«  Toute théorie, y compris scientifique, ne peut épuiser le réel, et enfermer son objet dans ses paradigmes »

                                                        Edgar Morin

 La science ne connaîtrait-elle pas aujourd’hui une transition où la connaissance humaniste deviendrait une de ses grandeurs nécessaires?  

Ses lois et ses principes ne sont pas en eux-mêmes une sapience mais, à intégrer, peu à peu la « symphonie vibratoire » ne pourrait-elle pas devenir…une forme d'éveil et de partage ?

 Les savoirs, qu’elle dégage de la compréhension des phénomènes, sont qualifiés d’universels.

Dans son exigence d’affranchissement de toute subjectivité  et sa revendication de rationalité, elle ne peut pourtant pas évacuer l’interrogation légitime d’Andreï Linde (astrophysicien, physicien) qui questionne une forme d’affirmation dont la science se prévaut :

« Dans sa forme standard, la théorie du Bigbang prétend que chaque partie de l’univers a grandi simultanément. Mais comment ces différentes parties pouvaient-elles synchroniser le début de leur expansion ? Qui leur a donné l’ordre ? ».

L’évolution scientifique actuelle est sans nul doute une révolution dans notre vision du monde. Elle nous invite à prendre conscience de notre place cardinale dans l’expression de ce monde.

Comment la science pourrait-elle se prétendre vraie ou exacte alors qu’elle ignore les processus physico-mentaux « alchimisés » qu’elle déploie d’une manière sous-jacente à toute recherche ?

Peut-on nier que l’Univers et ses archétypes, contenus dans notre crâne, capte le grand Univers qu’il analyse dans la position en miroir qui est la sienne ?

 Pourra-t-on ignorer longtemps encore le phénomène systémique qui imprègne les mécanismes informationnels ?

Comme le souligne Edgar Morin : « Energie, matière, particules sont des petites réifications commodes. Ce qui émerge : des équations. Les mathématiques rendent compte du réel mais ne le fondent pas ».

 Ce qui est en jeu est un retournement vers l’entendement de la source corticale. L’énonciation des concepts et des principes dont la science fait son socle sont issus de la possibilité organisatrice… d’en construire la pensée.

 Cette possibilité de mise en verbe  (en équations) s’instaure suivant  des étapes structurelles et  invariantes qui constituent notre trame cérébrale captatrice de vibrations.

Cette mise en forme est In-formation : « Informo, are » en latin : façonner, disposer, organiser.

«  Animus bene informatus a natura » Cicéron : âme naturellement bien organisée.

 Ou une « âme bien située » comme l’écrit Molière.

Aujourd’hui le domaine scientifique est appelé à changer de plan référentiel.  Dans l’élaboration de son discours, du récit de lui-même qu’il pratique, il aborde un monde où sujet et objet ne sont plus disjoints.

Tout processus réflexif s’opère et se distribue sur les deux hémisphères cérébraux dont l’un est dédié à l’édification rationnelle et l’autre à la synchronicité cosmique.

L’influx, qui les traverse, draine les acquis culturels élaborés lors de leur échange latéral.

 Aujourd’hui la nécessaire alliance des deux doit conduire à une réflexion holistique.

L’approche quantique peut paraître acquise, mais il n’est pas si loin le temps où était attribué, devant l’émergence de l’hypothèse d’ingérence de l’observateur sur la chose observée, un rôle déraisonnable.

En un temps où une pensée classique de la notion de Dedans-Dehors est encore à l’œuvre, il peut paraître inconcevable que la notion d’implication du regard humain soulève une responsabilité : celle de l’observation dans l’actualisation des potentialités de la nature.

Le refus de la dimension anthropocentrique qui parcourt les « réseaux nerveux » de la science ne soulignerait-il pas la confusion entre fait de langage et puissance référentielle, structurelle du verbe qu’elle doit déployer, afin de faire circuler la puissance de dévoilement qu’elle se propose d’existencier ?

Spinoza écrit « l’ordre et la connexion des idées et des choses est un et identique ».

Ne parlerait-il pas d’une source structurelle : notre cerveau ?

Tête : matrice fondatrice vibratoire ayant pris en copie dans l’infiniment petit de ses réseaux, l’infiniment grand universel dont elle est la dépositaire. La connaissance du lien qui unit les deux infinis se serait perdue dans la nuit des temps… modernes !!

Notre cérébralité, lectrice des mondes, aurait été submergée par l’apport d’un accroissement raffiné des hypothèses scientifiques innovantes. Elle aurait ainsi oublié, dans sa vision toujours plus vaste, la spécificité créative qui la fonde : celle du verbe créateur dont notre cerveau est réceptacle et source qui diffuse.

 Source complexe, qu’il faut entendre comme combinaison subtile de paramètres.

Complexe entendu comme sa racine latine nous y invite : Complex, icis : uni, joint.

 En état d’union, d’embrassement  et non pas tortueux comme le laisse entendre le langage courant ; ce mot complexe dont on charge le sens d’une connotation d’emmêlé ou de maladif. Non pas compliqué …mais…

Complice.

Il serait peut-être aujourd’hui bienvenu et bienveillant à l’égard de toutes les « natures » qu’elles soient  phénoménologies intérieures comme extérieures  de nous pencher, en pensée, sur une autre perspective d’approche et de nous diriger vers une physique informationnelle.

« L’interlocution entre l’Homme et le monde demeure en suspens ». Philippe Fontaine.

 Faut-il encore que ce « dia-logue » s’appuie sur la compréhension de l’édifice complexe, vaste et pourtant tellement simple dans sa structure universelle soutenant le Réel ?

 La fin des certitudes comme le souligne le titre d’un livre d’Ilya Prigogine dans lequel il écrit : « La science est un dialogue avec la nature. Les péripéties de ce dialogue sont imprévisibles ».

La grande question devient alors : « Qui » élabore (c’est-à-dire quelle est la source structurante de la créativité) ? Et non pas « Quoi » se passe.

Revenir au « Qui » parle de « quoi ». « Qui » réfléchit le « quoi étudié ».

Notre mandat d’être-parlant ne serait-il pas de comprendre que les mots que nous émettons sont porteurs d’une puissance virtuelle issue d’une vibration venue du tréfonds de l’univers.

Les lettres en seraient les pointes avancées….  

Cette force vibrationnelle nous la somatisons à travers les mots prononcés.

 Paroles qui ont pour mission la désignation d’espaces et d’univers possibles convoqués afin qu’une augmentation réflexive ait lieu.  

 Quelle en serait la nature ?

Peut-on parler :

      De source vibratoire ?

      De source du son ?

      De résonance ?

 Résonances dont Poincaré disait «  (résonances) qui conduisent à des processus nouveaux de type diffusif incorporés dans la description dynamique ».

C’est ainsi que tout ce qui, dans l’esprit collectif, avait fait convention : reconnaître les particules comme étant les briques élémentaires de l’Univers, est en train d’être révolutionné.

Les électrons et les quarks ne seraient plus des particules ponctuelles mais la particule serait en fait un véhicule vibratoire. Un petit filament appelé « corde ».

« Lorsqu’un électron vibre, l’Univers tremble. » Sir Arthur Eddington