« Notre objectif en tant que savant est de découvrir la « vérité » et les théories ont pour but de proposer d’authentiques suppositions quant à la structure du monde »

                                Karl Popper   « Conjectures et réfutations »

La question qui se présente alors, c’est… à partir de quelle structure intérieure se pense la structure du monde ?

Ce n’est surtout pas une question d’opinion mais un questionnement sur nos facultés spéculatives. D’où pensons-nous et d'où élaborons-nous l’approche structurelle du monde ?

Pourrons-nous un jour délier et délivrer, dans une nouvelle conscientisation du monde, la puissance de liaison entre l’univers macroscopique et l’univers microscopique, dont notre présence cérébrale est la matrice et la plaque tournante ?

La force de la pensée humaine, pénétrante, symbolique et anagogique cherche à percer le lieu d’une unification pressentie. (Anagogique  αναγωγικός exprime ce qui fait monter mais veut dire aussi : conduire de la côte vers l’intérieur ainsi que : relever).

Comment ne pas faire le rapprochement entre conduite et conduction qui souligne la transmission du potentiel d’action le long d’un neurone ?

 Ainsi la lecture de l’univers, mise en  circulation par la parole qui la transmet, (qu’elle soit traditionnelle ou scientifique)  devrait s’appuyer sur l’outil qui en permet les décodages : c'est-à-dire notre cortex. 

L’auteure Dominique Aubier a consacré ses recherches à souligner l’identité d’essence  entre le tissu du psychisme humain et le tissu universel.

La pensée systémique en est son essence. Elle est le « vaisseau » qui permet de corréler des visions écartelées.

Qu’elle soit spirituelle ou scientifique la question majeure, humaine, porte sur la source ou sur le «motif générateur»  de tout l’existant.

C’est ainsi que se pose la question de l’Unification.

 La pensée qui se veut actuellement exclusivement réaliste car scientifique ne peut faire abstraction d’une perméabilité à une poussée universalisante qui est liée à la préscience d’un état qui serait Un.

« La révolution humaniste a conduit la culture occidentale a perdre la foi et tout intérêt pour les états mentaux supérieurs. […] La culture occidentale moderne se distingue donc par l’absence d’une classe spécialisée de personnes cherchant à connaître des états mentaux extraordinaires. […] nous connaissons moins bien les paysages mentaux des chamanes indigènes d’Amérique, des moines bouddhistes ou des mystiques soufis. » Yuval Noah Harari  dans « Homo deus ».

En effet, les émergences diversifiées issues, aussi bien, d’approches symboliques et sacrées que d'approches rationnelles paraissent être, entre elles, en contradiction intellectuelle et spirituelle, dans une vision seulement dualiste et politique du monde.

Elles sont pourtant inscrites dans la configuration de nos propres hémisphères individuels lesquels sont coiffés et enserrés dans le néocortex qui en assure l'unité. 

Cette écorce corticale à six couches en pilote l’ordonnancement.

Les hémisphères, malgré  leur  différence perceptive, sont les lieux d’un échange cohérent qui permet d’entretenir la dynamique duelle d’un univers vivant raccordé  à son unité sous-jacente qui en couronne tout le fonctionnement.

Avoir toujours « en Tête » la question de la tête… C’est ainsi que Dominique Aubier l’a révélé.

Les lois de fonctionnement qui maintiennent la cohérence de l'ordre universel dans son évolutive expression, nous, les vivants-parlants en serions l’écho et nous en aurions engrammé les  « relevés » dans notre cérébralité.

Nous serions porteurs, dans l’infiniment petit de notre boîte crânienne, du modèle primordial de la poussée en existence de l’univers lui-même et de ses interrelations.

Dominique Aubier dans la puissante singularité de sa pensée, en a livré la donnée initiatique. 

Ainsi, lire et relire « La face cachée du cerveau » permet de se déployer différemment dans les mouvements de l’acte de penser.

Cela permet de fluidifier peu à peu l’intuition, que chacun a pu avoir, d’un rapprochement possible entre l’hypothèse de la naissance de l’univers et l’hypothèse de notre naissance à un univers devant être conscientisé. 

 « On dit que le cortex dont l’homme a été tardivement doté, réverbère en image miniature, le modèle sur lequel l’univers a été conçu. C’est évidemment impliquer une relation d’efficacité entre le principe créateur et l’apparition, à la fin du processus biologique, de la corticalité promotrice de la conscience »

                               Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau ».