« Quelles que soient ses prétentions scientifiques, l’objectivation est vouée à rester partielle, donc fausse, aussi longtemps qu’elle ignore ou refuse de voir le point de vue à partir duquel elle s’énonce, donc le jeu dans son ensemble »

                          Pierre Bourdieu

La science serait-elle une épopée de la pensée de ἔπος / épos, « récit ou paroles d’un chant » et ποιέω / poiéô, « faire, créer » ; littéralement « l’action de faire un récit » de notre monde sous forme… de formules mathématiques, expressions littérales dans lesquelles des lettres apparaissent… comme des inconnues.

Aujourd’hui la Science, dont la source s’origine dans la philosophie, ne reste-t-elle pas isolée dans son formalisme ?

Renouer avec une vraie conscience de l’action évolutive, métaphysique qui l’anime remettrait la notion de champ de la pensée au centre de son vouloir.

Nous, les êtres vivants-parlants, ne pouvons pas encore qualifier et mesurer clairement notre capacité réflectrice (réfléchir) d’une information cosmique efficiente et il nous est difficile de prendre conscience de la pierre angulaire ontologique que nous sommes dans le système universel.

Comment pourrions-nous  en envisager l’envergure ?

En refondant une unité de la connaissance ?

La transdisciplinarité invite à en couronner  la puissance, mais n’est-elle pas en soi une méthode qui ne voit pas « la table d’orientation » (Dominique Aubier) nécessaire à l’opération qui consiste à en découvrir le moteur et les lois systémiques qui s’y logent : le néocortex.

Notre pensée peut-elle se penser, elle-même, …en train de penser, suivant les structures quantiques qui l’animent ? Voit-elle dans les réseaux corticaux qui encodent les influx qui lui parviennent la source structurelle de sa réflexion ?

Ou bien pourrait-on penser que La Matrice Universelle, source de vibration,  se reflète, se réfléchit dans notre matrice corticale, plus précisément dans un berceau nommé « couronne ». Retentissement qui révèlerait l’information vibratoire de l’univers par la puissance de la parole et par les symboles d’un système scripturaire.

Cette couronne, au sommet de notre crâne, notion reconnue dans les concepts orientaux,  serait le lieu de reliance où affluerait  l’énergie cosmique (nombre) et la vibration informée (lumière, lettres). Elle serait donc le passage où s’effectue la réception d’une fréquence informée qui lui parvient et anime notre système de Vivant-Parlant.

Comment parvenir à penser cette question ?

Existe-t-il dans la projection lettrique et mathématique des performances  qui nous permettraient d’en saisir les facettes ?

Les « prouesses» des équations ne sont-elles pas troublantes ?

Ne sont-elles pas …les équations… un rapprochement prodigieux entre lettre et nombre, concentré des puissances dont le champ cérébral est porteur ?

La lettre ne serait-elle pas nourrie d’un «  aleph vibratoire » dont la fréquence aurait forgée, par diffraction, les réseaux dans notre cortex ?

L’équation ? En pressentons-nous profondément le travail soutenu par l’influx nerveux qui l’encode et la transporte dans nos réseaux corticaux?

L’équation ?

N’est-elle pas une relation ? Une énigme mais aussi un pouvoir d’appel ?

Temps suspendus où cela ne s’écrit pas encore ; où l’on voudrait en établir les termes précieux afin de déposer la métamorphose qu’elle peut engendrer dans l’esprit ? Avec le surgissement d’un discours qui s’impose.

«  Ce n’est pas tant le savoir du mathématicien qui importe pour Lacan que sa position de sujet par rapport à un désir inédit (…), celui de mettre un symbole, une lettre, là où il y a du hors-sens, puis revenir à une signification qui sera chargée du fait  du jeu de la lettre » Nathalie Charraud.

L’équation ?… son avancée… ?

Sur le terrain opérationnel « discontinu » ne trouverait-elle pas, comme comblement de ses béances, l’étayage de la lettre « inconnue » ou « variable »lui permettant de franchir des étapes passant d’irrésolue à la puissance réflexive en train de s’élaborer.

L’équation ?

Ses signes mathématiques …ne sont-ils pas constitués d’un signifiant et d’un signifié ? Ne sont-ils pas déjà modélisés ?

Tandis que les lettres seraient-elles des symboles qui dans leur graphe indiquerait  la mise en lumière des principes universels constitutifs forgeant notre conscience.

 Au sein d’une équation pourrions-nous envisager le système lettrique comme le vortex  d’un espace  de conscience qui se déploie et qui trouverait ainsi sa résonnance dans la structure corticale habilitée à la recevoir ?

