«  L’humanité commence à comprendre que l’univers n’est pas un froid mécanisme sans finalité […].La dimension qui se cache derrière la théorie quantique n’est pas affaire de physique »

                  Massimo Teodorani

La dimension cachée pourrait-elle enfin être accueillie comme une aspiration,  une forme d’invitation à conquérir d’autres territoires de la pensée ?

Elle serait inscrite d’après Dominique Aubier dans la dimension biophysique du Néocortex dont les seuils de fonctionnement sont expliqués dans « La face cachée du cerveau ».

Ne pourrait-on pas y voir, aussi, le désir de sondage d’un grand Cerveau universel à l’œuvre, matrice unitaire et fondatrice ?

La pensée bâtie depuis quelques siècles sur une force extériorisante enregistre une  révolution. Elle est, depuis l’avènement de la physique quantique, impliquée dans un dedans-dehors dont la relation reste à être comprise. Vraiment.

Si nous sommes dans la vision globalisante d’un univers qui se mirerait dans l’univers cortical qui, dans l’infime, en traduirait les dispositions, nous suivons des trajectoires ouvertes et nous convoquons, dans un même temps, la nécessité d’explorer des espaces nouveaux dans nos cerveaux.

 «Toutes nos actions découlent de notre pensée et celle-ci est frappée au sceau des structures logiques et probabilistes qui agissent dans nos esprits. […] Cependant que si ces structures étaient connues explicitement, leur action deviendrait dominée, optimisable, on pourrait l’amener à suivre certaines «géodésiques» sous la contrainte de buts choisis délibérément.»  Mioara Mugur-Schächter.

 Interrelation et systémique ne sont pas encore acquises dans le déploiement de la pensée occidentale.

Pourtant...

Les grandes catégories  - rationnel…irrationnel, - visible... invisible, - quantitatif... qualitatif, ne seraient-elles pas en train de s’estomper au profit d’une «fluidité structurée» ?

Depuis que le point de vue de l’observateur est devenu un plan référentiel qui inclut dans l’existant des repères auparavant étrangers à l’analyse scientifique, une nouvelle conscience se déploie dans l’univers réflexif.

Qu’ils soient scientifiques ou spirituels, les différents examens ciblent la question de la source.

La question de la «matrice qui pense» est un manque dans la pensée occidentale.

 La question met en lumière le chemin à anticiper.

Une brèche dans l’opacité.

« Le manque, dit Christian Bobin, est la lumière donnée à tous ».

 Il faut en tout cas « quitter l’aspect théologique du sujet et du sens »  Philippe Sollers.

 La recherche d’unification, au cœur des interrogations scientifiques et spirituelles, en serait l’émergence.

 Gardée en mémoire cette phrase dont l’auteur m’échappe :

« …l’unification ne serait-elle que le dépôt, la  sédimentation d’une unification plus essentielle qui est comme la sève de toute unité ? ».

L’unification ?

L’Unification pourrait-elle intervenir comme vision d’un désir d’équilibre de la relation « Dedans-Dehors » ?

Point de mire  ou  nécessité de clairvoyance ?

 Unification ?

 Peut-on aujourd’hui voir l’univers comme un grand organisme modèle de système connecté et non plus comme une grande organisation ?

L’organisation pointe des rapports relationnels établis au sein d’une Totalité. Elle ne peut pas éveiller la  question fondatrice.

L’organisation en soi serait observable. Elle ferait partie d’un « dehors ».

Tandis que l’organisme serait une subjectivité en soi de l’ordre du « dedans ».

La précision en serait portée par le langage. Fruit de notre cerveau connecté. Chaque mot, chaque lettre serait une percée du sens qui s'y élabore.

Que dire de ce physicien, Vijay Balasubramanian,  présentant ses recherches fondées à la fois sur la théorie des cordes et sur la biologie théorique, qui tout en mettant en avant la transversalité de leurs modèles respectifs (modélisation et topographie neurale) : histoire de mathématiques, concluait que l'architecture de base du cerveau serait bien repérée dans ses connexions visibles. Il en déduisait de surcroît que nous surestimerions nos capacités cognitives, capacités partagées avec la plupart des vertébrés.

 Vraiment ?

 Loin d’être des animaux avec des stratégies adaptatives, nous sommes avant tout des traducteurs de séquences vibratoires. Vibration du verbe qui se traduit en désir et non en instinct.

Nous sommes sans doute des êtres récalcitrants et imprévisibles, mais notre mandat de résonateurs du verbe emprunte d’autres pistes.

Unification des deux hémisphères de notre cerveau ?

Notre capacité traductrice ne passe-t-elle pas par le filtre de la puissance « Tête »  ouverte à la recherche méthodique, hémisphère gauche, mais aussi à la faculté océanique d’en percevoir le moment universel, hémisphère droit ?

Devrait-on y voir une forme de « Haute Idée  de connaissance» mobilisatrice de notre conscience humaine ?

L’unification vue comme résolution des forces fondamentales universelles et de la gravitation.

Unification entre le monde macroscopique et l’univers microscopique, mais aussi comme échange latéral équilibré dans notre cortex.

 La situation corrélée de nos deux hémisphères cérébraux créant un rapport d’aimantation qui les maintient dans un état de vigilance, ne pourrait-elle pas être vue comme support analogique entre immense univers dehors et insondable univers dedans ?

 Unification…

 Jonction informée subtile entre organisation et organisme.

 « Le même résultat aurait pu être obtenu plus en observant, non le poisson pris, mais le filet et la manière de s’en servir »  Merleau-Ponty.