« Réfléchir à neuf à tous les problèmes »

                           Dominique Aubier

 

Un article paru le 19 juillet 2016 dans la revue « Sciences et Avenir » fait retour sur le cas  d’un patient dont un examen IRM en 2007 révèle une anomalie jusqu’alors impensable : son cerveau est vide de neurones à 90%. Le liquide céphalo-rachidien a envahi les cavités de son cerveau sans provoquer cependant de troubles handicapants. 

Lors du 20ème Congrès annuel de l’Association for the Scientific Study of Consciousness à Buenos Aires, en Argentine, Axel Cleeremans, psychologue de l’université de Bruxelles revient presque 10 ans après sur ce cas inexplicable par les voies médicales classiques.

« Chez cet homme, dit-il, les aires frontales, pariétales, temporales et occipitales ont toutes été réduites. Des fonctions comme la sensibilité, le langage, la vision, l’audition devraient être sévèrement impactés or jusqu’à l’IRM révélateur cet homme avait une vie tout à fait normale ».

Ainsi, l’hypothèse retenue par les chercheurs, serait que les zones d’appréhension n’auraient pas disparues mais qu’elles auraient changé de forme.

Ainsi la notion de plasticité pourrait indiquer l’étonnante adaptation de notre appareil cérébral. Qu’elle soit synaptique, neuronale, cérébrale il y aurait  réaffectation des structures de l’organe cerveau.

Relevé dans un article…« Un des mécanismes de la neuro-plasticité est l’élagage synaptique ».

Axel Cleeremans déclare par ailleurs  « une théorie devrait expliquer comment une personne dont 90% des neurones sont absents peut avoir un comportement tout à fait normal ».

Le neurologue Jean Pelletier parle de l’examen mené sur ce patient : « […], et c'est alors que nous avons découvert ce spectacle peu commun : un cerveau réduit à une bande de quelques centimètres d'épaisseur, contre la paroi crânienne ».  Cette phrase réveille l’attention tournée vers le cortex.

Cette bande de quelques centimètres repérée lors de l’examen de ce patient peut évoquer le fait que le manteau cortical soit resté intact.

 Le néocortex, appelé aussi isocortex est  la couche qui est en contact avec la boite crânienne.

Le cortex ou matière grise recouvre la surface de chaque hémisphère. Il en est l’écorce … cortex.

Le cortex cérébral inclut l’allocortex (10% du cortex)  formé de 3 niveaux : le mésocortex, l’archicortex, le paléocortex,  phylogénétiquement les plus anciens,  et le néocortex (90%) formé de six couches repérées dès le XIXème siècle dans les études histologiques d’alors.

 « Certaines certitudes sont définitivement admises par la Science. […] la répartition des neurones sur six couches différenciées ne saurait être l’objet d’une révision » écrit Dominique Aubier dans « La face cachée du cerveau » et poursuit « Le diagramme à six couches est une vérité mondialement reconnue ».

En 2016 l’institut Curie publie sous la houlette d’Alexandre Baffet « le néocortex est le centre des fonctions cognitives supérieures comme la perception, la prise de décisions ou encore le langage ».

Le néocortex qui coiffe donc l’ensemble du cerveau en serait-il sa structure intégrative, lieu de la vie consciente ?

Toujours dans « La face cachée du cerveau » : « Etant proposé comme modèle absolu, le cortex humain impose à toute structure évolutive son arrangement évolutif typique. […]. L’évolution, en n’importe quel contenant, s’effectuera de la couche I à la couche VI ».

« Pour la médecine, ces couches s’ouvrent évolutivement à la vie. La couche I entre la première en fonction. Au fil du temps l’énergétisation passe d’une couche à l’autre».

 L’influx donné charrie et mémorise des informations pour chacun d’entre nous mais concerne aussi les différents cycles civilisateurs qui ont construit l’histoire humaine.

Dans l’approche dite ésotérique « Le Six est décrit comme mesure de l’espace évolutif. Les six couches sont le lieu de l’activité corticale, laquelle est effectivement évolutive » Dominique Aubier.

Les neuroscientifiques, les médecins, auraient-ils pu approfondir la question du néocortex dans sa fonction organisatrice subtile?

Il n’est pas du ressort de la Science d’en interroger le sens métaphysique et ontologique c'est-à-dire en tant que mise en lumière… sinon d’élucidation… du sens de l’être.

 Pour ce faire, faudrait-il aujourd’hui s’interroger sur les ponts précieux à opérer avec d’autres formes d’approche, telles que les connaissances ancestrales, afin de donner du sens aux structures qui sont les nôtres.

La connaissance du cerveau est déposée dans le « Savoir » du monde.

 « La face cachée du cerveau » en fait le relevé inédit et documenté.

Cette connaissance qualifiée…d’ « ésotérique » έσωτερικóς,  ἐσώτερoς / esôteros, qui signifie « intérieur » dérivé de l'adverbe ἔσω, « en dedans » est pourtant une voie d’accès à des zones sensibles, mémorisées, archivées dans la mémoire du monde mais méconnues de notre langage moderne.

A qui cherche l’unité, la matrice cosmique, la tourmente est grande quand une perception d’un lieu unitaire émerge sans toutefois pouvoir discerner la localisation du lieu où s’opère cette opération de la pensée... de l’unité.

Notre cerveau en train de s’éveiller à un sentiment océanique doit pouvoir se  percevoir lui-même comme motif unique englobant l’univers.

 Ainsi aujourd’hui un rapprochement entre savoir ancestral, Connaissance, et savoir observateur et technique ne pourrait-il par permettre l’établissement d’une pensée novatrice ?  

 Science et méta-science ou « éso-science »,  néologisme pour désigner une science de l’en-dedans, ne seraient-elles pas, par leur alliance, le bassin d’une véritable conscience dont  le cycle civilisateur, dans sa forme d’exaspération  telle que nous la constatons, souligne la nécessité intellectuelle et spirituelle ?

Exaspération  étymologiquement du latin exasperare : rendre rugueux, enflammer, irriter mais aussi …aiguiser.

 Nous avons sans doute à aiguiser notre lecture de l’univers.

Depuis l’émergence de l’approche quantique et holistique, il est urgent de nous interroger sur le repérage de lignes de fuite, qui convergent toutes vers une nouvelle perspective évolutive et intégrative, où conjectures et réfutations ne seraient plus au cœur du système de pensée mais où rapprochements et union seraient la pierre angulaire d’un nouvel essor de la pensée.

« Dans un certain sens, l’Homme est un microcosme de l’Univers ; donc l’Homme est une idée de l’Univers. Nous sommes enveloppés dans l’Univers ».

 C’est ainsi que David Bohm s’exprime. Pour ce physicien théoricien et philosophe une vue d’ensemble est la seule libératrice de sens. D’après lui les notions de «potentiel quantique » et le développement, plus tardivement, de « l’ordre implicite » peuvent permettre d’aborder la question de l’ordre et de la finalité de tous les ordonnancements qui paramètrent l’équilibre universel.

Le passage du domaine de l’implicite à l’explicité serait le pouvoir qu’a une puissance subtile, impliquée et inexpliquée de se réverbérer dans la matière que la science étudie.

Cette réverbération aurait lieu dans cette matrice universelle qu’est notre cerveau.

« Toute matière appartient à l’ordre impliqué où toutes les choses sont vivantes » David Bohm