Lors de la lecture de l’ « Eloge de l’énergie vagabonde » de Sylvain Tesson une phrase percute ma mémoire :

«  Bergson, écrit-il, s’intéresse au principe de complexification du Vivant […]. Selon lui, la vie a triomphé, sans trop d’errance, sur deux lignes majeures : celles des vertébrés et celles des arthropodes (race maudite). Et le cerveau humain est l’apogée de cette navigation vers la complication, la clé de voute de l’arcade ogivale. Il est une réduction de l’infini enfermée dans une boite en os, un précipité d’univers dont l’expansion retournée s’accomplirait au-dedans de lui-même ».

Son intertextualité fait écho,  au creux de mon souvenir émotionnel, à cet état de quête, il y a plus de trente ans, qui ne s’éteignait jamais, me guidant sur une inconfortable crête qui bientôt trouverait son acmé dans les travaux de Dominique Aubier. 

 J’avais des attentions inquiètes en ce temps-là.

La recherche d’un pont entre Connaissance traditionnelle et Science fouettait les consciences, mobilisait l’attention et portait jusqu’à l’insomnie !

La notion unificatrice, englobante sous-tendait les grandes interrogations qui s’entrecroisaient dans les différents champs de la pensée. Mais elle n'était à ce moment de l'histoire que le moteur d’une volonté transdisciplinaire.

Lâcher ses champs spécifiques et ses partis pris préparait à une aptitude virginale d’où sourdrait l’intuition salvatrice. La « structure absolue » (Raymond Abellio) était le phare que nous ne devions pas perdre de vue.

La nécessité d’un motif unique et unificateur devenait un surplus de vie… à découvrir, à accueillir.

En 1989 Il y a bientôt trente ans, paraissait  « La Face cachée du cerveau »  en deux tomes : Le tome I intitulé « le moteur immobile » suivi d’un tome II : « Le bienfaiteur sublime ».

 La couverture de la première édition représentait comme une déchirure, une faille, je dirais, maintenant, comme une commissure à franchir entre deux continents.

Dualité, altérité, complétude.

Ce livre-somme de Dominique Aubier est le dévoilement de la puissance universelle du cerveau dont les archétypes naturels ont été saisis par les approches traditionnelles.

Découverte d’un autre continent intérieur.

Lieu Unificateur qui accueille toutes les interconnexions.

Il balise les parcours les plus ardus ;  

Il surgit à la pointe la plus avancée du Réel ;

Le cerveau…

L’émergence de notre cortex dans l’évolution aurait été contenue dans l’intention d’un Grand Cerveau cosmique.

 Les seuils de son évolution complexe et son déploiement universel et spirituel auraient été notamment réverbérés par les lettres de l’alphabet hébraïque qui en expriment la constitution informationnelle et énergétique.

Chaque lettre est une vibration au sein d’une orchestration à initier, à intégrer et à faire résonner.

« Nous apprenons que tout existant à deux vies : celle de sa structure, qui évolue au gré de sa fonction, et celle du germe intérieur qui évolue au gré de l’intelligence qu’il développe. » écrit Carlo Suarès dans la « Bible restituée ».

Echo bienveillant d’une vie qui se vit… en écho.

Pour le plaisir, revenons à Sylvain Tesson :

«  Bergson, écrit-il, s’intéresse au principe de complexification du Vivant […]. Selon lui, la vie a triomphé, sans trop d’errance, sur deux lignes majeures : celles des vertébrés et celles des arthropodes (race maudite). Et le cerveau humain est l’apogée de cette navigation vers la complication, la clé de voute de l’arcade ogivale. Il est une réduction de l’infini enfermée dans une boite en os, un précipité d’univers dont l’expansion retournée s’accomplirait au-dedans de lui-même ».