« L’esprit humain fuit ce qui lui est révélé le plus infailliblement »

                            Stéphane Lupasco

Seule une approche universelle, nourrie des sagesses ancestrales ainsi que les avancées éclairantes des sciences, peut  donner sa juste place à la notion  d’un fondement Unique structurel régissant l’univers dans lequel nous sommes présents.  

L’irréconciliable diversité des points de vue ne serait pourtant qu’une illusion d’optique que nous continuons à perpétuer au risque de nous perdre.

Edgar Morin ne dit-il pas « accomplir l’unité de l’espèce humaine tout en respectant sa diversité est une idée non seulement de fond mais de projet ».

Oui ! Mais s’agit-il seulement de se poser la question ? Ne s’agit-il pas de concevoir le modèle fondateur, au sein même de notre cerveau, qui en a conçu, lui-même, la question ?

Si en tant qu'êtres humains, nous abritons des visions si différentes de l’Univers : d’un peuple à l’autre, de la science aux sociétés traditionnelles du monde, d’une langue orale aux langues écrites … ne serait-ce pas, là, l’expression d’une différence structurelle nécessaire au vivant-parlant.

Cette apparente discordance serait-elle l’expression puissante d’une complémentarité existant dans le modèle fondamental d'une dualité vivante : celle de notre cerveau pensant.

Boris Cyrulnick dit très clairement lors d’une conférence : « les cerveaux structurent, sélectionnent, donnent forme au monde que l’on perçoit […] mais ce que l’on perçoit, c’est une construction du réel structurée [...] par la structure de notre cerveau avant d’arriver à la parole. Il y a une réduction des informations qui donne forme au monde qu’on appelle réalité et qui est pourtant une construction… ».

Ces « phalanstères » de la pensée qui s’entrechoquent ne sont-ils pas les émergences d’une hémisphérité corticale agissante ?

S’agirait-il d’un jeu de pouvoir entre les deux hémisphères de notre cerveau ?

Par ses deux hémisphères deux visions de l’Univers se déploient.

L’un des hémisphères est le socle d’une approche revendiquant une rationalité et des preuves en toutes choses. La justification et l’explication sont ses postulats. Il dissèque.

L’autre hémisphère perçoit les intuitions et en réceptionne l’ampleur. L’intégration est son désir. Les images en deviennent son essence.

C’est ainsi qu’ils nous sont, la plupart du temps présentés.

Ces deux hémisphères, dans leur vis-à-vis structurel,  vivent une relation symétrique,  relationnelle, inversée en miroir, mais dont la coordination s’opère à travers la substance blanche du corps calleux.

La fonction calleuse contribuerait au bon fonctionnement associatif et corrélatif néocortical.

L’unité de notre cerveau est soutenue par le corps calleux, garant de notre stabilité cérébrale. Il représente le lieu d’un échange efficace et stabilisateur donnant cohérence à notre vie mentale.

C'est ainsi que Jean Cambier nomme cette « alternance des hémisphères : affaire de présence au monde, fruit de l'évolution ».

Par la puissance de ses processus de reliance, le corps calleux, avec son action d’adaptabilité inter-hémisphérique, est un mécanisme de transcription des demandes complexes. Il maintient le dialogue entre nos hémisphères et ce faisant, il est le garant de notre unité en tant que sujet conscient et contribue à l'équilibre de nos visions.

La notion d’unité de la conscience, pour certains chercheurs, reposerait sur la bonne coopération fonctionnelle des deux hémisphères. Elle serait récente dans le développement de l’Homme. Les processus donnant naissance aux facteurs de conscience sont évalués d'après eux à 3 000 ans ...d’essais pratiques !

Le principe unique englobe les deux hémisphères corticaux qui s'étagent sur six couches et sont reliés par le corps calleux.

Entre eux, circule un influx informationnel enrichi des puissances de chacun des hémisphères, ce va-et-vient draine une mémoire qui s’accomplit et se déploie subtilement lors de la traversé des différentes strates de notre cerveau comme des différentes strates de l'évolution des civilisations.

Ainsi, le principe Tête couronne l’ensemble réflexif de l’humanité parlante.

Aujourd’hui notre tissu cognitif ne serait-il pas dans la nécessité d'une stimulation anticipatrice ?  (Autrement que catastrophique).

Nous nous trouvons, peut-être, confrontés dans notre forme civilisationnelle, à un symptôme de déconnexion inter-hémisphérique repérable entre autre sur le plan écologique.

Notre santé en péril ne serait-elle pas liée à une santé mentale affaiblie par un « trouble »  prononcé dans le transfert hémisphérique responsable d'un manque de vision holistique.

Les grandes difficultés, à coordonner des actions qui permettraient à l’Humanité de se mieux vivre, en sont la manifestation.

Nous ne pouvons attendre, nous êtres humains, que des automatisations asservissantes  deviennent les régulateurs qui résoudraient par l’application de leur programme,  le manque de connexité et de conscience dont nous sommes porteurs actuellement.

Changer nos voies intégratives sensorielles et spirituelles pour des automates intelligents, est-ce vraiment cela qui est à la proue de notre faculté de penser ?

En effet …

 Il n’est plus temps, peut-être, de s’attacher exclusivement à la structure de l’objet étudié, mais de s’ouvrir au vrai Contenant ontologique qui sous-tend toute lecture de l’Univers en appui sur ses deux supports hémisphériques.

La perception d’un équilibre de la pensée est certes personnelle ; elle enregistre toutefois le juste équilibre que crée l’harmonisation de nos deux hémisphères. La méditation y aide, mais aussi l’esprit systémique.

La systémique devrait être présentée comme un art de la pensée.

L’esprit systémique pourrait-il être perçu comme un échange de souffle entre un espace-système déjà structurellement agencé et une ouverture à un autre plan du réel ?

Cette insufflation viendrait ouvrir et nourrir ce système. Augmentation de l’être.

Systémique aidant, les notions d’intrication, de corrélation, de probabilités et de vibrations quantiques, exprimées par la science, ne pourraient-elles pas être perçues comme une conscience à l'œuvre d'imprégnation d'un Grand Mental universel ?

Ouverture sollicitée par la vibration perpétuelle dans le « corps universel » et relayée par le corps calleux ?

Les champs spirituels et les nouveaux espaces scientifiques s’y inscrivent : c’est ainsi que nous avons la vivante perception d’une systémique à l’œuvre.

« Nous sommes de moins en moins exercés à nous entendre être » Georges Steiner

Ainsi l’approche systémique nous permettrait de nous orienter vers une vision intégrative.