«  Il est probablement vrai qu’en général dans l’histoire de la pensée humaine, les développements les plus féconds naissent à l’intersection de deux courants d’idées. Les courants peuvent avoir leur origine dans des domaines totalement différents de la culture, à des époques et en des lieux culturels divers. Dès lors qu’ils se rencontrent effectivement et entretiennent une relation suffisante pour qu’une réelle interaction puisse s’exercer, on peut espérer des développements nouveaux et intéressants »

                                 Werner Heisenberg

 

Comment s’ouvrir à des perspectives inexplorées dont les fondements sont déposés dans la métahistoire de la conscience universelle.

Ces fondements sont, eux-mêmes,  présents au plus près de notre intimité: là où ça pense la pensée : Notre cerveau.

D’après les travaux exégétiques de Dominique Aubier « Rosch » ou le  « motif Tête » serait la structure « absolue » c'est-à-dire la structure universelle dont nous sommes tous porteurs.

 « Le modèle Rosch dit Dominique Aubier - décrit par le cortex du vivant-parlant -  a été donné à l’Humanité comme moyen de grâce pour que l’intelligence s’en serve afin de faire monter la mèche de sa conscience et s’éclairer ainsi de mieux en mieux. »

Les commandes de « pilotage » seraient au sein de notre néocortex dont la structure …invisible  à elle-même… (Comme l’œil ne se voit pas en train de voir) architecturerait le dispositif  régissant l’intelligibilité du Tout.

Chaine spirituelle et trame existenciatrice créeraient, ainsi, le tissu universel. 

La métaphore du tissu permet d’imager la structure du cerveau comme la chaine qui charpente et guide le tissage, tandis que les événements, les époques et les cycles constitueraient la « trame-monde ».

Support de la Présence consciente.  

Implication et incarnation seraient guidées vers un nouveau regard sur notre espace-temps.

Le creuset de cette nouvelle lecture de l’espace-temps trouve son déploiement au cœur même de nos hémisphères cérébraux dont l'un concerne l’approche éthérée et globalisante, tandis que l’autre a trait à l’approche matérialisante et scientifique.

 La Science, dans son engagement explicatif du monde initié depuis 500 ans environ, essaie de fixer les champs de force en présence dans un espace-temps qui s’affirme dans trois dimensions plus une.

Aujourd’hui, formule scientifique et source métaphysique sont concernées par une étape de rapprochement, inscrite dans le cycle civilisateur dans lequel nous sommes parties prenantes depuis que la physique quantique nous explique que les faits d’observation modifient les paramètres du réel.

La recherche d’une grammaire universelle est inscrite depuis la parution en 1975 de l’ouvrage « Le Tao de la physique » de Fritjof Capra, qui venait en écho à la « Gnose de Princeton » écrite en 1974 par Raymond Ruyer et dont le contenu bouscule le rationalisme pour ouvrir des champs renouvelés de la pensée.

Revenir à des connaissances ancestrales et millénaires, qui essentialisent tous les champs de la pensée, permettrait une vraie assise intérieure, tremplin d’une émancipation de notre réflexion.  

Yuval Noah Harari écrit dans son livre « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » « la plupart des chercheurs pensent […] que les hommes qui poussèrent les Neandertal vers l’extinction […] étaient aussi intelligents, sensibles et créatifs que nous. Si nous rencontrions les artistes de la caverne de Stadel  (il y a autour de 32 000 ans) nous pourrions apprendre leur langue, et eux la nôtre. Nous pourrions leur expliquer tout ce que nous savons – des aventures d’Alice au pays des merveilles à la physique quantique , et ils pourraient nous dire comment eux voient le monde ». 

Yuval Noah Harari continue «  l’apparition de nouvelles façons de penser et de communiquer, entre 70 000 et 30 000ans, constitue la révolution cognitive.

Quelle en fut la cause ? Nous n’avons pas de certitude. Selon la théorie la plus répandue, des mutations génétiques accidentelles changèrent le câblage interne du cerveau des sapiens, leur permettant de penser de façons sans précédents et de communiquer en employant des langues d’une toute nouvelle espèce. Nous pourrions parler à ce propos de mutation de l’Arbre de la  Connaissance ».

Comment dans ce cas ne pas s’appuyer sur la puissance réflexive qu’opère le dévoilement de  Dominique Aubier sur l’essence de l’univers bâti sur le modèle Tête.  Archétypes et cycles relevés dans leur principe seraient le reflet du tissu structurel cérébral.

Notre cerveau refléterait l’architecture évolutive d’un Cerveau cosmique  émettant une Vibration (Verbe ?). Il en  serait, lui-même, traducteur et ambassadeur.

 L’information vibrationnelle serait relayée sur les six niveaux correspondant aux six couches visibles du néocortex et  leur évolution s’appuierait sur dix seuils évolutifs appartenant à la dimension déployée dans l’événement.

« Le 10 caractérise, dit Dominique Aubier, la séquence évolutive à l’intérieur d’une structure donnée ayant vécu sa vie ».

La science fondamentale, aujourd’hui en recherche de formulation d’une théorie du Tout, ne pourrait-elle pas être enrichie d’une connaissance métaphysique issue de la sagesse ancestrale et d’un discernement originel déposés dans le Savoir du monde où le cerveau est le représentant de l’unité primordiale ?

Un chercheur en physique théorique des particules à l’université de Princeton, Vijay Balasubramanian,  travaillant à la fois dans des domaines comme la théorie des cordes et la biophysique théorique, appliquerait des méthodes communes en physique pour modéliser la topographie neurale du traitement de l’information dans le cerveau (article du CERN « La physique dans les profondeurs du cerveau » paru le 7 Février 2018).

Rapprocher des domaines comme la biophysique du cerveau et la théorie des cordes, permettrait de proposer un modèle dynamique mais cela ne nous aiderait pas, cependant, à nous raccorder au principe universel, conscient de lui-même, dans la proposition énoncée.

En effet, la théorie des cordes n’ouvre-t- elle pas des questions révolutionnaires sur la dimensionnalité même de l’espace-temps ?

Elle introduit une anomalie dans les dimensions classiquement acquises de l’espace-temps car cette théorie trouve son efficience dans la spéculation d’une présence de six dimensions supplémentaires qui échappent à toute observation car elles appartiendraient à un ordre impliqué.

Ces six dimensions de l’espace se raccordent aux quatre existantes et font émerger un modèle à dix instances : neuf d’espace, une de temps.

Quel sens donner à ce nouvel espace méta-intellectuel  qui crée une brèche dans l’appréhension classique de l’espace à trois dimensions plus celle du temps ?

Ne pourrait-on pas y voir la naissance d’une réalité où la mesure du monde serait actée par une conscience …consciente d’elle-même ?

Ces interrogations dépassent la puissance questionnante de l’approche physicienne, elles concernent la volonté de saisir la structure universelle afin de pouvoir y coordonner ce que nous nommons : la conscience.

 « Quelquefois l’avenir habite en nous sans que nous le sachions et nos paroles […] dessinent une réalité prochaine » Marcel Proust