« La terre a une peau et cette peau a des maladies, une de ces maladies s’appelle l’homme »

                Friedrich Nietzsche

Terre promise aux bons offices de l’Humain.

Lieu de félicité et d’avenir qui aurait dû se déployer dans une interrelation consciente entre deux organismes vivants et leurs conditions d’intelligence réciproques, celle de l’Homme et celle de la Terre.

Adapter nos usages à  la puissance systémique requise à cette relation aurait été le mandat de l’Habitant de la Terre : porteur de la langue parlée.

Langue parlée dont les sons ont été vus et entendus, à la source, dans une intériorité qui a su, sous forme de graphies, en capter et en constituer les contours, leur fixant ainsi, une forme symbolique. (Libre interprétation depuis la lecture de Dominique Aubier).

Chaque lettre signifie un monde en soi en relation avec les autres lettres-mondes. Par leur expression et leur expressivité symbolique, leur union éveille des mondes et nous  fait accéder à un Univers partageable.

Les lettres sont des éléments structurés qui coordonnent non seulement des flux d’information, mais architecturent le passage de l’ordre implicite à l’ordre explicite ; cette « subtotalité relativement autonome » dit David Bohm.

Exprimabilité.

La parole est le relevé des différentes séquences vibratoires qui maintiennent notre participation vivante à l’Univers.

Le pouvoir de parler aurait dû s’épanouir dans une vibration harmonisée avec la Terre.

Terre vibratoire.

Corps vibratoire.

La langue aurait dû être l’enregistrement et l’enrichissement de la transmission des codes subtils qui président à la vie organismique de la Terre et des Humains.

Terre promise.

Comment se fait-il que les notions de corps et de cellules nerveuses qui seraient aux commandes de la distribution énergétique de la Terre soient tellement refusées dans le monde dit… moderne ?

Ne parle-t-on pas de lieux sacrés ?...Ces lieux seraient-ils les vortex d’un Cortex nommé : Terre… elle-même, réceptrice et à la fois transmettrice de la systémie d’un Ultra-Cerveau universel ?

Résonnance.

Tout est échange relationnel et informationnel.

Vision quantique.

Seulement voilà…un tournant décisif et violent pour l’économie spirituelle a renversé les valeurs. Ce tournant s’est opéré quand l’Homme s’est senti investi d’un pouvoir de maîtrise. Toute recherche devait recevoir, alors, une réponse.

 Chaque « avancée » ainsi nommée par la dimension scientifique, est vécue, sur l’instant du déploiement théorique,  comme lisière de l’explication ultime de l’existence de l’Univers.

Peut-on penser que l’on révèlera la source matérielle de la mise au monde de l’Univers ? Les explications sur les conditions de sa naissance sont une chose mais son principe source est encore de l’ordre du mystère.

Dans le développement de la pensée occidentale, l’ordre expliqué, approche quantitative et argumentaire, est proposé comme la seule sphère répondant à l’esprit scientifique, qui peu à peu est devenu scientiste, oblitérant un ordre impliqué.

Ordre Implicite de David Bohm.

« Dans l'ordre implicite (ou implié) dit-il, l'espace et le temps ne sont plus les facteurs dominants qui déterminent les relations de dépendance ou d'indépendance entre les éléments. Un type entièrement différent de connexions fondamentales est possible, dont nos notions ordinaires de temps et d'espace, ainsi que celles relatives à des particules existant séparément, deviennent des abstractions de formes dérivées d'un ordre plus profond. Ces notions ordinaires apparaissent dans ce qui est appelé l'ordre explicite (ou déplié), qui est une forme spéciale et distincte contenue dans la totalité générale de tous les ordres implicites / impliés. »

D’autres approches questionnent sur l’invisibilité active à l’œuvre du Vivant :

Le champ morphogénétique (Rupert Scheldrake) ou champ de formes qui garderait en mémoire information et énergie sans être constitué de matière atomique, où temps et espace seraient une même entité.

Le champ akashique (Ervin Laszlo) champ unifié, champ de mémoire inaltérée, mais aussi champ vibratoire à partir duquel tout émerge dans l’Univers constitué.

 Ainsi le cerveau ne serait pas un bassin de stockage mais l’agent intermédiaire  entre notre présence pensante et la banque de données d’un champ mémoriel morphique.

Pourtant, sur Terre, une lecture fragmentaire s’est imposée, drainant dans son sillage une vision mécaniste et matérialiste des phénomènes qu’elle épingle.

Terre compromise.

Terre soumise.

Les chercheurs et les penseurs, rejetant une pensée jugée mythique, ont pourtant créé une pensée, elle-même, devenue une croyance, un dogme véhément et indiscutable. Tourné qu’il était vers la puissance exploratrice de la matière, le monde de la science n’a pu stopper le phénomène de dévoilement de la puissance atomique et de son expérimentation, moment  de précipitation du genre humain vers ses propres frontières.

Pourtant la pensée du progrès « objectif » n’a pas cessé d’investir tous les domaines de la réflexion qui se qualifie de rationnelle.

Dans la fibre du monde s’est inscrit le besoin de s’augmenter.

Le « toujours plus »  s’est insidieusement installé sans que la question du sens ne soit réellement posée. Le pouvait-elle d’ailleurs ?

Le « règne de la quantité », ainsi nommé par René Guénon, est une conséquence de l’esprit de développement.