L’équation, ici, vue comme saisissement d’un questionnement dont le cheminent se ferait par une approche dans un contexte idéel :

« Idéalisme (…) non pas par référence à une instance subjective présupposée (…) mais en étroite corrélation avec le concept d’idéalité, concept au moyen duquel Hegel entend rendre compte, d’un même geste, du statut de la réalité, de la manière dont nous nous rapportons à elle et la manière dont le savoir se rapporte à la question de sa propre possibilité et validité » Thibaut Gress.

«  Pour l’idéaliste, le monde est la réalité de l’esprit et en définitive la seule réalité. C’est pourquoi on peut aussi soutenir que l’esprit quand il mathématise le réel ne fait jamais que s’appliquer à lui-même ses principes mathématiques » Colette Kouadio philosophe.

L’équation ?

… le signe égal dont elle est porteuse ne signale-t-il pas le transbordement qui permet la juste vérification d’un membre à l’autre ?

Transfert agissant.

Signe égal : Réverbération requise pour en enregistrer la juste démarche .

Ce signe égal ne pourrait-il pas être vu comme un faisceau d’axones ?... un corps calleux ?

 L’équation : D’un hémisphère…l’autre … ?

Et au sortir de ce cheminement, peut-être rapprocher le travail  du corps  calleux  et le symbole du signe égal… comme le couronnement d’une relation qui fait éclore une cohérence.

La naissance d’une création.

Les savoirs ont une trajectoire. Comme la notion de particules élémentaires.

 Aujourd’hui nous changeons de plan référentiel. Nous devons nous présenter au seuil d’une connaissance renouvelée par la notion de vibration.

Connaissance qui « intuitionne » une unité vibrante indivisible.

Connaissance qui consiste à contempler et à pratiquer une vérité idéelle et non exclusivement matérielle.

L’unité est une aspiration mobilisatrice ; elle appartient aussi à la notion de modèle unique dont Dominique Aubier a dégagé le principe dans « La face cachée du cerveau ».

« La structure absolue » telle que Raymond Abellio l’avait pressentie, se dispose dans un étagement structurel du néocortex à six couches cellulaires différenciées.  Ce sénaire se subdivise en dix strates. Importance de la dizaine dans notre système de numération.

« Il te faut trouver dix vérités durant le jour, autrement tu chercheras des vérités durant la nuit et ton âme restera affamée » Friedrich Nietzsche.

La lumière du jour à laquelle Nietzsche fait référence n’est-elle pas celle qui favorise l’appréciation et met en relief des contours dans leurs jeux d’ombre et de lumière, pour éclairer la force d’un discernement d’une opération de la pensée dans la poursuite de ses processus de déploiement sur 10 strates ?

N’est-il pas ici indiqué la nécessité d’y voir clair, c'est-à-dire d’être clairvoyant, dans ce corridor à la fois scientifique et spirituel qui nous guide vers une nouvelle cognition : Celle de l’Unité. Celle du Vide créateur.

 

La notion de champ vibratoire (et de son champ créatif) ne rejoindrait-elle pas le concept et les compétences de ce que l’on nomme Logos ?

Logos en tant que principe actif, vibrant.

 Creuset de la prise de conscience de l’univers dans son essence idéelle vibratoire.

La captation consciente du logos s’effectue au sein d’une structure appelée corticale où sénaire et dizaine rythment la cadence d’une adaptation à l’information qui s’installe.

Les dix vérités enjointes dans la phrase de Nietzsche «Il te faut trouver dix vérités le jour… » ne rejoignent-elles pas la force des dix paroles issues d’un travail pleinement accompli dans les six strates corticales qui mènent l’information conduite par l’influx nerveux à trouver sa conclusion architecturée ?

La phénoménalité du réel ne serait-elle pas la réverbération de l’esprit dans ses composantes.

Esprit … ?

Esprit en tant qu’intelligence : saisissement par la pensée d’une information  qui s’élabore suivant des étapes subtiles qui guident des processus de métabolisation déterminant la possibilité d’en saisir le sens.

Saisir le réel aujourd’hui c’est pouvoir saisir les subtils passages d’un monde idéel à son mode d’expressivité.

Le monde idéel, le monde de l’esprit serait de l’ordre impliqué qui se dilaterait dans l’exprimé.

Une mutation entamée au XXème siècle (entre autre par la théorie quantique et la théorie des cordes) ne serait-elle pas le lieu de semence nouvelle dans la culture du monde ? Nous ne pourrions plus nous borner à penser le dehors analysable et déterminant, ce qui pousse à la sidération, mais nous devrions redevenir des sujets amplifiant la résonnance d’un univers que seul l’humain prononce.