« La conscience et l’intelligence sont antérieures au cerveau mais celui-ci est une structure permettant de les manifester et d’en exprimer les contenus »       

                          David Bohm « La Conscience et l’Univers »

 Entre le physicien David Bohm et la philologue Dominique Aubier  n’y aurait-il pas un premier pas de danse ?

 « Mais alors pourquoi « La face cachée du cerveau ? » c’est tout simplement qu’à dresser l’inventaire des constantes initiatiques le portrait du cerveau ressort décrit sur sa face inconnue, dans la perspective de son fonctionnement et de sa créativité »  écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau » ; puis elle poursuit « Il s’agit d’atteindre l’envers du cerveau, de piéger les valeurs qui tiennent à sa structure, de les révéler  parce qu’elles ne sont pas connues ».

Je convoque dès lors la parole du chercheur et jésuite Teilhard de Chardin  qui écrit dans « Le phénomène humain » : « L’histoire et la place de la Conscience dans le monde demeurent incompréhensibles à qui n’aurait pas vu, au préalable, que le cosmos où l’Homme se trouve engagé constitue, par l’intégralité inattaquable de son ensemble, un Système, un Totum et un Quantum : un Système par la multiplicité, -un Totum par son Unité, -un quantum par son énergie ».

Arc-en-ciel dans le ciel de la physique quantique.

Est-il encore pensable qu’une forme d’opposition maintienne un fossé entre approche scientifique et approche métaphysique ou même symbolique alors que le siège de notre pensée se trouve être dans le même bassin cérébral ? Cela ne peut qu’être le creuset d’un «mal-heur et d’un mal heurt » du sens.

 « L’adversité fait toucher le degré suprême de la folie » Thomas Bernhard.

N’avons-nous pas  deux hémisphères corticaux symétriques mais à vocation différente ?

L’un, hémisphère gauche, soutient un regard extérieur qui surplombe le Monde et l’analyse. Information. Entropie.

L’autre, hémisphère droit, plonge intérieurement, pressent l’unité et s’y dissout.  Vibration. Néguentropie.

Cependant les deux hémisphères sont en étroite relation par la symétrie qui les guide. Les fibres neuronales du corps calleux créent le pont, le relais inter-hémisphérique qui leur donne le pouvoir de dialoguer et de se compléter dans leur fonction de recueil et de traitement de l’information.

Ce qui permet l’expression d’une exploration analytique intelligente et néanmoins ouverte à la globalité perçue qui dépose dans notre crâne des contenus informés.

« Dans notre conscience, à chacun de nous, c’est l’évolution qui s’aperçoit elle-même en se réfléchissant » Pierre Teilhard de Chardin.

Une bouleversante nécessité de repenser l’universalité est devenue indispensable.

« Indice pensable » par la révolution qui s’opère au sein même des sciences s’interrogeant sur le sens de notre rôle d’observateur en tant que vivant-parlant au sein de l’Univers.

Pourrait-on, enfin, rompre les endiguements que crée l’obsessionnelle recherche de rationnel qui en devient elle-même irrationnelle ?

Se laisser déborder.

Créer de nouveaux territoires.

Être dans l’accueil d’une effraction de la pensée qui se libère d’une forme de peur du symbolique … c’est cela une augmentation.

Comprendre les frontières et les fonctions connectrices qui sont celles de notre appareil cérébral.

Comment aborder la maîtrise d’un sujet si l’on ne maîtrise pas les organisations et les hiérarchies mentales nées d’une corticalité pilotée par la tour de contrôle subtile qu’est, sans doute, notre néocortex lui-même, voie de communication et réflecteur d’une  « Grande Pensée » organisatrice à l’œuvre ?

Irvin Laszlo, philosophe des sciences et spécialiste de la Théorie des systèmes, enseigne qu’un champ cosmique avec lequel nous serions en corrélation conserverait l’information à l’œuvre dans l’univers, au même titre que tout ce qui existe dans cet espace universel.  

Notre mandat de vivant-parlant ne serait-il pas alors d’être le siège d’une métabolisation vibrante ? Cette vibration transformée en information serait prise en relais par une parole qui traduirait elle-même l’aspect vibratoire de l’Univers.

La structure de notre néocortex telle que Dominique Aubier l’a déployée dans « La face cachée du cerveau », œuvre dans laquelle elle atteste en s’appuyant sur l’analyse histologique du cortex cérébral, que la notion de Tête (Rosch) où six niveaux d’organisation sont au pilotage, était déjà intégrée par la Connaissance captant la mémoire universelle.

... Est-ce si extravagant en soi ?

Extravagance non pas baroque ou aberrante mais comme possibilité de ne pas être insérée dans une conformité de la pensée. Hors décret d’une pensée classifiée.

 Voir le néocortex comme une région frontière entre l’influx  général, invisible et subtil par lequel  nous serions traversés et admettre ainsi que l’information  que nous y puisons, puisse être transmutée grâce nos réseaux neuronaux … est-ce si sorcier ?

Voir notre néocortex comme territoire premier recevant  une vibration : un  branchement. Un canal.

Le néocortex traiterait donc cette vibration générale et universelle et la transformerait  en information assimilable.

Cette information se serait enregistrée, déployée, alchimisée dans une oscillation à travers les couches corticales qui permettraient la diffusion et l’adaptation du message jusqu’à notre faculté d’énonciation.

Le message évoluerait dans le dispositif des couches corticales qui, grâce aux différentes dispositions cellulaires qui les composent, permettrait au message de se forger peu à peu.

De s’incarner.

La Science humaine doit maintenant aborder le phénomène du vivant-parlant de l’intérieur. C’est ainsi qu’une forme de compréhension de notre rapport d’échange avec l’Univers peut-être conçu.