« Tu veux te décupler, te centupler ?... Trouve des zéros » écrit Friedrich Nietzsche.

La domination de l’avancement des savoirs est telle, qu’un « en Face réflexif », celui qui lui renverrait en miroir son addiction à entretenir sa légende progressiste et objective, est aussitôt méprisé et englouti.

Le progressisme s’autoalimente et se soutient lui-même dans son élaboration. Il est dans la négation de tout processus d’enrichissement issu d’une autre formulation de la pensée. Il s’arc-boute contre ce qui n’est pas conforme aux schémas qu’il a conçus, ne supportant aucun frein à son hégémonie. L’esprit n’y est pas convié puisque l’accélération des processus disqualifie la possibilité de sa perception même.

Les modèles arbitraires qui sont construits en appui d’un schéma intellectuel d’acquisition, génèrent une vision d’échelle montante sans fin, « ad infinitum ».

L’esprit systémique en est exclu.

Jusqu'à l’adage boursier d'affirmer : « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel ! ».

Cette notion d’infini est la preuve d’une incapacité à percevoir les grands archétypes issus des lois organiques d’un Cerveau en capacité de conscience.

 Même les hypothèses les plus avancées butent sur le mur de Planck.

« La conscience est la dernière et la plus tardive évolution, et par conséquent ce qu’il y a de moins accompli et de plus fragile en elle. » Friedrich Nietzsche

La pleine conscience ne développe pas un argumentaire. Elle est avant tout pratique intuitive d’un influx informatif dont elle a auparavant reçu l’enseignement cyclique. Elle sait en reconnaître les étapes qui la fondent, elle, en tant que conscience.

Aujourd’hui elle est dans la nécessité vigilante de clôture.

La barque de l’objectivisme s’est alourdie et nous sommes entrés au labyrinthe.

 «  Il suffit de prendre la Science par exemple, écrit Dominique Aubier dans « La Face cachée du cerveau », pour se représenter la raison d’être de la notion labyrinthique. Les points de vérité s’y trouvent déployés sur un éventail si largement ouvert de disciplines différentes qu’il est pratiquement impossible à un esprit humain d’en surplomber le paysage. Trop de savoirs ayant chacun leur langage et leur méthodologie, leurs systèmes de mesures et de références cohabitent dans la même aire réflexive, chacun occupant en toute indépendance ou presque, une tranche de son espace. Synthèse impossible côté Indirect ».

L’alarme que lancent certains penseurs n’est pas issue de leur anxiété purement personnelle ; ils sont les porte-voix de cette descente au labyrinthe.

La résistance des anciens schémas de la pensée est un poids mortifère. Elle entretient par ses points de vue auto fascinés une continuation calamiteuse. Toute pensée arbitraire nuit à l’évolution générale.

La pensée arbitraire ne cache-t-elle pas la peur du vide que peut engendrer la perte du sens ?

Seul un outil surplombant la question globale permettrait une vision holistique.  

Le méta-modèle à l’œuvre n’est-il pas le modèle cortical ?

 « C’est du cerveau que proviennent tous les sens » disait Anaxagore philosophe présocratique.

C’est au niveau du cortex que le vrai sens métaphysique s’élabore.

« […] le modèle absolu reçoit son interprétation d’étude dans le cortex humain, lequel sert alors d’image pour étudier et fixer les composantes invisibles du modèle absolu » Dominique Aubier.

Ainsi, poser en puissance centrale le sujet Tête, modèle absolu, permettrait de nous éveiller à la compréhension des cycles dans lesquels nous sommes compromis nous aussi. Le Réel dans lequel nous sommes inscrits y est piloté.

Clé de voute, notre cerveau, outil structurel au mode de fonctionnement systémique, serait la puissance qui répertorie  « Dehors », le modèle archétypal et naturel qui en est son essence « Dedans ».

Ce vis-à-vis « dedans-dehors » est lui-même la projection fonctionnelle de l’hémisphère direct et de l’hémisphère indirect réunis tous deux par les fibres nerveuses du corps calleux qui en établit l’échange.

Nous avons hypertrophié l’hémisphère des savoirs. La quantité d’acquisitions y règne. L’entropie, la perte du sens par boulimie de surenchères, puis la dégradation des données essentielles sont dommageables à notre qualité d’Etre, dont le mandat est de réfléchir en miroir l’Univers. L’hémisphère de la connaissance directe en a la souvenance.

Prendre conscience du pont à franchir est devenu impératif à la survie de notre axe intérieur.

Pour ce faire, il est requis de conscientiser l’entrave que créent nos croyances d’établissement d’une pensée aboutie, objective, pourvoyeuse de progrès.

Et peut-être s’apercevoir comme Antonin Artaud l’a nommé dans ses écrits intenses, de notre « imbécilité par suppression de la pensée ».

L’humanité doit refonder une assise culturelle et spirituelle, témoignage d’un esprit quantique et systémique c'est-à-dire de collaboration éclairante.

Sinon notre terre n’est-elle pas compromise ?

 « Parvenus à l’extrême de leurs analyses, physiciens et naturalistes ne savent plus trop si la structure qu’ils atteignent est l’essence de la matière qu’ils étudient ou bien le reflet de leur propre pensée … objet et sujet s’épousent et se transforment mutuellement dans l’acte de connaissance. » Pierre Teilhard de Chardin dans « Le phénomène humain ».