le moteur raffiné et la caisse de résonnance de la puissance spirituelle maintenant le cosmos dans son subtil équilibre.

A partir d’une pensée spéculative qui permet des ouvertures à des sentiers inédits, un rapprochement s’opère avec la théorie des cordes.

Le désir d’unification n’y est pas étranger. Désir d’unification qui appartient à la trame du monde et dont la théorie des cordes est elle-même en recherche.

Les concordances peuvent en être étonnantes.

La Théorie des cordes postule que les éléments fondamentaux de la nature seraient des vibrations, comme des « petits filaments », des cordes unidimensionnelles et non des particules comme la Science l’avait défini jusqu’alors.

Vibration du son primordial ?

Vibration de la parole ?

La théorie des cordes confèrerait à notre univers des propriétés étonnantes. C’est une théorie qui se voudrait unificatrice et ultime.

« La théorie ultime apporterait une base ferme et cohérente qui nous assurerait que notre univers est un lieu intelligible » Brian Greene dans « L’Univers élégant ».

Où se passe l’intelligibilité à notre échelle d‘humain ?

C’est à ce stade réflexif que la pensée spéculative « envisage », c'est-à-dire qu’elle essaie de donner visage à la notion d’intelligibilité.

Elle en appelle à une vision, elle en élabore un examen et essaie de trouver un champ de pertinence qui ouvrirait une autre perspective et une autre réflexivité sur la conscience.

En effet,  l’approche spéculative dont la définition souligne la recherche réflexive et purement théorique permet d’ouvrir à la question du rapprochement de la théorie des cordes et de la structure corticale.

Quel est l’effet de réverbération qui pourrait se jouer là ?

« Je ne parviens pas à imaginer une théorie du tout qui ignore la conscience »    Andreï Linde